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Date :     11-09-2009

Sujets :
Fiches de lecture : 6 ajouts ; Culture : Faut-il mettre les jeunes gens en garde contre les fictions poétiques ?; HODOI ELEKTRONIKAI : 6 nouveaux environements hypertextes : Athénée de Naucratis, Hippocrate (x 5); Culture et conception de l'histoire : Polybe ne pratique pas l'histoire totale;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :

  • HIPPOCRATE, De l'Art
  • ATHÉNÉE de Naucratis, Les Deipnosophistes, livres VIII et IX

  • Qu'est-ce que la médecine ?
  • En Lycie, il y a des hommes ichthyomantes
  • Chrysippe rapporte l'épitaphe du roi Sardanapale
  • Un (bon) cuisinier doit être instruit en météorologie, en architecture et en art militaire
  • Comment apprêter le lièvre ?
  • Du bon cuisinier


2. Culture : Faut-il mettre les jeunes gens en garde contre les fictions poétiques ? :

C'est Plutarque qui fournit une réponse à cette question dans le texte Sur la manière de lire les poètes, paragraphes 17 (partim) et 18 :

[17] ... Ἔτι δὲ μᾶλλον ἐπιστήσομεν αὐτὸν ἅμα τῷ προσάγειν τοῖς ποιήμασιν ὑπογράφοντες τὴν ποιητικὴν ὅτι μιμητικὴ τέχνη καὶ δύναμίς ἐστιν ἀντίστροφος τῇ ζῳγραφίᾳ. Καὶ μὴ μόνον ἐκεῖνο τὸ θρυλούμενον ἀκηκοὼς ἔστω, [18] ζῳγραφίαν μὲν εἶναι (18a) φθεγγομένην τὴν ποίησιν, ποίησιν δὲ σιγῶσαν τὴν ζῳγραφίαν, ἀλλὰ πρὸς τούτῳ διδάσκωμεν αὐτὸν ὅτι γεγραμμένην σαύραν ἢ πίθηκον ἢ Θερσίτου πρόσωπον ἰδόντες ἡδόμεθα καὶ θαυμάζομεν οὐχ ὡς καλὸν ἀλλ´ ὡς ὅμοιον. Οὐσίᾳ μὲν γὰρ οὐ δύναται καλὸν γενέσθαι τὸ αἰσχρόν· ἡ δὲ μίμησις, ἄν τε περὶ φαῦλον ἄν τε περὶ χρηστὸν ἐφίκηται τῆς ὁμοιότητος, ἐπαινεῖται. Καὶ τοὐναντίον ἂν αἰσχροῦ σώματος εἰκόνα καλὴν παράσχῃ, τὸ πρέπον καὶ τὸ εἰκὸς οὐκ ἀπέδωκεν. Γράφουσι δὲ καὶ πράξεις ἀτόπους ἔνιοι, καθάπερ Τιμόμαχος τὴν Μηδείας τεκνοκτονίαν καὶ Θέων τὴν Ὀρέστου μητροκτονίαν καὶ Παρράσιος τὴν Ὀδυσσέως προσποίητον μανίαν (18b) καὶ Χαιρεφάνης ἀκολάστους ὁμιλίας γυναικῶν πρὸς ἄνδρας. Ἐν οἷς μάλιστα δεῖ τὸν νέον ἐθίζεσθαι, διδασκόμενον ὅτι τὴν πρᾶξιν οὐκ ἐπαινοῦμεν ἧς γέγονεν ἡ μίμησις, ἀλλὰ τὴν τέχνην εἰ μεμίμηται προσηκόντως τὸ ὑποκείμενον. Ἐπεὶ τοίνυν καὶ ποιητικὴ πολλάκις ἔργα φαῦλα καὶ πάθη μοχθηρὰ καὶ ἤθη μιμητικῶς ἀπαγγέλλει, δεῖ τὸ θαυμαζόμενον ἐν τούτοις καὶ κατορθούμενον μήτ´ ἀποδέχεσθαι τὸν νέον ὡς ἀληθὲς μήτε δοκιμάζειν ὡς καλόν, ἀλλ´ ἐπαινεῖν μόνον ὡς ἐναρμόττον τῷ ὑποκειμένῳ προσώπῳ καὶ οἰκεῖον. Ὥσπερ γὰρ ὑὸς βοὴν καὶ ψόφον τροχιλίας καὶ πνευμάτων (18c) ῥοῖζον καὶ θαλάττης κτύπον ἀκούοντες ἐνοχλούμεθα καὶ δυσχεραίνομεν, ἂν δέ τις πιθανῶς ταῦτα μιμῆται, καθάπερ Παρμένων τὴν ὗν καὶ Θεόδωρος τὰς τροχιλίας, ἡδόμεθα· καὶ νοσώδη μὲν ἄνθρωπον καὶ ὕπουλον ὡς ἀτερπὲς θέαμα φεύγομεν, τὸν δ´ Ἀριστοφῶντος Φιλοκτήτην καὶ τὴν Σιλανίωνος Ἰοκάστην ὁμοίους φθίνουσι καὶ ἀποθνῄσκουσι πεποιημένους ὁρῶντες χαίρομεν· οὕτως ὁ νέος ἀναγιγνώσκων ἃ Θερσίτης ὁ γελωτοποιὸς ἢ Σίσυφος ὁ φθορεὺς ἢ Βάτραχος ὁ πορνοβοσκὸς λέγων (18d) ἢ πράττων πεποίηται, διδασκέσθω τὴν μιμουμένην ταῦτα δύναμιν καὶ τέχνην ἐπαινεῖν, ἃς δὲ διαθέσεις καὶ πράξεις μιμεῖται καὶ προβάλλεσθαι καὶ κακίζειν.

