Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     09-05-2008

Sujets :
Fiches de lecture : 11 ajouts; Lecture : A propos de la sorcellerie antique (Guy BECHTEL); HODOI ELEKTRONIKAI : 9 nouveaux environnements hypertextes : Clément d'Alexandrie, Hermès Trismégiste, Plutarque (x 7); Statistiques de consultation - avril 2008;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • CLÉMENT d'ALEXANDRIE, Quel riche peut être sauvé ?
  • PLUTARQUE, Oeuvres morales : Apophthegmes des Lacédémoniens
  • STRABON, Geographica, X-2

Nouvelles étincelles glanées :

  • Eudamidas : Thébains, vous êtes les seuls qu'Alexandre craigne
  • Cléomène et le sophiste
  • Léothychidas et le prêtre d'Orphée
  • Lycurgue et les deux chiens
  • A Sparte les jeunes filles se marient sans dot
  • Les femmes Spartiates et le voile
  • Un vieillard : Les Grecs savent ce qui est honnête, les Spartiates le pratiquent
  • L'Ionienne et l'étoffe versus la Lacédémoniennne et ses fils
  • Comment faut-il lire et comprendre les Écritures ?
  • Est-ce un crime d'être riche ?
  • A propos du saut de Leucate comme remède à la passion


2. Lecture : A propos de la sorcellerie antique :

Livre : Guy BECHTEL, La sorcière et l'Occident
La destruction de la sorcellerie en Europe : des origines aux grands bûchers.
Paris, Plon, 1997, 733 pp.

Extrait : pp. 18-20 :

"La mythologie d'Athènes est très tôt encombrée de cette même magie. Dans Homère, Euripide et bien d'autres auteurs, les magiciennes sont présentes dès le début de l'histoire grecque. Circé, qu'on voit dans l'Odyssée, use, si l'on peut dire, de tous ses charmes pour séduire les hommes. Elle est la séduction non seulement amoureuse mais magique. On ne peut lui résister. Elle sait fabriquer et offrir le breuvage qui donne l'oubli. Elle connaît le chemin des enfers. Grande praticienne du sortilège, elle est capable de transformer n'importe quel homme en animal d'un simple coup de baguette, et notamment les compagnons d'Ulysse en porcs, chiens, lions.

Par ailleurs, Circé a une nièce, Médée, femme jalouse et presque magicienne. Elle ramasse les herbes magiques, qu'elle moissonne « d'une faux enchantée ». Elle sauve Jason, l'élu de son coeur, en lui procurant une potion magique qui le rend insensible aux flammes sor- tant de la bouche des monstres d'Héphaïstos. Elle endort le dragon qui garde la Toison d'or, s'empare de ce trésor et le remet à Jason. En d'autres temps, elle fait subir une cure radicale de jouvence à un vieux bélier, en le découpant en morceaux qu'elle plonge dans une marmite d'eau bouillante. Il en sort un agneau, et elle persuade les filles de Pélias de démembrer leur père de la même façon, une expé- rience dont ce pauvre homme ne se relèvera pas. Médée est capable de tout. Euripide lui fait dire : « Si la nature nous fit, nous autres femmes, incapables du bien, pour le mal il n'est pas d'artisans plus experts. » Son mythe fut l'un des premiers à identifier la femme et les puissances du Mal. Dans l'oeuvre homérique, bien d'autres femmes possèdent des pouvoirs que les hommes n'ont pas. Hélène use de drogues pour calmer Télémaque ; Calypso, fille d'Atlas et nymphe de l'île d'Ogygie, sait assez enchanter Ulysse pour le retenir dix ans.

La Lune est la première divinité maîtresse des sorts. On la retrouve dans la mythologie gréco-romaine sous divers noms. Elle est Hécate, dont Médée et Circé peuvent se dire les filles, au moins les descendantes. Elle règne très officiellement sur la sorcellerie ancienne, puisqu'elle détient les secrets de la vie et est la souveraine de l'art des morts. Cette insaisissable divinité, qu'elle soit Diane chez Horace, Artémis à Athènes, Séléné chez Théocrite, est la mère de toutes les magiciennes de l'Antiquité classique.

