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Date :     09-10-2009

Sujets :
Lecture (Colleen McCULLOUGH) : Différence entre Marc-Antoine, César et Alexandre le Grand; Lecture (Simone BERTIÈRE) : Les jarres de Zeus; HODOI ELEKTRONIKAI : 7 nouveaux environnements hypertextes : Euripide (x 4), Plutarque, Pseudo-Plutarque (x 2); FEC (Folia Electronica Classica) : les trois derniers articles du fascicule XVII (2009) ;

Notice :

1. Lecture : Différence entre Marc-Antoine, César et Alexandre le Grand :

Livre : Colleen Mc CULLOUGH, Antoine et Cléopâtre. Le festin des fauves.
Titre original : Antony and Cleopatra (2007)
Traduit de l'anglais par Mélanie CARPE.
Pari, Éditions de l'Archipel, 2009, 365 pp.

Extrait : p. 328 :

"... Soudain, il [Marc-Antoine] fut rempli de dégoût pour Rome, la médiocrité de sa classe dirigeante si soudée, sa cupidité, ses objectifs inexorables, son droit divin à contrôler le monde. Les Sylla, les César... Tous avaient renoncé à leurs désirs personnels au nom de Rome, déposé tous leurs actes en offrande sur les autels de Rome, nourri Rome de leur force, de leurs hauts faits, de l'animus qui les portait. Son problème à lui se trouvait-il dans cette abnégation, ou plus justement son absence ? Était-il incapable de ce genre de dévouement à une abstraction ? Alexandre le Grand ne voyait pas la Macédoine avec le regard que César portait sur Rome, il pensait avant tout à lui-même, rêvait de sa propre divinité plutôt que de la puissance de son empire. C'était d'ailleurs pour cette raison que ce dernier s'était effondré au lendemain de sa mort. L'empire romain, en revanche, subsisterait à la mort d'un homme, voire de plusieurs hommes. Un Romain gagnait sa place au soleil mais ne se considérait jamais comme le soleil, à l'inverse d'Alexandre le Grand. Or lui rêvait d'un soleil qui brillât pour lui seul, pas de celui de Rome. ..."

Témoignage : DIODORE de SICILE, La Bibliothèque historique, XVII, 54 :

(3) Ὁ δ' ᾿Αλέξανδρος εἰς τὸ συνέδριον παραλαβὼν πάντας τοὺς φίλους καὶ περὶ τῶν προτιθεμένων αἱρέσεων ἀνακοινωσάμενος ἠξίου τὴν ἰδίαν γνώμην ἕκαστον μετὰ παρρησίας ἀποφήνασθαι. (4) Τῶν μὲν οὖν ἄλλων οὐδεὶς ἐτόλμα συμβουλεῦσαι διὰ τὸ μέγεθος τῆς ὑποκειμένης ζητήσεως, Παρμενίων δὲ πρῶτος εἶπεν, ἐγὼ μὲν ὢν ᾿Αλέξανδρος ἔλαβον ἂν τὰ διδόμενα καὶ τὴν σύνθεσιν ἐποιησάμην. (5) Ὁ δ' ᾿Αλέξανδρος ὑπολαβὼν εἶπεν, κἀγὼ εἰ Παρμενίων ἦν ἔλαβον ἄν. Καθόλου δὲ καὶ ἄλλοις μεγαλοψύχοις λόγοις χρησάμενος καὶ τοὺς μὲν λόγους τῶν Περσῶν ἀποδοκιμάσας, προτιμήσας δὲ τὴν εὐδοξίαν τῶν προτεινομένων δωρεῶν τοῖς μὲν πρέσβεσιν ἀπόκρισιν ἔδωκεν ὡς οὔθ' ὁ κόσμος δυεῖν ἡλίων ὄντων τηρῆσαι δύναιτ' ἂν τὴν ἰδίαν διακόσμησίν τε καὶ τάξιν οὔθ' ἡ οἰκουμένη δύο βασιλέων ἐχόντων τὴν ἡγεμονίαν ἀταράχως καὶ ἀστασιάστως διαμένειν ἂν δύναιτο. (6) Διόπερ ἀπαγγέλλειν αὐτοὺς ἐκέλευσε τῷ Δαρείῳ, εἰ μὲν τῶν πρωτείων ὀρέγεται, διαμάχεσθαι πρὸς αὐτὸν περὶ τῆς τῶν ὅλων μοναρχίας· εἰ δὲ δόξης καταφρονῶν προκρίνει τὴν λυσιτέλειαν καὶ τὴν ἐκ τῆς ῥᾳστώνης τρυφήν, αὐτὸς μὲν ᾿Αλεξάνδρῳ ποιείτω τὰ προσταττόμενα, ἄλλων δὲ ἄρχων βασιλευέτω, συγχωρουμένης αὐτῷ τῆς ἐξουσίας ὑπὸ τῆς ᾿Αλεξάνδρου χρηστότητος. (7) Τὸ δὲ συνέδριον διαλύσας καὶ τὴν δύναμιν ἀναλαβὼν προῆγεν ἐπὶ τὴν τῶν πολεμίων στρατοπεδείαν.

