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Date :     16-05-2008

Sujets :
Fiches de lecture : 10 ajouts; Lecture : La domus rostra de Pompée (Robert HARRIS); Dossier : Carthage. La Cité qui fit trembler Rome. (Les Cahiers de Science&Vie); ITINERA ELECTRONICA & 5 nouveaux environnements hypertextes : Aelius Lampridius, Apocryphes (x 2), H. Kraemer-J.Sprenger, Pline l'Ancien;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> LATIN :
  • AELIUS LAMPRIDIUS, Vie de Héliogabale
  • Heinrich KRAEMER - Jakob SPRENGER, Malleus Maleficarum, I, 1, Quaestio VI
  • PLINE l'Ancien, Histoire naturelle, livre XXX

  • ==> GREC :
  • ARISTOTE, La grande morale, livre I
  • STRABON, Geographica, livres IX et X

Nouvelles étincelles glanées :

  • A propos du saut de Leucate comme remède à la passion
  • L'homme qui recherche sa femme à contre-courant
  • Tous les royaumes du monde ont été bouleversés à cause des femmes
  • La femme est une chimère
  • Les Romains et les exercices de l'esprit
  • La magie repose sur trois arts : la médecine, la religion et l'astrologie
  • Les édits du Sénat Semiamirique (ou Sénat des femmes)
  • Aristote : Le bonheur est le bien final et la fin de la vie
  • Acquittée, après avoir administré un philtre d'amour ... fatal !
  • A propos de la loi du talion


2. Lecture :

Livre : Robert HARRIS, Imperium
Traduit de l'anglais par Natalie ZIMMERMANN
Paris, Plon Pocket n° 13387, 2006, 467 pp.

Extrait : pp. 401-402 :

"... Je [Tiron] l' [Cicéron] admirais beaucoup à l'époque, car il devait savoir qu'il avait tout contre lui, et que la logique voulait qu'il perde. La prédiction de Pison au sujet de Pompée s'était complètement avérée, et le grand homme n'avait pas levé le petit doigt pour assister Cicéron pendant la campagne.

Il s'était installé à Amisus, sur la rive orientale de la mer Noire – ce qui est à peu près aussi loin de Rome qu'on peut l'être – et, là, comme certains grands potentats orientaux, il recevait hommage de pas moins de douze rois indigènes. La Syrie avait été annexée. Mithridate était en pleine débandade.

La maison de Pompée, sur l'Esquilin, avait été décorée avec les proues de cinquante trirèmes pirates et on la surnommait maintenant la domus rostra – sorte de mausolée pour ses admirateurs venus de toute l'Italie. Qu'avait à faire Pompée des luttes minuscules de simples civils ? Les lettres que lui envoya Cicéron restèrent sans réponse. Quintus fulminait contre une telle ingratitude, mais Cicéron se montrait fataliste :
— Si c'est de la gratitude que tu veux, prends un chien. ..."

Référence littéraire : CICÉRON, Philippiques, II, 27-28 :

[2,27] XXVII. In eius igitur uiri copias cum se subito ingurgitasset, exsultabat gaudio persona de mimo modo egens, repente diues. Sed, ut est apud poetam nescio quem, 'Male parta male dilabuntur.' (66) Incredibile ac simile portenti est, quonam modo illa tam multa quam paucis non dico mensibus, sed diebus effuderit. Maximus uini numerus fuit, permagnum optimi pondus argenti, pretiosa uestis, multa et lauta supellex et magnifica multis locis non illa quidem luxuriosi hominis, sed tamen abundantis. Horum paucis diebus nihil erat. (67) Quae Charybdis tam uorax? Charybdim dico, quae si fuit, animal unum fuit; Oceanus medius fidius uix uidetur tot res tam dissipatas, tam distantibus in locis positas tam cito absorbere potuisse. Nihil erat clausum, nihil obsignatum, nihil scriptum. Apothecae totae nequissimis hominibus condonabantur; alia mimi rapiebant, alia mimae; domus erat aleatoribus referta, plena ebriorum; totos dies potabatur, atque id locis pluribus; suggerabantur etiam saepe (non enim semper iste felix) damna aleatoria; conchyliatis Cn- Pompei peristromatis seruorum in cellis lectos stratos uideres. Quam ob rem desinite mirari haec tam celeriter esse consumpta. Non modo unius patrimonium quamuis amplum, ut illud fuit, sed urbis et regna celeriter tanta nequitia deuorare potuisset. At idem aedis etiam et hortos. (68) O audaciam immanem! tu etiam ingredi illam domum ausus es, tu illud sanctissimum limen intrare, tu illarum aedium dis penatibus os impurissimum ostendere? Quam domum aliquamdiu nemo adspicere poterat, nemo sine lacrimis praeterire, hac te in domo tam diu deuersari non pudet, in qua, quamuis nihil sapias, tamen nihil tibi potest esse iucundum?

