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Date :     11-07-2008

Sujets :
Fiches de lecture 18 ajouts; HODOI ELEKTRONIKAI et environnements hypertextes : 10 nouveaux environnements : Démosthène, Denys d'Halicarnasse (x 4), Synesius de Cyrène (x 5); Revue : HISTORIA, ROME au temps de Messaline, la scandaleuse;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • SYNESIUS de Cyrène, De la royauté, De la providence, Des songes, Dion ou le traité de sa vie, Éloge de la calvitie

Nouvelles étincelles glanées :

  • L'humble toit ne connaît pas de grande ruine
  • De la différence entre un roi et un tyran
  • Les sages Égyptiens donnent à Hermès deux faces
  • Un roi doit faire de ses soldats des compagnons
  • Quand voit-on prospérer les affaires de l'état ?
  • Empereur est le terme qui désigne un chef militaire, revêtu de pleins pouvoirs
  • Plaidoyer pour une armée nationale
  • Si uis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre)
  • Les fables sont la philosophie des enfants
  • De l'élection d'un roi en Égypte
  • Dans le grand drame du monde, les diverses destinées constituent autant de rôles à remplir
  • Les deux tonneaux de Jupiter : de l'un sortent les biens, de l'autre les maux
  • La divination par les songes est à la portée de tous
  • A propos d'hommes ermites
  • Les vertus sont comme un alphabet qu'il faut connaître
  • L'ignorance fait honte
  • Pythagore défend de rien changer aux livres dès qu'ils sont sortis de la main du copiste
  • Les Thermopyles, les Lacédémoniens et leur chevelure


2. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL tient ferme et maintient un cap dynamique : 10 nouveaux environnements ont été constitués :

  • Démosthène, Sur le traité avec Alexandre, discours complet [Texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre XVI (fragments; avec traduction anglaise reprise au site LACUS CURTIUS de Bill Thayer)
  • Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre XVII-XVIII (fragments; avec traduction anglaise reprise au site LACUS CURTIUS de Bill Thayer)
  • Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre XIX (fragments; avec traduction anglaise reprise au site LACUS CURTIUS de Bill Thayer)
  • Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre XX (fragments; avec traduction anglaise reprise au site LACUS CURTIUS de Bill Thayer)
  • Synesius de Cyrène (c. 373 - c. 414), Contre Andronicus, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Synesius de Cyrène (c. 373 - c. 414), Des songes, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Synesius de Cyrène (c. 373 - c. 414), Dion ou traité de sa vie, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Synesius de Cyrène (c. 373 - c. 414), LÉgyptien ou De la providence, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Synesius de Cyrène (c. 373 - c. 414), De la royauté, texte complet [Traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


3. Revue : Messaline, la scandaleuse :

La revue HISTORIA (A la lumière du passé le présent s'éclaire) publie, dans son numéro 739 de juillet 2008, aux pages 40 à 61, un dossier consacré à ROME au temps de Messaline, la scandaleuse.

Nous avons numérisé

Enseignement : Paul-Augustin DEPROOST, durant l'année académique 2008-2009, consacrera son Cours de bachelier et de master en langues et littératures anciennes à

TACITE, Les Annales : La tragédie de Messaline

Tout est (déjà) fin prêt et, surtout, disponible sur la Toile. Nous en profitons pour reprendre à l' Introduction générale au cours ce que P.-A. Deproost écrit à propos de la tragédie de Messaline :

