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Date :     19-02-2010

Sujets :
Fiches de lecture : 4 ajouts; Lecture : Tu détruiras un grand Empire ! (M. SARTRE); Lecture : Zénobie, l'Amazone enchaînée ; HODOI ELEKTRONIKAI : 9 nouveaux environnements hypertextes : Denys d'Halicarnasse, Lysias (x 2), Platon (x 4), La Septante (x 2) ;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :

  • LYSIAS, Discours olympique
  • MARC-AURÈLE, Les Pensées, livre V
  • PLATON, dialogue Euthydème

  • Les Lacédémoniens sont invincibles
  • Socrate brosse le portrait des sophistes
  • Au matin, pourquoi faut-il se lever?
  • L'être est comme un fleuve qui coule perpétuellement


2. Lecture : Tu détruiras un grand Empire !

Livre : Maurice SARTRE, Histoires grecques
Paris, Éditions du Seuil, 2006, 458 pp.

Extrait : pp. 77-79 :

" ... Sardes (Lydie), milieu du vie siècle. À l'ouest de l'Asie Mineure, un puissant royaume lydien s'est constitué depuis longtemps, avec Sardes comme capitale. Il exerce une tutelle politique et économique sur les cités grecques de la région côtière, tutelle légère mais réelle. Plus à l'est, le puissant Empire assyrien est tombé entre 612 et 609 sous les coups d'un nouvel Empire babylonien. Plus à l'est encore, les Mèdes contrôlent le plateau iranien. Or, à la fin des années 550, l'Empire mède passe sous la coupe d'une nouvelle puissance, les Perses. Cyrus le Grand, peut-être fils du Perse Cambyse et de la Mède Mandane, fille du roi Astyage, s'empare de l'Empire de ce dernier à la suite d'une révolte réussie contre son grand-père, et place les Perses au premier rang de l'administration, établissant ses capitales à Pasargades, à Persépolis et à Suse. Même si l'on ne doit pas suivre sans de fortes réserves les récits des auteurs grecs sur ce conflit entre Mèdes et Perses, tous insistent sur la continuité de l'un à l'autre, et la relative facilité de la victoire de Cyrus. En tout état de cause, ce n'est pas ce qui importe ici.

La période de troubles et d'incertitudes – du moins la voit-il ainsi – qui s'ouvre à l'est parut-elle propice au roi de Lydie, Crésus, pour une expansion en cette direction ? Son plus proche voisin, le Babylonien Nabonide, ne semble pas préoccupé par la puissance croissante des Perses puisqu'en 553 il part s'installer en Arabie, dans l'oasis de Teima. Crésus est ambitieux, riche grâce à l'or que l'on ramasse par orpaillage dans la rivière qui descend de la montagne près de Sardes, le Pactole.

Mais il est aussi pieux et prudent. Prudent, il vient de le montrer: avant d'interroger les dieux au sujet d'une décision qui engage l'avenir du royaume, il a fait procéder à une enquête. Il a envoyé des ambassades auprès de tous les oracles, célèbres ou non, et leur a demandé de poser à tous le même jour, le 100ième après leur départ de Sardes (et toutes sont parties le même jour), la même question : «Que fait le roi en ce moment précis?» Crésus a inventé une occupation inimaginable : faire cuire ensemble dans un chaudron de bronze recouvert d'un couvercle du même métal une tortue coupée en morceaux et un agneau. Au retour des ambassades, il s'avéra que seul le dieu de Delphes, Apollon, avait su inspirer une réponse juste à sa prêtresse, formulée en hexamètres selon l'habitude du lieu :

Une odeur est venue jusqu'à moi, l'odeur d'une tortue au cuir épais
Cuisant dans le bronze, avec la chair d'un agneau;
Le bronze s'étend sous elle, le bronze la recouvre.

Bien que la réponse de l'oracle d'Amphiaraos à Oropos n'ait pas été conservée, Crésus en reconnut aussi la validité. Aussi, lorsqu'il eut à poser une question qui engageait l'avenir du royaume, il se contenta de consulter ces deux oracles : tous deux tombèrent d'accord et firent la même réponse : Tu détruiras un grand Empire ! ..."

Source : HÉRODOTE, Histoires, I, 46-53 :

[1,46] XLVI. Κροῖσος δὲ ἐπὶ δύο ἔτεα ἐν πένθεϊ μεγάλῳ κατῆστο τοῦ παιδὸς ἐστερημένος. μετὰ δὲ ἡ Ἀστυάγεος τοῦ Κυαξάρεω ἡγεμονίη καταιρεθεῖσα ὑπὸ Κύρου τοῦ Καμβύσεω καὶ τὰ τῶν Περσέων πρήγματα αὐξανόμενα πένθεος μὲν Κροῖσον ἀπέπαυσε, ἐνέβησε δὲ ἐς φροντίδα, εἴ κως δύναιτο, πρὶν μεγάλους γενέσθαι τοὺς Πέρσας, καταλαβεῖν αὐτῶν αὐξανομένην τὴν δύναμιν. (2) μετὰ ὦν τὴν διάνοιαν ταύτην αὐτίκα ἀπεπειρᾶτο τῶν μαντείων τῶν τε ἐν Ἕλλησι καὶ τοῦ ἐν Λιβύῃ, διαπέμψας ἄλλους ἄλλῃ, τοὺς μὲν ἐς Δελφοὺς ἰέναι, τοὺς δὲ ἐς Ἄβας τὰς Φωκέων, τοὺς δὲ ἐς Δωδώνην? οἳ δὲ τινὲς ἐπέμποντο παρὰ τε Ἀμφιάρεων καὶ παρὰ Τροφώνιον, οἳ δὲ τῆς Μιλησίης ἐς Βραγχίδας. (3) ταῦτα μέν νυν τὰ Ἑλληνικὰ μαντήια ἐς τὰ ἀπέπεμψε μαντευσόμενος Κροῖσος? Λιβύης δὲ παρὰ Ἄμμωνα ἀπέστελλε ἄλλους χρησομένους. διέπεμπε δὲ πειρώμενος τῶν μαντηίων ὅ τι φρονέοιεν, ὡς εἰ φρονέοντα τὴν ἀληθείην εὑρεθείη, ἐπείρηται σφέα δεύτερα πέμπων εἰ ἐπιχειρέοι ἐπὶ Πέρσας στρατεύεσθαι.