3) Sur ces propositions, Alexandre fit assembler tous ses amis, et leur exposant fidèlement les offres qui lui étaient faites, il les exhorta à lui déclarer librement leur pensée sur ce sujet. (4) Comme personne n'osait prononcer sur une question de cette importance, Parménion prit enfin la parole et dit : pour moi si j'étais Alexandre, j'accepterais les conditions proposées et je signerais la paix ; (5) et moi aussi répondit brusquement Alexandre, si j'étais Parménion : il tint ensuite d'autres propos qui marquaient son grand courage. Enfin rejetant toutes les propositions du roi de Perse et préférant la gloire d'une grande renommée à toutes les richesses du monde, il répondit aux ambassadeurs que comme la constitution de l'univers serait dérangée par la présence de deux soleils, de même l'empire de la terre tomberait dans la confusion et dans le désordre par la puissance égale de deux rois. (6) Il chargea donc les ambassadeurs de Darius de dire à leur maître que s'il prétendait être le premier prince du monde, il avait à combattre contre lui pour soutenir un si beau titre, auquel lui-même Alexandre s'opposait. Mais que, si se souciant peu de ce qui concerne la gloire, il n'aspirait qu'au repos et aux douceurs d'une vie tranquille et agréable, il fallait qu'il se déclarât dépendant d'Alexandre et que commandant aux autres princes, il le reconnut lui-même pour le sien. (7) Là dessus il renvoya les ambassadeurs et se mit aussitôt en marche à la tête de son armée


2. Lecture : Les jarres de Zeus :

Livre : Simone BERTIÈRE, Apologie pour Clytemnestre
Paris, Éditios du Fallois, 2004, 294 pp.

Extrait : p. 34

" ... « Nos dieux n'exigent pas trop de nous, ajoutait Mélaena [confidente de Clytemnestre]. Et tout ce que nous faisons pour eux doit être payé de retour. Donnant donnant. Aux offrandes et aux sacrifices rituels, dûment comptabilisés, répond de leur part une bienveillance quasi obligatoire. Au moins, on connaît les règles du jeu. Et puis, ils ne sont pas tout-puissants. Ce sont les administrateurs du monde, mais ils n'en commandent pas la marche. Zeus, leur souverain, peut se permettre d'imposer au cours des astres quelque inversion passagère. Il préside, dit-on, au bonheur et au malheur des humains. Son cellier abrite deux vastes jarres, qui contiennent les biens et les maux. Pour former la part de chacun, il puise au hasard dans l'une et dans l'autre. A cette loterie divine, certains ne gagnent guère que du malheur. D'autres semblent gâtés par le sort, qui le paient ensuite chèrement. Mais, au bout du compte, le cours de notre vie est réglé par les Moires [ou Parques], les trois soeurs filandières, qui connaissent d'avance l'heure où elles devront en couper le fil. Et aucun dieu – fût-il le maître de l'Olympe – ne peut changer le destin d'un homme – cet homme fût-il son fils. ..."

