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Date :     04-05-2009

Sujets :
Fiches de lecture : 7 ajouts; Lecture: Sénèque et le bonheur des premiers âges du monde ; HODOI ELEKTRONIKAI : 8 nouveaux environnements hypertextes : Lucien (x 4), Grégoire de Nysse (x 4) ;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :

  • GRÉGOIRE de NYSSE, Éloge funèbre et Discours catéchétique
  • LUCIEN, Dialogues

  • A propos de la vieillesse et des infirmités qui l'accompagnent
  • A propos du volume du corps humain
  • Que faut-il faire pour être client d'un personnage (romain) ?
  • Description du parcours de vie d'un client
  • Portrait de Dionysos (Bacchus) et de la bande qui l'accompagne
  • Chronos (Saturne) et l'âge d'or
  • Du malheur d'être riche


2. Lecture : Les premiers âges du monde :

Environnement hypertexte : SÉNÈQUE, Lettres à Lucilius, XC

Extraits :

(4) Sed primi mortalium quique ex his geniti naturam incorrupti sequebantur eundem habebant et ducem et legem, commissi melioris arbitrio; natura est enim potioribus deteriora summittere. Mutis quidem gregibus aut maxima corpora praesunt aut uehementissima: non praecedit armenta degener taurus, sed qui magnitudine ac toris ceteros mares uicit; elephantorum gregem excelsissimus ducit: inter homines pro maximo est optimum. Animo itaque rector eligebatur, ideoque summa felicitas erat gentium in quibus non poterat potentior esse nisi melior; tuto enim quantum uult potest qui se nisi quod debet non putat posse.

... Non enim tecta cenationi epulum recepturae parabantur, nec in hunc usum pinus aut abies deferebatur longo uehiculorum ordine uicis intrementibus, ut ex illa lacunaria auro grauia penderent. (10) Furcae utrimque suspensae fulciebant casam; spissatis ramalibus ac fronde congesta et in procliue disposita decursus imbribus quamuis magnis erat. Sub his tectis habitauere (sed) securi: culmus liberos texit, sub marmore atque auro seruitus habitat.

... (18) Non fuit tam iniqua natura ut, cum omnibus aliis animalibus facilem actum uitae daret, homo solus non posset sine tot artibus uiuere; nihil durum ab illa nobis imperatum est, nihil aegre quaerendum, ut possit uita produci. Ad parata nati sumus: nos omnia nobis difficilia facilium fastidio fecimus. Tecta tegimentaque et fomenta corporum et cibi et quae nunc ingens negotium facta sunt obuia erant et gratuita et opera leui parabilia; modus enim omnium prout necessitas erat: nos ista pretiosa, nos mira, nos magnis multisque conquirenda artibus fecimus. (19) Sufficit ad id natura quod poscit.

... (34) Quid sapiens inuestigauerit, quid in lucem protraxerit quaeris? Primum uerum naturamque, quam non ut cetera animalia oculis secutus est, tardis ad diuina; deinde uitae legem, quam uniuersa derexit, nec nosse tantum sed sequi deos docuit et accidentia non aliter excipere quam imperata. Vetuit parere opinionibus falsis et quanti quidque esset uera aestimatione perpendit; damnauit mixtas paenitentia uoluptates et bona semper placitura laudauit et palam fecit felicissimum esse cui felicitate non opus est, potentissimum esse qui se habet in potestate.

... non erant illi sapientes uiri, etiam si faciebant facienda sapientibus. (37) Statum quidem generis humani non alium quisquam suspexerit magis, nec si cui permittat deus terrena formare et dare gentibus mores, aliud probauerit quam quod apud illos fuisse memoratur apud quos --- Nulli subigebant arua coloni; Nec signare quidem aut partiri limite campum Fas erat: in medium quaerebant, ipsaque tellus Omnia liberius nullo poscente ferebat. (38) Quid hominum illo genere felicius? In commune rerum natura fruebantur; sufficiebat illa ut parens in tutelam omnium; haec erat publicarum opum secura possessio. Quidni ego illud locupletissimum mortalium genus dixerim in quo pauperem inuenire non posses?

