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Date :     13-03-2009

Sujets :
Fiches de lecture : 14 ajouts; Culture : La mort d'Agrippine, mère de Néron; HODOI ELEKTRONIKAI : 6 nouveaux environnements hypertextes : Justin (saint), Polybe, Strabon (x 4);

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :

  • POLYBE, Histoire, livres XI et XII
  • STRABON, Geographica, livre XIII

  • Hannibal aurait dû, tout d'abord, attaquer le reste du monde, puis seulement, les Romains
  • Alexandre le Grand et la révision des poésies d'Homère
  • Apollon Sminthien et les rats
  • Les périples d'Anténor et d'Énée après leur départ de Troie
  • A propos de la matière pseudargyre et de l'orichalque
  • A propos de la stupidité des habitants de Cymé
  • A propos de Hiérapolis, ses sources d'eau chaude et son plutonium
  • A propos de la jeune fille phialéphore chez les Locriens
  • A Sparte, une même femme appartient à plusieurs hommes
  • Timée de Locres à propos d'Aristote
  • A propos du proverbe : Promesse de Locrien
  • Le taureau d'airain de Phalaris à Agrigente
  • L'Histoire se divise en 3 parties
  • L'Historien choisit le genre d'histoire à pratiquer d'après son expérience personnelle


2. Culture : La mort d'Agrippine :

Livre : Laurent VERSINI, Diderot, Oeuvres. Tome I : Philosophie.
Essai sur les règnes de Claude et de Néron
Paris, Robert Laffont, 1994, 1.490 pp.

Extrait : pp. 1047-1048 :

" ... Cependant le bruit du péril d'Agrippine s'était répandu, on l'attribuait au hasard : le peuple accourt en tumulte sur le rivage ; ici l'on monte sur les jetées ; là, sur les barques ; les uns s'avancent dans les flots autant que la profondeur des eaux le permet, les autres ont les bras étendus vers la mer : la côte retentit de plaintes, de voeux, de questions diverses, de réponses vagues ; elle brille de flambeaux sur toute sa longueur. On apprend que l'impératrice est sauvée, et l'on se disposait à l'aller féliciter, lorsque à la vue d'un bataillon armé et menaçant, la foule se disperse.

Anicet investit la maison, les portes en sont brisées ; on se saisit des esclaves qui se présentent, on pénètre à l'appartement de l'impératrice : il y avait peu de monde, la terreur de l'irruption en avait écarté le concours ; il était éclairé d'une faible lumière ; Agrippine n'avait à ses côtés qu'une de ses femmes : personne ne se présentant de la part de son fils, pas même Agermus, son effroi s'accroît de moment en moment ; le rivage avait changé de face, il était désert, des cris subits s'y faisaient entendre par intervalles, tout annonçait le malheur extrême. La suivante d'Agrippine s'éloignant, et toi, tu m'abandonnes aussi ! lui dit sa maîtresse.

A l'instant elle aperçoit Anicet accompagné du triérarque Herculéus et du centurion de flotte Obaritus. « Si vous me visitez de la part de Néron, leur dit-elle, allez lui apprendre que je suis guérie ; si vous venez m'assassiner, Je ne croirai point que mon fils ait ordonné un parricide. »

Elle était dans son lit : les meurtriers l'environnent, le triérarque lui décharge un coup de bâton sur la tête. Agrippine, le milieu du corps avancé vers le centurion, qui tirait son glaive, lui dit : « Frappe au ventre », et elle expire percée de plusieurs coups. On dit que des Chaldéens qu'elle avait consultés sur son fils, lui avaient prédit qu'il régnerait, et qu'il tuerait sa mère. « Qu'il me tue, avait-elle répondu, pourvu qu'il règne. » ..."

Source : TACITE, Annales, XIV, 9 :

Haec consensu produntur. aspexeritne matrem exanimem Nero et formam corporis eius laudauerit, sunt qui tradiderint, sunt qui abnuant. cremata est nocte eadem conuiuali lecto et exequiis uilibus; neque, dum Nero rerum potiebatur, congesta est aut clausa humus. mox domesticorum cura leuem tumulum accepit, uiam Miseni propter et uillam Caesaris dictatoris, quae subiectos sinus editissima prospectat. accenso rogo libertus eius cognomento Mnester {se} ipse ferro transegit, incertum caritate in patronam an metu exitii. hunc sui finem multos ante annos crediderat Agrippina contempseratque. nam consulenti super Nerone responderunt Chaldaei fore ut imperaret matremque occideret; atque illa "occidat" inquit, "dum imperet."