Témoignages :

  • HOMÈRE, L'Iliade, XXIV, 527-533 :

    δοιοὶ γάρ τε πίθοι κατακείαται ἐν Διὸς οὔδει
    δώρων οἷα δίδωσι κακῶν, ἕτερος δὲ ἑάων·
    ᾧ μέν κ᾽ ἀμμίξας δώῃ Ζεὺς τερπικέραυνος,
    530 ἄλλοτε μέν τε κακῷ ὅ γε κύρεται, ἄλλοτε δ᾽ ἐσθλῷ·
    ᾧ δέ κε τῶν λυγρῶν δώῃ, λωβητὸν ἔθηκε,
    καί ἑ κακὴ βούβρωστις ἐπὶ χθόνα δῖαν ἐλαύνει,
    φοιτᾷ δ᾽ οὔτε θεοῖσι τετιμένος οὔτε βροτοῖσιν.

    Il y a, sur le seuil du palais de Zeus, deux jarres de tous les dons qu'il nous donne, l'une de maux, l'autre de biens. L'homme à qui c'est un mélange que donne Zeus tonnant, tantôt rencontre un mal, tantôt obtient un avantage; l'homme à qui il donne des misères, il en fait un objet de mépris. Celui-là, une faim douloureuse le chasse de partout sur la terre divine; il va çà et là, abandonné des dieux et des hommes.

  • PLUTARQUE, Oeuvres morales - Sur la manière de lire les poètes, p. 24 :

    Οὔπω γὰρ αὐτὸ τοὔνομα τῆς τύχης λέγοντες, εἰδότες δὲ τὴν τῆς ἀτάκτως καὶ ἀορίστως περιφερομένης αἰτίας δύναμιν ἰσχυρὰν καὶ ἀφύλακτον οὖσαν ἀνθρωπίνῳ λογισμῷ τοῖς τῶν θεῶν ὀνόμασιν ἐξέφραζον, ὥσπερ ἡμεῖς καὶ πράγματα καὶ ἤθη καὶ νὴ Δία καὶ λόγους καὶ ἄνδρας εἰώθαμεν δαιμονίους καὶ θείους προσαγορεύειν. Οὕτω δὴ τὰ πολλὰ τῶν ἀτόπως περὶ τοῦ Διὸς λέγεσθαι δοκούντων ἐπανορθωτέον, ὧν ἐστι καὶ ταῦτα Δοιοὶ γάρ τε πίθοι κατακείαται ἐν Διὸς οὔδει (24b) κηρῶν ἔμπλειοι, ὁ μὲν ἐσθλῶν, αὐτὰρ ὁ δειλῶν καὶ Ὅρκια μὲν Κρονίδης ὑψίζυγος οὐκ ἐτέλεσσεν, ἀλλὰ κακὰ φρονέων τεκμαίρεται ἀμφοτέροισι καὶ Τότε γάρ ῥα κυλίνδετο πήματος ἀρχὴ Τρωσί τε καὶ Δαναοῖσι Διὸς μεγάλου διὰ βουλάς, ὡς περὶ τῆς τύχης ἢ τῆς εἱμαρμένης λεγομένων, ἐν αἷς τὸ ἀσυλλόγιστον ἡμῖν τῆς αἰτίας σημαίνεται καὶ ὅλως οὐ καθ´ ἡμᾶς. Ὅπου δὲ τὸ προσῆκον καὶ κατὰ λόγον καὶ εἰκός ἐστιν, ἐνταῦθα κυρίως ὀνομάζεσθαι τὸν θεὸν νομίζωμεν, ὥσπερ ἐν τούτοις (24c) Αὐτὰρ ὁ τῶν ἄλλων ἐπεπωλεῖτο στίχας ἀνδρῶν, Αἴαντος δ´ ἀλέεινε μάχην Τελαμωνιάδαο· Ζεὺς γάρ οἱ νεμέσα ὅτ´ ἀμείνονι φωτὶ μάχοιτο καὶ Ζεὺς γὰρ τὰ μὲν μέγιστα φροντίζει βροτῶν, τὰ μικρὰ δ´ ἄλλοις δαίμοσιν παρεὶς ἐᾷ. Σφόδρα δὲ δεῖ καὶ τοῖς ἄλλοις ὀνόμασι προσέχειν, κατὰ πολλὰ πράγματα κινουμένοις καὶ μεθισταμένοις ὑπὸ τῶν ποιητῶν.

