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Date :     25-05-2007

Sujets :
Fiches de lecture : 5 ajouts; Enseignement : P.-A. DEPROOST, Didon et Énée : un nouvel épisode sur la Toile; Lecture : Les femmes et la Lex Oppia (Jean-Noël ROBERT); Archéologie : Découverte du tombeau d'Hérode, roi de Judée entre 37 et 4 av. J.-Chr.; HODOI ELEKTRONIKAI : 8 nouveaux environnements hypertextes : Aristote, Dion Cassius, Platon (3 x), Plotin, Xénophon (2);

Notice :

1. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • ARISTOTE, La politique, livre VI
  • DION CASSIUS, L'Histoire romaine, livre LXXI
  • PLOTIN, Les Ennéades, III, livre I

Nouvelles étincelles glanées :

  • En démocratie, la foule est souveraine
  • La démocratie convient surtout aux agriculteurs
  • Une bataille navale sur le Danube gelé
  • Sous Marc-Aurèle (121-180 ap. J. Chr.), une légion romaine et chrétienne fut appelée la Fulminante
  • Une définition du destin


2. Enseignement : P.-A. DEPROOST, Didon et Énée :

Paul-Augustin DEPROOST vient de placer sur la Toile un nouvel épisode relatif à Didon et Énéé d'après Virgile.

Cadre: le cours d'Explication approfondie d'auteurs latins; Auteur : Virgile, Énéide, Didon et Énée.

Épisode : Didon prend la résolution de se suicider (vers IV, 450-473)

Extrait (du Commentaire) :

"Didon, héroïne tragique ?

Didon n’a plus rien de l’héroïne épique à qui l’ombre de Sychée était apparue en rêve au chant I (v. 353-360) pour l’engager à quitter au plus vite sa patrie avant de fonder la nouvelle ville de Carthage. Loin d’être une femme conquérante, Didon est ici une femme malade, en proie à la passion, et le rêve qu’elle fait n’a plus rien de prémonitoire, de missionnaire ou de divin, comme il l’est habituellement dans l’épopée ; c’est un songe purement humain, qui révèle une âme tourmentée, profondément blessée et dépressive, comme peut l’être celle d’un personnage tragique. Contrairement à la ruine de son mariage qu’elle a pu surmonter par la fondation de Carthage, Didon vit à présent un échec qui n’est compensé par aucune entreprise glorieuse, mais qui, au contraire, l’anéantit complètement et la met hors du cadre épique ...".


3. Lecture : Les femmes romaines et la Lex Oppia :

Livre : Jean-Noël ROBERT, Les plaisirs à Rome
Éditions "Les Belles Lettres", Realia, 2e édition, Paris, 1986, 232 pp.

Extrait : pp. 157 à 159 :

"L'évolution juridique du mariage est donc bien la cause la plus importante de la liberté sexuelle de la femme. La femme, à qui la société ne permet pas d'exercer une activité sociale ou politique n'a même que ce moyen du mariage pour s'affranchir de toute tutelle, et paradoxalement, de la tutelle d'un premier mari qu'elle n'a pas choisi parce qu'elle était trop jeune et qui aurait souvent aimé la voir cloîtrée à la maison. Une fois libre, elle peut se remarier et certaines ne manquent pas d'en abuser puisque Juvénal, comme Martial nous citent des femmes qui se sont mariées cinq fois, et même dix fois en cinq ans, ce qui, ajoute Martial, est en réalité une pratique légale de l'adultère. Et cependant la pratique illégale (et bien traditionnelle) de l'adultère n'en diminua pas pour autant, comme nous le verrons.

