Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

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Date :     26-02-2010

Sujets :
Projet HELIOS (Espace expérimental) : une nouvelle contribution : Karine FOURNIER & Cécile de ROUSIERS, Raconte-moi une histoire !; Lecture : Panem et circenses ; HODOI ELEKTRONIKAI : 9 nouveaux environnements hypertextes : Lysias (x 5), Marc-Aurèle (x 2), Platon, La Septante ;

Notice :

1. Projet HELIOS : Raconte-moi une histoire ! (La métamorphose de Daphné) :

L'Espace expérimental du Projet HELIOS se trouve enrichi d'une nouvelle réalisation mise au point par deux Professeurs (PLC2 à l'IUFM) :

Karine FOURNIER - Cécile de ROUSIERS : Raconte-moi une histoire !

Raconte-moi une histoire !

Karine Fournier, Cécile de Rousiers, (Académie de Grenoble)

Sous la direction de Dominique Augé (Lycée Vaugelas, Chambéry, académie de Grenoble)


 

D'après Dominique AUGÉ, qui a fait fonction, aussi, d'assistante de réalisation pour l'édition de ce travail, "il s'agit d'un travail destiné à inaugurer une année de cinquième, dont le principal objectif est d'amener à entrer dans un texte sans traduction et à développer des réflexes d'observation (désinences verbales : t/nt)". Voir aussi à ce sujet les suggestions pédagogiques.

Les modules de ce travail, basé sur les Métamorphoses d'OVIDE, sont :

Une très belle première réalisation en ce qui concerne l'édition sur la Toile. Puissent les deux jeunes professeurs, auteurs de cette séquence pédagogique, en élaborer de nombreuses autres de même aloi !

Mesdames, le Projet HELIOS a besoin de vous ... et de votre enthousiasme.


2. Lecture : Panem et circenses :

Livre : Roland AUGUET, Cruauté et civilisation : Les jeux romains
Flamamrion, 1970, 267 pp.

Extrait : pp. 227-230 :

" ... « Panem et circenses. » La notion de spectacle telle que la connaissent nos civilisations était étrangère aux Romains. Le spectacle ne représentait pas en effet pour eux une marchandise proposée au bon plaisir d'un client éventuel. On ne pouvait s'aviser à Rome d'une initiative aussi banale que d'ouvrir un théâtre. L'organisation du spectacle relève d'une sorte de service public. Le rôle de l'initiative privée se borne à fournir aux responsables officiels les moyens de mettre en oeuvre un programme dont les grandes lignes sont fixées à l'avance. Voilà qui paraît étonnant dans une société où pourtant le dirigisme ne sévissait guère. C'est que, à l'origine, les spectacles ne trouvaient pas leur justification en eux-mêmes : ils relevaient du sacré — et tout ce qui touchait d'assez près à la religion était soumis, à Rome, au contrôle étroit de l'État.

Il était donc normal que les spectacles soient appelés à jouer dans la vie politique, le rôle essentiel que nous leur avons reconnu. L'empire en fit l'instrument de domination que l'on sait, défini clairement par Juvénal dont le mot panem et circenses est resté célèbre. Le pain, naturellement, impliquait les spectacles : dès lors qu'on officialisait l'oisiveté il fallait donner à la plèbe les distractions sans lesquelles elle se fût trouvée dans un état de disponibilité dangereux pour le pouvoir totalitaire qui venait de s'instaurer. On savait depuis longtemps que plus le peuple s'égosillait au cirque, moins sa voix avait de force dans les assemblées. L'habitude des jeux, que la République lassée d'elle-même avait léguée au nouveau régime comme une obligation à laquelle il ne pouvait se soustraire, constituait aussi le dérivatif puissant dont il avait besoin, et il en usa sciemment et savamment, comme d'une technique qui avait fait ses preuves. Nous ne pouvons, ici, étudier en détail les motivations de cet état de fait ; nous nous bornerons à en présenter une sorte de radiographie. ..."

