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Date :     03-10-2008

Sujets :
Fiches de lecture : 10 ajouts; Lecture : La condition de la femme grecque au temps d'Euripide (Ve s. av. J.-Chr.); Toile : le site ANAGNOSIS a fait peau neuve; HODOI ELEKTRONIKAI : 5 nouveaux environnements hypertextes : Iséé, Isocrate (x 4); Statistiques de consultation - septembre 2008;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • ISOCRATE, Sur la permutation de biens et L'Exception contre Callimaque
  • ORIGÈNE, Contre Celse, VI
  • THUCYDIDE, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre I

  • La calomnie est le plus grand de tous les maux
  • Thucydide et l'origine de la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-Chr.) entre Athènes et Sparte
  • A propos des 2 enseignements : l'un pour le corps (la gymnastique), l'autre pour l'âme (la philosophie)
  • Étudier sous la direction de sophistes n'est pas nécessairement une chose vaine
  • A propos du génie de la parole
  • Chez les ancêtres, les sophistes étaient admirés et les sycophantes rejetés
  • De l'importance des traités
  • Qui sont les amis du peuple ?
  • Les Perses, le culte de Mithra et l'Échelle à 7 portes
  • Les Ophites et leur bestiaire (démons)


2. Lecture :

Ci-dessous, deux extraits relatifs à "La condition de la femme grecque au temps d'Euripide. Extraits tirés de :

Roger GOOSSENS, Euripide et Athènes
Mémoires de l'Académie royale de Belgique,
Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques
Tome LV, fascicule 4.
Bruxelles, Palais des Académies, 1962, 772 pp.

[pp. 74-75]

" ... § 3. DÉGRADATION MORALE DU HÉROS :
JASON ET ADMÈTE CONDAMNÉS PAR LES FEMMES.

On sent quelle impression fâcheuse vont faire les héros mythiques s'ils continuent à se comporter, dans cette société moderne et quasi-démocratique [au Ve s. av. J.-Chr.], comme ils le faisaient de leur temps, je veux dire dans les anciennes rédactions de leur légende.

Euripide va soumettre leur conduite à un impitoyable examen. Lui qui s'embarrasse si peu de respecter la tradition fabuleuse, qui la traite parfois avec si peu de ménagements, respecte au contraire la lettre du mythe, si l'on ose ainsi parler, chaque fois que les actes prêtés au héros par la légende lui permettent de ravaler ce héros au dernier rang de la hiérarchie morale du Ve siècle (et pour ce faire, il suffit de lui refuser toutes les circonstances atténuantes que la différence des temps lui accordait).

Considérons le cas de Jason et celui d'Admète. Dans un certain sens, on pouvait dire de tous les deux qu'ils avaient réussi par les femmes : Admète, sauvé d'une mort prématurée par Alceste, qui meurt pour lui ; Jason, conquérant la Toison et se vengeant de Pélias grâce à la science magique de Médée, que plus tard il abandonne. Au Ve siècle, le rôle que ces deux infortunées jouent dans leur histoire traditionnelle va porter malheur à Admète et à Jason.

Il faut dire un mot de l'évolution sociale et idéologique dont ces deux héros ont payé les frais. Les vieux poètes épiques ou lyriques ne voyaient rien de scandaleux à la mort d'Alceste, à l'abandon de Médée. Ni la répudiation ne les choque — et d'autant moins qu'il s'agit d'une magicienne barbare qui a trahi les siens et s'est souillée de plusieurs crimes — ni le sacrifice d'une femme qui assure par sa mort la survie du chef de famille. La femme a si peu d'importance dans la Grèce homérique, qu'il n'y a pas, à vrai dire, de morale proprement sexuelle pour les héros, la femme n'étant qu'un objet, susceptible, comme tous les objets, de possession légitime ou illicite. Un des traits les plus archaïques des Histoires d'Hérodote, c'est ce récit de l'enlèvement d'Hélène dans lequel on ne fait pas encore de différence entre le rapt de l'épouse du roi et le vol de ses trésors : g-gunaika g-men g-tautehn g-kai g-ta g-chrehmata ... De même, dans la vieille légende mycénienne de Clytemnestre, "le seul criminel, c'est Égisthe qui a volé la femem de son roi, en me^me temps que le trône et ses richesses ».