La liberté ne suffit pas. Il faut séduire. La femme romaine va prendre le goût de la société. Elle aime se mêler aux hommes sur le Forum, tenir salon ou se montrer dans les spectacles. Cette vie mondaine était à l'origine réservée aux courtisanes et la matrone romaine, il faut bien le dire, le plus souvent éduquée de façon stricte, ignorait tout des plaisirs de la société. Les conquêtes extérieures, et notamment orientales, vont lui révéler, en même temps qu'une vie plus facile, les plaisirs du luxe. La femme va donc, pour séduire, apprendre à se parer et s'initier aux arts et à la culture. Et, comme il est normal, cet engouement pour le luxe fut tel qu'une loi dut être votée pour en limiter l'extravagance : la loi Oppia en — 215 qui défendait de porter des vêtements de diverses couleurs, d'avoir plus d'une demi-once d'or, d'approcher de la ville sur un char à deux chevaux à moins de mille pas (sauf pour un sacrifice)... La loi dura une vingtaine d'années. Elle avait été justifiée par la crise provoquée par la seconde guerre punique [219 - 202 av. J.-Chr.].

Mais en — 195, alors que Caton était Consul, et que la prospérité revenait, les femmes n'hésitèrent pas à descendre dans la rue pour manifester leur mécontentement et réclamer l'abrogation de cette loi. Elles assiégeaient toutes les issues du Forum et aucune autorité, pas même celle de leurs maris, ne put les retenir. Cette manifestation féminine était déjà en elle-même un acte d'émancipation. Caton ne s'y est pas trompé, qui prononça un long discours pour empêcher l'abrogation de la loi. Il commença par reprocher aux maris de ne pas avoir su conserver leurs droits et leur autorité sur leurs épouses, en dénonçant le danger qu'il y avait à laisser les femmes s'assembler. A l'avenir le risque serait grand de se trouver dans l'obligation d'accepter ou de refuser telle ou telle loi sous leur pression contrairement à « l'honneur de la magistrature » et pour la plus grande « honte des tribuns ». Mais ce qui choqua le plus Caton fut « l'effronterie » dont firent preuve les femmes à courir en public. Ne pouvaient-elles donc, chacune de leur côté, se contenter d'en parler à leurs maris ? « Si vous saviez vous contenir dans les bornes de la modestie qui conviennent aux femmes, vous vous abstiendriez de vous occuper, même à l'intérieur de vos maisons des lois que l'on propose ou que l'on abroge. » Si l'ambition est tolérée chez les femmes, leur frénésie ne pourra jamais être réfrénée. « Elles veulent les avantages que leur interdisent, à leur grand déplaisir, nos moeurs et nos lois. Ce qu'elles désirent, c'est une liberté, ou pour parler plus juste une licence sans bornes. » Cette conviction amène Caton a une analyse sociale beaucoup plus pertinente : « Je crains que bientôt, de ravisseurs de ces richesses, richesses d'Orient, nous n'en devenions les esclaves. »

Et Caton d'affirmer qu'au temps de Pyrrhus, les Romains refusaient les riches présents par lesquels on essayait de les corrompre, tandis qu'à son époque les mêmes corrupteurs trouveraient « les femmes prêtes à les recevoir ». « Voulez-vous, Romains, exciter entre vos femmes une émulation du luxe qui portera les riches à se donner des ornements qu'aucune autre de condition inférieure ne pourra se procurer et les pauvres à faire des efforts au-dessus de leurs moyens pour éviter une différence humiliante ? Celles qui le pourront feront elle-mêmes les frais de leur parure, celles qui ne le pourront pas demanderont les moyens à leurs maris. Malheur à celui qui se laissera fléchir et à celui qui demeurera inflexible. C'est un autre qui lui procurera ce que lui-même aura refusé de lui donner... Le luxe sera semblable à une bête féroce irritée de sa captivité et que l'on a ensuite déchaînée. »

Cependant, malgré la lucidité un peu misogyne de Caton, la loi fut abrogée. Valère Maxime, avec le recul, ne put s'empêcher de noter que si les hommes de ce temps-là « avaient pu lire dans l'esprit des femmes, et voir tout cet appareil de modes auquel se joint chaque jour quelque nouveauté plus coûteuse, ils auraient dès le commencement opposé une barrière à cette invasion de luxe ». Le même Valère Maxime veut bien reconnaître néanmoins que la parure était finalement pour elles la seule manière de se manifester puisque leur exclusion d'emplois importants « semble leur conseiller de tourner toutes leurs pensées vers le soin de leur toilette ». ..."