    Comme le mot Fortune n'était pas encore en usage, et qu'on voyait dans la vie humaine ces vicissitudes continuelles que toute la prudence des hommes ne saurait prévenir, les poètes employaient le nom de quelque dieu pour celui de Fortune. Ainsi, dans le langage ordinaire, nous appelons les actions, les mœurs, les discours et les hommes, célestes et divins. On peut, par ce moyen, entendre dans un sens favorable bien des choses que les poètes disent de Jupiter, et qui nous paraissent si peu sensées; comme celles-ci :
    "A la porte des cieux deux tonneaux sont placés.
    Par eux de l'univers les destins sont réglés?" (24b)
    "L'un des plus riches biens est la source féconde;
    L'autre verse les maux qui désolent le monde.
    Pour nous livrer aux maux qu'il nous a destinés,
    Le souverain des dieux a rompu nos traités.
    Dès cet instant fatal le maître du tonnerre,
    Résolu de porter le trouble sur la terre,
    Préparait sourdement le germe des combats,
    Qui des Grecs, des Troyens devaient armer les bras".

    Tout cela se dit de la Fortune ou de la Destinée, agents secrets dont l'opération nous est inconnue, et qu'il n'est pas en notre pouvoir de gouverner. Mais lorsqu'ils ne disent rien qui ne soit conforme à la raison et à la décence, alors c'est de Jupiter lui-même qu'ils parlent, comme dans les vers suivants :

    (24c) "Hector, qui dans les rangs avec fierté se montre,
    Du fils de Télamon évite la rencontre.
    Jupiter n'aime point ces cœurs présomptueux
    Qui vont se mesurer à de plus braves qu'eux.
    De ce trône sublime où sa grandeur réside,
    Aux grands événements Jupiter seul préside.
    Sous lui, les autres dieux, par de moindres efforts,
    Des faits moins importants font mouvoir les ressorts".

    Il est bien d'autres mots que les poètes prennent dans plusieurs significations et qu'ils appliquent à des choses très différentes.

  • PLATON, La République, II, p. 379 :

    Τί δέ; ὠφέλιμον τὸ ἀγαθόν; Ναί. Αἴτιον ἄρα εὐπραγίας; Ναί. Οὐκ ἄρα πάντων γε αἴτιον τὸ ἀγαθόν, ἀλλὰ τῶν μὲν εὖ ἐχόντων αἴτιον, τῶν δὲ κακῶν ἀναίτιον. (c) Παντελῶς γ’, ἔφη. Οὐδ’ ἄρα, ἦν δ’ ἐγώ, ὁ θεός, ἐπειδὴ ἀγαθός, πάντων ἂν εἴη αἴτιος, ὡς οἱ πολλοὶ λέγουσιν, ἀλλὰ ὀλίγων μὲν τοῖς ἀνθρώποις αἴτιος, πολλῶν δὲ ἀναίτιος· πολὺ γὰρ ἐλάττω τἀγαθὰ τῶν κακῶν ἡμῖν, καὶ τῶν μὲν ἀγαθῶν οὐδένα ἄλλον αἰτιατέον, τῶν δὲ κακῶν ἄλλ’ ἄττα δεῖ ζητεῖν τὰ αἴτια, ἀλλ’ οὐ τὸν θεόν. ᾿Αληθέστατα, ἔφη, δοκεῖς μοι λέγειν. Οὐκ ἄρα, ἦν δ’ ἐγώ, ἀποδεκτέον οὔτε ῾Ομήρου οὔτ’ ἄλλου (d) ποιητοῦ ταύτην τὴν ἁμαρτίαν περὶ τοὺς θεοὺς ἀνοήτως ἁμαρτάνοντος καὶ λέγοντος— ὡς δοιοί τε πίθοι κατακείαται ἐν Διὸς οὔδει κηρῶν ἔμπλειοι, ὁ μὲν ἐσθλῶν, αὐτὰρ ὃ δειλῶν· καὶ ᾧ μὲν ἂν μείξας ὁ Ζεὺς δῷ ἀμφοτέρων, ἄλλοτε μέν τε κακῷ ὅ γε κύρεται, ἄλλοτε δ’ ἐσθλῷ· ᾧ δ’ ἂν μή, ἀλλ’ ἄκρατα τὰ ἕτερα, τὸν δὲ κακὴ βούβρωστις ἐπὶ χθόνα δῖαν ἐλαύνει· (e) οὐδ’ ὡς ταμίας ἡμῖν Ζεὺς— ἀγαθῶν τε κακῶν τε τέτυκται.