"Les chapitres 26 à 38 du livre XI des Annales de Tacite racontent le dernier scandale de Messaline, l’épouse de l’empereur Claude. Pendant que Claude, retenu par des obligations religieuses, s’attarde à Ostie, elle décide de le « répudier » et d’épouser solennellement son amant, Silius, qui est le consul désigné pour cette année. Les affranchis impériaux, et Narcisse en particulier, qui joue dans ce récit un rôle prépondérant, se liguent contre elle et provoquent sa perte : elle sera finalement exécutée en 48 avec plusieurs de ses partisans. Sur le conseil de Pallas, devenu le plus puissant des affranchis, Claude épouse alors sa propre nièce, Agrippine, la mère de Néron qui sera adopté par Claude dès 50. Claude a un fils de Messaline, Britannicus, qu’Agrippine s’attache à supplanter pour assurer l’Empire à Néron. Cet épisode haut en couleur de la vie privée du prince est annoncé au chapitre 12, où Tacite décrit la violente passion de Messaline pour Silius ; il commence à proprement parler avec la dernière phrase du chapitre 25, qui sert de transition, mais qui constitue également une vision anticipée de l’avenir, car l’expression ut deinde ardesceret in nuptias incestas fait directement allusion au mariage prochain de Claude avec sa nièce Agrippine.

Ces treize chapitres constituent, dans la seconde partie du livre XI des Annales, un tout caractérisé, cohérent. L’ensemble s’ordonne autour de deux personnages-vedettes, Messaline et Narcisse, dont les passions, poussées à l’extrême, s’affrontent et ne permettent aucun compromis. Messaline était une jeune femme, belle et passionnée, qui trompa Claude abominablement ; elle ne devait pas avoir plus de 20 ans au moment des faits, et Claude était son premier mari. Elle descendait de Marc-Antoine, dont elle imita la vie désordonnée, sans en partager pour autant l’ambition : Messaline était une femme plus passionnée qu’ambitieuse. En même temps, ces quelques chapitres nous font connaître le monde pervers des grands affranchis de l’empire, pour lesquels Tacite éprouve un profond mépris ; l’enrichissement et la puissance politique de ces hommes nouveaux constituent assurément l’un des faits les plus importants du règne de Claude. Si Tacite condamne Messaline, c’est qu’elle ne sait pas aimer : elle confond l’amour avec la volupté ; elle veut jouir, et s’abandonne dès lors à tous les désordres de la passion. Or, elle est puissante auprès du prince qui est, lui aussi, libidineux, et qu’elle asservit par les sens : c’est donc la passion qui est au pouvoir, et cette situation indigne l’historien, tout autant que les manœuvres de délation de l’affranchi Narcisse. Dans ces pages, Tacite condamne non pas une personne, mais un système, une collectivité entièrement dominée par les passions. Ils sont tous responsables ensemble de ce qui se produit. Messaline connaît la disgrâce ; certes à juste titre, mais ceux qui l’abattent ne sont que ses anciens complices, parmi lesquels Narcisse, qui lui doit sa propre carrière. Un des mots qui revient tout au long de ce récit, comme un leitmotiv, est la « peur » ; Messaline a sans doute mérité la mort pour ses crimes, mais ce n’est pas de cela qu’elle meurt ; c’est de la lâcheté d’autrui. Dans cette affaire, la peur prend la place de la justice, elle la parodie, elle la bafoue, et Tacite condamne un système entièrement construit sur la terreur et le vice. Personne ne sort indemne de cette tragédie : Claude est aussi coupable par sa passivité et son aveuglement que Messaline qui a trahi l’empire par sa sensualité ; mais la plus grave erreur de ce régime est d’avoir laissé le pouvoir à des affranchis, des anciens esclaves qui ont fini par prendre le dessus sur la vieille aristocratie romaine ; accessoirement, celle-ci n’est pas non plus épargnée, mais, au moment de mourir, ses principaux représentants sauront montrer de la grandeur d’âme."

De notre côté, nous avons ouvert l'environnement hypertexte consacré au livre LX de l'Histoire romaine de Dion Cassius où les chapitres 18 et 31 sont (particulièrement) consacrés à Messaline.

