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Date :     25-07-2008

Sujets :
MUSAGORA (& ITINERA ELECTRONICA, HODOI ELEKTRONIKAI, HELIOS) : un nouveau dossier thématique : Les sept merveilles du monde antique; Fiches de lecture : 9 ajouts; HODOI ELEKTRONIKAI : 6 nouveaux environnements hypertextes : Justin (Saint), Maxime de Tyr (x 5);

Notice :

1. MUSAGORA : Un nouveau dossier thématique :

Mireille de Biasi a donné à connaître aux abonnés à la liste de diffusion MUSAGORA la mise à disposition sur la Toile d'un nouveau dossier thématique :

Les sept merveilles du monde antique

Sommaire :

Nous recommandons très, très fort ce dossier thématique à tous les intéressés par les langues et les cultures de l'Antiquité car il est achevé, complet - en attendant le colosse de Rhodes - et réussi : une information des plus abondantes, des sources littéraires citées à profusion, une mise en page des plus châtoyantes, etc. etc.

Nous avons remarqué avec beaucoup de plaisir que les sources littéraires citées sont reprises, en règle générale, aux banques de textes accumulées au sein des ITINERA ELECTRONICA (latin) et des HODOI ELEKTRONIKAI (grec).

Nous nous sommes intéressés, en particulier, à la statue chryséléphantine de Zeus, oeuvre de PHIDIAS. Le dossier MUSAGORA présente les rubriques suivantes:

La simple énumération, ci-dessus, des rubriques traitées pour ce sujet montre à suffisance la richesse tant intellectuelle que visuelle et culturelle de ce nouveau dossier MUSAGORA.

Une statue adorée ?

La problématique abordée dans cette rubrique nous a interpellés. En effet, nous sommes plongés en ces moments dans la lecture d'un ouvrage de Louis ROUGIER, Le conflit du christianisme primitif et de la civilisation antique, L'architrave, volume I. Paris, Copernic, 1977.

Aux pages 94 et suivantes, il est justement question de la l'adoration des idoles sujet de reproche adressé par les premiers chrétiens aux païens. Et c'est le même discours Olympique de Dion Chrysostome qui est cité en appui - et en contre-argument - à la fois dans le dossier MUSAGORA et dans le livre de L. Rougier concernant la statue de Zeus réalisée par Phidias :

"... Il semble que le grief que les chrétiens adressaient aux païens puisse ici se retourner contre eux : celui de contempler les statues divines avec la cécité des yeux de la chair. La statue de Zeus olympien, considérée comme la plus haute production de l'art humain, pouvait suggérer à un païen mystique de plus hautes pensées que la corruptibilité de la chair qu'elle évoque dans l'esprit d'Eusèbe de Césarée, qui n'y voit que l'os travaillé d'un éléphant mort. Sur ce point, nous sommes renseignés par le Discours olympique que Dion Chrysostome prononça un jour de grandes panégyries, devant le chef-d'oeuvre de Phidias. Il faut évoquer la scène, au pied du Kronos, en face des cimes mélodieuses d'Arcadie, au milieu de ces vallons irisés où coule l'Alphée en méandres d'argent, comme le Caducée de Mercure.

En présence de la foule massée sur l'Altis, parmi cette autre foule de temples, de marbres, de trophées, de colonnes votives, de stèles commémoratives, sous le portique du Temple, devant la statue chryséléphantine de Zeus qui rayonne mystérieusement dans la pénombre, Dion fait l'éloge de la sculpture mise au service du divin :
«O Toi ! le meilleur et le plus grand des artistes, qu'elle est délectable et chère l'image que tu as su créer ! De quelle joie surabondante elle illumine le coeur de tous, Hellènes et Barbares, qui sont venus ici. Si l'un d'eux traîne une âme travaillée de chagrins ; si pour avoir épuisé la coupe du malheur, le doux sommeil ne le visite plus, il semble que, mis en présence de cette statue, tout ce que la vie comporte d'amertumes et de peines s'abolira en lui. Ainsi, tu as conçu et réalisé une vision qui dissipe le deuil et lénifie toute douleur.