Sources littéraires :

TITE-LIVE, Histoire romaine, XXXIV :

VALÈRE-MAXIME, des faits et des paroles mémorables, IX, 1 :

... Vrbi autem nostrae secundi Punici belli finis et Philippus Macedoniae rex deuictus licentioris uitae fiduciam dedit. quo tempore matronae Brutorum domum ausae sunt obsidere, qui abrogationi legis Oppiae intercedere parati erant, quam feminae tolli cupiebant, quia his nec ueste uarii coloris uti nec auri plus semunciam habere nec iuncto uehiculo propius urbem mille passus nisi sacrificii gratia uehi permittebat. et quidem optinuerunt ut ius per continuos xx annos seruatum aboleretur: non enim prouiderunt saeculi illius uiri ad quem cultum tenderet insoliti coetus pertinax studium aut quo se usque effusura esset legum uictrix audacia. quod si animi muliebris apparatus intueri potuissent, quibus cotidie aliquid nouitatis sumptuosius adiectum est, in ipso introitu ruenti luxuriae obstitissent. sed quid ego de feminis ulterius loquar, quas et inbecillitas mentis et grauiorum operum negata adfectatio omne studium ad curiosiorem sui cultum hortatur conferre, ...

La fin de la seconde guerre punique et la défaite de Philippe, roi de Macédoine, encouragèrent à Rome le dérèglement des moeurs. En ce temps-là les femmes osèrent assiéger la maison des Brutus qui se préparaient à empêcher l'abrogation de la loi Oppia. Les femmes souhaitaient qu'elle fût rapportée, parce qu'elle leur défendait de porter des vêtements de diverses couleurs, d'avoir sur elles plus d'une demi-once d'or, d'approcher de Rome à moins de mille pas sur un char à deux chevaux, si ce n'était pour un sacrifice. Et elles obtinrent que la loi qui avait été observée pendant vingt ans de suite fut abolie. Les hommes alors ne prévoyaient pas à quel raffinement de luxe devait mener l'ardeur et l'obstination de ce rassemblement de femmes sans exemple, ni jusqu'où se porterait l'audace, une fois qu'elle aurait triomphé des lois. S'ils avaient pu voir tout cet appareil de modes féminines auquel s'est ajouté chaque jour quelque nouveauté plus dispendieuse, ils auraient dès le commencement opposé une barrière à ce débordement du luxe. (An de R. 558.) Mais pourquoi parler davantage du luxe des femmes ? La faiblesse du caractère féminin et l'interdiction de toucher aux affaires importantes les poussent à ne s'occuper que du soin de leur parure. ...


4. Archéologie : Découverte du tombeau d'Hérode ?

Ces dernière semaines il a été abondamment question, dans les médias, de la découverte du tombeau d'Hérode, roi de Judée :

La magazine allemand Der SPIEGEL, n° 20 du 14/05/2007 renferme également un article à ce sujet : Trümmerspur zum Tyrannen (pp. 150-153); article rédigé par Christoph SCHULT et Matthias Schulz.

A des fins d'illustration, nous avons saisi les deux premières pages de cet article : Der Hügel des Herodes; la première page montre les ruines actuelles alors que la deuxième page fait voir une reconstruction de l'Hérodeion supérieur. Le tombeau (Grabanlage) figure à gauche sur l'image.