Voilà les faits sur lesquels on s'accorde. Néron contempla-t-il le corps inanimé de sa mère, en loua-t-il la beauté ? les uns l'affirment, les autres le nient. Elle fut brûlée la nuit même, sur un lit de table, sans la moindre pompe ; et, tant que Néron fut maître de l'empire, aucun tertre, aucune enceinte ne protégea sa cendre. Depuis, des serviteurs fidèles lui élevèrent un petit tombeau sur le chemin de Misène, prés de cette maison du dictateur César, qui, située à l'endroit le plus haut de la côte, domine au loin tout le golfe. Quand le bûcher fut allumé, un de ses affranchis, nommé Mnester, se perça d'un poignard, soit par attachement à sa maîtresse soit par crainte des bourreaux. Telle fut la fin d'Agrippine, fin dont bien des années auparavant elle avait cru et méprisé l'annonce. Un jour qu'elle consultait sur les destins de Néron, les astrologues lui répondirent qu'il régnerait et qu'il tuerait sa mère : "Qu'il me tue, dit-elle, pourvu qu'il règne."

Source : DION CASSIUS, L'Histoire romaine, livre LXI, ch. 13 et 14 :

ἀλλ´ οὐ γὰρ ἤνεγκεν ἡ θάλασσα τὴν μέλλουσαν ἐπ´ αὐτῇ τραγῳδίαν ἔσεσθαι, οὐδ´ ὑπέμεινε τὴν ψευδολογίαν τῆς ἀνοσιουργίας ἀναδέξασθαι, διελύθη μὲν ἡ ναῦς καὶ ἡ Ἀγριππῖνα ἐς τὸ ὕδωρ ἐξέπεσεν, οὐ μέντοι καὶ ἀπέθανεν, ἀλλὰ καίτοι καὶ ἐν σκότῳ καὶ διακορὴς μέθης οὖσα, τῶν τε ναυτῶν ταῖς κώπαις ἐπ´ αὐτὴν χρωμένων ὥστε καὶ Ἀκερρωνίαν Πῶλλαν τὴν σύμπλουν αὐτῆς ἀποκτεῖναι, διεσώθη. καὶ ἐλθοῦσα οἴκαδε οὔτε προσεποιήσατο οὔτ´ ἐξέφηνε τὸ ἐπιβούλευμα, ἀλλὰ καὶ πρὸς τὸν υἱὸν ἔπεμψε κατὰ τάχος, καὶ τό τε συμβεβηκὸς αὐτῇ ὡς κατὰ τύχην συμπεπτωκὸς ἔλεγε, καὶ ὅτι σώζοιτο εὐηγγελίζετο δῆθεν αὐτῷ. ἀκούσας δὲ ταῦθ´ ὁ Νέρων οὐκ ἐκαρτέρησεν, ἀλλὰ καὶ τὸν πεμφθέντα ὡς ἐπὶ τῇ αὑτοῦ σφαγῇ ἥκοντα ἐκόλασε, καὶ ἐπὶ τὴν μητέρα τὸν Ἀνίκητον εὐθὺς μετὰ τῶν ναυτῶν ἀπέστειλε· τοῖς γὰρ δορυφόροις οὐκ ἐπίστευσε τὸν θάνατον αὐτῆς. ἰδοῦσα δέ σφας ἐκείνη ἔγνω τε ἐφ´ ἃ ἥκουσι, καὶ ἀναπηδήσασα ἐκ τῆς κοίτης τήν τε ἐσθῆτα περιερρήξατο, καὶ τὴν γαστέρα ἀπογυμνώσασα "παῖε", ἔφη, "ταύτην, Ἀνίκητε, παῖε, ὅτι Νέρωνα ἔτεκεν".