    Mais quoi ! le bien est utile ? Oui. Il est donc la cause du succès ? Oui. Mais alors le bien n'est pas la cause de toute chose ; il est cause de ce qui est bon et non pas de ce qui est mauvais. C'est incontestable, dit-il. (379c) Par conséquent, poursuivis-je, Dieu, puisqu'il est bon, n'est pas la cause de tout, comme on le prétend communément ; il n'est cause que d'une petite partie de ce qui arrive aux hommes et ne l'est pas de la plus grande, car nos biens sont beaucoup moins nombreux que nos maux, et ne doivent être attribués qu'à lui seul, tandis qu'à nos maux il faut chercher une autre cause, mais non pas Dieu. Tu me parais, avoua-t-il, dire très vrai. Dès lors, repris-je, il est impossible d'admettre, d'Homère ou de tout autre poète, des erreurs sur les dieux (379d) aussi absurdes que celles-ci : Deux tonneaux se trouvent au seuil de Zeus pleins de sorts, l'un d'heureux, l'autre de mauvais, et celui à qui Zeus donne des deux tantôt éprouve du mal et tantôt du bien ; mais celui qui ne reçoit que des seconds sans mélange, la dévorante faim le poursuit sur la terre divine; et encore que Zeus est pour nous (379e) dispensateur et des biens et des maux. ...

  • MAXIME de TYR, Dissertations, XXXIV, 3 - 4 :

    [34,3] Τοῦτό τοι καὶ περὶ τὸν βίον Ὅμηρος ᾐνίξατο· δοιοὶ γάρ τε πίθοι κατακείαται ἐν Διὸς οὔδει, φησίν· ὁ μὲν πλήρης κακῶν, ἀγαθῶν ἀνεπίμικτος· ὁ δὲ ἐξ ἀμφοῖν κεκραμένος (τρίτον γὰρ πίθον οὐδαμοῦ ἐν Διὸς εἷναι λέγει, ἀγαθῶν ἀκηράτων). Νέμει δὲ Ζεὺς τῷ τῶν ἀνθρώπων γένει, κατὰ τὴν Ὁμήρου ᾠδήν, ἐκ τοῖν πίθοιν τούτοιν ἀρυτόμενος· ἐκ μὲν τοῦ, κακῶν ἀενάων ῥεῦμα ἰσχυρὸν καὶ βίαιον, μεστὸν ἐρίδων καὶ ἐρινύων, καὶ πτοίας καὶ φόβου, καὶ ἄλλων μυρίων δυσαντήτων τὲ καὶ ἀκράτων κακῶν· ἐκ δὲ τοῦ νέμει, ὡς μὲν ἂν Ὅμηρος εἴποι, ῥεῦμα μικτὸν ἀγαθῶν καὶ κακῶν· ἐγὼ δὲ ὁρῷ μὲν τὴν μῖξιν, καὶ πείθομαι τῷ λόγῳ, εὐφημότερον δὲ ὀνομάζειν θέλω τὴν βελτίω παρὰ Διὸς νομήν· ἔχει γὰρ δὴ ὧδε.

