Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

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Date :     20-03-2009

Sujets :
Projet HELIOS & modules expérimentaux : trois réalisations de D. AUGÉ; TICE : le logiciel COLLATINVS en ligne est mis à niveau par Yves OUVRARD; FEC (Folia Electronica Classica) : un premier article pour le fascicule 17 : Jaques POUCET, Andrea Carandini, Romulus et les dema. Naissance, diffusion et ravages d'un produit ethnographique toxique; Culture : La Chimère; HODOI ELEKTRONIKAI : 8 nouveaux environnements hypertextes : Strabon (x 8); Fiches de lecture : 17 ajouts;

Notice :

1. Projet HELIOS & modules expérimentaux :

Le PROJET HELIOS a pour objectif principal de fournir à la communauté intéressée par les langues et les cultures de l'Antiquité des contenus pédagogiques appuyés par les TICE. Ces contenus sont soumis à une validation de la part des responsables pédagogiques du Projet HELIOS.

Mais, en amont de l'espace validé, il existe aussi un espace expérimental où prennent place des travaux en cours d'élaboration. Ces travaux peuvent porter sur des séquences d'apprentissage (leçons), des scénarios pédagogiques mais aussi sur des expérimentations privilégiant un recours à des pratiques ou des technologies innovantes.

Dans cette dernière catégorie se rangent trois modules créés par Dominique Augé, chargée de coordination en FR pour le Projet HELIOS.

Présentation de ces modules :

  • Le premier est conçu en grec pour des élèves de seconde : il met au premier plan l'observation de principes simples de composition lexicale (préfixes, suffixes, combinaisons) et utilise plusieurs exemples de cartes heuristiques

  • Le second est conçu pour des élèves de première en latin : il exploite les ressources de l'image à travers des créations de BD et sollicite l'attention au texte à travers des parcours de compréhension

  • Le troisième est conçu pour des élèves de terminale en latin : il a été construit pour amener les élèves à comprendre la nécessité et l'efficacité d'une observation attentive du lexique pour entrer dans un texte et en saisir globalement le sens ; il permet également aux élèves de comprendre les adaptations d'une langue vivante comme l'a été le latin.

Description de ces modules :

  • D. AUGÉ : MODULE SECONDE : Histoire de mots

    MODULE

    SECONDE

    Histoire de mots !

    Dominique Augé (Lycée Vaugelas, Chambéry, académie de Grenoble)

    (14 mars 2009)

    Dans les suggestions pédagogiques le déroulement de ce module est expliqué :

    "Les élèves sont invités à suivre le parcours qui leur est proposé. Après avoir lu les trois textes du corpus accompagnés de leur traduction, ils empruntent un parcours en trois étapes de façon à approfondir leur observation puis leur assimilation de quelques principes simples de combinaison lexicale : utilisation de préfixes, utilisation de suffixes (quelques distinctions générales), combinaison de radicaux. Des exercices auto-correctifs simples sont proposés pour permettre une appropriation personnelle et en vérifier la justesse. En fin de parcours, une évaluation est suggérée pour valider les acquis".

    Le module comporte trois ÉTAPES : étape 1 ; étape 2 ; étape 3 et il se clôture sur une évaluation finale.


  • D. AUGÉ : MODULE PREMIÈRE : Fables en images !

    MODULE

    PREMIERE

    Fables en images !

     

    Dominique Augé (Lycée Vaugelas, Chambéry, académie de Grenoble)

    Le déroulement de ce module est expliqué dans les suggestions pédagogiques :