οὕτω μὲν ἡ Ἀγριππῖνα ἡ τοῦ Γερμανικοῦ θυγάτηρ, ἡ τοῦ Ἀγρίππου ἔγγονος, ἡ τοῦ Αὐγούστου ἀπόγονος, ὑπ´ αὐτοῦ τοῦ υἱέος, ᾧ τὸ κράτος ἐδεδώκει, δι´ ὃν ἄλλους τε καὶ τὸν θεῖον ἀπεκτόνει, κατεσφάγη. μαθὼν δὲ ὁ Νέρων ὅτι τέθνηκεν, οὐκ ἐπίστευσεν· ὑπὸ γὰρ τοῦ μεγέθους τοῦ τολμήματος ἀπιστία αὐτῷ ὑπεχύθη· καὶ διὰ τοῦτο αὐτόπτης ἐπεθύμησε τοῦ πάθους γενέσθαι. καὶ αὐτήν τε πᾶσαν εἶδε γυμνώσας καὶ τὰ τραύματα αὐτῆς ἐπεσκέψατο, καὶ τέλος πολὺ καὶ τοῦ φόνου ἀνοσιώτερον ἔπος ἐφθέγξατο· εἶπε γὰρ ὅτι "οὐκ ᾔδειν ὅτι οὕτω καλὴν μητέρα εἶχον". καὶ τοῖς τε δορυφόροις ἀργύριον ἔδωκεν, ἵνα δῆλον ὅτι πολλὰ τοιαῦτα γίνεσθαι εὔχωνται, καὶ τῇ γερουσίᾳ ἐπέστειλεν, ἄλλα τε ὅσα συνῄδει αὐτῇ καταριθμῶν, καὶ ὅτι ἐπεβούλευσέ τε αὐτῷ καὶ φωραθεῖσα ἑαυτὴν διεχρήσατο. καὶ τῇ μὲν βουλῇ ταῦτα ἐπέστειλεν, αὐτὸς δὲ ταῖς τε νυξὶν ἐξεταράττετο ὥστε καὶ ἐκ τῆς εὐνῆς ἐξαπιναίως ἀναπηδᾶν, καὶ μεθ´ ἡμέραν ὑπὸ σαλπίγγων δή τινων πολεμικόν τι καὶ θορυβῶδες ἐκ τοῦ χωρίου ἐν ᾧ τὰ τῆς Ἀγριππίνης ὀστᾶ ἔκειτο ἠχουσῶν ἐδειματοῦτο. διὸ καὶ ἄλλοσε ᾔει, καὶ ἐπειδὴ κἀνταῦθα τὰ αὐτὰ αὐτῷ συνέβαινεν, ἄλλοσε ἐμπλήκτως μεθίστατο.

Cependant (la mer, en effet, ne supporta pas la tragédie qui allait se jouer sur ses flots, et elle refusa d'accepter, avec le mensonge, la complicité de cet acte abominable) le vaisseau s'ouvrit et Agrippine tomba dans l'eau, mais elle n'en mourut pas : bien que dans les ténèbres et gorgée de vin, malgré les efforts des matelots qui, faisant usage contre elle de leurs rames, assommèrent Acerronia Polla, embarquée avec elle, elle parvint à se sauver. Quand elle fut arrivée dans sa maison, elle ne fit semblant de rien et ne dévoila pas le piège qu'où lui avait tendu : elle se hâta d'envoyer vers son fils, pour lui dire l'accident qui était arrivé comme un effet du hasard, et lui annonça qu'elle avait eu le bonheur de se sauver. A cette nouvelle, Néron ne se contint plus, il fit punir le messager comme coupable d'attentat envers sa personne, et dépêcha aussitôt à sa mère Anicétus et les matelots, car il n'osa pas confier sa mort aux prétoriens. Agrippine, à leur vue, comprit le motif qui les amenait, et s'élançant de son lit, elle déchira ses vêtements, puis, découvrant son sein : « Frappe, dit-elle, Anicétus, frappe ce sein, il a porté Néron. »