La source littéraire citée partout pour l'Hérodeion est Flavius Josèphe, La guerre des juifs contre les Romains.
Nous plaçons ci-dessous le passage précis : Livre VII, ch. 8, par. 280 à 303 :

<280> Πέτραν οὐκ ὀλίγην τῇ περιόδῳ καὶ μῆκος ὑψηλὴν πανταχόθεν περιερρώγασι βαθεῖαι φάραγγες κάτωθεν ἐξ ἀοράτου τέρματος κρημνώδεις καὶ πάσῃ βάσει ζῴων ἀπρόσιτοι, πλὴν ὅσον κατὰ δύο τόπους τῆς πέτρας εἰς ἄνοδον οὐκ εὐμαρῆ παρεικούσης. <281> Ἔστι δὲ τῶν ὁδῶν ἡ μὲν ἀπὸ τῆς Ἀσφαλτίτιδος λίμνης πρὸς ἥλιον ἀνίσχοντα, καὶ πάλιν ἀπὸ τῆς δύσεως ᾗ ῥᾷον πορευθῆναι. <282> Καλοῦσι δὲ τὴν ἑτέραν ὄφιν, τῇ στενότητι προσεικάσαντες καὶ τοῖς συνεχέσιν ἑλιγμοῖς· κλᾶται γὰρ περὶ τὰς τῶν κρημνῶν ἐξοχὰς καὶ πολλάκις εἰς αὑτὴν ἀνατρέχουσα καὶ κατὰ μικρὸν αὖθις ἐκμηκυνομένη μόλις ψαύει τοῦ πρόσω. <283> Δεῖ δὲ παραλλὰξ τὸν δι' αὐτῆς βαδίζοντα τὸν ἕτερον τῶν ποδῶν ἐρείδεσθαι. ἔστι δὲ πρόδηλος ὄλεθρος· ἑκατέρωθεν γὰρ βάθος κρημνῶν ὑποκέχηνε τῇ φοβερότητι πᾶσαν εὐτολμίαν ἐκπλῆξαι δυνάμενον. <284> Διὰ τοιαύτης οὖν ἐλθόντι σταδίους τριάκοντα κορυφὴ τὸ λοιπόν ἐστιν οὐκ εἰς ὀξὺ τέρμα συνηγμένη, ἀλλ' ὥστ' εἶναι κατ' ἄκρας ἐπίπεδον. <285> Ἐπὶ ταύτῃ πρῶτον μὲν ὁ ἀρχιερεὺς ᾠκοδομήσατο φρούριον Ἰωνάθης καὶ προσηγόρευσε Μασάδαν, ὕστερον δ' Ἡρώδῃ τῷ βασιλεῖ διὰ πολλῆς ἐγένετο σπουδῆς ἡ τοῦ χωρίου κατασκευή. <286> Τεῖχός τε γὰρ ἤγειρε περὶ πάντα τὸν κύκλον τῆς κορυφῆς ἑπτὰ σταδίων ὄντα λευκοῦ μὲν λίθου πεποιημένον, ὕψος δὲ δώδεκα καὶ πλάτος ὀκτὼ πήχεις ἔχον, <287> τριάκοντα δὲ αὐτῷ καὶ ἑπτὰ πύργοι πεντηκονταπήχεις ἀνειστήκεσαν, ἐξ ὧν ἦν εἰς οἰκήματα διελθεῖν περὶ πᾶν τὸ τεῖχος ἔνδον ᾠκοδομημένα. <288> Τὴν γὰρ κορυφὴν πίονα καὶ πεδίου παντὸς οὖσαν μαλακωτέραν ἀνῆκεν εἰς γεωργίαν ὁ βασιλεύς, ἵν' εἴ ποτε τῆς ἔξωθεν τροφῆς ἀπορία γένοιτο, μηδὲ ταύτῃ κάμοιεν οἱ τὴν αὐτῶν σωτηρίαν τῷ φρουρίῳ πεπιστευκότες. <289> Καὶ βασίλειον δὲ κατεσκεύασεν ἐν αὐτῷ κατὰ τὴν ἀπὸ τῆς ἑσπέρας ἀνάβασιν, ὑποκάτω μὲν τῶν τῆς ἄκρας τειχῶν, πρὸς δὲ τὴν ἄρκτον ἐκκλίνον. Τοῦ δὲ βασιλείου τὸ τεῖχος ἦν ὕψει μέγα καὶ καρτερόν, πύργους ἔχον ἑξηκονταπήχεις ἐγγωνίους τέτταρας. <290> Ἥ τε τῶν οἰκημάτων ἔνδον καὶ στοῶν καὶ βαλανείων κατασκευὴ παντοία καὶ πολυτελὴς ἦν, κιόνων μὲν ἁπανταχοῦ μονολίθων ὑφεστηκότων, τοίχων δὲ καὶ τῶν ἐν τοῖς οἰκήμασιν ἐδάφων λίθου στρώσει πεποικιλμένων. <291> Πρὸς ἕκαστον δὲ τῶν οἰκουμένων τόπων ἄνω τε καὶ περὶ τὸ βασίλειον καὶ πρὸ τοῦ τείχους πολλοὺς καὶ μεγάλους ἐτετμήκει λάκκους ἐν ταῖς πέτραις φυλακτῆρας ὑδάτων, μηχανώμενος εἶναι χορηγίαν ὅση τῷ ἐκ πηγῶν ἐστι χρωμένοις. <292> Ὀρυκτὴ δ' ὁδὸς ἐκ τοῦ βασιλείου πρὸς ἄκραν τὴν κορυφὴν ἀνέφερε τοῖς ἔξωθεν ἀφανής. Οὐ μὴν οὐδὲ ταῖς φανεραῖς ὁδοῖς ἦν οἷόν τε χρήσασθαι ῥᾳδίως πολεμίους· <293> ἡ μὲν γὰρ ἑῴα διὰ τὴν φύσιν, ὡς προείπαμεν, ἐστὶν ἄβατος, τὴν δ' ἀπὸ τῆς ἑσπέρας μεγάλῳ κατὰ τὸ στενότατον πύργῳ διετείχισεν ἀπέχοντι τῆς ἄκρας πήχεων οὐκ ἔλαττον διάστημα χιλίων, ὃν οὔτε παρελθεῖν δυνατὸν ἦν οὔτε ῥᾴδιον ἑλεῖν· δυσέξοδος δὲ καὶ τοῖς μετὰ ἀδείας βαδίζουσιν ἐπεποίητο. <294> Οὕτως μὲν οὖν πρὸς τὰς τῶν πολεμίων ἐφόδους φύσει τε καὶ χειροποιήτως τὸ φρούριον ὠχύρωτο. (4)<295> Τῶν δ' ἔνδον ἀποκειμένων παρασκευῶν ἔτι μᾶλλον ἄν τις ἐθαύμασε τὴν λαμπρότητα καὶ τὴν διαμονήν· <296> σῖτός τε γὰρ ἀπέκειτο πολὺς καὶ πολὺν χρόνον ἀρκεῖν ἱκανώτατος οἶνός τε πολὺς ἦν καὶ ἔλαιον, ἔτι δὲ παντοῖος ὀσπρίων καρπὸς καὶ φοίνικες ἐσεσώρευντο. <297> Πάντα δὲ εὗρεν ὁ Ἐλεάζαρος τοῦ φρουρίου μετὰ τῶν σικαρίων ἐγκρατὴς δόλῳ γενόμενος ἀκμαῖα καὶ μηδὲν τῶν νεωστὶ κειμένων ἀποδέοντα· καίτοι σχεδὸν ἀπὸ τῆς παρασκευῆς εἰς τὴν ὑπὸ Ῥωμαίοις ἅλωσιν ἑκατὸν ἦν χρόνος ἐτῶν· ἀλλὰ καὶ Ῥωμαῖοι τοὺς περιλειφθέντας τῶν καρπῶν εὗρον ἀδιαφθόρους. <298> Αἴτιον δ' οὐκ ἂν ἁμάρτοι τις ὑπολαμβάνων εἶναι τὸν ἀέρα τῆς διαμονῆς ὕψει τῷ περὶ τὴν ἄκραν πάσης ὄντα γεώδους καὶ θολερᾶς ἀμιγῆ κράσεως. <299> Εὑρέθη δὲ καὶ παντοίων πλῆθος ὅπλων ὑπὸ τοῦ βασιλέως ἀποτεθησαυρισμένων, ὡς ἀνδράσιν ἀρκεῖν μυρίοις, ἀργός τε σίδηρος καὶ χαλκὸς ἔτι δὲ καὶ μόλιβος, ἅτε δὴ τῆς παρασκευῆς ἐπὶ μεγάλαις αἰτίαις γενομένης· <300> λέγεται γὰρ αὑτῷ τὸν Ἡρώδην τοῦτο τὸ φρούριον εἰς ὑποφυγὴν ἑτοιμάζειν διπλοῦν ὑφορώμενον κίνδυνον, τὸν μὲν παρὰ τοῦ πλήθους τῶν Ἰουδαίων, μὴ καταλύσαντες ἐκεῖνον τοὺς πρὸ αὐτοῦ βασιλέας ἐπὶ τὴν ἀρχὴν καταγάγωσι, τὸν μείζω δὲ καὶ χαλεπώτερον ἐκ τῆς βασιλευούσης Αἰγύπτου Κλεοπάτρας. <301> Αὕτη γὰρ τὴν αὑτῆς γνώμην οὐκ ἐπεῖχεν, ἀλλὰ πολλάκις Ἀντωνίῳ λόγους προσέφερε τὸν μὲν Ἡρώδην ἀνελεῖν ἀξιοῦσα, χαρίσασθαι δ' αὐτῇ τὴν βασιλείαν τῶν Ἰουδαίων δεομένη. <302> Καὶ μᾶλλον ἄν τις ἐθαύμασεν, ὅτι μηδέπω τοῖς προστάγμασιν Ἀντώνιος ὑπακηκόει κακῶς ὑπὸ τοῦ πρὸς αὐτὴν ἔρωτος δεδουλωμένος, οὐχ ὅτι περὶ τοῦ μὴ χαρίσασθαι προσεδόκησεν. <303> Διὰ τοιούτους μὲν φόβους Ἡρώδης Μασάδαν κατεσκευασμένος ἔμελλεν Ῥωμαίοις ἀπολείψειν ἔργον τοῦ πρὸς Ἰουδαίους πολέμου τελευταῖον.