Voulez-vous garantir plus sûrement les jeunes gens de cette séduction? En leur mettant dans les mains les ouvrages des poètes, commencez par les avertir que la poésie est un art imitateur et rival de la peinture ; et non pas seulement dans ce sens si connu de tout le monde : [18] que la poésie est une (18a) peinture parlante, et la peinture une poésie muette [scripsit Simonide]. Il faut, outre cela, leur apprendre que lorsque nous voyons dans un tableau la figure d'un lézard et d'un singe, ou le visage d'un Thersite, le plaisir et même l'admiration que cette vue nous cause ne vient pas de la beauté des objets, mais de leur ressemblance. Ce qui n'est point beau naturellement ne peut jamais le devenir. Mais l'imitation vraie et naturelle d'un objet agréable ou affreux est toujours sûre de nous plaire. Si au contraire la peinture nous représentait un objet hideux sous des traits aimables, elle pécherait contre la convenance et cesserait d'être vraisemblable. Les peintres imitent quelquefois des actions criminelles. Timomachus, par exemple, a peint Médée égorgeant ses enfants ; Théon, Oreste qui poignarde sa mère; Parrhasius, Ulysse contrefaisant le fou, (18b) et Chéréphane, des images lascives. Faisons bien sentir aux jeunes gens que, dans tous ces tableaux, ce n'est point l'action imitée que nous louons, mais l'imitation heureuse que le peintre en a faite. Comme la poésie représente aussi des actions et des mœurs criminelles, il faut qu'ils sachent que dans ces peintures qu'ils admirent, ce n'est pas l'action même qui mérite leur approbation, mais le rapport et la convenance de l'imitation avec l'objet représenté. Par exemple, le cri du cochon, le bruit d'une poulie, le sifflement des vents (18c) et le mugissement des vagues, sont désagréables à entendre. Ils plaisent cependant quand ils sont bien imités, comme faisait Parménon pour le cri du porc, et Théodore pour celui de la poulie. Nous avons horreur d'un malade couvert d'ulcères ; mais nous voyons avec plaisir le Philoctète d' Aristophon, et la Jocaste expirante de Silanion. Un jeune homme donc, en lisant ce que les poètes font dire et faire à Thersite, ce personnage ridicule, au ravisseur Sisyphe, au corrupteur Batrachus, (18d) doit louer l'art du poète imitateur, et détester les actions imitées.

