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Date :     20-02-2009

Sujets :
Culture : prince de la jeunesse & cavalcade troyenne. HODOI ELEKTRONIKAI : 8 nouveaux environnements hypertextes : Eusèbe, Flavius Josèphe, Plutarque (x 2), Polybe, Quintus de Smyrne, Strabon (X 2);

Notice :

1. Culture :

Livre : Laurent VERSINI, Diderot, Oeuvres. Tome I : Philosophie.
Essai sur les règnes de Claude et de Néron.
Paris, Laffont, 1994, 1490 pp.

Extrait : p. 1000

"... Néron plaide pour les habitants d'Ilion, il prend la robe virile avant l'âge ; on propose de lui décerner le consulat à vingt ans ; en attendant, il sera consul désigné, il exercera l'autorité proconsulaire hors de la ville, on le nommera prince de la jeunesse.

Les jeux de la jeunesse ou troyens remontaient aux temps les plus reculés, à la descente d'Enée en Italie. C'étaient des combats et des courses à cheval où les enfants des grandes et des basses conditions', partagés en troupes opposées, se disputaient la victoire. Ascagne, fils d'Énée, les introduisit dans Albe, d'où ils passèrent à Rome et s'y perpétuèrent jusque sous les empereurs. On les célébrait dans le cirque ; et celui qui présidait à cet exercice militaire, s'appelait prince de la jeunesse, titre qu'on n'accordait qu'au successeur de César. ..."

Source : VIRGILE, Énéide, V, v. 545-603 :

545 At pater Aeneas nondum certamine misso
custodem ad sese comitemque impubis Iuli
Epytiden uocat, et fidam sic fatur ad aurem:
'uade age et Ascanio, si iam puerile paratum
agmen habet secum cursusque instruxit equorum,

550 ducat auo turmas et sese ostendat in armis
dic' ait. ipse omnem longo decedere circo
infusum populum et campos iubet esse patentis.
incedunt pueri pariterque ante ora parentum
frenatis lucent in equis, quos omnis euntis

555 Trinacriae mirata fremit Troiaeque iuuentus.
omnibus in morem tonsa coma pressa corona;
cornea bina ferunt praefixa hastilia ferro,
pars leuis umero pharetras; it pectore summo
flexilis obtorti per collum circulus auri.

560 tres equitum numero turmae ternique uagantur
ductores; pueri bis seni quemque secuti
agmine partito fulgent paribusque magistris.
una acies iuuenum, ducit quam paruus ouantem
nomen aui referens Priamus, tua clara, Polite,

565 progenies, auctura Italos; quem Thracius albis
portat equus bicolor maculis, uestigia primi
alba pedis frontemque ostentans arduus albam.
alter Atys, genus unde Atii duxere Latini,
paruus Atys pueroque puer dilectus Iulo.

570 extremus formaque ante omnis pulcher Iulus
Sidonio est inuectus equo, quem candida Dido
esse sui dederat monimentum et pignus amoris.
cetera Trinacriis pubes senioris Acestae fertur equis.

575 excipiunt plausu pauidos gaudentque tuentes
Dardanidae, ueterumque agnoscunt ora parentum.
postquam omnem laeti consessum oculosque suorum
lustrauere in equis, signum clamore paratis
Epytides longe dedit insonuitque flagello.

580 olli discurrere pares atque agmina terni
diductis soluere choris, rursusque uocati
conuertere uias infestaque tela tulere.
inde alios ineunt cursus aliosque recursus
aduersi spatiis, alternosque orbibus orbis

585 impediunt pugnaeque cient simulacra sub armis;
et nunc terga fuga nudant, nunc spicula uertunt
infensi, facta pariter nunc pace feruntur.
ut quondam Creta fertur Labyrinthus in alta
parietibus textum caecis iter ancipitemque

590 mille uiis habuisse dolum, qua signa sequendi
frangeret indeprensus et inremeabilis error;
haud alio Teucrum nati uestigia cursu
impediunt texuntque fugas et proelia ludo,
delphinum similes qui per maria umida nando

595 Carpathium Libycumque secant.
hunc morem cursus atque haec certamina primus
Ascanius, Longam muris cum cingeret Albam,
rettulit et priscos docuit celebrare Latinos,
quo puer ipse modo, secum quo Troia pubes;

600 Albani docuere suos; hinc maxima porro
accepit Roma et patrium seruauit honorem;
Troiaque nunc pueri, Troianum dicitur agmen.
hac celebrata tenus sancto certamina patri.