Un véritable culte finit par s'adresser à cette Hécate, notamment en Thessalie, l'éternelle terre des sorcières, et on la fit présider à de nombreuses cérémonies magiques ; on lui éleva même des statues (hécatées) et des autels aux carrefours voisins de tombeaux ou sur les lieux d'un crime. Accompagnée des Érinyes, Hécate était supposée venir se livrer là à des opérations de divination. Les peupliers noirs étaient consacrés à cette déesse, maîtresse de l'ombre, incarnant les trois phases de la lune et terrorisant le monde par les cauchemars et les fantômes qu'elle envoyait.

La première sorcellerie antique ne se réduit pas à ces déesses, même si la liaison magie-femme fut dès cette époque déterminante. Des dieux mâles, si l'on peut dire, eux aussi apparaissent comme sorciers dans les grands textes. Pour comprendre ce mélange de divinité et de puissance du Mal, il ne faut jamais oublier qu'il n'existe pas à proprement parler de « religion grecque » ou de « religion romaine », au sens où l'on peut parler de religion catholique. Les religions antiques, ou ce que nous appelons aujourd'hui ainsi, ne se présentent en effet jamais comme un corpus fixe et autoritaire de dogmes et rites centrés sur des dieux supposés parfaits.

Les dieux latins et grecs, dont la liste est d'ailleurs extensible selon les époques, faisaient partie de la vie courante, comme des mythes vivants auxquels on accordait d'ailleurs plus ou moins foi. Ils n'avaient en rien à être des parangons de vertu pour l'édification des fidèles et pouvaient eux-mêmes éventuellement incarner la magie, au moins user de magie, voire se conduire comme n'importe quel sorcier. Asclépios, par exemple, tient d'Athéna un don de ressusciter les morts, et aussi le pouvoir de certaines herbes magiques comme le gui. Héphaïstos, le dieu boiteux du feu et des forges, est certainement magicien. La baguette d'Hermès endort tout ce qu'elle touche. Avec les nouveaux dieux venus d'Orient, rapportés par les guerres médiques, les dieux existants deviennent plus maléfiques. D'autres naissent alors, se multiplient, qui ne sont pas spécialement bons. Ce sont des dieux qui ont pour la plupart des rapports avec le monde infernal, quand la religion classique glisse de plus en plus vers l'irrationnel.

A Rome comme à Athènes, on vénéra ainsi Isis, Mithra ou Dionysos. Le culte de ce dernier, supposé lui-même rendu fou par un maléfice d'Héra, s'établit à Athènes dès le IVe siècle avant J.-C. Il change ensuite peu à peu. Sous divers noms, Dionysos entraîne des fêtes de plus en plus folles, décrites par Euripide, où l'on boit des breuvages sacrés, on s'agite, on danse, on se forme en cortèges déments, avec mascarades populaires, gens attifés de peaux de boucs, incantations magiques, délire public, évasion par l'illumination intérieure, et de larges libations alcooliques.

Le culte d'Isis, guérisseuse détenant le secret de la vie et de la mort, sa tête de vache coiffée d'un vautour, déborda l'Égypte, s'étendit en Grèce au IVe siècle et à Rome au IIIe avant J.-C., où il se mélangea à plusieurs autres, comme celui de Séléné ou d'Astarté. Celle-ci, toujours de la même famille lunaire, venue de Phénicie, Palestine et Syrie mais assimilée à Aphrodite et Vénus, sait le chemin des enfers. Son culte comprend des rites sanguinaires avec sacrifices humains, holocaustes d'enfants, pendaisons, crucifixions.

Les Bacchantes, originellement prêtresses de la Lune, s'approprient le culte de Dionysos et, sous le nom de Ménades, sont des magiciennes séductrices portant des serpents enroulés autour des bras et se prosternant devant la statue d'Hécate en exécutant des danses lascives. Elles appellent Dionysos « au double sexe et à face de taureau » ; il s'agit du Baphomet, aspect infernal du Dieu qu'on retrouvera dans certains procès de sorcellerie au XIVe siècle. En 186 avant J.-C. déjà, il faut interdire ces fêtes, les Bacchanales, où cultes et superstitions finissent non seulement par troubler l'ordre public, mais par constituer des charlataneries ouvertes, que doit réprimer la loi. Mithra, divinité perse et mazdéiste, présida autant de rites mystérieux centrés sur l'immolation d'un taureau, chez les Grecs d'Asie d'abord, puis à Athènes, enfin à Rome.