    "Les élèves sont invités à suivre le parcours qui leur est proposé. Ils découvrent dans un premier temps trois BD auxquelles ils doivent donner un titre parmi trois propositions qui leur sont faites. Ils ont dû alors exercer leur sens de l’observation et les images leur ont permis de comprendre un déroulement narratif facilement repérable. Dans un deuxième temps, ils découvrent des vers latins issus des trois fables et présentés de façon désordonnée. Le travail consiste alors à distinguer ce qui s’apparente à la première, à la deuxième ou à la troisième fable. Les élèves doivent alors mobiliser toutes leurs connaissances pour parvenir à une compréhension globale suffisante. Une fois ce tri effectué, ils sont alors invités à remettre de l’ordre dans les extraits proposés. A chaque étape, des questionnaires à réponse unique auto-correctifs permettent de construire le parcours et d’en vérifier la justesse. Dans un dernier temps, les élèves doivent attribuer à chaque fable la morale choisie par l’auteur avant de revenir aux trois BD pour associer au découpage des vignettes les vers capables de l’illustrer. Si dans la deuxième étape, la compréhension globale était suffisante, le découpage plus précis exige une compréhension aussi plus précise. Les élèves ont alors vérifié leur compréhension et peuvent prolonger par le plaisir de la lecture des textes sur les ITINERA ELECTRONICA".

    Ici, aussi, il y a 3 étapes (1 ; 2 ; 3).


  • D. AUGÉ : MODULE TERMINALE : Exploiter un corpus

    MODULE

    TERMINALE :

    Exploiter un corpus : entrée lexicale

    (Marin Mersenne)

    Dominique Augé (Lycée Vaugelas, Chambéry, académie de Grenoble)

    ( 14 mars 2009)

    Le déroulement du module est présenté dans les suggestions pédagogiques :

    "Les élèves découvrent progressivement le corpus. Ils lisent tout d’abord la lettre de Mersenne en français pour situer le contexte et comprendre les enjeux d’une telle correspondance scientifique. Leur sont proposées dans un second temps les deux lettres en latin adressées à Galilée. Les élèves comprendront d’eux-mêmes aisément la nécessité d’une correspondance en latin entre deux hommes qui trouvent ici une langue familière et commune. Un parcours est ensuite indiqué aux élèves, composé d’exercices auto-correctifs ou validés à l’intérieur du cours par le professeur à l’occasion d’un échange. Les élèves sont invités à observer de près le vocabulaire employé, en français ou en latin, pour donner au texte tout son sens. Il ne s’agit pas de faire traduire le texte mais de placer l’élève en situation de lecture attentive et efficace en lui fournissant les moyens d’y parvenir : l’étude du lexique, l’observation qui en est faite peut être avec ces exemples un outil précieux dont nos élèves n’ont pas toujours la pratique".

    Trois étapes (1 ; 2; 3) et une évaluation finale en constituent les différentes parties.

Dominique AUGÉ nous demande de lui faire connaître remarques, observations, suggestions, etc. à propos de ces trois modules. Ces modules sont autant de Meilensteine sur la route de l'apprentissage des langues anciennes. Il nous appartient d'aider D. Augé à les rendre aussi efficients que possible. Remercions D. Augé pour son enthousiasme communicatif, son dynamisme à toute épreuve ainsi que son implication de plus en plus profonde dans les méandres des TICE.


2. TICE : Le logiciel COLLATINVS en ligne :

Depuis 2002, le serveur facultaire, à l'UCL-LLN, héberge une version en ligne du logiciel COLLATINVS dévéloppé par Yves OUVRARD. L'adaptation locale est l'oeuvre de Boris MAROUTAEFF.

Le succès de cette version en ligne ne se démentit pas : à l'heure actuelle, près de 40.000 consultations par mois ont lieu. Y. OUVRARD a continué, année après année, à enrichir et à "pousser plus loin" ce logiciel de lemmatisation automatique de textes latins. La version actuelle porte le numéro 8 et la neuvième est en cours de finition. Ces adaptations, cependant, avaient été limitées, jusqu'à présent, à la version hors ligne. Maintenant, la version en ligne a été mise à niveau par rapport à la version hors ligne. Y. OUVRARD a même "réécrit" complètement cette version.

COLLATINVS en ligne est disponible à l'adresse suivante :

http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/

Trois options (de lemmatisation) sont opérationnelles :

  • avec les formes du texte (la forme précède le(s) lemme(s) )

  • avec les analyses morphologiques (la forme est placée en-dessous de son lemme)

  • dans l'ordre alphabétique (sans les formes)

Abréviations utilisées (pour les analyses morphologiques) : sur la page d'entréee de COLLATINUS en ligne, un lien conduit vers une page présentant les résolutions des abréviations utilisées :

http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/abreviations.html

Un échantillon de réponses fournies par COLLATINVS en ligne, à chaque fois, avec une (seule) option différente, est disponible à l'adresse suivante :

http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/actualites/COLLATINVS_16_MARS_2009.doc

La version suivante devrait fournir aussi des expressions en réponse à des interrogatons.