    [34,4] Ἀρετὴ ψυχῆς καὶ μοχθηρία, αὗται πηγαὶ τῶν Διὸς πίθων· ὧν ἡ μὲν μοχθηρία λάβρον καὶ ἔμπληκτον ὀχετὸν ἐξιεῖσα συγχεῖ τὸν βίον καὶ ταράττει, καθάπερ ἐμβολὴ χειμερίου νάματος ἐπὶ λήϊα καὶ φυτουργίας ὁρμηθεῖσα, ἐχθρὰ μὲν γεωργοῖς, ἐχθρὰ δὲ καὶ ποιμέσιν, ἐχθρὰ καὶ ὁδοιπόροις, ἄκαρπος, ἄγονος, ἀνόνητος, ἐπισφαλής· αἱ δὲ ἀρετῆς πηγαί, ὅτῳ ἂν ἐν ψυχῇ διαφανῶσιν, πάντα τούτῳ ποιοῦσιν τὸν βίον ἔγκαρπον καὶ ἀρόσιμον καὶ τελεσφόρον. Ἀλλὰ ἱδρῶτος δεῖ τῷ γεωργῷ, καὶ πόνου δεῖ, καὶ ταλαιπωρίας δεῖ. Οὐδὲ γὰρ ὁ Αἰγύπτιος τῷ Νείλῳ θαρρεῖ μόνῳ, οὐδὲ παραδίδωσιν αὐτῷ τὰ σπέρματα, πρὶν ἢ τἀρότρῳ ζεύξῃ βοῦν, πρὶν τέμῃ αὔλακα, πρὶν πονήσῃ μακρά· καὶ μετὰ τοῦτο ἤδη καλεῖ τὸν ποταμὸν ἐπὶ τὰ αὑτοῦ ἔργα. Αὕτη μῖξις ποταμοῦ πρὸς γεωργίαν, καὶ ἐλπίδων πρὸς πόνους, καὶ καρπῶν πρὸς ταλαιπωρίαν· οὕτως ἀγαθοῖς κακὰ κεραννυτέον. Εἰ βούλει, ἄφελε μὲν τὴν δυσφημίαν, ἴσθι δὲ αὐτῷ τὴν οὐσίαν οὐκ αὐθαίρετον οὖσαν τοῖς πονοῦσιν. Κἂν ἐπὶ τοὺς λιμένας ἔλθῃς, κυβερνήτην λήψῃ, οὐ τὸν ἄπειρον χειμῶνος, οὐδὲ ὅστις ἀθέατος κλύδωνος, ἀλλ´ ἐκ πολλῶν σφαλμάτων ἀθροίσαντα τὴν τέχνην, ἐκ πείρας κακῶν. Ἐγὼ καὶ στρατηγῷ διαπιστῶ πάντα εὐτυχήσαντι· οἷος ἂν ἦν Ἀθηναίοις στρατηγὸς Νικίας, σωθεὶς ἐκ Σικελίας· ἢ οἷος ἂν ἦν σωφρονέστερος δημαγωγὸς Κλέων, ἐπανελθὼν ἐξ Ἀμφιπόλεως. Ὅταν δὲ ἴδω πάντα εὐτυχοῦντα καὶ κυβερνήτην καὶ στρατηγόν, καὶ ἰδιώτην, καὶ ἄρχοντα, καὶ ἄνδρα, καὶ πόλιν, διαπιστῶ ταῖς εὐτυχίαις· ὡς Σόλων Κροίσῳ, ὡς Ἄμασις Πολυκράτει.

    [34,3] III. Homère nous offre cet emblème de la vie humaine. «Il est, dit-il, dans le palais de Jupiter deux tonneaux l'un plein de maux, sans aucun mélange de biens ; l'autre, mêlé de biens et de maux.» Mais nulle part il ne parle d'un troisième tonneau qui ne soit rempli que de biens. Jupiter, selon Homère, puise dans ces deux tonneaux ce qu'il doit distribuer au genre humain. Il fait sortir, de l'un, une source non interrompue de maux cruels et violents, de querelles, de fureurs, d'angoisses, de craintes, et la multitude des autres fléaux de ce genre qu'il est impossible d'éviter, et dont rien ne tempère l'amertume. De l'autre, pour parler le langage d'Homère, il fait sortir un mélange de biens et de maux. A la bonne heure, j'admets ce mélange. J'applaudis à cette opinion. Mais je veux présenter, sous une dénomination plus noble et plus relevée, cette dispensation du maître des Dieux, qui me paraît la plus raisonnable. Voici de quelle manière.