«Puisque, parmi les créatures, nous n'en connaissons qu'une seule qui possède la raison, il est logique de recourir à elle pour représenter la raison invisible, et nous prêtons à Dieu la forme du corps humain, parce qu'il est le réceptacle de la pensée et de la sagesse. Dans l'absence complète de modèle original, nous cherchons à manifester l'inexplicable et l'invisible par le moyen de l'image visible. Nous mettons en oeuvre la puissance du symbole, pour saisir l'insaisissable.

«On ne saurait objecter qu'on eût mieux fait de ne dresser sous les yeux des hommes aucune statue ni aucune représentation figurée de dieux, sous prétexte qu'il faut diriger nos regards seulement vers les choses célestes. En effet, grâce à l'élan qui nous pousse vers la divinité, il y a chez tous les hommes un besoin violent de l'adorer et de la servir de près, de s'approcher d'elle et de l'aborder avec le sentiment de sa présence réelle, de lui offrir des couronnes de fleurs et des sacrifices. Comme les petits enfants tendent, dans leurs rêves, les bras vers leurs parents absents, ainsi les hommes désirent être toujours plus près des dieux et en leur compagnie».

Dion donne alors la parole à Phidias. Celui-ci célèbre dans la sculpture l'art religieux par excellence, qui incarne le divin dans la beauté plastique :

«Notre Zeus est un dieu de paix et de clémence, tel qu'il convient au protecteur d'une Hellas harmonieuse et unie qui ne connaît plus la discorde. Nous l'avons représenté pacifique et bienveillant, dans une attitude naturelle, car n'est-il pas dispensateur de la vie et de tous les biens, le père commun, le conservateur et le sauveur de tous les hommes ? ... La majesté de son attitude révèle le roi qui commande en maître ; son expression aimable et douce fait penser au père et à sa providence ; son air grave et auguste donne à connaître le gardien des cités et le législateur. La ressemblance humaine que je lui ai prêtée figure symboliquement la parenté des dieux et des hommes. La comicité et la bonté qui émanent de sa physionomie parlent d'un dieu ami, le dieu des suppliants, de l'hospitalité et du refuge. Enfin, le dieu de la fécondité et de l'abondance transparaît dans cette âme simple et grande que manifeste tout le comportement de la statue, et qui convient à celui des Immortels qui se plaît à nous combler de tous les biens. Telles sont les qualités divines que je me suis efforcé de rendre, avec la seule éloquence de mon art, sans me servir de la parole».

Le sentiment que Dion Chrysostome exprime en présence de la statue de Zeus olympien n'est pas chez lui l'effet d'une rhétorique de circonstance. Paul-Emile fut vivement ému en la voyant : il se crut en présence du dieu lui-même. Cicéron déclare que Phidias façonna sa statue, non d'après un modèle vivant, mais d'après cette beauté idéale que seul perçoit l'oeil intérieur.

[Référence : CICÉRON, L'Orateur, II, 8-9 :

Itaque et Phidiae simulacris, quibus nihil in illo genere perfectius uidemus, et eis picturis quas nominaui cogitare tamen possumus pulchriora; (9) nec uero ille artifex cum faceret Iouis formam aut Mineruae, contemplabatur aliquem e quo similitudinem duceret, sed ipsius in mente insidebat species pulchritudinis eximia quaedam, quam intuens in eaque defixus ad illius similitudinem artem et manum dirigebat.

Devant les statues de Phidias, qui effacent tout ce que nous connaissons en sculpture; devant les chefs-d'aeuvre du pinceau que j'ai cités, l'imagination s'élance encore au delà. Sans doute ce grand artiste, quand il travaillait à son Jupiter ou à sa Minerve, n'avait pas la nature vivante sous les yeux pour en tirer leur image. Mais il portait empreint dans sa pensée le caractère d'une beauté surnaturelle; et, tout entier à cet objet d'une contemplation intime, c'est à en reproduire les traits qu'il appliquait son art et son ciseau.]

Quintillien affirme que l'oeuvre de Phidias contribua à renforcer le sentiment religieux, la majesté de la statue égalant celle du dieu lui-même. Un poète affirma que le dieu avait dû quitter le ciel pour se révéler à Phidias, à moins que Phidias lui-même n'y fût monté pour l'aller voir. ..."