Remercions Yves OUVRARD pour ce produit simple mais d'une efficacité totale et dans lequel il investit bien des heures de travail. Il se dit heureux de recevoir vos remarques, suggestions ... et corrections.

Adresse de contact : yves.ouvrard@collatinus.org


3. FEC (Folia Electronica Classica) : un premier article pour le fascicule 17 (janvier-juin 2009) :

Nous venons d'assister à une conférence de Jacques POUCET faite, ce vendredi 20 mars 2009, dans le cadre du "Septième Colloque International d'Anthropologie du monde indo-européen et de mythologie comparée" - Routes et parcours mythiques : des textes à l'archéologie. Ce Colloque se déroule pour le moment à l'UCL - Louvain-la-Neuve.

C'est un plaisir d'écouter Jacques Poucet. Une érudition poussée, une verve brillante, un accompagnement technologique soigné. Les étudiants ne s'y sont pas trompés : ils ont assisté "en masse" à cet exposé. Suivre un "plaidoyer" de J. Poucet c'est comme déguster un verre (seulement un ?) d'un vin excellent et, cette fois-ci encore, la cuvée était "divine" ... même si le sujet tournait autour de "réalités" - les dema - bien étranges (et peu "divines"). "Dema" ou un "produit toxique" à rejeter (du moins sous la forme qu'il a reçue ici et là).

Le texte intégral (en version avant-première) de cette conférence inaugure, dans les FEC, le fascicule 17 :

Jacques POUCET, Andrea Carandini, Romulus et les dema. Naissance, diffusion et ravages d'un produit ethnographique toxique

Signalons, encore une fois, qu'une publication électronique arrive à suivre de près - le jour même, comme c'est le cas ici - une conférence dont l'article "sur papier" trouvera probablement place dans des "Actes du Colloque" paraissant, en règle générale, une ou plusieurs années après l'événement.

Et remercions, une nouvelle fois aussi, Jacques Poucet pour son intérêt, son dévouement et son implication, toujours vifs, dans la cause des langues et des cultures de l'Antiquité.


4. Culture : La Chimère :

Dans le journal Le MONDE, édition du lundi 16 mars 2009, nous avons trouvé reproduite une réponse de Victor HUGO (1802-1885) à un officier britannique. L'interview donnant lieu à cette réponse avait pour objet le sac du Palais d'été à Pékin, sac perpétré lors de l'expédition de Chine, menée en 1860 par la France et l'Angleterre.

Ces mots de V. Hugo sont à mettre en rapport avec une vente aux enchères ayant eu lieu récemment ; deux têtes d'animaux mises en vente provenaient, justement, de ce pillage du Palais d'été.

L'article, dans le journal LE MONDE, portait l'intitulé suivant : J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renveraa ce butin à la Chine spoliée.

Nous avons été accrochés par la phrase suivante de la réponse de V. Hugo :

"L'art a deux principes, l'idée, qui produit l'art européen, et la Chimère, qui produit l'art oriental".

Nous avons voulu en savoir plus sur la Chimère et avons interrogé nos banques de textes. Voici une sélection des réponses reçues.

  • PLINE l'Ancien, Histoire naturelle, livre II, par. 110 :

    ... uerum in montium miraculis ardet Aetna noctibus semper tantoque aeuo materia ignium sufficit, niualis hibernis temporibus egestumque cinerem pruinis operiens. nec in illo tantum natura saeuit exustionem terris denuntians: flagrat in Phaselitis mons Chimaera, et quidem inmortali diebus ac noctibus flamma; ignem eius accendi aqua, extingui uero terra aut fimo Cnidius Ctesias tradit.