<280> Un rocher d'un assez vaste pourtour et d'une grande hauteur est de toutes parts isolé par de profonds ravins, dont on ne voit pas le fond. Ils sont escarpés et inaccessibles aux pieds de tout être vivant, sauf en deux endroits où la roche se prête à une ascension pénible. De ces deux chemins, l'un part du lac Asphaltite dans la direction de l'est ; l'autre est à l'ouest et offre plus de facilité à la marche. On appelle le premier « serpent », à cause de son étroitesse et de ses nombreux détours : car il est coupé là où les escarpements font saillie, revient souvent sur lui-même, puis s'allongeant peu à peu, poursuit à grand peine sa progression. Tout homme qui suit ce chemin doit s'appuyer alternativement sur chaque pied, car la mort le guette ; de chaque côté s'ouvrent des abîmes qui peuvent glacer d'effroi le plus brave. Quand on a suivi le chemin l'espace de trente stades, on n'a plus devant soi qu'un sommet sans pointe terminale, qui forme sur la crête une surface plane.

C'est sur ce plateau que le grand-prêtre Jonathas construisit d'abord une forteresse, qu'il appela Masada ; dans la suite, le roi Hérode s'occupa avec grand zèle de mettre cette place en état. Il éleva tout autour du sommet, sur une longueur de sept stades, une muraille de pierres blanches, haute de douze coudées, épaisse de huit ; au-dessus d'elle se dressaient trente-sept tours, hautes de cinquante coudées, d'où l'on pouvait passer dans des habitations construites sur toute la face intérieure du mur.

Le roi avait réservé à la culture le sommet, qui est fertile et d'une terre plus meuble que toutes les plaines ; de cette façon, s'il y avait disette de provisions du dehors, la famine épargnerait ceux qui auraient confié leur salut à la forteresse. Il y bâtit aussi un palais sur la pente ouest, sous les remparts de la citadelle et tourné vers le nord. Le mur de ce palais était haut et solide ; il était flanqué aux angles de quatre tours de soixante coudées de haut.