Chapitre XVIII :

Μεσσαλῖνα δὲ ἐν τούτῳ αὐτή τε ἠσέλγαινε καὶ τὰς ἄλλας γυναῖκας ἀκολασταίνειν ὁμοίως ἠνάγκαζε, καὶ πολλάς γε καὶ ἐν αὐτῷ τῷ παλατίῳ, τῶν ἀνδρῶν παρόντων καὶ ὁρώντων, μοιχεύεσθαι ἐποίει. καὶ ἐκείνους μὲν καὶ ἐφίλει καὶ ἠγάπα, τιμαῖς τε καὶ ἀρχαῖς ἤγαλλε, τοὺς δ´ ἄλλους τοὺς μὴ συγκαθιέντας σφᾶς ἐς τοῦτο καὶ ἐμίσει καὶ πάντα τρόπον ἀπώλλυε. καὶ ταῦτα μέντοι τοιαῦτά τε ὄντα καὶ ἀναφανδὸν οὕτω γιγνόμενα τὸν Κλαύδιον ἐπὶ πλεῖστον ἔλαθεν· ἐκείνῳ τε γὰρ θεραπαινίδιά τινα συμπαρακατέκλινε, καὶ τούς τι δυναμένους οἱ μηνῦσαι τοὺς μὲν εὐεργεσίαις τοὺς δὲ καὶ τιμωρίαις προκατελάμβανεν, ὥσπερ καὶ τότε καὶ Κατώνιον Ἰοῦστον τοῦ τε δορυφορικοῦ ἄρχοντα καὶ δηλῶσαί τι αὐτῷ περὶ τούτων ἐθελήσαντα προδιέφθειρε. τήν τε Ἰουλίαν τὴν τοῦ Δρούσου μὲν τοῦ Τιβερίου παιδὸς θυγατέρα, τοῦ δὲ δὴ Νέρωνος τοῦ Γερμανικοῦ γυναῖκα γενομένην, ζηλοτυπήσασα ὥσπερ καὶ τὴν ἑτέραν, ἀπέσφαξε. καί τις ἐν τούτῳ τῶν ἱππέων, ὡς καὶ ἐπιβουλεύσας τῷ Κλαυδίῳ, κατὰ τοῦ Καπιτωλίου ὑπό τε τῶν δημάρχων καὶ τῶν ὑπάτων κατεκρημνίσθη.

Pendant ce temps, Messaline vivait dans le désordre, et contraignait les autres femmes à se livrer elles-mêmes à la débauche : plusieurs durent, à son instigation, commettre l'adultère dans le palais même, en présence et sous les yeux de leurs maris. Ceux-là, elle les aimait et les favorisait, elle les comblait d'honneurs et de dignités; ceux, au contraire, qui ne se prêtaient pas à ces débordements, elle les haïssait et elle les faisait périr. Ces désordres, si graves et si ouvertement commis, échappèrent longtemps à Claude : Messaline faisait coucher auprès de lui de jeunes servantes, et détournait, soit par des bienfaits, soit par des supplices, ceux qui auraient pu lui découvrir ses débauches, comme Justus Catonius, préfet des gardes prétoriennes, dont la mort prévint les révélations. Jalouse de Julie, fille de Drusus, fils de Tibère et femme de Germanicus Néron, elle la fit périr comme l'autre Julie. Dans ce même temps aussi, un chevalier, accusé d'avoir conspiré contre Claude, fut précipité du Capitole par les tribuns du peuple et par les consuls.

Chapitre XXXI :