5, 545 Mais, dès avant la fin de la compétition, le vénérable Énée appelle près de lui le gouverneur et compagnon du jeune Iule, le fidèle Épytidès; il lui glisse ces mots à l'oreille : "Allons, va; si Ascagne tient déjà prête sa troupe d'enfants et s'il a disposé les chevaux pour la parade, qu'il mène ses escadrons

5, 550 en l'honneur de son aïeul, et se présente en armes; dis-le-lui". Lui-même ordonne à toute la foule répandue le long du cirque de s'écarter et de dégager la piste. Les enfants s'avancent. En rangs, sous les regards de leurs parents, ils resplendissent sur leurs chevaux bridés, et, à leur passage,

5, 555 toute la jeunesse de Trinacrie et de Troie murmure son admiration. Tous ont sur les cheveux selon la coutume une couronne bien taillée; chacun porte deux javelots de cornouiller garnis d'une pointe de fer; certains ont sur l'épaule un carquois brillant; en haut de leur torse, un souple collier d'or glisse en torsade autour de leur cou.

5, 560 Ils évoluent en trois groupes de cavaliers; les trois chefs sont suivis chacun par deux groupes de six enfants, resplendissants, sur deux colonnes avec leurs écuyers. Un des groupes d'enfants est fier d'être conduit par le jeune Priam, portant le nom de son aïeul, ton illustre rejeton, Politès,

5, 565 destiné à accroître le nombre des Italiens; il monte un cheval thrace, de deux couleurs, arborant fièrement les taches blanches de ses pattes antérieures et son front blanc haut dressé. L'autre chef est Atys, d'où les Latins Atii tirèrent leur race, le jeune Atys, un enfant aimé de l'enfant Iule.

5, 570 Le dernier, éclipsant tous les autres en beauté, est le bel Iule; il monte un cheval de Sidon, que la radieuse Didon lui avait offert en souvenir d'elle et en gage d'affection. Les autres enfants montent des chevaux de Trinacrie, appartenant au vieil Aceste.

5, 575 Des applaudissements accueillent les enfants intimidés; tout heureux, les Dardaniens les admirent, reconnaissent des traits d'anciens parents. Devant toute l'assistance, et sous les yeux des leurs, joyeusement ils défilèrent sur leurs montures. Puis, lorsqu'ils furent prêts, Épytidès donna de loin le signal en criant et fit claquer son fouet.

5, 580 Les trois groupes se séparent en un mouvement symétrique, rompant leurs rangs en deux files distinctes; puis ils reviennent, lances dressées, et font converger leur trajectoire. Ensuite, ils entament d'autres courses et d'autres retours en arrière, se faisant face à distance. Puis, entremêlant leurs mutuelles évolutions,

5, 585 ils se livrent, avec leurs armes, à des combats simulés : tantôt ils fuient, découvrant leurs dos, tantôt, retournant leurs javelots, ils passent à l'offensive; tantôt, la paix conclue, ils évoluent côte à côte. De même autrefois, dit-on, dans la Crète montagneuse, le Labyrinthe abritait dans ses parois aveugles un itinéraire enchevêtré,

5, 590 aux mille chemins trompeurs et incertains, où une erreur imperceptible et irrémédiable briserait tout signe de piste. Ce n'est pas autrement que les enfants des Teucères dans leurs courses brouillent les traces, entremêlant par jeu fuites et combats, semblables à des dauphins qui, nageant dans les mers limpides,

5, 595 fendent les mers de Carpathos et de Libye [en se jouant des flots]. Ce genre de parade, ces compétitions, Ascagne, le premier, les reproduisit lorsqu'il entoura de murailles Albe-la-Longue; il apprit aux anciens Latins à les célébrer, comme lui l'avait fait, quand il était enfant, et avec lui la jeunesse de Troie.

5, 600 Les Albains l'enseignèrent à leurs enfants; de là, plus tard, la puissante Rome recueillit et maintint cet honorable rite ancestral : de nos jours on parle des enfants de Troie, et de leur troupe troyenne. Ainsi furent célébrés les jeux en l'honneur d'un père vénéré.

La traduction donnée ici est tirée de Anne-Marie BOXUS - Jacques POUCET, Virgile - L'Énéide louvaniste. Une nouvelle traduction commentée.

L'extrait latin est, de fait, accompagné et d'une NOTE et d'un COMMENTAIRE. Tous deux de la main d'A.-M. BOXUS et de J. POUCET.

Note :

"Sous Sylla, puis à partir de César, furent célébrés à Rome des jeux équestres, appelés tantôt Troia (Suétone, César, 39), tantôt Troianus ludus ou Troiae ludus (Suétone, Auguste, 43), tantôt Troiae ludicrum (Tacite, Annales, 11, 11). Virgile a sans doute ajouté ce carrousel troyen aux jeux funèbres en l'honneur d'Anchise, parce qu'Auguste aimait beaucoup ce divertissement. Mais rien ne permet de dire que c'est Virgile qui aurait imaginé pour eux une étiologie troyenne. Elle lui était probablement antérieure."