A l'intérieur, la disposition des appartements, des portiques et des bains offrait beaucoup de variété et de luxe ; partout s'élevaient des colonnes monolithes : les murs et le pavé des appartements étaient revêtus de mosaïques aux couleurs variées.

Près de chacun des endroits habités, tant sur la hauteur qu'autour du palais et devant le rempart, il avait fait creuser beaucoup de grandes citernes dans le roc, pour fournir de l'eau en même abondance que s'il y avait eu des sources. Une route creuse, invisible du dehors, conduisait du palais au sommet de la colline.

Du reste, il était difficile aux ennemis de faire usage même des routes que l'on voyait, car celle de l'orient est, comme nous l'avons dit, naturellement inaccessible, et Hérode avait fortifié celle de l'occident, dans sa partie la plus étroite, par une forte tour, qu'une distance d'au moins mille coudées séparait du sommet, et qu'il n'était, ni possible de tourner ni facile de prendre. Même pour des voyageurs n'ayant rien à craindre, la sortie en était malaisée. Ainsi la nature et la main des hommes avaient fortifié cette place contre les attaques des ennemis.

4. <295> On admirait encore davantage la richesse et le bon état des approvisionnements accumulés ; en effet, on tenait en réserve du blé, en quantité suffisante pour un long temps, plus beaucoup de vin et d'huile, de légumes secs d'espèces variées, des monceaux de dattes. Éléazar, quand il s'empara par ruse de cette place forte, avec les sicaires, trouva toutes ces provisions bien conservées, nullement inférieures à celles qui avaient été déposées à une date récente : et cependant, depuis cet aménagement jusqu'à la prise de Masada par les Romains, il s'était écoulé près de cent ans. Néanmoins les Romains trouvèrent sans trace de corruption ce qui restait des fruits. Cette conservation doit être attribuée à l'air, que l'altitude de la citadelle préserve de tout mélange de terre ou de bourbe.

On trouva aussi une multitude d'armes de toute espèce que le roi avait mises en réserve comme un trésor et qui eussent pu suffire aux besoins de dix mille hommes ; du fer, du bronze, et même du plomb non travaillés ; tous ces approvisionnements avaient été faits pour des motifs sérieux.

On dit même qu'Hérode préparait cette forteresse pour lui servir de refuge, en prévision d'un double danger : d'une part la multitude des Juifs, qui pouvaient le renverser et ramener au pouvoir les rois de la dynastie antérieure ; de l'autre, péril plus grand et plus terrible, la menace de Cléopâtre, reine d'Égypte. Car celle-ci ne cacha jamais son dessein, mais pressa Antoine, dans ses fréquents entretiens, de tuer Hérode et de lui donner à elle le royaume des Juifs. On est étonné qu'Antoine, misérablement asservi par l'amour de cette femme, ait négligé d'accéder à sa requête qu'on ne pouvait guère s'attendre à le voir rejeter.

Voilà donc les craintes qui déterminèrent Hérode à fortifier Masada : il devait ainsi laisser aux Romains cette tâche suprême pour achever la guerre contre les Juifs.

Environement hypertexte : Flavius Josèphe, La guerre des juifs contre les Romains, livre VII


6. HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes

Cette semaine-ci, Christian Ruell, en Vulcain superpuissant, a fait fonctionner sa forge à la puissance maximale : 8 nouveaux environnements en sont sortis :

  • Aristote, La Politique, livre VI [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Dion Cassius, L'Histoire romaine, livre LXXI [traduction française reprise au site MÉDITERRANÉES d'Agnès Vinas]
  • Platon, Hippias mineur, dialogue complet [traduction française reprise au site NIMISPAUCI d'Ugo Bratelli]
  • Platon, Ion, dialogue complet [traduction française reprise au site ANTINOMIES]
  • Platon, Les Lois, livre XII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Plotin, Les Ennéades, III, livre I [texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Xénophon, Les Helléniques, livre V [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Xénophon, Les Helléniques, livre VI [texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


Jean Schumacher
25 mai 2007


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002