Il ne peut encore être question de la responsabilité d'une femme, ni par conséquent de ses droits. Mais précisément, l'évolution même de la légende d'Hélène et de celle de Clytemnestre, dès les parties récentes de l'Odyssée, puis chez Pindare, chez Eschyle et Euripide enfin, montre combien ces vieilles conceptions se sont démodées. Dès le temps des derniers aèdes, apparaît la notion de la culpabilité des filles de Tyndare, et par conséquent la notion d'une psychologie féminine. Grande découverte, que tous les peuples n'ont pas faite. Les poètes et les sophistes vont s'intéresser à l'âme d'Hélène, à l'âme de Clytemnestre. Après avoir condamné ces deux femmes dans un premier mouvement d'indignation, on leur cherche des excuses, on tâchera du moins d'expliquer leur conduite. La réponse que faisait encore Sapho : "Aphrodite l'a voulu", devient de moins en moins tolérable.

Euripide ridiculisera définitivement, dans les Troyennes, cette solution désuète des problèmes du coeur. C'est le coeur humain lui-même qu'on va interroger. « Était-ce Iphigénie égorgée sur les bords de l'Euripe, loin de sa patrie », se demande Pindare, « que Clytemnestre pleurait quand elle conçut ce ressentiment atroce ? ou bien, subjuguée par un autre amour, fut-elle égarée par ses nuits adultères ? » Seize ans plus tard, dans l'Orestie, Eschyle reprend le même problème, avec les mêmes données. Euripide reprendra le procès de Clytemnestre, il appliquera la méthode psychologique à d'autres cas criminels, à celui d'Hélène par exemple. Jusqu'au crime horrible de Médée, le meurtre de ses propres enfants, qu'il va tenter, non certes de justifier, mais d'expliquer par des conceptions moins simplistes que celles du conte populaire, pour qui Médée était la sorcière, c'est-à-dire un être ingénieux créé pour le mal.

Dans ce domaine nouveau de l'étude de la femme, les apologies comme les actes d'accusation (et la prétendue misogynie d'Euripide) prouvent également la même chose, que l'on reconnaît désormais à la femme une responsabilité et des droits, des sentiments, une intelligence, une âme enfin. Mais quelle figure vont faire Admète et Jason, transportés dans une société qui est déjà, à peu de chose près, celle de Lysistrata et de l'Assemblée des femmes ? ..."

[pp. 84-89] § 7. POSITION DE LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ ATHÉNIENNE.

Depuis l'épopée, nous l'avons dit plus haut, les idées sur les femmes avaient changé : témoins Eschyle et Hérodote. Eschyle, eupatride cultivé et d'une tournure d'esprit très philosophique, Hérodote, qui passa sa vie à parcourir le monde en faisant parler les gens, représentent assez bien la suprême sagesse de leur temps. Leurs idées sont les idées d'une élite, assez loin de celles de la masse ; et même au sein de cette élite, l'idée que la femme est une créature intelligente et responsable, capable de courage, moralement égale à l'homme, est encore trop neuve pour être universellement admise. Les moeurs, par essence plus traditionnalistes que l'activité intellectuelle de l'individu, sont restées longtemps très loin de cette conception.

Le commun des hommes était bien loin de porter à l'âme féminine l'attention et l'intérêt que lui accordaient les poètes et les philosophes. De sorte que, comme il arrive, pour les esprits réfléchis, le peu de chose qui était réellement et pratiquement changé dans la condition des femmes ne faisait guère que montrer plus clairement tout ce qui restait à faire pour mettre cette condition en parfait accord avec le progrès des idées. C'est là une situation que d'autres époques ont connue, et notamment la nôtre, il me semble.