Maxime de Tyr (milieu du 2e siècle de notre ère) a fait de cette problématique l'objet de sa Dissertation n° 2 : Faut-il élever des statues aux Dieux ?

Nous avons présenté deux extraits de cette Disseration dans les Textes d'étude du Projet HELIOS : Fiche n° 32 :

[2,2] Ὥσπερ δέ, οἶμαι, τῷ κατὰ τὰς φωνὰς λόγῳ οὐδὲν δεῖ πρὸ0ς σύστασιν χαρακτήρων Φοινικίων τινῶν, ἢ Ἰωνικῶν, ἢ Ἀττικῶν, ἢ Ἀσσυρίων, ἢ Αἰγυπτίων, ἀλλ´ ἡ ἀνθρωπίνη ἀσθένεια ἐξεῦρεν σημεῖα ταῦτα, ἐν οἷς ἀποτιθεμένη τὴν αὑτῆς ἀμβλύτητα ἐξ αὐτῶν ἀναμάττεται τὴν αὖθις μνήμην· οὕτως ἀμέλει καὶ τῇ τοῦ θείου φύσει δεῖ μὲν οὐδὲν ἀγαλμάτων οὐδὲ ἱδρυμάτων, ἀλλὰ ἀσθενὲς ὂν κομιδῇ τὸ ἀνθρώπειον, καὶ διεστὸς τοῦ θείου ὅσον ‘οὐρανὸς γῆς,’ σημεῖα ταῦτα ἐμηχανήσατο, ἐν οἷς ἀποθήσεται τὰ τῶν θεῶν ὀνόματα καὶ τὰς φήμας αὐτῶν. Οἷς μὲν οὖν ἡ μνήμη ἔρρωται, καὶ δύνανται εὐθὺ τοῦ οὐρανοῦ ἀνατεινόμενοι τῇ ψυχῇ τῷ θείῳ ἐντυγχάνειν, οὐδὲν ἴσως δεῖ τούτοις ἀγαλμάτων· σπάνιον δὲ ἐν ἀνθρώποις τὸ τοιοῦτο γένος, καὶ οὐκ ἂν ἐντύχοις δήμῳ ἀθρόῳ τοῦ θείου μνήμονι, καὶ μὴ δεομένῳ τοιαύτης ἐπικουρίας· οἷον καὶ τοῖς παισὶν οἱ γραμματισταὶ μηχανῶνται ὑποχαράττοντες αὐτοῖς σημεῖα ἀμυδρά, οἷς ἐπάγοντες τὴν χειρουργίαν, ἐθίζονται τῇ μνήμῃ πρὸς τὴν τέχνην. Δοκοῦσιν δή μοι καὶ οἱ νομοθέται, καθάπέρ τινι παίδων ἀγέλῃ, ἐξευρεῖν τοῖς ἀνθρώποις ταυτὶ τὰ ἀγάλματα, σημεῖα τῆς πρὸς τὸ θεῖον τιμῆς, καὶ ὥσπερ χειραγωγίαν τινὰ καὶ ὁδὸν πρὸς ἀνάμνησιν.