ἡ Μεσσαλῖνα ὥσπερ οὐκ ἐξαρκοῦν οἱ ὅτι καὶ ἐμοιχεύετο καὶ ἐπορνεύετο (τά τε γὰρ ἄλλα αἰσχρῶς ἔπραττε, καὶ ἐπ´ οἰκήματος ἔστιν ὅτε ἐν τῷ παλατίῳ αὐτή τε ἐκαθέζετο καὶ τὰς ἄλλας τὰς πρώτας ἐκάθιζε), καὶ ἐπεθύμησε καὶ ἄνδρας, τοῦτο δὴ τὸ τοῦ λόγου, πολλοὺς ἔχειν. καὶ σύμπασιν ἂν τοῖς χρωμένοις αὐτῇ κατὰ συμβόλαια συνῴκησεν, εἰ μήπερ εὐθὺς ἐν τῷ πρώτῳ φωραθεῖσα ἀπώλετο. τέως μὲν γὰρ οἱ Καισάρειοι πάντες ὡμολόγουν αὐτῇ, καὶ οὐδὲν ὅ τι οὐκ ἀπὸ κοινῆς γνώμης ἐποίουν· ἐπεὶ δὲ τὸν Πολύβιον, καίτοι καὶ ἐκείνῳ πλησιάζουσα, καὶ διέβαλε καὶ ἀπέκτεινεν, οὐκέτι αὐτῇ ἐπίστευον, κἀκ τούτου ἐρημωθεῖσα τῆς παρ´ αὐτῶν εὐνοίας ἐφθάρη. τόν τε γὰρ Σίλιον τὸν Γάιον, τὸν τοῦ Σιλίου τοῦ ὑπὸ Τιβερίου σφαγέντος υἱόν, ἄνδρα ἐπεγράψατο, καὶ τούς τε γάμους πολυτελῶς εἱστίασε καὶ οἰκίαν αὐτῷ βασιλικὴν ἐχαρίσατο, πάντα τὰ τιμιώτατα τῶν τοῦ Κλαυδίου κειμηλίων συμφορήσασα ἐς αὐτήν, καὶ τέλος ὕπατον αὐτὸν ἀπέφηνε. ταῦτ´ οὖν πρότερον μὲν καὶ ὑπὸ πάντων τῶν ἄλλων ἀκουόμενα καὶ ὁρώμενα τὸν γοῦν Κλαύδιον ἐλάνθανεν· ὡς δ´ οὗτός τε ἐς τὰ Ὤστια πρὸς ἐπίσκεψιν σίτου κατέβη, καὶ ἐκείνη ἐν τῇ Ῥώμῃ, πρόφασιν ὡς καὶ νοσοῦσα, ὑπελείφθη, συμπόσιόν τέ τι περιβόητον συνεκρότησε καὶ κῶμον ἀσελγέστατον ἐκώμασεν, ἐνταῦθα ὁ Νάρκισσος μονωθέντι τῷ Κλαυδίῳ μηνύει διὰ τῶν παλλακῶν αὐτοῦ πάντα τὰ γιγνόμενα. καὶ ἐκφοβήσας αὐτὸν ὡς καὶ τῆς Μεσσαλίνης ἐκεῖνόν τε ἀποκτενεῖν καὶ τὸν Σίλιον ἐς τὴν ἀρχὴν ἀντικαθιστάναι μελλούσης, ἀνέπεισε συλλαβεῖν τινας καὶ βασανίσαι. ἅμα τε τοῦτ´ ἐγίγνετο καὶ αὐτὸς ἐς τὴν πόλιν ἠπείχθη, καὶ ὥσπερ εἶχεν ἐσελθὼν ἄλλους τε πολλοὺς καὶ τὸν Μνηστῆρα ἐθανάτωσε, καὶ μετὰ τοῦτο καὶ αὐτὴν τὴν Μεσσαλῖναν ἐς τοὺς τοῦ Ἀσιατικοῦ κήπους, δι´ οὕσπερ οὐχ ἥκιστα ἀπωλώλει, ἀναχωρήσασαν ἀπέσφαξεν. καὶ μετ´ ὀλίγον τὴν ἀδελφιδῆν Ἀγριππῖναν ἔγημε, τὴν τοῦ Δομιτίου τοῦ Νέρωνος ἐπονομασθέντος μητέρα· καὶ γὰρ καλὴ ἦν καὶ συνεχῶς αὐτῷ προσεφοίτα, μόνη τε ὡς καὶ θείῳ συνεγίγνετο, καὶ τρυφερώτερον ἢ κατ´ ἀδελφιδῆν προσεφέρετο. ὅτι ὁ Σιλανὸς ἀνὴρ ἀγαθὸς ἐνομίζετο, καὶ ὑπὸ τοῦ Κλαυδίου οὕτως ἐτιμᾶτο ὥστε καὶ ἐπινικίους τιμὰς ἐν παισὶ λαβεῖν, τήν τε θυγατέρα αὐτοῦ Ὀκταουίαν ἐγγυήσασθαι, καὶ πολὺ πρὸ τοῦ καθήκοντος χρόνου στρατηγῆσαι, τήν τε πανήγυριν τὴν προσήκουσαν αὐτῷ τοῖς ἐκείνου τέλεσιν ποιῆσαι, καὶ ἐν αὐτῇ τὸν Κλαύδιον καὶ αἰτῆσαί τινα παρ´ αὐτοῦ ὥσπερ τινὰ στασιάρχην, καὶ ἐκβοῆσαι πάνθ´ ὅσα τοὺς ἄλλους βουλομένους ἑώρα. ὅτι οὕτω ταῖς γυναιξὶν ὁ Κλαύδιος ἐδεδούλωτο ὥστ´ ἀμφοτέρους τοὺς γαμ βροὺς δι´ αὐτὰς ἀποκτεῖναι.