Il y avait un évident désaccord entre le droit et les moeurs d'une part, et d'autre part les idées de philosophes, en passe de devenir le bien commun de tous les gens instruits. En ce qui concerne les femmes, Périclès, dans son Discours funèbre (en 430, l'année qui suit Médée), dit tout en ces mots : « le mieux est pour elles qu'il soit parlé d'elles le moins possible entre hommes». Aristophane, si loin de Périclès en presque toute chose, ne parle pas autrement quand il blâme l'importance exagérée de la femme dans le théâtre d'Euripide. Et pourtant, c'est ce même Périclès qui faisait grand cas des conseils d'Aspasie, la traitait en égale, et jusqu'à la fin, défendait de toute son autorité cette Ionienne dont la liberté immodeste faisait scandale. Il n'y a pas de doute que Périclès eût approuvé les plaidoyers d'Euripide en faveur de l'émancipation des femmes. Si son langage de 430 est si différent, c'est qu'à ce moment il parle du haut de la tribune la plus officielle qui soit, au nom de la cité tout entière et de sa culture, qui est encore essentiellement une culture d'hommes (Nietzsche). Mais déjà ce monopole masculin est menacé, les plus intelligents de ces hommes, Euripide, Périclès lui-même, commencent à en avoir honte.

L'amélioration qui se manifeste vers cette époque dans la condition des femmes est en rapport, sans aucun doute, avec les progrès de la démocratie. Mais cette démocratie, qui se présente à certains égards comme un gouvernement révolutionnaire, est en même temps curieusement traditionnaliste, timide et lente à pousser ses propres réformes au-delà de leurs conséquences les plus immédiates. L'émancipation de la femme a été aussitôt ralentie, arrêtée par tout le poids du passé.

Le tableau que fait Médée de la condition féminine est extrêmement sombre :

« De tout ce qui a vie et pensée, c'est nous, les femmes, la gent la plus misérable. D'abord, il nous faut prodiguer l'argent pour acheter un époux et donner un maître à notre corps, cruel surcroît d'infortune ! Et voici le point capital : le prendra-t-on mauvais ou bon ? Car quitter un époux est infamant pour les femmes et il ne leur est pas loisible de le répudier. Puis, entrant dans des habitudes et des lois nouvelles, il faut être devin pour trouver, sans l'avoir appris chez soi, comment en user au juste avec celui dont on partagera la couche. Réussissons-nous dans notre tâche, et l'époux accepte-t-il la vie commune sans porter le joug à contre-coeur, alors c'est une existence enviable. Sinon, mieux vaut mourir. Quand un homme se lasse de la vie du foyer, il va au dehors oublier les dégoûts de son coeur ; mais nous, c'est sur un seul être qu'il nous faut attacher les yeux » (v. 230-247).

Ce qui décide habituellement du sort de la femme dans une société, c'est l'idée qu'on s'y fait du mariage. Or, le mariage athénien repose essentiellement sur le système immoral de la dot. Comme rien, dans leur éducation, ne prépare les femmes au mariage, il va de soi que ces unions sans amour font de mauvais ménages. Pratiquement, la fidélité n'est une obligation que pour la femme, tant on se montre indulgent pour l'infidélité de l'homme : on peut, à certains égards, considérer la société athénienne comme une société polygame, la « femme légitime » ayant simplement une position juridique supérieure à celle de la concubine ...