[2,28] XXVIII. An tu, illa uestibulo rostra (spolia) cum adspexisti, domum tuam te introire putas? Fieri non potest. Quamuis enim sine mente, sine sensu sis, ut es, tamen et te et tua et tuos nosti. Nec uero te umquam neque uigilantem neque in somnis credo posse mente consistere. Necesse est, quamuis sis, ut es, uinulentus et furens, cum tibi obiecta sit species singularis uiri, perterritum te de somno excitari, furere etiam saepe uigilantem. (69) Me quidem miseret parietum ipsorum atque tectorum. Quid enim umquam domus illa uiderat nisi pudicum, quid nisi ex optimo more et sanctissima disciplina? Fuit enim ille uir, patres conscripti, sicuti scitis, cum foris clarus, tum domi admirandus neque rebus externis magis laudandus quam institutis domesticis. Huius in sedibus pro cubiculis stabula, pro conclauibus popinae sunt. Etsi iam negat. Nolite quaerere; frugi factus est; mimulam suam suas res sibi habere iussit, ex duodecim tabulis clauis ademit, exegit. Quam porro spectatus ciuis, quam probatus! Cuius ex omni uita nihil est honestius, quam quod cum mima fecit diuortium. (70) At quam crebro usurpat: 'Et consul et Antonius'! hoc est dicere: et consul et impudicissimus, et consul et homo nequissimus. Quid est enim aliud Antonius? Nam, si dignitas significaretur in nomine, dixisset, credo, aliquando auus tuus se et consulem et Antonium. Numquam dixit. Dixisset etiam conlega meus, patruus tuus, nisi si tu es solus Antonius. Sed omitto ea peccata, quae non sunt earum partium propria, quibus tu rem publicam uexauisti; ad ipsas tuas partis redeo, id est ad ciuile bellum, quod natum, conflatum, susceptum opera tua est.

Trad. :

[2,27] XXVII. Dès qu'il [Marc Antoine] eut englouti les biens de ce grand homme [Pompée] , il se livra à tous les excès de la joie, en vrai personnage de comédie, qui passe brusquement de la misère à l'opulence. Mais, comme a dit je ne sais quel poëte : "Bien mal acquis tourne toujours à mal". C'est un fait incroyable et qui tient du prodige, qu'il ait pu dissiper tant de richesses, je ne dis pas en si peu de mois, mais en si peu de jours. Immense quantité de vin, service des plus complets de bonne argenterie, étoffes précieuses, ameublements nombreux et magnifiques, en un mot, tout ce qui constitue le mobilier, je ne dis pas d'un ami du luxe, mais d'un homme opulent, en quelques jours tout avait disparu.

Quelle Charybde aussi vorace? que dis-je? Charybde, si elle a existé, n'était qu'un seul monstre. Certes, l'Océan pourrait à peine engloutir aussi rapidement tant de richesses éparses en des lieux si divers. Rien n'était ni fermé, ni scellé, ni enregistré. Les celliers entiers étaient livrés à des misérables; les comédiens enlevaient une chose, les comédiennes une autre. La maison était remplie de joueurs, elle regorgeait de gens ivres. Des jours entiers se passaient à boire, et cela dans plusieurs lieux à la fois. Souvent même on y remplaçait les pertes d'Antoine au jeu par des effets précieux; car il n'est pas toujours en veine. Vous eussiez vu les tapis de pourpre de Cn. Pommée couvrir les lits dans les loges des esclaves. Cessez donc de vous étonner que tant d'effets précieux aient été si promptement dissipés. Non seulement le patrimoine d'un seul homme, quelque riche qu'il fût, comme l'était celui de Pompée; mais jusqu'à des villes et des royaumes entiers auraient pu être promptement dévorés par une dilapidation si effrénée.

Et les bâtiments et les jardins! O comble d'impudence! Vous avez osé même entrer dans la maison de Pompée, franchir ce seuil vénérable, offrir aux pénates de ce palais votre aspect impur ! Une maison que personne ne pouvait regarder, devant laquelle personne ne pouvait passer sans verser des larmes, vous ne rougissez pas d'y séjourner depuis si longtemps! Cette habitation, quelle que soit votre absence de raison, n'a pourtant rien qui puisse vous en rendre le séjour agréable.

[2,28] XXVIII. Eh quoi! à la vue de ce vestibule décoré d'éperons de vaisseaux et de dépouilles ennemies, croyez-vous entrer dans votre maison? Cela ne se peut. Tout dépourvu que vous êtes de sens et d'âme, vous connaissez pourtant, vous, vos actes et vos complices. Non, je ne saurais croire que, soit dans la veille, soit dans le sommeil, vous puissiez jamais retrouver le calme de votre esprit. Il faut, quels que soient vos emportements et vos fureurs, que lorsque se présente à vous l'image de ce grand homme, la terreur vous arrache au sommeil, le délire s'empare de vous lors même que vous ne dormez pas. Pour moi, les murs eux-mêmes et les toits excitent ma pitié. En effet, qu'avait jamais vu cette maison qui ne fût chaste, qui ne fût conforme aux bonnes moeurs et aux principes de la sagesse la plus pure?