[1,46] XLVI. Crésus pleura deux ans la mort de son fils. Mais l'empire d'Astyage, fils de. Cyaxare, détruit par Cyrus, fils de Cambyse et celui des Perses, qui prenait de jour en jour de nouveaux accroissements, lui firent mettre un terme à sa douleur. Il ne pensa plus qu'aux moyens de réprimer cette puissance avant qu'elle devint plus formidable. Tout occupé de cette pensée, il résolut sur-le-champ d'éprouver les oracles de la Grèce et l'oracle de la Libye. Il envoya des députés en divers endroits, lés uns à Delphes, les autres à Abes en Phocide, les autres à Dodone, quelques-uns à l'oracle d'Amphiaraüs, à l'antre de Trophonias, et aux Branchides dans la Milésie : voilà les oracles de Grèce que Crésus fit consulter. Il en dépêcha aussi en Libye, au temple de Jupiter Ammon. Ce prince n'envoya ces députés que pour éprouver ces oracles ; et, au cas qu'ils rendissent des réponses conformes à la vérité, il se proposait de les consulter une seconde fois, pour savoir s'il devait faire la guerre aux Perses.

[1,47] XLVII. ἐντειλάμενος δὲ τοῖσι Λυδοῖσι τάδε ἀπέπεμπε ἐς τὴν διάπειραν τῶν χρηστηρίων, ἀπ? ἧς ἂν ἡμέρης ὁρμηθέωσι ἐκ Σαρδίων, ἀπὸ ταύτης ἡμερολογέοντας τὸν λοιπὸν χρόνον ἑκατοστῇ ἡμέρῃ χρᾶσθαι τοῖσι χρηστηρίοισι, ἐπειρωτῶντας ὅ τι ποιέων τυγχάνοι ὁ Λυδῶν βασιλεὺς Κροῖσος ὁ Ἀλυάττεω? ἅσσα δ? ἂν ἕκαστα τῶν χρηστηρίων θεσπίσῃ, συγγραψαμένους ἀναφέρειν παρ? ἑωυτόν. (2) ὅ τι μέν νυν τὰ λοιπὰ τῶν χρηστηρίων ἐθέσπισε, οὐ λέγεται πρὸς οὐδαμῶν? ἐν δὲ Δελφοῖσι ὡς ἐσῆλθον τάχιστα ἐς τὸ μέγαρον οἱ Λυδοὶ χρησόμενοι τῷ θεῷ καὶ ἐπειρώτων τὸ ἐντεταλμένον, ἡ Πυθίη ἐν ἑξαμέτρῳ τόνῳ λέγει τάδε. (3) οἶδα δ? ἐγὼ ψάμμου τ? ἀριθμὸν καὶ μέτρα θαλάσσης, καὶ κωφοῦ συνίημι, καὶ οὐ φωνεῦντος ἀκούω. ὀδμή μ? ἐς φρένας ἦλθε κραταιρίνοιο χελώνης ἑψομένης ἐν χαλκῷ ἅμ? ἀρνείοισι κρέεσσιν, ᾗ χαλκὸς μὲν ὑπέστρωται, χαλκὸν δ? ἐπιέσται.

[1,47] XLVII. Il donna ordre aux députés qu'il envoyait pour sonder les oracles, de les consulter le centième jour à compter de leur départ de Sardes, de leur demander ce que Crésus, fils d'Alyattes, roi de Lydie, faisait ce jour-là, et de lui rapporter par écrit la réponse de chaque oracle. On ne connaît que la réponse de l'oracle de Delphes, et l'on ignore quelle fut celle des autres oracles. Aussitôt que les Lydiens furent entrés dans le temple pour consulter le dieu, et qu'ils eurent interrogé la Pythie sur ce qui leur avait été prescrit, elle leur répondit ainsi en vers hexamètres : « Je connais le nombre des grains de sable et les bornes de la mer ; je comprends le langage du muet ; j'entends la voix de celui qui ne parle point. Mes sens sont frappés de l'odeur d'une tortue qu'on fait cuire avec de la chair d'agneau dans une chaudière d'airain, dont le couvercle est aussi d'airain. »