    Au nombre des merveilles du feu dans les montagnes il faut placer l'Etna, qui brûle toutes les nuits, et qui suffit à un incendie de tant de siècles; chargé de neige en hiver, les cendres qu'il rejette se couvrent de frimas. Et ce n'est pas la seule montagne où sévisse la nature, annonçant ainsi la combustion générale de la terre. Dans la Phasélis (V, 26) (province de la Lycie) brûle le mont Chimère, et la flamme ne s'en éteint ni le jour ni la nuit; l'eau en active les feux, la terre ou le foin les éteint, d'après le rapport de Ctésias de Cnide.

  • POMPONIUS MELA, Description de la terre, livre I, ch. 15 :

    Lycia continuo, cognominata a Lyco rege, Pandionis filio, atque (ut ferunt) infestata olim Chimaerae ignibus, Sidae portu et Tauri promontorio grandem sinum claudit.

    La Lycie fait suite à la Pamphylie. Cette contrée, ainsi nommée du roi Lycus, fils de Pandion eut, dit-on, beaucoup à souffrir autrefois des éruptions volcaniques du mont Chimère; elle est située sur un grand golfe, qui s’étend entre le port de Sida et un promontoire formé par le Taurus.

  • OVIDE, Métamorphoses, livre IX, vers 646-648 :

    iam Cragon et Limyren Xanthique reliquerat undas,
    quoque Chimaera iugo mediis in partibus ignem,
    pectus et ora leae, caudam serpentis habebat.

    Elle avait franchi les bois du Cragos; elle était déjà loin des bords du Xante et de la ville de Lymire, et de ce mont fameux où la Chimère ardente, triple monstre, offre aux yeux effrayés des mortels, le corps d'un bouc, la tête et le sein d'un lion, et la queue d'un serpent.

  • PLUTARQUE, Oeuvres morales - Les vertus des femmes, ch. 9 :