Cf. PLUTARQUE, Si les Athéniens se sont plus illustrés à la guerre que dans les lettres, ch. 3 :

Πλὴν ὁ Σιμωνίδης τὴν μὲν ζωγραφίαν ποίησιν σιωπῶσαν προσαγορεύει, τὴν δὲ ποίησιν ζωγραφίαν λαλοῦσαν. ἃς γὰρ οἱ ζωγράφοι πράξεις ὡς γινομένας δεικνύουσι, ταύτας οἱ λόγοι γεγενημένας διηγοῦνται καὶ συγγράφουσιν. | εἰ δ´ οἱ μὲν χρώμασι καὶ σχήμασιν οἱ δ´ ὀνόμασι καὶ λέξεσι ταὐτὰ δηλοῦσιν, ὕλῃ καὶ τρόποις μιμήσεως διαφέρουσι, τέλος δ´ ἀμφοτέροις ἓν ὑπόκειται, καὶ τῶν ἱστορικῶν κράτιστος ὁ τὴν διήγησιν ὥσπερ γραφὴν πάθεσι καὶ προσώποις εἰδωλοποιήσας.

Simonide, il est vrai, appelle la peinture une poésie muette, et la poésie, une peinture parlante. Les actions que les peintres présentent à nos yeux comme s'accomplissant, les historiens les racontent et les écrivent quand elles sont passées. Si les uns y emploient des couleurs et des figures, les autres usent de mots et de phrases. C'est la matière, en même temps que le mode d'imitation, qui diffère; mais des deux côtés le but est le même ; et le meilleur historien est celui qui reproduit le mieux, comme le ferait une peinture, les émotions et les personnages.

Cf. PLUTARQUE, Propos de table, livre IX, ch. 15 :

καὶ ὅλως’ ἔφη ‘μεταθετέον τὸ Σιμωνίδειον ἀπὸ τῆς ζωγραφίας ἐπὶ τὴν ὄρχησιν· - - - σιωπῶσαν, καὶ φθεγγομένην ὄρχησιν {δὲ} πάλιν τὴν ποίησιν· ὅθεν εἶπεν οὔτε γραφικὴν εἶναι ποιητικῆς οὔτε ποιητικὴν γραφικῆς, οὐδὲ χρῶνται τὸ παράπαν ἀλλήλαις· ὀρχηστικῇ δὲ καὶ ποιητικῇ κοινωνία πᾶσα καὶ μέθεξις ἀλλήλων ἐστί, καὶ μάλιστα {μιμούμεναι} περὶ τὸ τῶν ὑπορχημάτων γένος ἓν ἔργον ἀμφότεραι τὴν διὰ τῶν σχημάτων καὶ τῶν ὀνομάτων μίμησιν ἀποτελοῦσι. δόξειε δ´ ἂν ὥσπερ ἐν γραφικῇ τὰ μὲν ποιήματα ταῖς γραμμαῖς, ὑφ´ ὧν ὁρίζεται τὰ εἴδη - - -.

C'est le cas d'appliquer la définition que Simonide donnait de la peinture, et de dire, que comme la poésie est une danse parlée, de même la danse est une poésie muette. La peinture n'emprunte rien à la poésie, pas plus que la poésie n'emprunte à la peinture, et ces deux arts ne se servent aucunement l'un de l'autre. La danse et la poésie, au contraire, se trouvent constamment unies et rapprochées. Leur mérite d'imitation se combine surtout quand la danse s'exécute avec accompagnement de voix qui chantent, et que toutes deux, l'une par les attitudes, l'autre par les paroles, représentent avec vivacité une action. On pourrait ici, tirant une similitude de la peinture, comparer d'une part la poésie aux couleurs, et de l'autre la danse aux lignes qui déterminent le contour des figures.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environements hypertextes :

Nonobstant une semaine des plus agitées, Christian RUELL a pu constituer 6 nouveaux environnements hypertextes :

  • Athénée de Naucratis, Les Deipnosophistes (ou Le Banquet des sages), livre IX [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Hippocrate, De l'ancienne médecine, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Hippocrate, De l'art, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Hippocrate, De la génération, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Hippocrate, De la nature de l'enfant, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Hippocrate, Des vents, texte complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les Textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


4. Culture & conception de l'Histoire :

Polybe (env. 200 - 125 av. J.-Chr.), - au contraire de Denys d'Halicarnasse (vers 60 av. J.-Chr. - vers 8 apr. J.-Chr.) -, n'aime pas l'histoire totale : il se propose de relater uniquement les guerres et les régimes politiques au risque de produire un livre sans agrément pour la majorité des hommes :

POLYBE, Histoire, IX, ch. I et II :