C'est ainsi qu'Agrippine, fille de Germanicus, petite-fille d'Agrippa et arrière-petite-fille d'Auguste, fut, par ordre de ce même fils à qui elle avait donné l'empire et pour qui elle avait, entre autres personnages, fait périr son oncle, misérablement égorgée. Quand Néron apprit sa mort, il n'y crut pas : la grandeur du forfait qu'il avait osé lui inspira des doutes; aussi voulut-il voir de ses propres yeux. Il la fit mettre entièrement nue pour la contempler, examina ses blessures, et enfin prononçant une parole bien plus abominable encore que le meurtre lui-même : « Je ne savais pas, dit-il, que j'avais une mère si belle. » Il distribua de l'argent aux prétoriens, évidemment pour leur faire souhaiter beaucoup d'exécutions pareilles ; puis, dans une lettre au sénat, il énumérait contre sa mère tous ceux de ses crimes dont il avait été le complice, ajoutant qu'elle avait conspiré contre lui, et que, son complot ayant été découvert, elle s'était elle-même donné la mort. Telle fut sa lettre au sénat ; quant à lui, il était, la nuit, en proie à un trouble qui l'obligeait à sauter tout à coup à bas de son lit ; le jour, il était effrayé par le bruit guerrier et tumultueux de trompettes dont les sons partaient de l'endroit où Agrippine était enterrée. C'est pourquoi il changea de résidence, et, comme dans chacune les mêmes terreurs l'assiégeaient, il se transporta, épouvanté, autre part encore.

Source : FLAVIUS JOSÈPHE, Les Antiquités judaïques, livre XX, ch. 8 :

Δεδοικυῖα δ' ἡ Ἀγριππῖνα, μὴ ὁ Βρεττανικὸς ἀνδρωθεὶς αὐτὸς παρὰ τοῦ πατρὸς τὴν ἀρχὴν παραλάβοι, τῷ δὲ αὐτῆς παιδὶ προαρπάσαι βουλομένη τὴν ἡγεμονίαν τά τε περὶ τὸν θάνατον τοῦ Κλαυδίου, <152> καθάπερ ἦν λόγος, διεπράξατο, καὶ παραχρῆμα πέμπει τὸν τῶν στρατευμάτων ἔπαρχον Βοῦρρον καὶ σὺν αὐτῷ τοὺς χιλιάρχους τῶν τε ἀπελευθέρων τοὺς πλεῖστον δυναμένους ἀπάξοντας εἰς τὴν παρεμβολὴν τὸν Νέρωνα καὶ προσαγορεύσοντας αὐτὸν αὐτοκράτορα. <153> Νέρων δὲ τὴν ἀρχὴν οὕτως παραλαβὼν Βρεττανικὸν μὲν ἀδήλως τοῖς πολλοῖς ἀναιρεῖ διὰ φαρμάκων, φανερῶς δ' οὐκ εἰς μακρὰν τὴν μητέρα τὴν ἑαυτοῦ φονεύει, ταύτην ἀμοιβὴν ἀποτίσας αὐτῇ οὐ μόνον τῆς γενέσεως ἀλλὰ καὶ τοῦ ταῖς ἐκείνης μηχαναῖς τὴν Ῥωμαίων ἡγεμονίαν παραλαβεῖν. Κτείνει δὲ καὶ τὴν Ὀκταουίαν, ᾗ συνῴκει, πολλούς τε ἐπιφανεῖς ἄνδρας ὡς ἐπ' αὐτὸν ἐπιβουλὰς συντιθέντας.

Agrippine, craignant que Britannicus devenu adulte ne reçût de son père le pouvoir et voulant ravir l'empire pour son propre fils, provoqua, dit-on, la mort de Claude et chargea aussitôt le préfet du prétoire Burrhus, <152> ainsi que les tribuns et les plus puissants des affranchis, d'emmener Néron au camp et de le proclamer empereur. <152> Néron, après avoir ainsi obtenu le pouvoir, tua par le poison Britannicus à l'insu de presque tout le monde et peu après assassina ouvertement sa mère, lui donnant cette récompense pour l'avoir engendré et pour lui avoir fait obtenir l'empire de Rome par ses machinations. Il tua aussi Octavie à qui il était marié et également beaucoup d'hommes illustres, sous prétexte qu'ils complotaient, contre lui.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL a pu constituer, cette semaine-ci, 6 nouveaux environnements hypertextes :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
13 mars 2009


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002