L'homme va, vient, se mêle à la vie des autres familles, de la tribu, de la cité, participe, s'il le veut, à toutes les activités intellectuelles. Mais la démocratique Athènes (en cela héritière des temps qui l'ont précédée, et en contradiction avec l'état social auquel, logiquement, elle conduit) continue à penser qu'une femme doit vivre cloîtrée au gynécée, tenir la maison, filer la laine en silence. L'idée qu'on se fait d'une femme n'aurait-elle pas changé depuis Homère ? On se méfie de l'instruction chez une femme, autant que de l'intelligence : ces qualités ne sont nullement nécessaires à la vie qu'elle doit mener. Elles ne peuvent que nuire au respect de la morale désuète qu'on enseigne aux femmes (Alopè, fr. III) : g-ti g-dehta g-machthein g-dei g-gynaikeion g-genos
g-phrourountas ; g-hai g-gar g-eu g-tethrammenai g-pleon
g-sphallousin g-oikous g-tohn g-parehmelehmenohn.

Le très jeune et très chaste Hippolyte, qui ne sait rien des femmes par lui-même, qui ne peut donc reproduire, à leur sujet, que les préjugés de la société dans laquelle il vit, va jusqu'à dire, dans un moment de grande colère, qu'il faut que la femme soit stupide, qu'il hait la femme intelligente : « Le plus commode est d'avoir installé chez soi une nullité, que sa sottise rend inutile. Celle qui a de l'esprit m'est odieuse : qu'il n'y ait pas chez moi de femme aux idées trop hautes pour son sexe ! Car la perversité, Kypris la fait naître surtout chez les femmes d'esprit : l'incapable est préservée de la folie des sens par son intelligence bornée ». Ce terrible misogyne, le plus implacable moraliste du théâtre d'Euripide, recommande (sous l'effet de sa colère contre Phèdre et son esclave entremetteuse) un isolement absolu pour les femmes. « Auprès des femmes ne devrait pas pénétrer de servante : c'est la société muette des bêtes sauvages qu'il leur faudrait, pour qu'elles ne pussent adresser la parole à aucune, ni recevoir un mot d'elles ».

Quelque intérêt que son intérieur présente pour la femme, cet isolement du gynécée, comparé à la vie de l'homme, est une existence terriblement vide, qui laisse le coeur, l'esprit, le corps dans une oisiveté redoutable. Euripide a bien vu que cette condition doit nécessairement produire chez la femme une véritable maladie de la sexualité. L'oisiveté donne aux choses de l'amour une importance démesurée :
g-erohs g-gar g-argon g-kapi g-tois g-argois g-ephy.

« Une femme est d'ordinaire toute craintive, lâche à la lutte et à la vue du fer ; mais voit-elle lésés les droits de sa couche, il n'est point d'âme plus sanguinaire » (Médée, 263-266 ; cf. Andr., 220 ss.).

L'égoïste Jason, qui trouve que son mariage avec la princesse de Corinthe est une chose assez normale, se plaint naïvement de l'importance que Médée, en cela pareille à toutes les femmes, accorde à sa trahison : « N'ai-je pas été bien avisé ? Toi-même tu en conviendrais, si le souci de ta couche n'aigrissait ton coeur. Mais vous en venez à croire, vous autres femmes, que vous avez tout, si vos amours vont droit ; une disgrâce, au contraire, atteint-elle votre couche ? Le parti le plus profitable et le plus brillant devient pour vous le plus hostile » (v. 567-573).

Jason ne paraît pas soupçonner les raisons de cette maladie féminine. Mais Euripide les connaît, nous les avons entendues de la bouche de Médée : « Quand un homme se lasse de la vie du foyer, il va au dehors oublier les dégoûts de son coeur ; mais nous, c'est sur un seul être qu'il nous faut attacher les yeux ».