    Τὸ δ´ ἐν Λυκίᾳ γενέσθαι λεγόμενον μυθῶδες μέν ἐστιν, ἔχει δέ τινα φήμην ὁμοῦ μαρτυροῦσαν. Ἀμισώδαρος γάρ, ὥς φασιν, ὃν Ἰσάραν Λύκιοι καλοῦσιν, ἧκεν ἐκ τῆς περὶ Ζέλειαν ἀποικίας Λυκίων, λῃστρίδας ἄγων ναῦς, ὧν Χίμαρρος ἡγεῖτο, πολεμιστὴς μὲν ἀνὴρ ὠμὸς δὲ καὶ θηριώδης. ἔπλει δὲ πλοίῳ λέοντα μὲν ἔχοντι πρῴραθεν ἐπίσημον, ἐκ δὲ πρύμνης δράκοντα, καὶ πολλὰ κακὰ τοὺς Λυκίους ἐποίει, καὶ πλεῦσαι τὴν θάλατταν οὐκ ἦν οὐδὲ τὰς ἐγγὺς θαλάττης πόλεις οἰκεῖν. τοῦτον οὖν ἀποκτείνας ὁ Βελλεροφόντης φεύγοντα τῷ Πηγάσῳ διώξας, ἐκβαλὼν δὲ καὶ τὰς Ἀμαζόνας, οὐδενὸς ἐτύγχανε τῶν δικαίων, ἀλλ´ ἦν ἀδικώτατος περὶ αὐτὸν Ἰοβάτης· ὅθεν εἰς τὴν θάλατταν ἐμβὰς ηὔξατο κατ´ αὐτοῦ τῷ Ποσειδῶνι τὴν χώραν ἄκαρπον γενέσθαι καὶ ἀνόνητον. εἶθ´ ὁ μὲν ἀπῄει κατευξάμενος, κῦμα δὲ διαρθὲν ἐπέκλυζε τὴν γῆν, καὶ θέαμα δεινὸν ἦν ἑπομένης μετεώρου τῆς θαλάττης καὶ ἀποκρυπτούσης τὸ πεδίον. ἐπεὶ δὲ τῶν ἀνδρῶν δεομένων τὸν Βελλεροφόντην ἐπισχεῖν οὐδὲν ἔπειθον, αἱ γυναῖκες ἀνασυράμεναι τοὺς χιτωνίσκους ἀπήντησαν αὐτῷ· πάλιν οὖν ὑπ´ αἰσχύνης ἀναχωροῦντος ὀπίσω καὶ τὸ κῦμα λέγεται συνυποχωρῆσαι. τινὲς δὲ τοῦ λόγου τούτου παραμυθούμενοι τὸ μυθῶδες οὔ φασι κατάραις ὑπαγαγέσθαι τὴν θάλασσαν αὐτόν, ἀλλὰ τοῦ πεδίου τὸ πιότατον ὑποκεῖσθαι τῇ θαλάσσῃ ταπεινότερον· ὀφρὺν δὲ παρατείνουσαν ἀκτῆς, ἣ διεῖργε τὴν θάλασσαν, ἐκρῆξαι τὸν Βελλεροφόντην, καὶ βίᾳ τοῦ πελάγους ἐπιφερομένου καὶ κατακλύζοντος τὸ πεδίον τοὺς μὲν ἄνδρας οὐδὲν περαίνειν δεομένους αὐτοῦ, τὰς δὲ γυναῖκας ἀθρόας περιχυθείσας αἰδοῦς τυχεῖν καὶ ἀποπαῦσαι τὴν ὀργήν. οἱ δ´ ὅλως τὴν λεγομένην Χίμαιραν ὄρος ἀντήλιον γεγονέναι φασὶ καὶ ποιεῖν ἀνακλάσεις {καὶ ἀνακαύσεις} ἐν τῷ θέρει χαλεπὰς καὶ πυρώδεις, ὑφ´ ὧν ἀνὰ τὸ πεδίον σκεδαννυμένων μαραίνεσθαι τοὺς καρπούς. τὸν δὲ Βελλεροφόντην συμφρονήσαντα διακόψαι τοῦ κρημνοῦ τὸ λειότατον καὶ μάλιστα τὰς ἀνακλάσεις ἀνταποστέλλον· ἐπεὶ δ´ οὐκ ἐτύγχανε χάριτος, ὀργῇ πρὸς ἄμυναν τραπέσθαι τῶν Λυκίων, πεισθῆναι δ´ ὑπὸ τῶν γυναικῶν. ἣν δὲ Νύμφις ἐν τῷ τετάρτῳ περὶ Ἡρακλείας αἰτίαν εἴρηκεν, ἥκιστα μυθώδης ἐστί· λέγει γάρ, ὅτι σῦν ἄγριον ἐν τῇ Ξανθίων χώρᾳ καὶ ζῷα καὶ καρποὺς λυμαινόμενον ἀνελὼν ὁ Βελλεροφόντης οὐδεμιᾶς ἐτύγχανεν ἀμοιβῆς· καταρασαμένου δὲ τῶν Ξανθίων αὐτοῦ πρὸς τὸν Ποσειδῶνα πᾶν τὸ πεδίον ἐξήνθησεν ἁλμυρίδα καὶ διέφθαρτο παντάπασι, τῆς γῆς πικρᾶς γενομένης· μέχρι οὗ τὰς γυναῖκας αἰδεσθεὶς δεομένας εὔξατο τῷ Ποσειδῶνι τὴν ὀργὴν ἀφεῖναι. διὸ καὶ νόμος ἦν τοῖς Ξανθίοις μὴ πατρόθεν ἀλλ´ ἀπὸ μητέρων χρηματίζειν.