[1,48] XLVIII. ταῦτα οἱ Λυδοὶ θεσπισάσης τῆς Πυθίης συγγραψάμενοι οἴχοντο ἀπιόντες ἐς τὰς Σάρδις. ὡς δὲ καὶ ὧλλοι οἱ περιπεμφθέντες παρῆσαν φέροντες τοὺς χροησμούς, ἐνθαῦτα ὁ Κροῖσος ἕκαστα ἀναπτύσσων ἐπώρα τῶν συγγραμμάτων, τῶν μὲν δὴ οὐδὲν προσίετό μιν? ὁ δὲ ὡς τὸ ἐκ Δελφῶν ἤκουσε, αὐτίκα προσεύχετό τε καὶ προσεδέξατο, νομίσας μοῦνον εἶναι μαντήιον τὸ ἐν Δελφοῖσι, ὅτι οἱ ἐξευρήκεε τὰ αὐτὸς ἐποίησε. (2) ἐπείτε γὰρ δὴ διέπεμψε παρὰ τὰ χρηστήρια τοὺς θεοπρόπους, φυλάξας τὴν κυρίην τῶν ἡμερέων ἐμηχανᾶτο τοιάδε? ἐπινοήσας τὰ ἦν ἀμήχανον ἐξευρεῖν τε καὶ ἐπιφράσασθαι, χελώνην καὶ ἄρνα κατακόψας ὁμοῦ ἧψε αὐτὸς ἐν λέβητι χαλκέῳ, χάλκεον ἐπίθημα ἐπιθείς.

[1,48] XLVIII. Les Lydiens, ayant mis par écrit cette réponse de la Pythie, partirent de Delphes, et revinrent à Sardes. Quand les autres députés, envoyés en divers pays, furent aussi de retour avec les réponses des oracles, Crésus les ouvrit, et les examina chacune en particulier. Il y en eut sans doute qu'il n'approuva point ; mais, dès qu'il eut entendu celle de l'oracle de Delphes, il la reconnut pour vraie, et l'adora, persuadé que cet oracle était le seul véritable, comme étant le seul qui eût découvert ce qu'il faisait. En effet, après le départ des députés qui allaient consulter les oracles au jour convenu, voici ce dont il s'était avisé. Il avait imaginé la chose la plus impossible à deviner et à connaître. Ayant lui-même coupé par morceaux une tortue et un agneau, il les avait fait cuire ensemble dans un vase d'airain, dont le couvercle était de même métal. Telle fut la réponse de Delphes.

[1,49] XLIX. Quant à celle que reçurent les Lydiens dans le temple d'Amphiaraüs, après les cérémonies et les sacrifices prescrits par les lois, je n'en puis rien dire. On sait uniquement que Crésus reconnut aussi la véracité de cet oracle.

[1,50] L. μετὰ δὲ ταῦτα θυσίῃσι μεγάλῃσι τὸν ἐν Δελφοῖσι θεὸν ἱλάσκετο? κτήνεά τε γὰρ τὰ θύσιμα πάντα τρισχίλια ἔθυσε, κλίνας τε ἐπιχρύσους καὶ ἐπαργύρους καὶ φιάλας χρυσέας καὶ εἵματα πορφύρεα καὶ κιθῶνας, νήσας πυρὴν μεγάλην, κατέκαιε, ἐλπίζων τὸν θεὸν μᾶλλον τι τούτοισι ἀνακτήσεσθαι? Λυδοῖσι τε πᾶσι προεῖπε θύειν πάντα τινὰ αὐτῶν τούτῳ ὅ τι ἔχοι ἕκαστος. (2) ὡς δὲ ἐκ τῆς θυσίης ἐγένετο, καταχεάμενος χρυσὸν ἄπλετον ἡμιπλίνθια ἐξ αὐτοῦ ἐξήλαυνε, ἐπὶ μὰν τὰ μακρότερα ποιέων ἑξαπάλαιστα, ἐπὶ δὲ τὰ βραχύτερα τριπάλαιστα, ὕψος δὲ παλαιστιαῖα. ἀριθμὸν δὲ ἑπτακαίδεκα καὶ ἑκατόν, καὶ τούτων ἀπέφθου χρυσοῦ τέσσερα, τρίτον ἡμιτάλαντον ἕκαστον ἕλκοντα, τὰ δὲ ἄλλα ἡμιπλίνθια λευκοῦ χρυσοῦ, σταθμὸν διτάλαντα. (3) ἐποιέετο δὲ καὶ λέοντος εἰκόνα χρυσοῦ ἀπέφθου ἕλκουσαν σταθμὸν τάλαντα δέκα. οὗτος ὁ λέων, ἐπείτε κατεκαίετο ὁ ἐν Δελφοῖσι νηός, κατέπεσε ἀπὸ τῶν ἡμιπλινθίων (ἐπὶ γὰρ τούτοισι ἵδρυτο), καὶ νῦν κεῖται ἐν τῷ Κορινθίων θησαυρῷ, ἕλκων σταθμὸν ἕβδομον ἡμιτάλαντον? ἀπετάκη γὰρ αὐτοῦ τέταρτον ἡμιτάλαντον.