"Aucun empereur ne se permit de négliger complètement les spectacles. Il y eut un récalcitrant célèbre, Tibère, dont M. Carcopino remarque qu'il fut au fond le dernier des républicains. Il s'abstint de donner au peuple les spectacles extraordinaires qui, comme les munera, étaient le fait d'une libéralité pure, un témoignage de bienveillance et de sollicitude. Boudant ouvertement le peuple, il comprima même le budget des jeux annuels et réduisit le nombre de couples de gladiateurs admis à figurer dans une représentation. Mais, et il faut bien le souligner, ces brimades, plus symboliques que réelles, n'empêchèrent pas les Romains de bénéficier de tous les jeux auxquels la tradition leur donnait droit et que l'empereur n'eut pas l'audace de supprimer. Il y eut aussi des tièdes, comme Marc-Aurèle, que dégoûtait la vulgarité du coude à coude sur les gradins, dans le sang et la poussière. Cela ne l'empêchait pas, lorsqu'il quittait Rome, de tout régler pour que le citoyen ne fût pas frustré de ses munera. Ailleurs, d'Auguste à Trajan, ce n'est que surenchère de splendeur, et multiplication des jours de fête.

Il ne suffisait pas de donner des jeux, il fallait encore y assister et y faire bonne figure. Autant que de la qualité et du nombre des jeux qu'il donnait, du soin qu'il prenait pour en assurer le succès, la popularité d'un empereur dépendait d'un facteur humain : l'attitude qu'il savait adopter au milieu de la foule. Il ne suffisait pas qu'il préside à ces réjouissances : elle appréciait surtout qu'il partage ses passions et montre qu'il prenait son plaisir là où elle prenait le sien.

On a depuis longtemps remarqué que la popularité dont jouit Néron après sa mort, assez durable pour susciter des imposteurs qui se prévalaient de son nom, ne pouvait guère s'expliquer autrement que par son goût pour les spectacles et son empressement à en donner. Pour gagner la faveur de ses sujets, l'empereur devait, sur les gradins, bannir toute apparence de quant-à-soi, et même, comme nous dirions aujourd'hui, s'efforcer de « faire peuple ». Cela est si vrai que nous voyons le meilleur des princes prendre en cela exemple sur les plus exécrables : Titus, dans les combats de gladiateurs, prenait bruyamment parti pour les « thraces » et apostrophait l'adversaire en usant de quolibets dignes d'un homme des faubourgs. Claude s'était révélé, par naïveté il est vrai, et non par calcul, le modèle du genre : « Il n'y avait point de spectacle (il s'agit des munera) où il se montrât plus affable et plus gai ; on le voyait compter sur ses doigts et à haute voix, comme le peuple, les pièces d'or offertes au vainqueur ; inviter lui-même et exciter tous les spectateurs à la joie, les appelant de temps en temps ses « maîtres », et mêlant parfois à ses propos des plaisanteries d'assez mauvais goût... Mais, par-dessus tout, on appréciait qu'il écrivît sur des tablettes et fît circuler ainsi dans l'assistance les communications adressées à la foule, au lieu de les lui transmettre par l'intermédiaire des hérauts, comme c'était l'usage. »

L'attitude d'Auguste, dont on connaît le conservatisme, est peut-être à cet égard la plus caractéristique. Dans son testament, il ne manque pas d'énumérer, à côté des réformes qu'il accomplit, les jeux dont il gratifia le peuple, en son nom ou au nom de ses proches. Nous savons par Suétone qu'il se faisait une obligation d'assister aux jeux, et un scrupule de n'y entretenir d'autre occupation que de regarder le spectacle, ayant remarqué que le peuple avait fait un reproche à César d'y expédier ses affaires, et même de profiter de ce moment de détente pour y écrire des lettres. ..."

" ... Mais son [Fronton] mérite essentiel est d'affirmer la primauté paradoxale des jeux sur le pain. Phénomène aisément explicable : le spectacle est d'autant plus sacré pour la plèbe qu'il représente un luxe, et le seul qu'elle possède. Que le blé vienne à manquer et que les distributions de vivres ne soient plus normalement assurées, cela pouvait provoquer dans le peuple des réactions violentes et immédiates, que l'on calmait d'ordinaire par le sacrifice de quelque bouc émissaire ; une fois la situation rétablie, ce mécontentement passager et tapageur ne laissait guère de traces. Il n'en était pas de même de celui qu'engendrait la négligence affichée ou non des spectacles. C'était une rancune sourde et rentrée, tenace, plus dangereuse que l'émeute, car la désaffection du peuple créait un climat propice aux tentatives des usurpateurs. Il n'avait aucune raison en effet de ne pas troquer contre un autre un maître qui méprisait ce que tout Romain pauvre considérait comme son bien propre et, au sens strict du mot, son privilège : le droit de s'asseoir presque quotidiennement à l'amphithéâtre ou au cirque. Avec les sommes gigantesques qu'on dépensait en ces deux endroits, on aurait pu lui assurer autre chose qu'un strict minimum vital. Mais ce n'était le voeu de personne pour maintenir l'équilibre de la société, la consommation était sacrifiée aux loisirs. ..."