[2,10] Ὁ μὲν γὰρ θεός, ὁ τῶν ὄντων πατὴρ καὶ δημιουργός, ὁ πρεσβύτερος μὲν ἡλίου, πρεσβύτερος δὲ οὐρανοῦ, κρείττων δὲ χρόνου καὶ αἰῶνος καὶ πάσης ῥεούσης φύσεως, ἀνώνυμος νομοθέτῃ, καὶ ἄρρητος φωνῇ, καὶ ἀόρατος ὀφθαλμοῖς· οὐκ ἔχοντες δὲ αὐτοῦ λαβεῖν τὴν οὐσίαν, ἐπερειδόμεθα φωναῖς, καὶ ὀνόμασιν, καὶ ζῴοις, καὶ τύποις χρυσοῦ καὶ ἐλέφαντος καὶ ἀργύρου, καὶ φυτοῖς, καὶ ποταμοῖς, καὶ κορυφαῖς, καὶ νάμασιν· ἐπιθυμοῦντες μὲν αὐτοῦ τῆς νοήσεως, ὑπὸ δὲ ἀσθενείας τὰ παρ´ ἡμῶν καλὰ τῇ ἐκείνου φύσει ἐπονομάζοντες· αὐτὸ ἐκεῖνο τὸ τῶν ἐρώντων πάθος, οἷς ἥδιστον εἰς μὲν θέαμα οἱ τῶν παιδικῶν τύποι, ἡδὺ δὲ εἰς ἀνάμνησιν καὶ λύρα, καὶ ἀκόντιον, καὶ θῶκος που, καὶ δρόμος, καὶ πᾶν ἁπλῶς τὸ ἐπεγεῖρον τὴν μνήμην τοῦ ἐρωμένου. Τί μοι τὸ λοιπὸν ἐξετάζειν καὶ νομοθετεῖν ὑπὲρ ἀγαλμάτων; Θεῖον ἴστω πᾶν γένος, ἴστω μόνον. Εἰ δὲ Ἕλληνας μὲν ἐπεγείρει πρὸς τὴν μνήμην τοῦ θεοῦ ἡ Φειδίου τέχνη, Αἰγυπτίους δὲ ἡ πρὸς τὰ ζῷα τιμή, καὶ ποταμὸς ἄλλους, καὶ πῦρ ἄλλους, οὐ νεμεσῶ τῆς διαφωνίας· ἴστωσαν μόνον, ἐράτωσαν μόνον, μνημονευέτωσαν.

[2,2] II. De même, à mon avis, qu'en ce qui concerne la parole et le langage nous n'avons nul besoin qu'il consiste en caractères, ou Phéniciens, ou Ioniens, ou Attiques, ou Assyriens, ou Égyptiens, et que tous ces signes ont été inventés par la faiblesse humaine, comme un supplément à l'imperfection de l'intelligence, et comme une ressource pour la mémoire; de même, sans doute, les Dieux n'ont nul besoin ni d'emblèmes, ni d'autels. Mais les hommes, dans l'excès de leur faiblesse, éloignés comme ils le sont des Dieux, autant que le ciel l'est de la terre, imaginèrent ce genre de signes auxquels ils imposèrent les noms des Dieux, et auxquels ils attachèrent ce qu'ils en disaient. Ceux donc qui ont de la vigueur dans l'intelligence, et qui peuvent faire prendre à leur âme un essor direct vers le ciel, et s'y aller mettre en commerce avec les Dieux, ceux-là peut-être peuvent se passer d'emblèmes. Mais le nombre en est assez rare parmi les hommes, et il serait impossible de trouver une nation entière qui eût la connaissance des Dieux, et à laquelle un tel secours ne fût point nécessaire. De même que ceux qui enseignent à lire aux enfants pratiquent certains artifices, comme de crayonner à leurs yeux les caractères dans une forme très défectueuse, pour leur donner lieu de rectifier eux-mêmes ces défectuosités, et s'imprimer par ce moyen dans la mémoire le souvenir de ces caractères; de même les législateurs, tout ainsi que s'ils avaient eu affaire à des troupeaux d'enfants, me paraissent avoir inventé pour les hommes ces représentations, ces images des Dieux, comme des signes du culte qui leur est dû, comme un moyen propre à conduire, à diriger vers ce souvenir.

[2,10] X. Car il est un DIEU, père et créateur de tout ce qui existe, plus ancien que le soleil, plus ancien que le firmament, antérieur aux temps, aux âges, et à toutes les générations qui en ont émané; législateur supérieur à toutes les lois, dont le langage des mortels ne peut pas plus énoncer le nom, que leurs yeux n'en peuvent contempler l'essence. Dans l'impuissance où nous sommes de nous faire une idée de sa nature, nous cherchons un appui dans les mots, dans les dénominations, dans les animaux, dans les images d'or, d'argent et d'ivoire, dans les plantes, dans les fleuves, dans les hauteurs des montagnes, dans les fontaines. Nous sommes avides de le connaître, mais la faiblesse de notre intelligence nous réduit à nous le représenter sous l'emblème du beau à nos yeux. Il en est comme de ce qu'on éprouve en amour. Ce qu'on voit avec le plus de plaisir est le portrait de l'objet qu'on aime. On se plaît encore à fixer ses regards sur la lyre dont il tirait de si agréables sons, sur la lance dont il s'armait avec tant de grâce, sur le siège où il venait se reposer, sur le lieu où il jouissait de la promenade; en un mot, sur tout ce qui peut en rappeler le souvenir. Que servirait donc d'aller plus avant et de nous ériger eu législateurs sur cette matière? Il suffit que l'entendement humain ait l'idée de DIEU. D'ailleurs, que le ciseau de Phidias soit employé chez les Grecs pour en retracer la mémoire, qu'en Égypte le culte qu'on rend aux animaux soit chargé de la même fonction, que chez certains peuples on adore un fleuve, chez d'autres le feu, qu'importe la différence ? Elle ne me choque pas. C'est assez pour moi que les nations sachent qu'il est des Dieux. Il suffit qu'elles les honorent. Il suffit qu'elles en conservent le souvenir.