[1,50] L. Ce prince tâcha ensuite de se rendre propice le dieu de Delphes par de somptueux sacrifices, dans lesquels on immola trois mille victimes de toutes les espèces d'animaux qu'il est permis d'offrir aux dieux. Il lit ensuite brûler sur un grand bûcher des lits dorés et argentés, des vases d'or, des robes de pourpre et autres vêtements, s'imaginant par cette profusion se rendre le dieu plus favorable. Il enjoignit aussi aux Lydiens d'immoler au dieu toutes les victimes que chacun aurait en sa puissance. Ayant fait fondre, après ce sacrifice, une prodigieuse quantité d'or, il en fit faire cent dix-sept demi-plinthes, dont les plus longues avaient six palmes, et les plus petites trois, sur une d'épaisseur. il y en avait quatre d'or fin, du poids d'un talent et demi ; les autres étaient d'un or pâle, et pesaient deux talents. Il fit faire aussi un lion d'or fin, du poids de dix talents. On le plaça sur ces demi-plinthes ; mais il tomba lorsque le temple de Delphes fut brûlé. Il est maintenant dans le trésor des Corinthiens, et il ne pèse plus que six talents et demi, parce que dans l'incendie du temple il s'en fondit trois talents et demi.

[1,51] LI. ἐπιτελέσας δὲ ὁ Κροῖσος ταῦτα ἀπέπεμπε ἐς Δελφούς, καὶ τάδε ἄλλα ἅμα τοῖσι, κρητῆρας δύο μεγάθεϊ μεγάλους, χρύσεον καὶ ἀργύρεον, τῶν ὁ μὲν χρύσεος ἔκειτο ἐπὶ δεξιὰ ἐσιόντι ἐς τὸν νηόν, ὁ δὲ ἀργύρεος ἐπ? ἀριστερά. (2) μετεκινήθησαν δὲ καὶ οὗτοι ὑπὸ τὸν νηὸν κατακαέντα καὶ ὁ μὲν χρύσεος κεῖται ἐν τῷ Κλαζομενίων θησαυρῷ, ἕλκων σταθμὸν εἴνατον ἡμιτάλαντον καὶ ἔτι δυώδεκα μνέας, ὁ δὲ ἀργύρεος ἐπὶ τοῦ προνηίου τῆς γωνίης, χωρέων ἀμφορέας ἑξακοσίους? ἐπικίρναται γὰρ ὑπὸ Δελφῶν Θεοφανίοισι. (3) φασὶ δὲ μιν Δελφοὶ Θεοδώρου τοῦ Σαμίου ἔργον εἶναι, καὶ ἐγὼ δοκέω? οὐ γὰρ τὸ συντυχὸν φαίνεταί μοι ἔργον εἶναι. καὶ πίθους τε ἀργυρέους τέσσερας ἀπέπεμψε, οἳ ἐν τῷ Κορινθίων θησαυρῷ ἑστᾶσι, καὶ περιρραντήρια δύο ἀνέθηκε, χρύσεόν τε καὶ ἀργύρεον, τῶν τῷ χρυσέῳ ἐπιγέγραπται Λακεδαιμονίων φαμένων εἶναι ἀνάθημα, οὐκ ὀρθῶς λέγοντες? (4) ἔστι γὰρ καὶ τοῦτο Κροίσου, ἐπέγραψε δὲ τῶν τις Δελφῶν Λακεδαιμονίοισι βουλόμενος χαρίζεσθαι, τοῦ ἐπιστάμενος τὸ οὔνομα οὐκ ἐπιμνήσομαι. ἀλλ? ὁ μὲν παῖς, δι? οὗ τῆς χειρὸς ῥέει τὸ ὕδωρ, Λακεδαιμονίων ἐστί, οὐ μέντοι τῶν γε περιρραντηρίων οὐδέτερον. (5) ἄλλα τε ἀναθήματα οὐκ ἐπίσημα πολλὰ ἀπέπεμψε ἅμα τούτοισι ὁ Κροῖσος, καὶ χεύματα ἀργύρεα κυκλοτερέα, καὶ δὴ καὶ γυναικὸς εἴδωλον χρύσεον τρίπηχυ, τὸ Δελφοὶ τῆς ἀρτοκόπου τῆς Κροίσου εἰκόνα λέγουσι εἶναι. πρὸς δὲ καὶ τῆς ἑωυτοῦ γυναικὸς τὰ ἀπὸ τῆς δειρῆς ἀνέθηκε ὁ Κροῖσος καὶ τὰς ζώνας.

[1,51] LI. Ces ouvrages achevés, Crésus les envoya à Delphes avec beaucoup d'autres présents, deux cratères extrêmement grands, l'un d'or et l'autre d'argent. Le premier était à droite en entrant dans le temple, et le second à gauche. On les transporta aussi ailleurs, lors de l'incendie du temple. Le cratère d'or est aujourd'hui dans le trésor des Clazoméniens : il pèse huit talents et demi, et douze mines. Celui d'argent est dans l'angle du vestibule du temple : il tient six cents amphores. Les Delphiens y mêlent l'eau avec le vin , aux fêtes appelées Théophanies. Ils disent que c'est un ouvrage de Théodore de Samos ; et je le crois d'autant plus volontiers que cette pièce me parait d'un travail exquis. Le même prince y envoya aussi quatre muids d'argent, qui sont dans le trésor des Corinthiens; deux bassins pour l'eau lustrale, dont l'un est d'or et l'autre d'argent. Sur celui d'or est gravé le nom des Lacédémoniens, et ils prétendent avoir fait cette offrande, mais à tort ; il est certain que c'est aussi un présent de Crésus. Un habitant de Delphes y a mis cette inscription pour flatter les Lacédémoniens. J'en tairai le nom, quoique je le sache fort bien. Il est vrai qu'ils ont donné l'enfant à travers la main duquel l'eau coule et se répand ; mais ils n'ont fait présent ni de l'un ni de l'autre de ces deux bassins. A ces dons Crésus en ajouta plusieurs autres de moindre prix ; par exemple, des plats d'argent de forme ronde, et une statue d'or de trois coudées de haut, représentant une femme. Les Delphiens disent que c'est celle de sa boulangère. Il y fit aussi porter les colliers et les ceintures de la reine sa femme. Tels sont les présents qu'il fit à Delphes.

