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Date :     18-04-2001

Sujets :
Exposition Gli Etruschi; étrusques; alphabet étrusque; chimère d'Arezzo; l'Arringatore;

Notice :

Concerne: Exposition Gli Etruschi à Venise, Palazzo Grassi (du 26 novembre 2000 au 1er juillet 2001). Un tour virtuel (séquences vidéo animées) permet de visualiser l'exposition.

Comme le déclare Giovanna Melandri, Ministre du Patrimoine et des Activités culturelles, cette exposition ne veut pas seulement proposer un voyage idéal à travers le monde étrusque, mais aussi le point de départ d'un voyage réel à travers l'Italie à la recherche de tous les témoignages de cette civilisation dans tous les sites archéologiques et musées du pays *.

A Venise, une œuvre d'Henry Moore sculptée en 1975 représentant une tombe à chambre, avec figure humaine fragmentée, rend hommage à l'art étrusque et ouvre un long parcours qui entraîne le visiteur depuis la période proto-villanovienne jusqu'à l'immersion de l'entité étrusque dans le monde romain.

On est d'emblée séduit par la beauté des oeuvres, venues de musées italiens et du monde entier, certaines étant assez connues, par la mise en valeur souvent efficace de leur esthétique dans un espace dégagé malgré le grand nombre de pièces exposées, et aussi par un souci didactique qui veut rendre le sujet largement accessible en évitant une simplification excessive. On découvre donc des reconstitutions sérieuses et intelligentes incluant des (reproductions de) fragments authentiques (chars, vases de bronze …), une ambiance entretenue par une discrète scénographie audiovisuelle, et aussi, dans beaucoup de salles, une documentation photocopiée gratuite (en italien ou en anglais) pour étayer les données affichées sur les murs et vitrines. Ces dernières se laissent approcher de très près sans pour autant déchaîner alarmes et cerbères. Enfin, sur les murs sont présentés en italien diverses citations (sans références) d'auteurs antiques concernant les Etrusques.

Toutes époques confondues, les œuvres exposées sont, dans leur grande majorité, réalisées en bronze, comme cette étonnante urne cinéraire à patine verte de Pérouse (IVe s.), dont le gisant est un homme jeune, surpris en pleine conversation (Musée de l'Ermitage à Petersbourg), en or (de merveilleuses pièces d'orfèvrerie orientalisantes) et en terre cuite, parmi lesquelles, le vaste fronton du temple de Talamone d'époque tardive. Toutes ces pièces témoignent de l'exceptionnelle virtuosité des artistes et artisans villanoviens et étrusques.

Quant à la peinture murale, elle est, pour cause, peu représentée, mais on (re)découvre les Plaques Campana (VIe s., Musée du Louvre) et surtout le clair-obscur des saisissantes fresques de la Tombe François de Vulci (IIe s. - Palazzo Torlonia à Rome), plus rarement accessibles au grand public.

Une initiative originale dans la section consacrée à l'alphabet étrusque consiste à diffuser l'enregistrement par un acteur de témoignages écrits exposés dans les vitrines, dont les fameuses lamelles en or du sanctuaire de Pyrgi présentant le texte bilingue d'un traité avec Carthage, rédigé en étrusque et en phénicien (Ve s., Musée de la Villa Giulia à Rome). Cette démarche s'inscrit dans la volonté de rendre les Etrusques le plus proches possible en ne faisant plus guère la part belle au "mystère" qui les a trop longtemps entourés, même si dans l'introduction de l'exposition la stèle de Lemnos pose toujours la question des rapports entre les sphères égéenne et tyrrhénienne à l'époque archaïque.

Le bonheur? Eppure … Pas tout à fait, car on ne peut se départir de quelqu'impression de désordre, même si l'exposition se veut structurée.
Passant d'un point de vue chronologique pour les périodes proto-villanoviennes et villanoviennes, évoquées avec bonheur, l'exposition avec la mention Apogée devient thématique : échanges commerciaux, piraterie, guerre, culte des ancêtres, rites du pouvoir archaïque, chasse, fête, rôle de la femme, etc.. : on se laisse alors gagner par le sentiment que certaines pièces ne sont pas vraiment à leur place, que des époques assez éloignées se mélangent parfois. Dans les dernières salles, illustrant le déclin et l'époque romaine, le point de vue redevient chronologique , mais le choix des œuvres n'est pas toujours concordant.

D'autre part, si les fresques de la Tombe François, la statue polychrome de Latone du sanctuaire apollinien de Veies, sont bien à leur place, on peut s'étonner qu'une autre réalisation majeure, plus prestigieuse encore, la Chimère d'Arezzo, soit reléguée dans l'introduction de l'exposition, en haut de l'escalier d'honneur, certes, mais présentée sous l'angle habituel des illustrations photographiques traditionnelles. Impossible de tourner autour de ce bronze "monstrueusement beau" où la terrifiante expression de la cruauté fait croire à la réalité de ce fauve imaginaire. Que n'a-t-on placé cette statue au centre de l'une des salles consacrées aux dieux et aux mythes ? Aule Metelli, l'Arringatore (IIe s.) est, lui aussi, un peu mal à l'aise dans un coin qui contrarie son geste ample.

Pourrait-on ajouter que le particularisme et la diversité propres aux cités étrusques ne se laissent pas vraiment percevoir ? Mais on peut espérer que des voyages réels les feront découvrir aux nombreux visiteurs, dont cette initiative, inscrite dans une revalorisation générale du patrimoine culturel de l'Italie , "un grandissimo a cielo aperto", pour citer G. Melandri, éveillera , malgré quelques faiblesses, l'intérêt.

Le gros catalogue (70.000 Lit), édité en italien ou en anglais, fait le point sur la question étrusque et n'illustre qu'assez chichement les œuvres exposées. De très belles affiches, toujours difficiles à emporter en voyage et sous la généreuse pluie du printemps vénitien. De trop rares cartes postales. Pour qui veut emporter un souvenir photographique autre que des signets, reste un petit guide de l'exposition ( 10.000 Lit), assez bien fait, en anglais/ allemand ou en italien / français avec une trentaine de belles (petites) illustrations.


*Le dépliant intitulé In viaggio alla scoperta degli Etruschi, bien diffusé en Italie, donne des informations efficaces sur les sites étrusques. Site web: Ministero per i beni e le attivita culturali.

Crédit: Danielle De Clercq


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002