Trad. : J. J. COMBES-DOUNOUS, Dissertations de Maxime de Tyr. Paris, Bossange, 1802

Pour en revenir à Phidias et à sa statue de Zeus, nous pouvons présenter ici encore l'une ou l'autre attestation glanée dans les banques de textes latins :

  • APULÉE, Du monde, ch. 32 :

    Phidian illum, quem fictorem probum fuisse tradit memoria, uidi ipse in clipeo Mineruae, quae arcibus Atheniensibus praesidet, oris sui similitudinem conligasse, ita ut, si quis olim artificis uoluisset exinde imaginem separare, soluta conpage simulacri totius incolumitas interiret. Ad hoc instar mundi salutem, tuetur deus, aptam et reuinctam sui numinis potestate.

    Le célèbre Phidias, que la renommée proclame le prince des sculpteurs, a retracé sa propre ressemblance (je l'ai vue de mes yeux) sur le bouclier de la Minerve qui préside à la citadelle d'Athènes ; et il l'a fait de telle sorte que si on voulait détacher ce portrait, tout serait désorganisé, et il n'y aurait plus de statue. C'est de la même manière que Dieu maintient la conservation du monde, dont il a combiné et rattaché entre elles les parties par sa toute-puissance.

  • VALÈRE MAXIME, Des faits et des paroles mémorables, lv. III, ch. 7, ext. 4 :

    Phidias quoque Homeri uersibus egregio dicto adlusit: simulacro enim Iouis Olympii perfecto, quo nullum praestantius aut admirabilius humanae fabricae manus, interrogatus ab amico quonam mentem suam dirigens uultum Iouis propemodum ex ipso caelo petitum eboris liniamentis esset amplexus, illis se uersibus quasi magistro usum respondit, g-Eh, g-kai g-kuaneehsin g-ep' g- ophrusi g-neuse h-Kroniohn. g-Ambrosiai g-d' g-ara g-chaitai g-eperrohsanto g-anaktos g-Kratos g-ap' g-athanatoio g-megan g-d' g-elelixen g-Olumpon.

    Phidias fit aussi de quelques vers d'Homère une excellente application. Quand il eut achevé la statue de Jupiter Olympien, la plus parfaite, la plus admirable qu'aient faite des mains humaines, un de ses amis lui demanda quel modèle il avait eu devant les yeux pour façonner dans l'ivoire une tête de Jupiter qui semblait avoir été prise au ciel. Il répondit qu'il avait pris pour guide les vers suivants : "Il dit et avec un mouvement de ses sombres sourcils le fils de Cronos inclina la tête. La chevelure divine du roi céleste s'agita sur sa tête immortelle et il fit trembler le grand Olympe."