[1,52] LII. ταῦτα μὲν ἐς Δελφοὺς ἀπέπεμψε, τῷ δὲ Ἀμφιάρεῳ, πυθόμενος αὐτοῦ τήν τε ἀρετὴν καὶ τὴν πάθην, ἀνέθηκε σάκος τε χρύσεον πᾶν ὁμοίως καὶ αἰχμὴν στερεὴν πᾶσαν χρυσέην, τὸ ξυστὸν τῇσι λόγχῃσι ἐὸν ὁμοίως χρύσεον? τὰ ἔτι καὶ ἀμφότερα ἐς ἐμὲ ἦν κείμενα ἐν Θήβῃσι καὶ Θηβέων ἐν τῳ νηῷ τοῦ Ἰσμηνίου Ἀπόλλωνος.

[1,52] LII. Quant à Amphiaraüs, sur ce qu'il apprit de son mérite et de ses malheurs, il lui consacra un bouclier d'or massif, avec une pique d'or massif, c'est-à-dire dont la hampe était d'or ainsi que le fer. De mon temps on voyait encore l'un et l'autre à Thèbes, dans le temple d'Apollon Isménien.

[1,53] LIII. τοῖσι δὲ ἄγειν μέλλουσι τῶν Λυδῶν ταῦτα τὰ δῶρα ἐς τὰ ἱρὰ ἐνετέλλετο ὁ Κροῖσος ἐπειρωτᾶν τὰ χρηστήρια εἰ στρατεύηται ἐπὶ Πέρσας Κροῖσος καὶ εἴ τινα στρατὸν ἀνδρῶν προσθέοιτο φίλον, (2) ὡς δὲ ἀπικόμενοι ἐς τὰ ἀπεπέμφθησαν, οἱ Λυδοὶ ἀνέθεσαν τὰ ἀναθήματα, ἐχρέωντο τοῖσι χρηστηρίοισι λέγοντες "Κροῖσος ὁ Λυδῶν τε καὶ ἄλλων ἐθνέων βασιλεύς, νομίσας τάδε μαντήια εἶναι μοῦνα ἐν ἀνθρώποισι, ὑμῖν τε ἄξια δῶρα ἔδωκε τῶν ἐξευρημάτων, καὶ νῦν ὑμέας ἐπειρωτᾷ εἰ στρατεύηται ἐπὶ Πέρσας καὶ εἴ τινα στρατὸν ἀνδρῶν προσθέοιτο σύμμαχον". (3) οἳ μὲν ταῦτα ἐπειρώτων, τῶν δὲ μαντηίων ἀμφοτέρων ἐς τὠυτὸ αἱ γνῶμαι συνέδραμον, προλέγουσαι Κροίσῳ, ἢν στρατεύηται ἐπὶ Πέρσας, μεγάλην ἀρχὴν μιν καταλύσειν; τοὺς δὲ Ἑλλήνων δυνατωτάτους συνεβούλευόν οἱ ἐξευρόντα φίλους προσθέσθαι.

[1,53] LIII. Les Lydiens chargés de porter ces présents aux oracles de Delphes et Amphiaraüs avaient ordre de leur demander si Crésus devait faire la guerre aux Perses, et joindre à son armée des troupes auxiliaires. A leur arrivée, les Lydiens présentèrent les offrandes, et consultèrent les oracles en ces termes : « Crésus, roi des Lydiens et autres nations, persuadé que vous êtes les seuls véritables oracles qu'il y ait dans le monde, vous envoie ces présents, qu'il croit dignes de votre habileté. Maintenant il vous demande s'il doit marcher contre les Perses, et s'il doit joindre à son armée des troupes auxiliaires. » Ce furent là les demandes des députés. Les deux oracles s'accordèrent dans leurs réponses. Ils prédirent l'un et l'autre à ce prince que, s'il entreprenait la guerre contre les Perses, il détruirait un grand empire, et lui conseillèrent de rechercher l'amitié des États de la Grèce qu'il aurait reconnus pour les plus puissants.


3. Lecture : Zénobie, l'Amazone enchaînée :

Dans le magazine Der SPIEGEL, n° 7 daté du 13/02/2010, Matthias SCHULZ consacre un article à Zenobia, Amazone in Ketten. Cette reine du désert est dite avoir tenté d'obtenir, il y a 1.700 ans, le pouvoir suprème dans l'état romain. Aujourd'hui, grâce à l'archéologie, il existe des données nouvelles concernant l'imperium qu'elle détenait à l'époque : elle contrôlait, depuis Palmyre, le commerce de et vers l'Asie.