... uniuersum habebamus. (40) Terra ipsa fertilior erat inlaborata et in usus populorum non diripientium larga. Quidquid natura protulerat, id non minus inuenisse quam inuentum monstrare alteri uoluptas erat; nec ulli aut superesse poterat aut deesse: inter concordes diuidebatur. Nondum ualentior inposuerat infirmiori manum, nondum auarus abscondendo quod sibi iaceret alium necessariis quoque excluserat: par erat alterius ac sui cura. (41) Arma cessabant incruentaeque humano sanguine manus odium omne in feras uerterant. Illi quos aliquod nemus densum a sole protexerat, qui aduersus saeuitiam hiemis aut imbris uili receptaculo tuti sub fronde uiuebant, placidas transigebant sine suspirio noctes. Sollicitudo nos in nostra purpura uersat et acerrimis excitat stimulis: at quam mollem somnum illis dura tellus dabat!

... Non habebant domos instar urbium: spiritus ac liber inter aperta perflatus et leuis umbra rupis aut arboris et perlucidi fontes riuique non opere nec fistula nec ullo coacto itinere obsolefacti sed sponte currentes et prata sine arte formosa, inter haec agreste domicilium rustica politum manu -- haec erat secundum naturam domus, in qua libebat habitare nec ipsam nec pro ipsa timentem: nunc magna pars nostri metus tecta sunt.

... Non enim dat natura uirtutem: ars est bonum fieri. (45) Illi quidem non aurum nec argentum nec perlucidos {lapides in} ima terrarum faece quaerebant parcebantque adhuc etiam mutis animalibus: tantum aberat ut homo hominem non iratus, non timens, tantum spectaturus occideret. Nondum uestis illis erat picta, nondum texebatur aurum, adhuc nec eruebatur.

... Ignorantia rerum innocentes erant; multum autem interest utrum peccare aliquis nolit an nesciat. Deerat illis iustitia, deerat prudentia, deerat temperantia ac fortitudo. Omnibus his uirtutibus habebat similia quaedam rudis uita ...

Les premiers des mortels et les enfants qui naquirent d'eux, n'étant pas atteints par la corruption, suivaient tout uniment la nature: ne connaissant d'autre guide qu'elle, d'autre loi que la sienne, ils obéissaient au meilleur d'entre eux. En effet, la nature indique aux êtres inférieurs qu'il faut se soumettre à ceux qui leur sont supérieurs. Parmi les brutes, la prééminence est aux animaux les plus forts ou les plus courageux. Vous ne verrez jamais à la tête du troupeau un taureau dégénéré, mais celui qui a dépassé tous les autres par sa hauteur et par sa force; dans une réunion d'éléphants, c'est le plus grand qui guide les autres : parmi les hommes, le plus éminent est le plus vertueux. C'était la supériorité morale qui déterminait le choix d'un chef: aussi bien heureuses étaient les nations où l'on n'était le plus puissant qu'autant qu'on était le plus vertueux. En effet, on peut tout ce qu'on veut, quand on ne veut que ce qu'on doit.

... On ne construisait pas encore ces immenses salles pour les festins; et on ne voyait point des files de chariots voiturer des pins et des sapins, et faire trembler les rues sous leur poids, pour suspendre à ces édifices des lambris chargés d'or. Deux fourches placées à distance supportaient alors les habitations, et une couverture de branches et de feuilles d'arbres superposées suffisait à l'écoulement des eaux, quelque abondantes que fussent les pluies. On vivait sans crainte sous ces rustiques toits. Le chaume couvrait les hommes libres: sous le marbre et l'or habite la servitude.

... La nature n'a pas été assez injuste pour rendre la vie facile à tous les animaux, et condamner l'homme seul à ne pouvoir exister sans le secours de tant d'arts réunis. Rien de semblable ne nous a été imposé par elle; nous n'avons pas besoin de recherches pénibles pour prolonger notre vie. En naissant, nous trouvons tout sous notre main; c'est notre dédain des choses faciles qui nous rend tout difficile. Les abris, les vêtements, les remèdes, les aliments et tout ce qui cause aujourd'hui des embarras, se présentait jadis de soi-même, était gratuit et n'exigeait presque aucun travail: on ne prenait conseil que de ses besoins : tandis que chez nous tout cela est devenu précieux et magnifique, et ne s'acquiert plus qu'à force d'art et de travail. La nature nous fournit elle-même tout ce qu'elle demande.