  • LACTANCE, Des Institutions divines, lv. II, ch. 4 :

    Adorant ergo mortalia, ut a mortalibus facta. Frangi enim, cremari, perire possunt. Nam et tectis uetustate labentibus saepe comminui solent, et consumpta incendio dilabuntur in cinerem, et plerumque (nisi sua illis magnitudo subuenerit, aut custodia diligens sepserit) in praedam furibus cedunt. Quae igitur insania est, ea timere, pro quibus aut ruinae, aut ignes, aut furta timeantur? Quae uanitas, aliquam ab his sperare tutelam, quae tueri semetipsa non possunt? Quae peruersitas, ad eorum praesidia decurrere, quae ipsa, cum uiolantur, inulta sunt, nisi a colentibus uindicentur? Ubi ergo ueritas est? ubi nulla uis adhiberi potest Religioni; ubi nihil, quod uiolari possit, apparet; ubi sacrilegium fieri non potest. Quidquid autem oculis manibusque subiectum est, id uero, quia fragile est, ab omni ratione immortalitatis est alienum. Frustra igitur homines auro, ebore, gemnis deos excolunt et exornant; quasi uero ex his rebus ullam possint capere uoluptatem. Quis usus est pretiosorum munerum nihil sentientibus? an ille qui mortuis? Pari enim ratione defunctorum corpora, odoribus ac pretiosis uestibus illita et conuoluta, humi condunt, qua deos honorant, qui neque cum fierent, sentiebant, neque cum coluntur, sciunt; nec enim sensum consecratione sumpserunt. Non placebat Persio, quod aurea uasa templis inferantur, superuacuum putanti esse inter religiones, quod non sanctitatis, sed auaritiae sit instrumentum. Illa enim satius est Deo, quem recte colas, inferre pro munere. "Compositum ius, fasque animi, sanctosque recessus Mentis, et incoctum generoso pectus honesto." Egregie, sapienterque sensit. Verum illud ridicule subdidit: "hoc esse aurum in templis, quod sint, Veneri donatae a uirgine pupae"; quas ille ob minutiem fortasse contempserit. Non uidebat enim, simulacra ipsa et effigies deorum, Polycleti, et Euphranoris, et Phidiae manu ex auro atque ebore perfectas, nihil aliud esse quam grandes pupas, non a uirginibus, quarum lusibus uenia dari potest, sed a barbatis hominibus consecratas. Merito igitur etiam senum stultitiam Seneca deridet. "Non", inquit, "bis pueri sumus (ut uulgo dicitur); sed semper. Verum hoc interest, quod maiora nos ludimus". Ergo his ludicris, et ornatis, et grandibus pupis et unguenta, et thura, et odores inferunt: his opimas et pingues hostias immolant, quibus est quidem os, sed carens officio dentium: his peplos et indumenta pretiosa, quibus usus uelaminis nullus est: his aurum et argentum consecrant, quae tam non habent qui accipiunt, quam qui illa donarunt. Nec immerito Dionysius, Siciliae tyrannus, post uictoriam Graecia potitus, deos tales contempsit, spoliauit, illusit: siquidem sacrilegia sua iocularibus etiam dictis prosequebatur. Nam cum Ioui Olympio aureum amiculum detraxisset, laneum iussit imponi, dicens, aestate graue esse aureum, hyeme frigidum, laneum uero utrique tempori aptum.