Pages numérisées : Zénobie, Palmyre; Situation géographique (pp. 112-113)

Pour M. Schulz, Zénobie est une des figures féminines les plus brillantes de l'antiquité. Vers 270 ap. J.-Chr. elle a été à la base d'un coup d'état et elle s'est faite proclamer Augusta, impératrice de Rome.

En Syrie d'aujourd'hui son portrait figure encore sur des billets de banque.

A Palmyre (désert de Syrie), où elle règna, on vient de découvrir une "cité" de caravanes (Karawanenbau) d'une dimension de 40 x 40 m et datant de son époque. Dans des amphores cassées, trouvées sur place, on a découvert des restes d'olives espagnoles, de poissons de Tunisie, du vin de Palestine et des figues d'Égypte. Mais aussi de la soie de Chine et du poivre de Ceylan (Sri Lanka). Ce qui donne à penser que la reine Zénobie était à la tête d'une grande entreprise commerciale arabe.

Zénobie était cultivée : elle était entourée de philosophes à sa cour, elle pouvait citer Homère et elle regardait les tragédies grecques dans l'amphithéâtre de la ville.
A la mort de son mari, assassiné, Zénobie apparaît sur la scène politique pour le venger. A la tête d'une armée, ellle réussit à avancer jusqu'en Asie mineure et jusqu'au Nil. Mais des légions romaines, venues du Nord et commandées par Aurélien, mirent fin à son épopée ; Aurélien rattrapa Zénobie, en fuite, et la mit en chaînes d'or .
Les circonstances de sa mort sont encore entourées de mystère : elle aurait succombé à une grève de la faim lors de son transfert en Italie. D'après l'Historia Augusta, datant du Ve siècle, elle aurait bénéficié d'une villa près de Rome où elle se serait éteinte après de longues années d'une vie calme et paisible.

Sources :

  • ZOSIMUS (fin du Ve siècle ap. J.-Chr.), Histoire nouvelle, I, ch. 54-56 :

    [1,54] Ἀθυμίας δὲ πολλῆς εἰκότως ἐπὶ τῇ ἥττῃ Ζηνοβίαν ἐχούσης, βουλὴ προέκειτο περὶ τοῦ πρακτέου, καὶ κοινῇ γνώμῃ πᾶσιν ἐδόκει τοῖς μὲν περὶ τὴν Ἔμισαν πράγμασιν ἀπογνῶναι διὰ τὸ καὶ τοὺς Ἐμισηνοὺς ἀλλοτρίως πρὸς αὐτὴν ἔχοντας τὰ Ῥωμαίων αἱρεῖσθαι, Παλμύραν δὲ καταλαβεῖν καὶ τῷ τῆς πόλεως ὀχυρῷ τὴν ἀσφάλειαν ἐπιτρέψαντας σχολαίτερον σκοπῆσαι τὰ κατὰ σφᾶς· οὐδὲν ἦν ἔργου καὶ λόγου τὸ μέσον, ἀλλὰ συνέθεον ἐφ´ ὅπερ ἐδόκει. Πυθόμενος δὲ τὴν Ζηνοβίας φυγὴν Αὐρηλιανὸς εἰς μὲν τὴν Ἔμισαν εἰσῄει, προθύμως αὐτὸν τῶν πολιτῶν δεχομένων, εὑρὼν δὲ πλοῦτον ὃν οὐχ οἵα τε ἐγεγόνει Ζηνοβία μετακομίσαι, παραχρῆμα σὺν τῷ στρατῷ τῆς ὁδοῦ τῆς ἐπὶ Παλμύραν εἴχετο· καὶ ἐπιστὰς τῇ πόλει, κύκλῳ περιλαβὼν τὸ τεῖχος ἐπολιόρκει, τῆς τροφῆς ἐκ τῶν πλησιαζόντων ἐθνῶν τῷ στρατοπέδῳ χορηγουμένης· τῶν δὲ Παλμυρηνῶν ἐπιτωθαζόντων ὡς ἀδυνάτου τῆς ἁλώσεως οὔσης, ἤδη δέ τινος καὶ εἰς αὐτὸν τὸν βασιλέα λόγους αἰσχροὺς ἀφιέντος, παρεστώς τις τῷ βασιλεῖ Πέρσης ἀνήρ ‘εἰ κελεύεις’ ἔφη, ‘τὸν ὑβριστὴν τοῦτον ὄψει νεκρόν’. Ἐγκελευσαμένου δὲ τοῦ βασιλέως, προστησάμενος ἑαυτοῦ τινὰς ὁ Πέρσης τοὺς ἀποκρύπτοντας, ἐντείνας τὸ τόξον καὶ βέλος ἁρμόσας ἀφίησιν, ὃ δὴ προκεκυφότι τῆς ἐπάλξεως τῷ ἀνθρώπῳ καὶ ἔτι τὰς ὕβρεις ἐπαφιέντι προσπαγὲν κατάγει τε τοῦ τείχους αὐτὸν καὶ νεκρὸν τῷ στρατοπέδῳ καὶ τῷ βασιλεῖ δείκνυσιν.

