Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     11-04-2008

Sujets :
Fiches de lecture : 19 ajouts; Enseignement universitaire : P.-A. DEPROOST : TACITE, La tragédie de Messaline; HODOI ELEKTRONIKAI & Lexique grec-français : Danielle de CLERCQ remet l'ouvrage sur le métier; Revue : Le n° 1 de PALAMÈDE est sorti; Livre (extrait) : Cicéron et César se présentent aux élections (Robert Harris); ITINERA ELECTRONICA : 6 nouveaux environnements hypertextes : Aulu-Gelle (x 3), Pomponius Mela (x2) , Varron;

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> LATIN :
  • AULU-GELLE, Les nuits attiques, livre XIII et XIX
  • POMPONIUS MELA, Description de la terre, livres II et III
  • VARRON, De l'agriculture, livre I
  • ==> GREC :
  • GALIEN, Exhortation à l'étude des arts

Nouvelles étincelles glanées :

  • La fable de l'agriculteur thrace et d'une imitation imprudente
  • Une comparaison entre les talents et les fruits
  • Alexandre le Grand se croyait fils de Jupiter
  • Que signifie le terme humanité ?
  • A propos des gryphons en Scythie
  • A propos des jeunes filles nubiles en Thrace
  • L' île Colubraria (une des Iles Columbretes, Espagne) & les serpents
  • Le phénomène des marées
  • A propos des Druides
  • A propos des femmes Sarmates
  • A propos des tigres d'Hyrcanie [Asie centrale; sud-est de la mer Caspienne]
  • A propos de l'île de Thulé
  • A propos du phénix qui renaît de ses cendres
  • En Éthiopie, à la table du soleil
  • A propos des Îles Fortunées
  • Agriculture : les 4 saisons de l'année
  • A propos du tournesol
  • Antisthène et Diogène de Sinope à propos des riches ignorants
  • Ce sont les citoyens qui font la renommée d'une ville et non l'inverse


2. Enseignement universitaire : un nouveau cours est disponible :

Paul-Augustin Deproost, met un nouveau cours à la disposition de ses étudiants ainsi que de tous les internautes intéressés :

TACITE, La tragédie de Messaline

Donnons la parole à P.-A. Deproost lui-même pour présenter le sujet du cours (cf. Introduction) :

"Les chapitres 26 à 38 du livre XI des Annales de Tacite racontent le dernier scandale de Messaline, l’épouse de l’empereur Claude. Pendant que Claude, retenu par des obligations religieuses, s’attarde à Ostie, elle décide de le « répudier » et d’épouser solennellement son amant, Silius, qui est le consul désigné pour cette année.

Les affranchis impériaux, et Narcisse en particulier, qui joue dans ce récit un rôle prépondérant, se liguent contre elle et provoquent sa perte : elle sera finalement exécutée en 48 avec plusieurs de ses partisans.

Sur le conseil de Pallas, devenu le plus puissant des affranchis, Claude épouse alors sa propre nièce, Agrippine, la mère de Néron qui sera adopté par Claude dès 50. Claude a un fils de Messaline, Britannicus, qu’Agrippine s’attache à supplanter pour assurer l’Empire à Néron.

Cet épisode haut en couleur de la vie privée du prince est annoncé au chapitre 12, où Tacite décrit la violente passion de Messaline pour Silius ; il commence à proprement parler avec la dernière phrase du chapitre 25, qui sert de transition, mais qui constitue également une vision anticipée de l’avenir, car l’expression ut deinde ardesceret in nuptias incestas fait directement allusion au mariage prochain de Claude avec sa nièce Agrippine.

Ces treize chapitres constituent, dans la seconde partie du livre XI des Annales, un tout caractérisé, cohérent. L’ensemble s’ordonne autour de deux personnages-vedettes, Messaline et Narcisse, dont les passions, poussées à l’extrême, s’affrontent et ne permettent aucun compromis. Messaline était une jeune femme, belle et passionnée, qui trompa Claude abominablement ; elle ne devait pas avoir plus de 20 ans au moment des faits, et Claude était son premier mari. Elle descendait de Marc-Antoine, dont elle imita la vie désordonnée, sans en partager pour autant l’ambition : Messaline était une femme plus passionnée qu’ambitieuse.

En même temps, ces quelques chapitres nous font connaître le monde pervers des grands affranchis de l’empire, pour lesquels Tacite éprouve un profond mépris ; l’enrichissement et la puissance politique de ces hommes nouveaux constituent assurément l’un des faits les plus importants du règne de Claude. Si Tacite condamne Messaline, c’est qu’elle ne sait pas aimer : elle confond l’amour avec la volupté ; elle veut jouir, et s’abandonne dès lors à tous les désordres de la passion.

Or, elle est puissante auprès du prince qui est, lui aussi, libidineux, et qu’elle asservit par les sens : c’est donc la passion qui est au pouvoir, et cette situation indigne l’historien, tout autant que les manœuvres de délation de l’affranchi Narcisse. Dans ces pages, Tacite condamne non pas une personne, mais un système, une collectivité entièrement dominée par les passions. Ils sont tous responsables ensemble de ce qui se produit. Messaline connaît la disgrâce ; certes à juste titre, mais ceux qui l’abattent ne sont que ses anciens complices, parmi lesquels Narcisse, qui lui doit sa propre carrière.

Un des mots qui revient tout au long de ce récit, comme un leitmotiv, est la « peur » ; Messaline a sans doute mérité la mort pour ses crimes, mais ce n’est pas de cela qu’elle meurt ; c’est de la lâcheté d’autrui. Dans cette affaire, la peur prend la place de la justice, elle la parodie, elle la bafoue, et Tacite condamne un système entièrement construit sur la terreur et le vice.

Personne ne sort indemne de cette tragédie : Claude est aussi coupable par sa passivité et son aveuglement que Messaline qui a trahi l’empire par sa sensualité ; mais la plus grave erreur de ce régime est d’avoir laissé le pouvoir à des affranchis, des anciens esclaves qui ont fini par prendre le dessus sur la vieille aristocratie romaine ; accessoirement, celle-ci n’est pas non plus épargnée, mais, au moment de mourir, ses principaux représentants sauront montrer de la grandeur d’âme. ..."

Le cours est en construction; il se donnera à partir de septembre 2008. Il devrait passionner les étudiants ...


3. HODOI ELEKTRONIKAI & Lexique grec-français :

Adresse du Lexique : Lexique grec-français

Pendant deux ans Danielle de CLERCQ, collaboratrice scientifique auprès des Projets ITINERA ELECTRONICA, HODOI ELEKTRONIKAI et du Projet HELIOS, a construit ce Lexique, lettre après lettre, description lexicographique après description : ce fut un dur labeur !

A la date du 26 mai 2006, toutes les lettres de l'alphabet grec avaient été traitées et le Lexique renfermait 35.195 descriptions.

Répondant à notre sollicitation, Danielle de Clercq, a accepté de remettre l'ouvrage sur le métier au bénéfice des Textes d'étude du Projet HELIOS.

Elle se propose de compléter le Lexique avec le vocabulaire encore absent du Lexique mais qui apparaît dans les extraits faisant l'objet d'un Texte d'étude.

De cette façon, les enseignants qui utiliseront ces Textes d'étude disposeront aussi de toutes les descriptions lexicographiques nécessaires.

Nous remercions vivement Danielle de Clercq pour la compétence, le savoir-faire ... et le temps qu'elle accepte d'investir dans les HODOI ELEKTRONIKAI et le Projet HELIOS. Pour l'amour de la science.


4. Revue :

Le n° 1 (avril 2008) de PALAMÈDE, Bulletin d'informations et d'échanges pédagogiques en langues anciennes, est sorti.

Nous pouvons vous proposer au format PDF :


5. Livre :

Livre : Robert HARRIS, Imperium
Traduction française par Natalie Zimmermann
Paris, Plon "Pocket" n° 13387, 2006

Extrait : pp. 198-201 :

"... Lorsque l'augure se déclara satisfait, Crassus sortit de la tente sacrée, et les candidats se rassemblèrent au pied de sa tribune. Je dois signaler que parmi eux, pour sa première tentative d'entrée au Sénat, se trouvait Jules César, qui se tenait près de Cicéron et entamait avec lui une conversation amicale. Il y avait longtemps déjà qu'ils se connaissaient, et c'était en fait sur la recommandation de Cicéron que le jeune homme s'était rendu à Rhodes étudier la rhétorique auprès d'Apollonius Molon.

L'hagiographie que l'on dresse aujourd'hui autour des premières années de César tend à en faire un génie remarqué par ses contemporains depuis son plus jeune âge. Il n'en est rien, et quiconque l'eût vu dans sa toge blanchie ce matin-là, tripotant nerveusement ses cheveux déjà clairsemés, aurait eu du mal à le distinguer des autres jeunes candidats de bonne famille. Il y avait cependant une grande différence : peu d'entre eux auraient pu être aussi pauvres. Pour se présenter aux élections, il avait dû s'endetter lourdement car il habitait dans la Subura un logement très modeste peuplé de femmes sa mère, son épouse et sa petite fille – et je me le représente à cette époque non comme un héros radieux prêt à conquérir Rome mais comme un trentenaire insomniaque, que le vacarme de son voisinage indigent empêchait de dormir et qui ressassait amèrement l'état de pauvreté auquel lui, le descendant d'une des plus anciennes familles de Rome, était réduit. Son antipathie envers les aristocrates était par conséquent bien plus dangereuse pour eux que ne le fut jamais celle de Cicéron.