Il en résulte que le mariage est souvent pour la femme une condition cent fois pire que la vie qu'elle menait auprès de ses parents. En effet, la femme mariée n'a plus, en dehors de son mari, ni famille, ni protecteur. Tout est rompu de ce qui la rattachait à sa propre famille (alors que les enfants mâles gardent toujours le lien religieux qui les rattache au g-genos paternel).
g-gyneh g-gar b-exelthousa g-patrohohn g-domohn
g-ou g-tohn g-tekontohn g-estin, g-alla g-tou g-lechous;
g-to g-d' g-arsen g-estehk' g-en g-domois g-aei g-genos,
g-theohn g-patrohohn g-kai g-taphohn g-timaoron.
(Danaé. fr. 318)

Il faut croire que, vers 430, ce mal était considéré comme grave. En effet le « philosophe de la scène » n'est pas seul à s'en plaindre. Sophocle a décrit un Téreus, qui racontait la triste légende de Philomèle et de Procné. Cette pièce est probablement de peu d'années postérieure à Médée. Un cas extrême comme l'union de Procné, fille du roi d'Athènes Pandion, avec un Barbare, le Thrace Téreus, illustrait bien le malheur de la femme, définitivement séparée, par le mariage, de ses protecteurs naturels. « Maintenant, séparée de mes parents, je ne suis plus rien », dit la pauvre Procné. « Souvent d'ailleurs j'ai observé que c'est cela qui rend si misérable la condition des femmes : c'est à cause de cela que nous ne sommes rien. Jeunes filles, nous menons, il me semble, dans la maison du père, la plus douce existence qui puisse échoir à un mortel : car toujours l'inconscience de l'enfant le fait vivre dans la joie. Mais une fois parvenues à l'âge de raison, nous sommes arrachées à nos dieux familiaux, arrachées à nos parents, vendues à un mari, les unes à l'étranger, d'autres même en pays barbare, les unes dans des maisons où rien n'est agréable, d'autres dans des familles dont l'honneur n'est pas intact. Et tout cela, après qu'une nuit nous a unies à notre mari, il faut nous en contenter et le trouver bon ».

Le ton de ce morceau est tout à fait euripidéen, et les idées sont celles-là mêmes qu'Euripide exprimait dans Médée, Danaé, Alopé. Mais, cette fois, c'est Sophocle qui les exprime, Sophocle dont les principes littéraires sont si éloignés de ceux d'Euripide, Sophocle qui, d'ordinaire, garde les yeux fixés sur le monde héroïque, et dédaigne l'allusion contemporaine. L'accord de ces deux génies si divers est ici gravement significatif. Il faut que l'injuste infériorité des femmes ait été une des «maladies », pour parler comme les anciens, de la société athénienne. A ce mal, quel remède ? Euripide demande que l'on admette l'égalité morale des sexes : inférieure à l'homme sous le rapport intellectuel, la femme ne l'est nullement sur le plan moral ; préjugé, par exemple, que sa prétendue lâcheté. Elle a un courage d'une autre espèce, passif et non actif, nullement inférieur à celui de l'homme : un accouchement, dit Médée, vaut trois batailles. Que cette égalité morale soit seulement admise de tous, avec les conséquences qu'elle implique, responsabilité partagée et droits égaux, la condition de la femme en sera grandement améliorée.

Dans le choeur "g-Anoh g-potamohn (410 ss.), les Corinthiennes ont des accents de triomphe ; elles annoncent la victoire prochaine d'une morale nouvelle qui ne traitera plus les femmes en êtres vicieux de nature : « Ma condition acquerra glorieux renom par un retour de la voix publique. Voici venir l'heure du prestige pour la gent féminine ; une malsonnante rumeur ne pèsera plus sur les femmes. Les poèmes des antiques chanteurs cesseront de célébrer ma perfidie. Il n'a point doté notre esprit du chant inspiré de la lyre, Phoibos, le maître des mélodies; sans quoi j'aurais retourné l'hymne contre la race des mâles. En son long cours, le temps en fournit bien à dire du lot des hommes, comme du nôtre ... » Ah si les lions savaient peindre ! « Dans Médée, dit Wilamowitz, Euripide considère la société avec les yeux d'une femme ». Il a, en effet, bien réussi, avec cet espèce de mimétisme qu'Aristophane reprochera à son disciple Agathon, à «se mettre à la place » de Médée, il nous a donné dans cette pièce le jugement des femmes sur la société athénienne. L'Athènes réactionnaire, représentée pour nous par les poètes comiques, ne le lui pardonnera jamais. ..."