Messaline, comme s'il ne lui eût pas suffi d'être adultère et courtisane (elle allait jusqu'à se prostituer elle-même et à prostituer, dans le palais, d'autres femmes du premier rang), voulut encore, comme dit le proverbe, avoir plusieurs maris. {Peut-être eut-elle contracté mariage avec tous ceux qui avaient commerce avec elle, si elle n'eût, surprise dès le premier, été punie de mort aussitôt. Tous les Césariens, en effet, jusque-là parlaient comme elle, et rien ne se faisait que d'un commun accord; mais quand elle eut, malgré ses accointances avec lui, accusé et fait périr Polybe, ils n'eurent plus confiance en elle ; ainsi abandonnée d'eux, elle succomba.} Elle prit pour mari C. Silius, {fils de ce Silius qui avait été égorgé par Tibère}, célébra ses noces par des festins somptueux, donna à ce nouvel époux une demeure princière, où elle fit transporter les meubles les plus précieux de Claude, et enfin le nomma consul. Or, ces scandales qui, {déjà auparavant}, étaient venus aux oreilles et aux yeux de tous {les autres], étaient ignorés de Claude. Mais, dans le temps qu'il était descendu à Ostie pour veiller à l'apport des blés, tandis que Messaline, sous prétexte d'indisposition, était restée à Rome où elle célébra un festin fameux et se livra à l'orgie la plus effrénée, Narcisse profita de cet isolement de Claude pour lui découvrir, par l'entremise de ses concubines, tout ce qui se passait. {Puis, l'effrayant de l'idée que Messaline allait le tuer et mettre Silius à sa place, il le décida à se saisir de plusieurs personnes et à leur donner la question.} Par suite de ces révélations, Claude revint en hâte à Rome, et, à peine arrivé, livra au supplice un grand nombre de citoyens, entre autres Mnester, et fit mourir Messaline elle-même, {retirée dans les jardins d'Asiaticus, jardins qui n'avaient pas peu contribué à la perte de leur maître}. Peu après, il épousa sa nièce Agrippine, mère de Domitius surnommé Néron: elle était belle, visitait souvent l'empereur, s'entretenait en particulier avec lui, en sa qualité d'oncle et se conduisait à son égard d'une façon trop tendre pour une nièce. {Silanus avait la réputation d'homme de bien, et Claude l'estimait si fort, qu'il le décora, encore enfant, des ornements triomphaux, lui fiança sa fille Octavie, le nomma préteur bien avant le temps fixé par les lois, fit les frais des jeux que Silanus devait donner, jeux pendant lesquels il vint lui-même, comme un chef de parti, lui demander une permission, et ordonna à haute voix tout ce qu'il s'apercevait que le peuple désirait. Mais Claude fut tellement esclave de ses femmes, que, pour elles, il tua ses deux gendres.}


Jean Schumacher
11 juillet 2008


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002