Ne devant son statut qu'à lui-même, Cicéron ne les appréciait guère et les enviait tout à la fois. Mais César, qui se considérait comme un descendant en ligne directe de Vénus, ne voyait en eux que de méprisables usurpateurs.

Voilà que je me laisse emporter à commettre la même faute que les hagiographes, à savoir projeter la lumière déformante de l'avenir sur les ombres du passé. Rapportons simplement que ces deux hommes remarquables, qui n'avaient que six ans d'écart et beaucoup en commun quant à l'intelligence et l'apparence, bavardaient aimablement au soleil lorsque Crassus monta à la tribune et lut la prière familière :

Puisse cette affaire s'achever bien et heureusement pour moi, pour mes meilleures intentions, pour ma charge, et pour le peuple de Rome !
Puis le vote commença.
Conformément à la tradition, la première tribu à pénétrer dans le parc fut la Suburana. Mais en dépit de tous les efforts de Cicéron depuis des années, ses membres ne votèrent pas pour lui. Ce fut un rude coup, qui suggérait fortement que les agents corrupteurs de Verrès avaient mérité leur prime. Cicéron se contenta cependant de hausser les épaules : il savait que beaucoup de personnalités influentes qui devaient encore voter observeraient sa réaction, et il importait d'afficher un masque de confiance.

Puis ce fut au tour des trois autres tribus de la cité de voter chacune à leur tour : l'Esquilina, la Collina et la Palatina. Cicéron obtint le soutien des deux premières, mais pas de la troisième, ce qui n'était guère surprenant dans la mesure où il s'agissait certainement de la tribu la plus proaristocratique de toutes les communautés romaines. Le score était donc de deux contre deux, soit un début plus serré qu'il ne l'aurait voulu.

Les trente et une tribus rustiques commencèrent ensuite à s'aligner, les Aemilia, Camilia, Fabia, Galeria... je connaissais tous ces noms, qui figuraient dans les dossiers de son bureau, je savais quel était le personnage important pour chacune d'elles, qui avait besoin d'une faveur et qui en devait une. Trois sur quatre votèrent pour Cicéron. Quintus s'approcha pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille et, pour la première fois peut-être, il put se permettre de se détendre en constatant que l'argent de Verrès s'était de toute évidence révélé plus tentant pour les tribus composées en majorité d'habitants de la ville. Les Horatia, Lemonia, Papiria, Menenia...

La journée se poursuivit ainsi dans la chaleur et la poussière. Cicéron s'asseyait sur un tabouret entre les dépouillements, mais il se levait toujours dès que les électeurs passaient devant lui après avoir voté, et il fouillait sa mémoire pour retrouver leur nom, les remercier et saluer leur famille. Les Sergia, Voltina, Pupina, Romilia... Cicéron n'obtint pas le vote de cette dernière tribu, ce qui n'avait rien d'étonnant puisque c'était celle de Verrès, néanmoins, au milieu de l'après-midi, il avait gagné le soutien de seize tribus et il ne lui en manquait plus que deux pour obtenir la victoire. Verrès n'avait cependant pas encore abandonné et passait encore de groupe en groupe avec son fils et Timarchides. Durant une heure éprouvante, la balance parut pencher de son côté. Les Sabatini ne votèrent pas pour Cicéron, les Publilia non plus. Mais il passa de justesse avec les Scaptia et fut enfin propulsé au sommet par les Falerna, de Campanie du Nord : sur les trente tribus qui avaient voté jusque-là, dix-huit avaient donné leurs voix à Cicéron, et cinq tribus n'avaient pas encore voté.

Mais quelle importance ? Il était arrivé au bout de ses peines et, sans que je m'en aperçoive, Verrès quitta discrètement le terrain de vote pour aller compter ses pertes. César, dont l'élection au Sénat venait d'être confirmée, fut le premier à se retourner pour serrer la main de Cicéron. Je vis Quintus brandir triomphalement les poings en l'air tandis que Crassus fixait avec colère un point dans le lointain. Il y eut des acclamations de la part des spectateurs qui faisaient eux-mêmes leur décompte, ces fidèles fanatiques qui suivent les élections comme d'autres se passionnent pour les courses de chars – ils appréciaient particulièrement ce qui venait de se passer. Le vainqueur lui-même paraissait stupéfait de sa victoire, mais personne n'aurait pu la contester, pas même Crassus, qui allait devoir la proclamer en essayant de ne pas s'étouffer. Contre toute attente, Marcus Cicéron devenait édile de Rome. ..."


6. ITINERA ELECTRONICA :

Christian RUELL, nonobstant les nombreuses sollicitations auxquelles il doit faire face, a pu, cependant, constituer 6 nouveaux environnements hypertextes :

  • Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, livre VIII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, livre XIII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, livre XIX [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pomponius Mela, La description de la terre, livre II [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Pomponius Mela, La description de la terre, livre III [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Varron, De l'agriculture, livre I [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


Jean Schumacher
11 avril 2008


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002