Dans une première approche, les grandes civilisations antiques, épurées de leurs scories dans nos manuels d'histoire, nous paraissent déborder d'idées claires et simples, de luminosité méditerranéenne. C'est oublier que toute civilisation porte un inconscient, des rêves obscurs et, plus encore, qu'elle peut être attirée par les mystères de ses voisins. C'est ce qui arriva au monde gréco-romain. A partir d'une certaine époque, des cultes orientaux font recette à Rome comme à Athènes, et attirent à la fois religieux et superstitieux.

Comment l'homme de la rue, même sans tout comprendre, ne suivrait-il pas d'aussi illustres exemples ? Pour reprendre une phrase à peine simplificatrice de Michelet, «le paganisme grec commence par la sibylle, finit par la sorcière». Dans les premiers siècles de notre ère, les liens très puissants avec le Proche-Orient et avec l'Égypte diabolisèrent le vieux fond grec de magies et le firent évoluer vers la sorcellerie. ..."

Guy BECHTEL, p. 15, dit ceci :

"Le sortilegus n'est qu'un vulgaire devin au premier siècle avant Jésus-Christ. C'est un redoutable sorcier quand, au VIe siècle, le pape Grégoir Ier en parle, ou quand on trouve le mot sous la plume de Césaire , évèque d'Arles. ..."

C'est ce qui nous a incité à interroger le fonds de littérature latine faisant partie des ITINERA ELECTRONICA.

Instrument de recherche utilisé : le Dictionnaire des formes, module Recherche par ordre alphabétique des formes et interrogation sur la lettre "S".

Résultat : SORTILEGUS est attesté sous 4 formes différentes : sortilegas, sortilegia, sortilegis, sortilegos.

Nous avons déroulé ces attestations et nous les avions copié, via MS FRONTPAGE, dans un fichier appellé sortilegus.htm . De cette manière, les liens hypertextes vers les contextes, d'abord, vers les extraits, ensuite, ont été conservés.

Une citation, tirée d'ÉRASME, Éloge de la folie nous a intéressés particulièrement :

Ibi cum quispiam exigeret, quae tandem esset Diuinarum Litterarum auctoritas, quae iuberet Haereticos incendio uinci, magis quam disputatione reuinci:

Senex quidam seuerus, et, uel supercilio teste, Theologus, magno stomacho respondit, hanc legem tulisse Paulum Apostolum, qui dixerit: 'Haereticum hominem post unam et alteram correptionem deuita'.

Cumque ea uerba idemtidem intonaret, et plerique demirarentur quid accidisset homini, tandem explanauit, de uita tollendum haereticum. Risere quidam, nec deerant tamen quibus hoc commentum plane theologicum uideretur, caeterum reclamantibus etiamnum nonnullis successit g-Tenedios, quod aiunt, g-sunêgopos et auctor irrefragabilis. Accipite rem, inquit: Scriptum est: 'Maleficum ne patiaris uiuere': Omnis Haereticus maleficus: Ergo etc.

Mirati quotquot aderant, hominis ingenium, et in eam sententiam itum est pedibus, et quidem peronatis. Neque cuiquam uenit in mentem, legem eam ad sortilegos et incantatores, ac magos attinere, quos Hebraei sua lingua uocant h-mekaschephim, alioqui fornicationem et ebrietatem capite punire oportuit.

Traduction : Quelqu'un voulait savoir quel texte des Saintes Écritures ordonnait de brûler les hérétiques plutôt que de les convaincre par la discussion. Un vieillard à la mine sévère, que son sourcil révélait théologien, répondit avec véhémence que cette loi venait de l'apôtre Paul, lorsqu'il avait dit: « Évite ("devita") l'hérétique, après l'avoir repris une ou deux fois. » Il répéta et fit sonner ces paroles; chacun s'étonnait; on se demandait s'il perdait la tête.

Il finit par s'expliquer : « Il faut retrancher l'hérétique de la vie », traduisait-il, comprenant "de vita" au lieu de "devita".