    Le fait que l'on donne comme s'étant passé en Lycie est, bien que fabuleux, consigné par le témoignage d'une tradition. Il est dit qu'un certain Amisodore, appelé Isaras par les Lyciens, était venu de Zélée, colonie Lycienne, conduisant des brigantins dont le capitaine était Chimarrus, guerrier intrépide, mais au coeur farouche et inhumain. Ce Chimarrus montait un bâtiment qui avait pour enseigne un lion à la proue et un dragon à la poupe. Il fit beaucoup de mal aux Lyciens, tellement que l'on ne pouvait plus naviguer, ni habiter les villes du littoral. Il fut donc tué par Bellérophon, qui se mit à sa poursuite monté sur son Pégase, et qui chassa également les Amazones. Mais loin d'avoir aucune récompense digne de ses services, Bellérophon fut traité par Iobate avec la dernière ingratitude. Etant donc venu sur le bord de la mer, il implora contre lui la vengeance de Neptune, demandant que le pays devînt stérile et privé de toutes ressources; puis, ces imprécations formulées, il se retira. Soudain les flots se soulèvent et engloutissent le sol. C'était un spectacle effrayant, que cette mer qui le suivait en se gonflant et qui cachait au loin la plaine. Les hommes suppliaient Bellérophon de l'arrêter, mais ils ne le persuadèrent pas. Alors les femmes vinrent au-devant de lui, leurs robes relevées; et comme un sentiment de pudeur le fit se retourner en arrière, les flots, dit-on, se retirèrent en même temps que lui. Quelques-uns, modifiant ce qu'un tel récit présente de fabuleux, veulent que ce ne soient pas ses imprécations qui eussent mis les vagues en mouvement. Selon eux, la partie la plus fertile de la plaine était au-dessous du niveau de la mer; et comme le rivage formait un escarpement prolongé qui retenait les eaux, Bellérophon le fit couper. La mer alors fit violemment irruption, et le plat pays fut inondé. Les hommes ne purent obtenir qu'il se rendit à leurs prières; mais les femmes s'étant répandues en foule autour de lui, il éprouva un sentiment de honte et mit un terme à son courroux. D'autres disent tout simplement, que la fameuse Chimère était une montagne directement opposée au soleil, et que, recevant les rayons embrasés de cet astre dévorant, elle en réfléchissait l'intensité et la chaleur sur la la plaine dont tous les fruits se desséchaient par cette influence. Bellérophon, après y avoir songé longtemps, abattit le pan de montagne dont la surface trop polie renvoyait le plus vivement les rayons du soleil. Mais dans la suite n'ayant pas trouvé de reconnaissance chez les Lyciens, il résolut, dans sa colère, de se venger d'eux, et les femmes parvinrent à le fléchir. Du reste Nymphis, dans son quatrième livre de l'histoire d'Héraclée, donne une explication qui n'a rien de fabuleux. Il assure que dans le pays des Xanthiens un sanglier sauvage portait la désolation parmi les animaux et dévastait les fruits de la terre. Bellérophon l'ayant tué, les Lyciens ne lui en témoignèrent aucune reconnaissance, et alors il implora contre eux la vengeance de Neptune. De toute la plaine se dégagèrent des exhalaisons salines qui gâtèrent complétement le sol et le rendirent amer, jusqu'au moment où, par égard pour les femmes qui étaient venues le supplier, Bellérophon pria Neptune d'apaiser son courroux. De là est venu chez les Xanthiens l'usage, quand il s'agit pour eux d'affaires d'intérêt, de prendre non pas le nom de leurs pères, mais celui de leurs mères.

  • APOLLODORE (Ps.) d(Athènes, La Bibliothèque, livre II, ch. 3 :