    Les hommes adorent donc des ouvrages périssables de la main des hommes, des ouvrages que l'on peut rompre et brûler. Ils sont souvent brisés par la chute de la couverture des temples qui tombent en ruines; ils sont réduits en cendres par le feu, ou ils sont quelquefois enlevés par les voleurs, si ce n'est que la pesanteur de leur masse ou la vigilance des gardes les garantisse de cet outrage. Quelle folie de craindre des images pour lesquelles on craint, ou qu'elles ne soient brisées par la chute d'un bâtiment, ou consumées par le feu, ou enlevées par les voleurs ! Quelle extravagance d'attendre protection de ces images qui ne se sauraient sauver elles-mêmes! Quel désordre d'avoir recours à des figures que l'on outrage impunément, si ceux qui les adorent ne prennent le soin de les venger ! Où se trouve donc la vérité de la religion? Elle se trouve où la religion ne peut souffrir de violence, où l'impiété ne saurait commettre de sacrilége. Tout ce qui peut être ou vu ou touché est fragile, et partant ne saurait être l'objet de notre culte. C'est donc en vain que l'on fait des dieux d'ivoire, et qu'on les enrichit avec de l'or et des perles, comme s'ils pouvaient prendre quelque plaisir à ces ornements. De quoi ces parures peuvent-elles servir à des images qui n'ont point de sentiment? Les honneurs que l'on rend aux dieux sont semblables aux devoirs que l'on rend aux morts. On embaume les corps et on leur met de riches habits, avant de les enfermer dans les tombeaux. On pare de même les dieux qui n'ont aucun sentiment de ce que l'on prétend figuré pour les honorer. Perse ne trouvait pas bon que l'on mît des vases d'or dans les temples, et il fait voir qu'il est inutile d'employer, dans l'exercice de la religion, un métal qui est plus propre à exciter l'avarice qu'à entretenir la piété. Les présents qu'il veut que l'on offre à Dieu sont: "Un esprit rempli des sentiments de l'équité et de la justice, et un coeur brillant de l'amour de l'honnêteté et de la vertu". Il n'y a rien de plus raisonnable que ce sentiment; mais ce qu'il ajoute est ridicule, quand il dit que l'or tient le mème rang, dans les temples "Que les poupées que les filles donnent à Vénus, et que cette déesse méprise à cause de leur petitesse". Il ne songeait pas que les figures et les images des dieux faites d'or et d'ivoire par la main des Praxitèle, d'Euphranor ou de Phidias, ne sont autre chose que de grandes poupées consacrées, non en jouant par de jeunes filles à qui ce divertissement serait pardonnable, mais sérieusement par des hommes avancés en âge. Sénèque a raison de se moquer de la folie des vieillards, quand il dit : « Nous ne sommes pas deux fois enfants, comme on le dit communément, mais nous le sommes toujours. Toute la différence qu'il y a entre eux et nous, c'est que nous jouons plus grand jeu.» Quand les hommes ont paré les images, qui ne sont que de grandes poupées, ils leur offrent de l'encens, des parfums et des odeurs, et ils leur sacrifient de grasses victimes. Ces images ont une bouche, mais elle ne s'en peuvent servir pour manger. On leur présente des voiles et des habits dont elles n'ont aucun besoin. On leur donne de l'or et de l'argent, qu'elles ne possèdent non plus que ceux qui ne l'ont plus quand ils le leur ont donné. Quand Denys, tyran de Sicile, eut remporté une victoire qui le rendait maître de la Grèce, il eut raison de mépriser et de dépouiller les dieux, et d'ajouter la raillerie au sacrilège. Il fit enlever à Jupiter Olympien [la statue chryséléphantine de Phidias] un manteau d'or, et lui en fit donner un de laine, en disant que le manteau d'or était trop pesant en été, et trop froid en hiver, au lieu que celui de laine était plus propre en l'une et en l'autre des saisons. ...

Conclusion : l'appui TICE, réclamé en hauts lieux pour l'enseignement des langues et cultures de l'Antiquité, se porte à merveille avec les dossiers thématiques de MUSAGORA et les banques de textes des Projets ITINERA et HODOI ainsi que les contenus pédagogiques du Projet HELIOS !


2. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • JUSTIN (Saint), Apologie (I) en faveur des chrétiens
  • MAXIME de TYR, Disserations

Nouvelles étincelles glanées :

  • Si les princes et les peuples ne sont pas philosophes, il est impossible que les états soient heureux
  • Abraham, Héraclite et Socrate étaient des chrétiens !
  • A propos de Psaphon, un Libyen, qui voulait se faire passer pour un Dieu
  • Prométhée et le premier homme - L'âge d'or
  • Description de l'âge de fer
  • Le portrait de Diogène de Sinope, philosophe cynique
  • Orphée humanisait les hommes âpres et bruts
  • Athena et l'invention de la navigation
  • Si Dieu est l'auteur des biens, d'où viennent les maux ?


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Nonobstant les tâches de maintenance nombreuses à exécuter avant les congés, Christian RUELL a cependant réussi à constituer encore 6 nouveaux environnements hypertextes ... en laissant 4 autres, déjà préparés, pour l'après congés.

  • Justin (Saint, Apologie (I) en faveur des chrétiens, texte complet
  • Maxime de Tyr, Dissertations, n° XXVII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Maxime de Tyr, Dissertations, n° XXVIII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Maxime de Tyr, Dissertations, n° XXIX [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Maxime de Tyr, Dissertations, n° XXXVI [traduction française reprise au site

 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002