[9,1] I. <1> Αἱ μὲν οὖν ἐπιφανέσταται πράξεις τῶν ὑπὸ τῆς προειρημένης ὀλυμπιάδος περιληφθεισῶν καὶ τοῦ τετραετοῦς διαστήματος, ὅ φαμεν δεῖν ὀλυμπιάδα νομίζειν, εἰσὶν αὗται: περὶ ὧν ἡμεῖς ἐν δυσὶ βυβλίοις πειρασόμεθα ποιεῖσθαι τὴν ἐξήγησιν. <2> Οὐκ ἀγνοῶ δὲ διότι συμβαίνει τὴν πραγματείαν ἡμῶν ἔχειν αὐστηρόν τι καὶ πρὸς ἓν γένος ἀκροατῶν οἰκειοῦσθαι καὶ κρίνεσθαι διὰ τὸ μονοειδὲς τῆς συντάξεως. <3> Οἱ μὲν γὰρ ἄλλοι συγγραφεῖς σχεδὸν ἅπαντες, εἰ δὲ μή γ᾽, οἱ πλείους, πᾶσι τοῖς τῆς ἱστορίας μέρεσι χρώμενοι πολλοὺς ἐφέλκονται πρὸς ἔντευξιν τῶν ὑπομνημάτων. <4> Τὸν μὲν γὰρ φιλήκοον ὁ γενεαλογικὸς τρόπος ἐπισπᾶται, τὸν δὲ πολυπράγμονα καὶ περιττὸν ὁ περὶ τὰς ἀποικίας καὶ κτίσεις καὶ συγγενείας, καθά που καὶ παρ᾽ Ἐφόρῳ λέγεται, τὸν δὲ πολιτικὸν ὁ περὶ τὰς πράξεις τῶν ἐθνῶν καὶ πόλεων καὶ δυναστῶν. <5> Ἐφ᾽ ὃν ἡμεῖς ψιλῶς κατηντηκότες καὶ περὶ τοῦτον πεποιημένοι τὴν ὅλην τάξιν, πρὸς ἓν μέν τι γένος, ὡς προεῖπον, οἰκείως ἡρμόσμεθα, τῷ δὲ πλείονι μέρει τῶν ἀκροατῶν ἀψυχαγώγητον παρεσκευάκαμεν τὴν ἀνάγνωσιν. <6> Τίνος δὲ χάριν τἄλλα μέρη τῆς ἱστορίας ἀποδοκιμάσαντες αὐτὰ τὰ κατὰ τὰς πράξεις προειλάμεθα γράφειν, ἐν ἑτέροις ἡμῖν εἴρηται διὰ πλειόνων, κεφαλαιωδῶς γε μὴν οὐδὲν ἐπέχει καὶ νῦν ἐμφάσεως χάριν ὑπομνῆσαι τοὺς ἀκούοντας.

[9,2] II. <1> Πολλῶν γὰρ καὶ πολλαχῶς ἐξηριθμημένων τά τε περὶ τὰς γενεαλογίας καὶ μύθους καὶ περὶ τὰς ἀποικίας, <2> ἔτι δὲ συγγενείας καὶ κτίσεις, λοιπὸν ἢ τὰ ἀλλότρια δεῖ λέγειν ὡς ἴδια τὸν νῦν περὶ τούτων πραγματευόμενον, ὃ πάντων ἐστὶν αἴσχιστον, ἢ τοῦτο μὴ βουλόμενον προδήλως ματαιοπονεῖν, ὑπὲρ τοιούτων ὁμολογοῦντα συντάττεσθαι καὶ φροντίζειν, ἃ διὰ τῶν προγενεστέρων ἱκανῶς δεδήλωται καὶ παραδέδοται τοῖς ἐπιγινομένοις. <3> Ταῦτα μὲν οὖν παρελείφθη τούτων ἕνεκα καὶ πλειόνων ἑτέρων: <4> ὁ δὲ πραγματικὸς τρόπος ἐνεκρίθη πρῶτον μὲν διὰ τὸ καινοποιεῖσθαι συνεχῶς καὶ καινῆς ἐξηγήσεως δεῖσθαι τῷ μὴ συμβατὸν εἶναι τοῖς ἀρχαίοις τὸ τὰς ἐπιγινομένας πράξεις ἡμῖν ἐξαγγεῖλαι, <5> δεύτερον δὲ καὶ διὰ τὸ πάντων ὠφελιμώτατον αὐτὸν καὶ πρὸ τοῦ μέν, μάλιστα δὲ νῦν ὑπάρχειν, τῷ τὰς ἐμπειρίας καὶ τέχνας ἐπὶ τοσοῦτον προκοπὴν εἰληφέναι καθ᾽ ἡμᾶς ὥστε πᾶν τὸ παραπῖπτον ἐκ τῶν καιρῶν ὡς ἂν εἰ μεθοδικῶς δύνασθαι χειρίζειν τοὺς φιλομαθοῦντας. <6> Διόπερ ἡμεῖς οὐχ οὕτως τῆς τέρψεως στοχαζόμενοι τῶν ἀναγνωσομένων ὡς τῆς ὠφελείας τῶν προσεχόντων, τἄλλα παρέντες ἐπὶ τοῦτο τὸ μέρος κατηνέχθημεν. <7> Περὶ μὲν οὖν τούτων οἱ συνεφιστάνοντες ἐπιμελῶς ἡμῶν τοῖς ὑπομνήμασι βεβαιότατα μαρτυρήσουσι τοῖς νῦν λεγομένοις.