    [1,54] Zénobie, sensiblement affligée de la défaite de son armée, tint conseil pour délibérer sur l’état présent de ses affaires. L’avis commun des chefs fut d’abandonner Émèse, dont les habitants s’étaient déclarés pour le parti des Romains, et de se retirer à Palmyre pour y chercher à loisir les moyens de pourvoir à leur sûreté. Cette résolution ne fut pas plus tôt prise qu’exécutée. Aurélien ayant appris la fuite de Zénobie, entra dans la ville d’Emèse, dont les habitants le reçurent fort volontiers. Il s’empara des richesses que Zénobie n’avait pu emporter, et prit le chemin de Palmyre. Quand il y fut arrivé, il y mit le siège, et tira des peuples d’alentour les provisions nécessaires pour la subsistance de son camp. Les Palmyréniens avaient l’insolence de faire de sanglantes railleries de l’empereur, comme s’il eût attaqué une place imprenable. Un d’eux n’ayant pas même épargné sa personne, un Persan lui dit: Seigneur, si vous voulez, vous verrez incontinent mort à vos pieds, cet insolent qui vous outrage. L’empereur lui ayant témoigné qu’il en serait bien aise, le Persan fit avancer quelques soldats devant lui pour le couvrir, et tira avec son arc sur celui qui vomissait des injures, et qui était avancé sur un créneau de la muraille, le perça de part, en part et, le fit tomber mort en présence de l’empereur et de l’armée.

    [1,55] Ἐπεὶ δὲ ἀντεῖχον πολιορκούμενοι, σπάνει τῶν ἐπιτηδείων ἀπαγορεύσειν τοὺς πολεμίους ἐλπίσαντες, ἐγκαρτεροῦντας θεώμενοι καὶ αὐτοὶ τροφῆς ἐνδείᾳ πιεζόμενοι γνώμην ποιοῦνται ἐπὶ τὸν Εὐφράτην δραμεῖν, κἀκεῖσε παρὰ Περσῶν βοήθειαν εὑρέσθαι, πράγματά τε Ῥωμαίοις νεώτερα μηχανήσασθαι. Ταῦτα βουλευσάμενοι, καμήλῳ - - - τὴν Ζηνοβίαν ἀναβιβάσαντες, αἳ δὴ καμήλων εἰσὶν τάχισται καὶ ἵππους ὑπεραίρουσαι τάχει, τῆς πόλεως ὑπεξάγουσιν· Αὐρηλιανὸς δὲ ἀχθόμενος ἐπὶ τῇ τῆς Ζηνοβίας φυγῇ, τῷ κατὰ φύσιν οὐκ ἐνδοὺς δραστηρίῳ, πέμπει παραχρῆμα τοὺς διώξοντας ταύτην ἱππέας. Οἳ δὲ καταλαβόντες ἤδη τὸν Εὐφράτην αὐτὴν μέλλουσαν περαιοῦσθαι, καταγαγόντες ἐκ τοῦ πλοίου πρὸς τὸν Αὐρηλιανὸν ἄγουσιν· ὃ δὲ τῷ μὲν ἀπροσδοκήτῳ τῆς θέας περιχαρὴς ἐγεγόνει, φιλότιμος δὲ ὢν φύσει, λαβὼν κατὰ νοῦν ὡς γυναικὸς κρατήσας οὐκ ἔσται τοῖς ἐσομένοις ἐπίδοξος, ἐδυσχέραινεν.

    [1,55] Les assiégés se défendirent vaillamment dans l’espérance que la disette des vivres obligerait les assiégeants à se retirer. Mais quand ils virent qu’ils continuaient le siège, et quand ils se sentirent eux-mêmes pressés par la faim, ils résolurent de s’enfuir vers l’Euphrate, et d’implorer le secours des Perses. Ayant pris cette résolution, ils mirent Zénobie sur un chameau qui surpassait les chevaux en vitesse, et l’emmenèrent hors de la ville. L’empereur, fâché qu’elle lui fût échappée, envoya avec sa diligence ordinaire de la cavalerie la poursuivre. Ceux qu’il avait envoyés, l’ayant trouvée qui s’était déjà embarquée sur l’Euphrate, la lui amenèrent. Il eut beaucoup de joie de la voir entre ses mains. Cette joie-là fut néanmoins tempérée par la pensée que la prise d’une femme n’était pas un exploit digne de son ambition, ni qui pût rendre son nom fort célèbre à l’avenir.