3. Toile : Le site ANAGNOSIS :

François GADEYNE, avec le concours de Fanny GRESSIER, a fait faire peau neuve au site ANAGNOSIS :

==> ANAGNOSIS <==

En date du 2 octobre 2008, le Café pédagogique - Cécile Mathieu fecit - a consacré un dossier spécial au "site du mois" ANAGNOSIS en interviewant François Gadeyne a sujet de ce site et des motivations de son créateur et maître.

Nous avons particulièrement apprécié sur ce site, entre autres présentations, les extraits expliqués relatifs à la littérature latine préparés par Fanny Gressier.

A titre d'exemple : Saint Augustin. Le jeune professeur et le clochard providentiel.

Les extraits, présentés de façon très claire et très agréable à l'oeil, renferment du texte, une traduction française ainsi qu'un commentaire. Ce sont là des réalités que ces extraits ont en commun avec les séquences d'apprentissage, les fiches de lecture et les textes d'étude du Projet HELIOS. Le Projet HELIOS y joint aussi du vocabulaire, de la grammaire, des exercices tout en ne négligeant pas l'aspect culture.

Nous profitons de l'opportunité pour remercier Cécile MATHIEU d'avoir, dans Le MENSUEL (Vie de la discipline) du Café pédagogique, justement attiré l'attention, sur les FICHES de lecture des Projets ITINERA-HODOI et HELIOS :

"Vaste base de données en latin comme en grec, contenant un nombre très élevé de fiches de lecture classées par ordre alphabétique (noms des auteurs). Ce fonds qui s’enrichit de mois en mois propose pour chaque fiche un court extrait sur un thème bien précis, en latin ou en grec, puis sa traduction. Site très utile pour enrichir un cours, notamment grâce à une recherche possible par mots-clés (descripteurs)".

Avec ANAGNOSIS, d'un côté, et MUSAGORA (dossiers thématiques)et HELIOS (serveur éducatif), de l'autre, - pour ne citer que ces quelques sites parmi de nombreux autres au même focus - l'appui TICE au bénéfice des Langues et cultures de l'Antiquité paraît entre de très bonnes mains.


4. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL a pu constituer, cette semaine-ci, 5 nouveaux environnements hypertextes :

  • Isée, Plaidoyer pour la succession de Pyrrhus, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Isocrate, A Nicoclès, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Isocrate, Éloge d'Évagoras, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Isocrate, L'exception contre Callimaque, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Isocrate, Sur la permutation de biens, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


5. Statistiques de consultation - septembre 2008 :

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
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      • Actualités : 2.608 pages ;
      • Cours FLTR 1510 (Litt. europ. : Les héritages grec et latin - P.-A. Deproost) : 1.737 pages;
      • Cours FLTR 1760 (Initiation au Latin - A. Meurant) : 1.066 pages;
      • Cours GLOR 2330 (Auteurs latins - P.-A. Deproost) : 6.955 pages;
      • Cours GLOR 2320 + GLOR 1140 (Monique Mund-Dopchie - Auteurs grecs) : 523 + 634 pages;
      • ITINERA, applications hors ligne : 945 pages;

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  • Etat du dictionnaire au 6 juin 2008 :

    272.726 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 6 juin 2008 :

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  • État de la banque de textes grecs :

  • Etat du dictionnaire au 3 octobre 2008 :

    393.394 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 3 octobre 2008:

    71 auteurs, 781 oeuvres, 6.661.307 occurrences.

  • Jean Schumacher
    3 octobre 2008


     
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    Dernière mise à jour : 17/02/2002