    [34,4] IV. La vertu et la méchanceté de l'âme représentent les deux tonneaux de Jupiter. L'une, la méchanceté, semblable à un torrent impétueux, répand le trouble et le désordre dans le champ de la vie. C'est le débordement d'un fleuve, qui se jette en hiver sur des terres ensemencées, et sur des plantations ; débordement funeste aux agriculteurs, aux bergers, aux voyageurs même ; fécond en ravages sans rien produire d'utile, il fait périr les semences, et détruit les fruits dans leurs germes. La vie, au contraire, de celui dont l'âme éprouve les bénignes influences de la vertu, offre le spectacle continuel, de la fertilité, de l'abondance, et de la maturité des fruits qu'elle donne. Cependant, l'agriculteur doit se fatiguer, prendre de la peine, avoir des sollicitudes. Car l'agriculteur Égyptien ne se repose pas uniquement sur les eaux du Nil ; il ne sème point, avant d'avoir attelé ses bœufs à sa charrue, avant d'avoir formé ses sillons, avant d'avoir fait un travail long et pénible. Lorsqu'il a fait tout cela, il permet au fleuve de couvrir ses terres. C'est ainsi que se marient les ondes du Nil et les soins de l'agriculture, les espérances avec les travaux, et les fruits avec les sollicitudes. Il en est de même des biens et des maux. Ou bien si ce rapprochement vous choque, ne l'admettez pas. Mais, tenez pour certain, que les biens ne sont pas tellement à notre discrétion que nous n'ayons qu'à les désirer. Si nous allons dans un port pour nous embarquer, nous prendrons pour pilote, non pas celui qui n'a jamais vu de tourmente, qui n'a jamais été aux prises avec la tempête, mais celui qui a appris son métier au milieu des naufrages et des accidents de la mer. Quant à toi, j'ai une médiocre confiance dans un Général constamment favorisé par la victoire. Combien Nicias aurait été précieux pour les Athéniens, s'il eût survécu à sa malheureuse expédition de Sicile. Que de leçons de modération et de sagesse aurait rapporté d'Amphipolis le Démagogue Cléon, s'il n'y eût point succombé. Mais lorsque je vois les faveurs de la fortune constamment attachées à un Amiral, à un Général d'armée, à un homme privé, à un Magistrat, à un simple Citoyen, à une Cité, tant de prospérité m'inspire de la défiance, comme en inspirèrent Crésus à Solon, et Polycrate à Amasis.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL a, une nouvelle fois, fait merveille : 7 nouveaux environnements hypertextes ont été créés :

  • Euripide, Les Héraclides, tragédie complète [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Euripide, Hercule furieux, tragédie complète [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Euripide, Ion, tragédie complète [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Euripide, Les Troyennes, tragédie complète [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Plutarque, Oeuvres morales - Consolation à Apollonius, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Pseudo-Plutarque, Les opinions des philosophes , livre III [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Pseudo-Plutarque, Les opinions des philosophes , livre IV [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


4. FEC & fascicule XVII :

Les trois derniers articles publiés dans le fascicule 17, 2009 des Folia Electronica Classica (FEC) louvanistes sont dus à des collaborateurs d'origine géographique très différente : dans l'ordre (1) un professeur congolais, Hippolyte Mimbu Kilol, docteur de la KUL, qui enseigne à l'Université Pédagogique Nationale et aux Facultés Catholiques de Kinshasa ; (2) Stéphanie Binder, docteur en études classiques et histoire juive à l'Université Bar-Ilan, et professeur en Israël ; (3) un professeur hongrois de l'Université de Debrecen, László Havas. Voici les références précises de ces trois articles.

 

Apulée et l'initiation au culte d'Isis

Nouvelle hypothèse sur l'initiation au culte d'Isis, par Hippolyte Mimbu Kilol (fichier HTML, 138 K)
(inédit)
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/17/Isis.htm

Sénèque et Tertullien

De la septième «Lettre à Lucilius» de Sénèque au «De Spectaculis» de Tertullien, échos et influences, par Stéphanie Binder (fichier HTML, 104 K)
(inédit)
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/17/TertSen.htm

La notion de saeculum dans la littérature latine

L'importance de la notion de «saeculum» dans la littérature romaine de Livius Andronicus à Juvénal et Florus.Tradition et actualisation, par László Havas (fichier HTML, 68 K)
(paru dans Ibolya Tar, Péter Mayer [Hrsg.], Klassizismus und Modernität. Beiträge der internationalen Konferenz in Szeged (11-13. September 2003), Szeged, 2007, p. 24-33)
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/17/Saeculum.htm


Jean Schumacher
9 octobre 2009


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002