Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     22-02-2008

Sujets :
Projet HELIOS & ESPACE Homère : une nouvelle ressource est disponible : Françoise LÉTOUBLON, L'invention de l'auteur; Fiches de lecture : 12 ajouts; ITINERA ELECTRONICA : 7 nouveaux environnements hypertextes : Baudri de Bourgueil (vers 1060-1130), Columelle, Écrivains de l'Histoire auguste (x 4), Stace; Livre : F. GUNDOLF, César. Histoire et légende : un portrait de César;

Notice :

1. Projet HELIOS & ESPACE Homère :

Une nouvelle ressource est disponible dans l'ESPACE Homère :

==> Françoise LÉTOUBLON, L'invention de l'auteur <==

Autres ressources déjà disponibles dans cet ESPACE et sous cette rubrique : La question homérique et L'encyclopédie homérique.

Donnons ici la conclusion de ce bel article de F. Létoublon (Univ. Stendhal, Grenoble) :

"De la tradition homérique où le je du poète ne prend la parole que pour demander l’aide et le don des Muses à celle du roman où le je d’un narrateur n’apparaît que pour raconter le spectacle d’un tableau qui correspond au récit qui va suivre ou le déclenche, et aux signatures énigmatiques, probablement pseudonymes, de Chariton et Héliodore, la tradition grecque est passée par l’invention de l’auteur, qu’il s’agisse de la création a posteriori d’une biographie d’Homère et d’Hésiode d’après les éléments de leur propre récit, mais elle a connu aussi la revendication du statut d’auteur-artisan responsable de son œuvre et de sa valeur dans tous les sens du terme."


2. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> LATIN :
  • AULU-GELLE, Les Nuits attiques, livre II
  • BAUDRI de BOURGUEIL, Poèmes, VII et VIII
  • COLUMELLE, De l'agriculture, livre VIII
  • ÉCRIVAINS de l'Histoire auguste, Vies de Caracalla, Hadrien, Septime Sévère

Nouvelles étincelles glanées :

  • Le mur d'Hadrien
  • Le portrait d'Hadrien
  • Septime Sévère : c’est la tête qui commande et non les pieds
  • Les dernières paroles de Septime Sévère
  • A propos de Luna et de Lunus, la lune
  • A propos du surnom de Caracalla
  • Pâris à Hélène : Les Grecs portent des vêtements de femme
  • Hélène raconte le jugement de Pâris
  • Hélène décrit le peuple grec
  • A propos des 3 sortes de poules
  • A propos des oies du Capitole
  • A propos de la préséance entre un père et son fils


3. ITINERA ELECTRONICA & environnements hypertextes :

Le disque grillé, renfermant toutes les procédures, applications et données des environnements hypertextes à construire, a causé bien du soucis à Christian Ruell pendant cette semaine-ci. Nonobstant, il a réussi la création de 7 nouveaux environnements hypertextes :

  • Baudri de Bourgueil (vers 1060-1130), Poèmes, VII et VIII (Lettres de Pâris à Hélène et d'Hélène à Pâris)
  • Columelle, De l'agriculture, livre VIII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Écrivains de l'Histoire auguste, AELIUS LAMPRIDIUS, Vie de Commode [traduction française reprise au site NIMISPAUCI d'Ugo BRATELLI]
  • Écrivains de l'Histoire auguste, AELIUS SPARTIANUS, Vie d'Hadrien [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Écrivains de l'Histoire auguste, AELIUS SPARTIANUS, Vie de Caracalla [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Écrivains de l'Histoire auguste, AELIUS SPARTIANUS, Vie de Septime Sévère [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Stace, Silves, livre I

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.

==> Baudri de Bourgueil <== :

Le 14 février dernier, le Prof. Jean-Yves TILLIETTE a animé à Grenoble un séminaire intitulé L'art du remploi dans la littérature latine du moyen âge.

Sujets abordés :

  • un portrait de Charlemagne curieusement inspiré des "Douze Césars " de Suétone,
  • une réécriture burlesque de l'Amphitryon de Plaute qui se moque de la philosophie scolastique
  • un pastiche plein d'humour, par Baudri de Bourgueil, des Héroïdes XVI et XVII d'Ovide.
J-Y. TILLIETTE nous a aimablement permis de recourir à un état pré-édition des textes latins et des traductions françaises personnelles de ces deux lettres. (L'édition finale a paru en 1998 dans Les Belles Lettres sous l'intitulé : Jean-Yves TILLIETTE, Baldricus Burgilianus - Baudri de Bourgueil, Carmina, tome I).

Nous avons pu établir un environnement hypertexte consacré à ces lettres (cf. supra). Nous tenons à remercier J.-Y. Tilliette de nous avoir ainsi permis d'ouvrir une autre fenêtre sur une période de la latinité (les XIe - XIIe siècles) plus rarement attestée dans nos tablettes.


4. Livre :

Friedrich GUNDOLF, César. Histoire et légende
Titre original : Caesar. Geschichte seines Ruhms (Berlin, 1924)
Trad. française par Marcel BEAUFILS
Paris, Rieder, 1933, 305 pp.

Extrait : Un portrait de César (pp. 11-14)

"... La sérénité olympienne de César n'est pas on ne sait quel doute méphistophélique sur la valeur de son monde et de son action. Elle est le geste même de l'homme racé qui, naïvement, se sent supérieur au reste des hommes, qui donne champ à son énergie gigantesque, sans faste et sans effort. César ne se dresse pas de piédestal. Il ne jette pas de foudres. La hauteur lui est chose naturelle. A cette tranquillité sereine, Sylla l'avait déjà reconnu enfant. Par elle, il a fait plier les corsaires, séduit peuples, armées, femmes, humilié troublé et ravi Cicéron, qui s'y connaissait.