    Βελλεροφόντης δὲ ὁ Γλαύκου τοῦ Σισύφου, κτείνας ἀκουσίως ἀδελφὸν Δηλιάδην, ὡς δέ τινές φασι Πειρῆνα, ἄλλοι δὲ Ἀλκιμένην, πρὸς Προῖτον ἐλθὼν καθαίρεται. καὶ αὐτοῦ Σθενέβοια ἔρωτα ἴσχει, καὶ προσπέμπει λόγους περὶ συνουσίας. τοῦ δὲ ἀπαρνουμένου, λέγει πρὸς Προῖτον ὅτι Βελλεροφόντης αὐτῇ περὶ φθορᾶς προσεπέμψατο λόγους. Προῖτος δὲ πιστεύσας ἔδωκεν ἐπιστολὰς αὐτῷ πρὸς Ἰοβάτην κομίσαι, ἐν αἷς ἐνεγέγραπτο Βελλεροφόντην ἀποκτεῖναι. Ἰοβάτης δὲ ἀναγνοὺς ἐπέταξεν αὐτῷ Χίμαιραν κτεῖναι, νομίζων αὐτὸν ὑπὸ τοῦ θηρίου διαφθαρήσεσθαι· ἦν γὰρ οὐ μόνον ἑνὶ ἀλλὰ πολλοῖς οὐκ εὐάλωτον, εἶχε δὲ προτομὴν μὲν λέοντος, οὐρὰν δὲ δράκοντος, τρίτην δὲ κεφαλὴν μέσην αἰγός, δι᾽ ἧς πῦρ ἀνίει. καὶ τὴν χώραν διέφθειρε, καὶ τὰ βοσκήματα ἐλυμαίνετο· μία γὰρ φύσις τριῶν θηρίων εἶχε δύναμιν. λέγεται δὲ καὶ τὴν Χίμαιραν ταύτην τραφῆναι μὲν ὑπὸ Ἀμισωδάρου, καθάπερ εἴρηκε καὶ Ὅμηρος, γεννηθῆναι δὲ ἐκ Τυφῶνος καὶ Ἐχίδνης, καθὼς Ἡσίοδος ἱστορεῖ.

    Bellérophon, le fils de Glaucos, fils lui-même de Sisyphe, avait tué par erreur son frère Déliades, ou Pirène, ou peut-être encore Alciménès, selon les diverses traditions. C’est pourquoi il était allé à la cour du roi Proétos, pour se faire purifier. Mais Sthénébée tomba amoureuse de lui, et lui envoya des messages pour lui proposer une rencontre. Le jeune homme refusa ; alors la femme alla dire à Proétos que Bellérophon avait tenté de la séduire avec des propos obscènes. Son mari la crut ; il confia à Bellérophon une lettre pour qu’il la porte à Iobatès, dans laquelle il était écrit de tuer le jeune homme. Iobatès lut la missive de Proétos, et ordonna à Bellérophon d’aller tuer la Chimère, en pensant que le monstre l’anéantirait à coup sûr. Même en se mettant à plusieurs, il n’était pas possible de la vaincre ; alors, un homme seul ! Elle avait le corps d’un lion, la queue d’un dragon, et trois têtes ; celle du milieu, c’était une tête de chèvre qui crachait du feu. Le monstre dévastait la région tout entière, et détruisait le bétail, car en une seule créature, il réunissait la force de trois bêtes féroces. On dit que la Chimère avait été élevée par Amisodaros (d’après Homère), et Hésiode raconte qu’elle était la fille de Typhon et d’Échidna.

  • HOMÈRE,Iliade, chant VI, vers 178-183 :

    Αὐτὰρ ἐπεὶ δὴ σῆμα κακὸν παρεδέξατο γαμβροῦ,
    πρῶτον μέν ῥα Χίμαιραν ἀμαιμακέτην ἐκέλευσε
    180 πεφνέμεν· ἣ δ᾽ ἄρ᾽ ἔην θεῖον γένος οὐδ᾽ ἀνθρώπων,
    πρόσθε λέων, ὄπιθεν δὲ δράκων, μέσση δὲ χίμαιρα,
    δεινὸν ἀποπνείουσα πυρὸς μένος αἰθομένοιο,
    καὶ τὴν μὲν κατέπεφνε θεῶν τεράεσσι πιθήσας.

    Quand il eut reçu les signes funestes de son gendre,
    d'abord, l'invincible Chimère, il demanda à Bellérophon
    de la tuer. Elle était de race divine, non humaine :
    lion par devant, serpent par derrière, chèvre par le milieu
    du corps, terrible, elle soufflait l'ardeur d'un feu flamboyant.
    Bellérophon la tua, en obéissant aux signes des dieux .

Alors, la Chimère ? Une montagne ? et/ou un monstre ?


5. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

A l'approche du printemps, Christian RUELL a redoublé d'énergie et a façonné 8 nouveaux environnements hypertextes :

  • Strabon, Geographica, livre XIV-1 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XIV-2 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XIV-3 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XIV-4 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XIV-5 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XIV-6 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XV-1 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XV-2 [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


6. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)

 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002