Source : JUVÉNAL, Satires, X, v. 77-81 :

" ... iam pridem, ex quo suffragia nulli
uendimus, effudit curas; nam qui dabat olim
imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se
80 continet atque duas tantum res anxius optat,
panem et circenses. ..."

" ... Depuis qu'il n'y a plus de suffrages à vendre, il se désintéresse de tout ; lui qui jadis disposa du commandement, des faisceaux, des légions enfin de tout, il n'a plus d'ambitions, il n'éprouve plus qu'un double désir passionné : du pain et des jeux. ..."

Dossier : Nous avons trouvé, sur le site NOCTES GALLICANAE, un dossier touffu consacré aux Circenses et offrant de très nombreuses références textuelles.
Les rubriques de ce dossier portent sur :

Nous pouvons, dès lors, nous contenter d'y ajouter l'une ou l'autre référence textuelle :

  • NOVATIEN (auteur chrétien du 3e siècle), De spectaculis, IV, 17 :

    Idolatria, ut iam dixi, ludorum omnium mater est, quae ut ad se christiani fideles ueniant blanditur illis per oculorum et aurium uoluptatem. Romulus Conso [Consus : ancienne divinité italique ? associée à Neptune?] quasi consilii deo ob rapiendas Sabinas circenses primus consecrauit, ceteri reliquis. Cum urbem fames occupasset, ad aduocationem populi acquisiti sunt ludi scenici et cereri et libero dicati postmodum reliquis que idolis et mortuis. Graeca illa certamina uel in cantibus uel in fidibus uel in uocibus uel in uiribus praesides suos habent uaria daemonia. Et quicquid est aliud quod spectantium aut oculos mouet aut delinit aures, si cum sua origine et institutione quaeratur, causam praefert aut idolum aut daemonium aut mortuum. Ita diabolus artifex quia idolatriam per se nudam sciebat horreri, spectaculis miscuit, ut per uoluptatem posset amari. Plura prosequi quid est necesse uel sacrificiorum in ludis genera monstruosa describere?

  • CASSIODORE (vers 485 - vers 580), Variae, III, 51 :

    Circus a circuitu dicitur, circenses quasi circuenses: propterea quod apud antiquitatem rudem, quae necdum spectacula in ornatum deduxerat fabricarum, inter enses et flumina locis uirentibus agerentur.

  • ISIDORE de Séville (vers 560/570 - 636), Étymologies, XVIII, 27, 3 :

    Ludi Circenses sacrorum causa ac deorum gentilium celebrationibus instituti sunt: unde et qui eos spectant daemonum cultibus inseruire uidentur.
    Nam res equestris antea simplex agebatur, et utique communis usus reatus non erat; sed quum ad ludos coactus est naturalis usus, ad daemoniorum cultum translatus est.
    Itaque Castori et Polluci deputantur haec species, quibus equos a Mercurio distributos historiae docent; sed et Neptunus equestris ludi est, quem Graeci hippion~g appellant; sed et Martis et Iouis in ludis equi sunt consecrati, et ipsi quadrigis praesunt.
    Circenses autem ludi ideo dicti, uel a circumeundo, uel quod, ubi nunc metae sunt, olim gladii ponebantur quos quadrigae circumibant; et inde dicti Circenses , ab ensibus circa quos currebant. Siquidem et in litore circa ripas fluminum currus agitantes, gladios in ordine in ripae litore ponebant, et erat artis equum circa pericula torquere. Inde et Circenses dicti putantur, quasi circum enses.

L'association panem et circenses, d'après nos investigations (bases de données CLCLT-7) , semble être propre à Juvénal.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Une nouvelel fois, Christian RUELL a fait merveille : 9 nouveaux environnements hypertextes ont vu le jour :

  • Lysias, Discours XXVI : Contre Évandre [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXVII : Contre Épicrate [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXIX : Contre Philocrate [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXXI : Contre Philon [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXIV: Contre le décret de Phormisius [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Marc-Aurèle, Les Pensées, livre V [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Marc-Aurèle, Les Pensées, livre VI [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Platon, Euthydème, dialogue complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • La Septante, Josué, texte complet [Texte grec repris au site BIBLIOTHECA AUGUSTANA et traduction française reprise au site THE UNBOUND BIBLE]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
26 février 2010


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002