    [1,56] Τῶν δὲ ἐναποκεκλεισμένων τῇ πόλει Παλμυρηνῶν αἱ γνῶμαι διχῇ διῃροῦντο, τῶν μὲν προκινδυνεύειν τῆς πόλεως ἐθελόντων καὶ διαπολεμεῖν παντὶ σθένει Ῥωμαίοις, τῶν δὲ ἱκετηρίας ἀπὸ τοῦ τείχους προτεινομένων αἰτούντων τε συγγνώμην ἐπὶ τοῖς προλαβοῦσιν· δεξαμένου δὲ τοῦ βασιλέως τὴν ἱκετείαν καὶ θαρρεῖν παρακελευσαμένου, πρὸ τῆς πόλεως ἐξεχέοντο, δῶρα καὶ ἱερεῖα προσάγοντες. Αὐρηλιανὸς δὲ τὰ μὲν ἱερεῖα τιμήσας τὰ δὲ δῶρα δεξάμενος ἀθῴους ἠφίει· τῆς δὲ πόλεως γενόμενος κύριος καὶ τοῦ κατὰ ταύτην πλούτου καὶ τῆς ἄλλης ἀποσκευῆς καὶ ἀναθημάτων κρατήσας, ἐπανελθὼν εἰς τὴν Ἔμισαν εἰς κρίσιν ἤγαγε Ζηνοβίαν τε καὶ τοὺς ταύτῃ συναραμένους· ἐπεὶ δὲ αἰτίας ἔλεγεν ἑαυτὴν ἐξαιροῦσα, πολλούς τε ἄλλους ἦγεν εἰς μέσον ὡς παραγαγόντας οἷα γυναῖκα, ἐν οἷς καὶ Λογγῖνος ἦν, οὗ συγγράμματα ἔστι μέγα τοῖς παιδείας μεταποιουμένοις ὄφελος φέροντα. ᾯπερ ἐφ´ οἷς κατηγορεῖτο ἐλεγχομένῳ παραχρῆμα ὁ βασιλεὺς θανάτου ζημίαν ἐπέθηκεν, ἣν οὕτω γενναίως ἤνεγκεν ὁ Λογγῖνος ὥστε καὶ τοὺς σχετλιάζοντας ἐπὶ τῷ πάθει παραμυθεῖσθαι, καὶ ἄλλων δὲ Ζηνοβίας κατειπούσης κολάσεσιν ὑπαχθέντων.

    [1,56] Après la prise de cette princesse, les habitants se trouvèrent partagés, les uns étant d’avis d’exposer leur vie pour la conservation de leur ville, et de se défendre jusqu’à la dernière extrémité, et les autres en étant venus aux supplications, et ayant demandé pardon du haut de leurs murailles, l’empereur écouta favorablement leurs prières, leur promit de leur pardonner; après quoi ils lui apportèrent des présents et des victimes qu’il reçut, et les renvoya sans leur avoir fait de mal. Quand il se vit ainsi maître de la ville, il en prit les richesses et retourna à Emèse, où il fit amener Zénobie devant lui avec ceux qui avaient favorisé sa révolte. Elle s’excusa sur la faiblesse de son sexe, et rejeta la faute de ce qui s’était passé, sur ceux qui lui avaient donné de mauvais conseils. Elle accusa entre autres Longin, qui a laissé des écrits si utiles à ceux qui aiment les belles lettres. Ayant été convaincu, il fut condamné à la mort, qu’il souffrit avec une fermeté qui consola ceux-mêmes qui déploraient son malheur. Plusieurs autres accusés furent punis de la même sorte.

  • EUTROPE, Abrégé de l'Histoire romaine, IX, 13 :

    Post eum Aurelianus suscepit imperium, Dacia Ripensi oriundus, uir in bello potens, animi tamen inmodici et ad crudelitatem propensioris. Is quoque Gothos strenuissime uicit. Romanam dicionem ad fines pristinos uaria bellorum felicitate reuocauit. Superauit in Gallia Tetricum apud Catalaunos ipso Tetrico prodente exercitum suum, cuius adsiduas seditiones ferre non poterat. Quin etiam per litteras occultas Aurelianum ita fuerat deprecatus, ut inter alia uersu Vergiliano uteretur: "Eripe me his, inuicte, malis". Zenobiam quoque, quae occiso Odenatho marito Orientem tenebat, haud longe ab Antiochia sine graui proelio cepit, ingressusque Romam nobilem triumphum quasi receptor Orientis Occidentisque egit praecedentibus currum Tetrico et Zenobia. Qui quidem Tetricus corrector Lucaniae postea fuit ac priuatus diutissime uixit; Zenobia autem posteros, qui adhuc manent, Romae reliquit.

    Après lui, l’empire fut gouverné par Aurélien, originaire de la Dacie riveraine du Danube: grand capitaine mais d’un caractère violent, il était trop enclin à la cruauté; il remporta sur les Goths les plus éclatantes victoires, et rendit à l’empire ses anciennes limites, par les divers succès de ses armes. Dans la Gaule, il défit, près de Chalons, Tétricus, qui lui livra lui-même son armée, dont il ne pouvait plus supporter les continuelles séditions: il avait même imploré. Aurélien dans des lettres secrètes, où, entre autres supplications, il lui adressait ce vers de Virgile: "Invincible guerrier, mets un terme à mes maux". Aurélien, dans une bataille peu importante, livrée près d’Antioche, fit aussi prisonnière Zénobie, qui était reine d’Orient, depuis la mort d’Odénath, son mari: de retour à Rome, il triompha comme nouveau conquérant de l’Orient et de l’Occident; il fit marcher devant son char Tétricus et Zénobie. Tétricus fut ensuite nommé gouverneur de la Lucanie, et vécut très longtemps en simple particulier. Zénobie laissa à Rome une postérité qui existe encore.


4. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Pendant que le carnaval déroulait ses fastes, chars et danses, Christian RUELL s'appliquait avec entrain aux données, textes et bases : pas moins de 9 environnements hypertextes ont été produits.

  • Denys d'Halicarnasse, Mémoires sur les anciens orateurs, IV (Isée) [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXX, Contre Nicomaque [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Lysias, Discours XXXIII, Discours olympique [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Platon, Cratyle, dialogue complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Platon, Lachès, dialogue complet [Texte grec et traduction française repris au
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Dernière mise à jour : 17/02/2002