Cette grâce, cette majesté qui, parmi les maîtres de ce monde, comme parmi les hérauts de sa gloire, le désignent, — étrangère à la fois à la bouffonnerie saltimbanque et à la dignité raidie, au rococo et à l'hiératisme, — il la tenait de ce profond sérieux avec lequel il regardait les choses, et de la densité d'une race trapue, encore liée au sol. Seul un terrain à ce point dense pouvait donner en effet naissance à cette sûreté d'instinct, à ce calme, à cette longue patience, passionnée à la fois et disciplinée.

Et pourtant, cet héritage paysan et romain n'est que l'assise de sa grandeur. La grandeur est l'héroïsme fait grâce, la race faite activité. Il a fallu, pour purifier ce romain, pour faire de lui une figure d'humanité classique, la lumière, l'atmosphère de la culture hellénique. La puissance romaine, inscrite dans la race, se couronnait par là de liberté. Et cette liberté, jamais romain ne l'a plus réalisée en lui à ce point, comme jamais grec, même Alexandre, n'a tiré pareille puissance d'un atavisme pareil.

Nous ne pouvons expliquer le génie de César : tout de même, nous voyons quel atavisme il incarne : le sens des vastes territoires, la vertu forte du sang romain, mais aussi la plénitude d'esprit du Grec, à cette heure, décisive pour l'histoire du monde, où les deux cultures se mélangent. Est-ce, en ce corps julien, harmonieux mélange de germes innés, vieux comme les temps, est-ce culture, librement acquise par un jeune adolescent : Rome et l'Hellade n'ont trouvé leur équilibre pur qu'en César. En César seul s'ordonnèrent puissance romaine et mesure hellène, ténacité et souplesse, élan et discipline du vouloir. César n'a pu éterniser même son image que grâce à la clarté grecque. Dessiner n'est pas chose romaine : seul le grec Polybe, pouvait éterniser le visage de Scipion romain.

César, dans ses Commentaires, nous donne un document de sa romanité : non dans un style grec (encore qu'on trouve chez lui bien des réminiscences helléniques) mais sous le signe d'une conscience de soi, d'un plaisir de l'image, qui sont choses essentiellement hellènes. Les livres qui ont trait à la guerre civile, — second portrait qu'il a fait de lui-même, document fondamental, pour la postérité, de sa puissance universelle —, bien que limités eux aussi aux dimensions d'un communiqué de bataille, portent déjà le reflet de l'Empire à venir. César ne parle plus ici en chef, en gouverneur de province, il n'est plus celui qui, au nom du Peuple romain, dompte des barbares et conquiert des provinces. Il est le maître d'un empire, non chef d'état seulement, fondé sur son droit, mais homme, parlant en son nom, et appuyé sur ses faits d'armes, sa gloire, la supériorité de son intelligence.

Les Optimates apparaissent dans son récit comme des gens injustes, haineux, jaloux, et incapables, en face du héros victorieux que peuple et sujets honorent comme leur protecteur et leur sauvegarde. Pourtant, il y est moins question du peuple et de son droit, que de l'imperator et de l'armée. César n'a pas daigné se mettre un masque de démocrate. Ce sont les historiens du XIXe siècle qui l'ont ainsi voulu voir. L'antiquité l'a lu tel qu'il se montre, l'honorant ou le méprisant. Elle a vu en lui le conquérant de l'Imperium Romanum, forcé d'agir par l'injustice de la noblesse, par la jalousie de Pompée, par l'étroitesse de Caton, justifié dans son action par le soin qu'il prit du bien général, investi de pleins pouvoirs par l'éclat de ses actes et le consentement de ses légions.

Plus encore que la guerre des Gaules, la guerre civile, opération juridique de moindre volume, a, dans les mains du dernier proconsul, retenu l'attention de son temps. La terre entière scène de l'action, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, l'Asie, la Numidie, l'Égypte ; les deux plus grands héros aux prises ; pour les soutenir, les peuples de toute la terre ; l'enjeu, la domination monarchique sur l'immense empire ; la décision incommensurable à prendre, le passage du Rubicon, la bataille de Pharsale, engageant le destin du monde pour des milliers d'ans, Pompée précipité du sommet de sa gloire et mourant dans la solitude des dunes, atrocement ; la mort stoïque de fiers héros qui ont administré la terre entière, la République intransigeante expirant aux pieds de petit-fils de Vénus, irrésistible favori de la Fortune : ne sût-on pas qu'à ce moment commence l'Empire, engageant les siècles à venir, qu'à ce moment l'Europe commence à conquérir le monde, on serait saisi par un frisson presque charnel, devant l'immensité des destins qui se jouent, le fracas des armes autour d'une mer, la marche et le choc foudroyants d'un vainqueur partout présent. Chez Dante encore on sent ce frisson. Le vol de l'aigle fait ombre. Che non seguiteria lingua nè penna. César lui-même a fixé pour les temps, dans sa langue vive et légère, l'atmosphère de cette guerre-civile mondiale. Plus, peut-être, que dans les Commentaires, il y a mis un souffle de précipitation ailée, de sainte colère, de joie frémissante, le choc des destins en marche. L'énumération rapide des présages après Pharsale ne nous montre-t-elle pas l'homme nécessaire, à qui les Dieux mêmes ont fait le signe, maître de la nature et de l'humanité ? ..."


Jean Schumacher
22 février 2008


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002