[9,1] I. <1> Tels sont donc les faits principaux contenus dans la cent quarante-deuxième olympiade, en cet espace de quatre ans que les Grecs appellent de ce nom. Nous essayerons d'en faire le récit dans les deux livres qui suivent. <2> Je ne me dissimule pas que ma méthode a je ne sais quoi d'austère et d'uniforme qui ne lui permet guère d'être appréciée et goûtée que de certaines personnes. <3> Presque tous les autres écrivains, ou du moins la plupart, par un habile usage de différentes parties du genre, amènent un nombreux public à les lire. <4> Dans leurs livres, le savant trouve des détails mythologiques qui le charment ; l'érudit de précieux détails sur les colonies, sur la fondation de certaines villes et sur leurs liens de parenté, comme dans Éphore, par exemple. Enfin l'histoire des nations, des cités et celle de leurs chefs séduisent l'homme d'État. <5> En nous bornant à cette dernière partie, en y consacrant notre œuvre tout entière, nous nous sommes donc fort bien accommodé, comme nous l'avons dit, au goût de quelques-uns; mais nous avons, en définitive, écrit un livre sans agrément pour la majorité des hommes. <6> Déjà il a été suffisamment expliqué ailleurs pourquoi il nous a paru bon de laisser de côté toutes les autres parties de l'histoire pour nous arrêter à celle-ci. Mais rien ne nous empêche de rappeler, dans l'intérêt même de la clarté, les motifs de cette résolution.

[9,2] II. <1> Comme déjà une foule d'auteurs ont parlé de généalogies, de mythologie, et des colonies, la fondation de certaines villes et les liens qui les unissent, <2> il n'y a pas d'alternative : ou il faut que l'auteur qui aborde ces sujets s'attribue le bien d'autrui, et il n'y a rien de plus honteux que ce larcin, ou bien, s'il ne veut pas d'une telle imposture, qu'il consente à faire un travail inutile en avouant qu'il revient sur des questions qui ont été traitées avec talent et suffisamment éclaircies par ses devanciers. <3> Telles sont les causes, avec quelques autres peut-être, pour lesquelles j'ai évité ces lieux communs. <4> J'ai mieux aimé choisir l'histoire des faits, d'abord parce qu'en se renouvelant ils ont besoin d'interprètes toujours nouveaux, (que d'événements, en effet, nos ancêtres n'ont pas racontés, <5> et parce qu'ensuite ce genre, en tout temps si utile, l'est surtout de nos jours, où les arts et les sciences ont fait de tels progrès que l'homme studieux peut maintenant se diriger en tout d'après des règles positives. <6> Aussi, moins préoccupé du plaisir du lecteur que de son intérêt, nous avons négligé toutes les autres catégories de l'histoire pour ne nous appliquer qu'à celle que nous avons dite. <7> Quiconque lira avec attention cet ouvrage appuiera fortement ce que j'avance, de son témoignage.


Jean Schumacher
11 septembre 2009


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002