... Voulez-vous savoir ce que le sage a recherché, ce qu'il a mis en lumière? La nature d'abord, qu'il n'a pas regardée, comme font les autres animaux, d'un oeil indifférent et dépourvu du sentiment des choses divines; ensuite les lois de la vie, qu'il a appliquées à toutes choses. Il nous a appris non seulement à connaître les dieux, mais encore à les imiter, et à considérer tout ce qui arrive comme l'effet d'un ordre d'en haut. Il nous a défendu d'obéir aux préjugés, et nous a enseigné la valeur réelle de chaque chose ; il a condamné les plaisirs auxquels se mêle le repentir ; il nous a recommandé les biens qui sont de nature à nous plaire toujours ; enfin il nous a désigné comme le plus heureux des hommes celui qui n'a pas besoin du bonheur, et comme le plus puissant celui qui a tout pouvoir sur lui-même.

... il n'y avait pas de sages alors, quoique tous se conduisissent comme font les sages. Il serait impossible de souhaiter à l'espèce humaine une condition meilleure que celle qu'elle avait alors ; et s'il arrivait que Dieu permit à quelqu'un de refaire le monde et de régler la condition des peuples, il ne ferait pas mieux que ce qu'on raconte de ces temps primitifs où "nul cultivateur ne labourait la terre; où il n'était pas même permis de marquer les partages par des bornes; où les biens étaient communs, et où la terre, d'elle-même, sans être tourmentée, produisait tout en abondance". Quelle race d'hommes fut jamais plus heureuse ? On jouissait en commun des biens de la nature, qui, semblable à une mère, assurait à tous la sécurité et la tranquille possession des richesses publiques. Le genre humain ne fut jamais plus riche, puisqu'il ne s'y trouvait pas un seul pauvre.

... jadis nous possédions tout. La terre, alors non cultivée, en était plus fertile, et fournissait abondamment aux besoins des peuples qui ne s'arrachaient point ses produits. Ce que la nature produisait de bon, on n'avait pas moins de plaisir à le montrer aux autres qu'à le trouver: on n'avait jamais ni trop ni trop peu ; car tout se partageait comme entre frères. Le plus fort n'avait pas encore mis la main sur le plus faible: l'avare, en cachant ses trésors inutiles pour lui, n'avait pas encore privé les autres du nécessaire; on avait autant de soin d'autrui que de soi-même. Les armes restaient oisives et pures de sang humain ; les mains alors n'employaient leur violence que contre les bêtes féroces. Ceux qui trouvaient dans une épaisse forêt un abri contre le soleil, et, dans une misérable cabane couverte de feuilles, un refuge contre les rigueurs de l'hiver et contre la pluie, passaient doucement les nuits sans soupirer.

... Ils n'avaient pas des maisons aussi grandes que des villes. Un air libre qui n'avait de limite que le ciel, le simple abri d'un arbre ou d'un rocher, des sources limpides, des ruisseaux dont nul ouvrage, nul tuyau, nul canal, n'avait asservi le cours, mais qui coulaient en toute liberté; enfin des prairies belles sans art: tels étaient les objets riants au milieu desquels ils se faisaient de leurs mains rustiques une demeure champêtre. Elle était bien selon la nature, cette demeure qu'on ne craignait pas, et pour laquelle on ne craignait pas; aujourd'hui nos habitations sont une des principales causes de nos alarmes.

... En effet, la nature ne nous donne pas la vertu: c'est un art que de devenir homme de bien. Ils ne cherchaient pas l'or, l'argent et les pierreries dans les profondeurs, ou, pour mieux dire, dans la lie de la terre; ils épargnaient le sang des animaux, tant il s'en fallait alors que l'homme égorgeât son semblable sans colère, sans crainte, uniquement pour le plaisir de ses yeux. On ne s'était pas encore avisé de teindre les étoffes et de faire des tissus avec l'or, car on ne l'avait pas encore extrait de la mine.

... Ils étaient innocents par l'ignorance du mal. Or, il y a une grande différence entre ne pas vouloir et ne pas savoir faire le mal. On ignorait alors la justice, la pudeur, la tempérance et le courage; mais la simplicité de la vie offrait quelque chose de semblable à ces vertus.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL ne s'est pas reposé : 8 nouveaux environnements ont été construits :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
4 mai 2009


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002