Quelques auditeurs ont ri; il s'en est trouvé pour déclarer ce commentaire profondément théologique. Et, tandis qu'on réclamait, survint, comme on dit, un avocat de Ténédos et d'autorité irréfragable : « Ecoutez bien, dit-il. Il est écrit : Ne laissez pas vivre le malfaisant ("maleficus"). Or, l'hérétique est malfaisant. Donc, etc---»

Il n'y eut alors qu'une voix pour louer l'ingénieux syllogisme, et toute l'assemblée trépigna de ses lourdes chaussures. Il ne vint à l'esprit de personne que cette loi est faite contre les sorciers, jeteurs de sorts et magiciens, que les Hébreux appellent d'un mot qui se traduit par "maleficus". Autrement, la sentence de mort s'appliquerait tout aussi bien à la fornication et à l'ébriété. ...

Nous invitons les intéressés par cette question de poursuivre ces investigations sur la base d'autres mots - latins ou grecs - concernant la magie et la sorcellerie : les instruments de recherche sont à disposition.


3. HODOI ELEKTRONIKAI & environnements hypertextes :

Christian RUELL a pu constituer, sous un soleil généreux, pas moins de 9 environnements nouveaux :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


4. Statistiques de consultation - avril 2008 :

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
    • sessions de travail ouvertes: 42.274
    • pages visitées: 79.171
    • pages les plus fréquemment demandées:

      • Actualités : 3.483 pages ;
      • Cours FLTR 1510 (Litt. europ. : Les héritages grec et latin - P.-A. Deproost) : 3.048 pages;
      • Cours FLTR 1760 (Initiation au Latin - A. Meurant) : 1.319 pages;
      • Cours GLOR 2330 (Auteurs latins - P.-A. Deproost) : 18.505 pages;
      • Cours GLOR 2320 + GLOR 1140 (Monique Mund-Dopchie - Auteurs grecs) : 2.155 + 2.751 pages;
      • ITINERA, applications hors ligne : 2.141 pages;

  • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes (hors Corpora) :
    • sessions de travail ouvertes: 223.263
    • pages visitées : 7.921.512
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : voir stat_avril2008

  • Site AGORACLASS (CORPORA):
    • sessions de travail ouvertes: 76.713
    • pages visitées: 754.288
    • bases de données les plus fréquemment consultées (Total hits for periode) : stat_avril2008
    • base de données la plus consultée : Sénèque, Lettres (10,29 % du total des consultations)

  • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
    • sessions de travail ouvertes: 113.312
    • pages visitées: 266.684
    • pages les plus fréquemment demandées:

      • Folia Electronica Classica : 33.817 pages;
      • Suétone : 45.617 pages;
      • Virgile : 22.508 pages;
      • Précis grammatical (latin) : 10.446 pages ;
      • Précis grammatical (grec) : 5.962 pages.

  • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
    • sessions de travail ouvertes: 12.823
    • pages visitées: 14.553

  • Site COLLATINVS-UCL (lemmatisation - dictionnaire latin-français) :
    • sessions de travail ouvertes: 12.820
    • pages visitées: 25.005

  • Site HODOI ELEKTRONIKAI (Environnements hypertextes grecs) :
    • sessions de travail ouvertes: 807.601
    • pages visitées: 1.334.256
    • pages les plus fréquemment demandées (Total hits for period) : voir stat_avril2008 ;

  • Site HELIOS (Coopération Grenoble (LOG) - UCL-LLN (FLTR/GLOR) : Langues anciennes) :
    • sessions de travail ouvertes: 52.394
    • pages visitées: 133.855
    • pages les plus visitées (Total hits for periode) : stat_avril2008


État de la banque de textes latins :

  • Etat du dictionnaire au 4 avril 2008 :

    270.026 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 4 avril 2008 :

    78 auteurs, 794 oeuvres, 5.602.340 occurrences.

  • État de la banque de textes grecs :

  • Etat du dictionnaire au 9 mai 2008 :

    366.689 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 9 mai 2008:

    63 auteurs, 666 oeuvres, 5.909.310 occurrences.

  • Jean Schumacher
    9 mai 2008


     
    UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
    Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

    Dernière mise à jour : 17/02/2002