Commentaire :

Le "carrousel troyen" (lusus Troiae) clôture les jeux. Il ne s'agit plus d'une épreuve, mais d'une sorte de parade équestre, dans laquelle des enfants, richement parés et armés, défilent sous les regards de leurs parents, se livrant à des manoeuvres compliquées et à une bataille simulée. L'origine exacte de ce carrousel est inconnue et l'étymologie même de Troiae dans l'expression prête à discussion. On a suggéré d'y voir un vieux terme signifiant "mouvement, danse" (cfr les verbes archaïques amptruare, redamptruare), qui n'aurait rien à voir avec la ville de Troie. Ce n'est que plus tard qu'on aurait associé abusivement le lusus Troiae et la patrie d'Énée. Quoi qu'il en soit, nous connaissons l'existence de ce carrousel troyen à l'époque de Sylla, de César et d'Auguste.Ce dernier en fit une institution régulière, à laquelle participaient des enfants de noble origine (Suétone, Auguste, 43). Ce que livre ici Virgile semble bien un écho des manifestations contemporaines."

Témoignages :

  • TACITE, Annales, II, 83 : à propos de GERMANICUS :

    Equester ordo cuneum Germanici appellauit qui iuniorum dicebatur, instituitque uti turmae idibus Iuliis imaginem eius sequerentur.

    L'ordre équestre appela du nom de Germanicus l'escadron de la Jeunesse, et voulut que l'image de ce grand homme fût portée en tête de la cavalcade solennelle des ides de juillet.

  • DION CASSIUS, L'Histoire romaine, XLIX, 43 : à propos de CÉSAR :

    ...ἃς πολλὰς καὶ παντοδαπὰς ἐποίησεν ὥστε καὶ τοὺς τῶν βουλευτῶν παῖδας τὴν Τροίαν ἱππεῦσαν, ἐμισθώσατο, ἵνα μηδεὶς μηδὲν αὐτοῖς ἀναλώσῃ.

    ...dans les jeux qu'il donna , et ils furent si nombreux et si variés que les enfants des sénateurs représentèrent la cavalcade troyenne, il loua des barbiers, afin que personne n'eût rien à dépenser pour la fête.

  • DION CASSIUS, L'Histoire romaine, LI, 22 : à propos d'AUGUSTE :

    ...ἐν δ´ οὖν τῇ τοῦ ἡρῴου ὁσιώσει ἀγῶνές τε παντοδαποὶ ἐγένοντο, καὶ τὴν Τροίαν εὐπατρίδαι παῖδες ἵππευσαν, ἄνδρες τε ἐκ τῶν ὁμοίων σφίσιν ἐπί τε κελήτων καὶ ἐπὶ συνωρίδων τῶν τε τεθρίππων ἀντηγωνίσαντο,

    ...La consécration de la chapelle fut accompagnée de jeux de toute espèce : les enfants patriciens exécutèrent la cavalcade troyenne; des hommes du même rang luttèrent les uns contre les autres sur des chevaux de selle, sur des chars à deux et à quatre chevaux ;

  • DION CASSIUS, L'Histoire romaine, LXIX, 7 : à propos de CALIGULA :

    ...πρότερον γὰρ οὐ πλείω τῶν δέκα ἄθλων ἐτίθετο, τότε δὲ καὶ ἄρκτους τετρακοσίας μεθ´ ἑτέρων Λιβυκῶν θηρίων ἴσων ἀπέκτεινε. καὶ οἵ τε εὐγενεῖς παῖδες τὴν Τροίαν ἵππευσαν, καὶ τὸ ἅρμα τὸ πομπικὸν ἐφ´ οὗ ἤχθη ἓξ ἵπποι εἵλκυσαν· ὃ μηπώποτε ἐγεγόνει

    Auparavant, en effet, il n'y avait pas plus de douze luttes ; cette fois, on tua quatre cents ours avec un nombre égal d'autres bêtes de Libye ; les enfants patriciens représentèrent la cavalcade troyenne, l'empereur fut amené en pompe sur un char tiré par six chevaux, ce qui n'avait jamais eu lieu ...

Nous avons interrogé la base de données latine du CLCLT-7 (Cetedoc Library of Christian Latin Texts) , version 7 (2008). Cette base de données renferme près de 58,5 millions de formes; elle contient des textes allant des origines de la littérature latine jusqu'à la période néo-latine (de 1501 à 1965).

Le critère de sélection retenu fut le suivant : princ* iuuentu*

- "princ*" pour retenir "princeps, principis, principes, principe, principibus, etc."

- "iuuentu*" pour obtenir "iuuentus, iuuentutis, iuuentutem, etc."

Quinze attestations ont été données en réponse : résultats.

L'attestation la plus récente est celle de Petrus Iohannis Olivi, un auteur du XIIIe siècle.


2. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Cette semaine-ci et nonobstant les servcies rendus par ailleurs, Christian RUELL a réussi la création de 8 nouveaux environnements hypertextes :

  • Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, livre XIII [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, livre XVII [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Plutarque, Vies parallèles, Comparaison Demetrius - Antoine [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Plutarque, Vies parallèles, Comparaison Dion - Brutus [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Polybe, Histoire, livre IX (fragments) [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Quintus de Smyrne, Les Posthomériques, Chant VII [Traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Strabon, Geographica, livre XII-3 [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Strabon, Geographica, livre XII-4 [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
20 février 2009


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002