Ce grand homme, vous le savez, Pères conscrits, si illustre au dehors, fut aussi admirable dans son intérieur; et il ne fut pas moins digne d'estime comme particulier que comme homme public. Et dans une telle habitation, chaque chambre à coucher est un lieu de prostitution, chaque salle à manger, un cabaret! il dit que cela n'est plus : daignez, oui, daignez l'en croire. Il s'est fait homme de bien : il a signifié à sa comédienne de reprendre ses effets, aux termes de la loi des Douze-Tables : il lui a ôté les clefs, il l'a mise dehors. Quel citoyen respectable, qu'il est digne d'éloges ! l'action la plus honnête de sa vie est son divorce avec une comédienne!

Avec quelle affectation il répète sans cesse : "Moi, consul, et Antoine"; c'est-à-dire moi, consul, et très impudique; moi, consul, et le plus dépravé des hommes : car Antoine est-il autre chose? Or, si quelque idée de dignité s'attachait à ce nain, votre aïeul, je pense, aurait dit quelquefois : "Moi, consul, et Antoine". Il ne l'a jamais dit. Autant en aurait dit votre oncle, mon collègue. Peut-ëtre prétendez-vous être le seul Antoine. Mais enfin je vous passe ces peccadilles qui n'ont aucun rapport avec les méfaits par lesquels vous avez causé le malheur de la république. Je reviens à ce qui vous appartient en propre, c'est-à-dire à la guerre civile, dont la naissance, les préparatifs et l'entreprise sont votre ouvrage. ..."


3. Dossier :

Les Cahiers de Science&Vie consacrent le n° 104 (avril-mai 2008) à CARTHAGE. La Cité qui fit trembler Rome.

Sous-titres : Les guerres puniques premières guerres mondiales de l'humanité? ; Carthage et sa culture dans la Tunisie d'aujourd'hui; Hannibal, un stratège de génie; Les techniques militaires mises en oeuvre.

Nous avons numérisé au format PDF :

Les banques et bases de données des Projets ITINERA ELECTRONICA et HODOI ELEKTRONIKAI renferment les sources littéraires relatives à Carthage et aux Guerres Puniques.

En ce qui concerne l'Enseignement, de nombreux cours, leçons ou séquences d'apprentissage portent sur des sujets en rapport avec Carthage :

Enfin, l'interrogation des Fiches de lecture, avec, comme critère, "Hannibal", produit 11 résultats provenant de 5 auteurs différents : Justin, Juvénal, Pétrarque, Plutarque et Tite-Live.

Parmi ces fiches, la fameuse citation Tu sais vaincre, Hannibal mais tu ne sais pas profiter de la victoire :

TITE-LIVE, Histoire romaine, XXII, 51 :

Hannibali uictori cum ceteri circumfusi gratularentur suaderentque ut, tanto perfunctus bello, diei quod reliquum esset noctisque insequentis quietem et ipse sibi sumeret et fessis daret militibus, Maharbal praefectus equitum, minime cessandum ratus, "immo ut quid hac pugna sit actum scias, die quinto" inquit, "uictor in Capitolio epulaberis. Sequere; cum equite, ut prius uenisse quam uenturum sciant, praecedam." Hannibali nimis laeta res est uisa maiorque quam ut eam statim capere animo posset. Itaque uoluntatem se laudare Maharbalis ait; ad consilium pensandum temporis opus esse. Tum Maharbal: "non omnia nimirum eidem di dedere. Vincere scis, Hannibal; uictoria uti nescis." mora eius diei satis creditur saluti fuisse urbi atque imperio.

Alors que tous les chefs carthaginois, entourant Hannibal victorieux, le félicitaient, et lui conseillaient, après avoir terminé une guerre si importante, de prendre, pendant le reste du jour et la nuit suivante, du repos pour lui-même et d'en donner à ses soldats fatigués, Maharbal, commandant de la cavalerie, pensant qu'il ne fallait pas tarder un instant, lui dit : "Ah ! sache plutôt ce que te vaut cette bataille ! Dans quatre jours, vainqueur, tu dîneras au Capitole. Suis-moi ; avec les cavaliers, de façon qu'on apprenne mon arrivée avant de la savoir prochaine, je te précéderai." Hannibal trouva ce dessein trop beau et trop grand pour pouvoir l'adopter aussitôt. Aussi dit-il à Maharbal qu'il louait son intention, mais qu'il fallait du temps pour peser son conseil. Alors Maharbal : "Les dieux - ce n'est pas étonnant --- n'ont pas tout donné au même homme ; tu sais vaincre, Hannibal ; tu ne sais pas profiter de la victoire." On croit bien que ce retard d'un jour sauva Rome et l'empire.


4. ITINERA ELECTRONICA :

Christian RUELL est retourné à la cuisine latine : 5 environnements hypertextes nouveaux ont été préparés :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
16 mai 2008


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002