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Date :     27-04-2007

Sujets :
Lecture : Paul VEYNE, Sénèque. Une introduction : à propos des ressources parata; Fiches de lecture : 16 ajouts; HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes : HÉRODIEN (x 6); Culture : Dossier Trajan;

Notice :

1. Lecture : Sénèque et les ressources parata :

Paul VEYNE, Sénèque. une introduction.
Éditions Tallandier, "TEXTO", 2007, 295pp.

Extrait : pp. 139 - 140 :

"... C'est un autre avantage que de vivre dans ce qu'on pourrait appeler un état naturel de la civilisation. On trouve partout de l'eau, un peu de nourriture et un abri (toute l'Antiquité a rêvé de l'homme des cavernes, auquel les préhistoriens actuels ne croient plus), et ces avantages faciles à se procurer s'appellent des parata, des ressources toutes «prêtes» vers lesquelles il suffit d'étendre la main; c'était un terme technique, commun au stoïcisme et à l'épicurisme; il exprimait l'idéal d'une vie simple et naturelle et il insinuait que la Nature avait «préparé» elle-même ces ressources qu'elle destinait aux hommes.

Distinguons soigneusement, en effet, les vicieuses excroissances de notre prétendue civilisation, avec ses raffinements inutiles et pervers ; et ce qu'on peut appeler la civilisation naturelle, dont l'agriculture fait partie : car la Nature a tracé – en pointillé, comme toujours – la voie pour la découverte de la culture du blé; elle a fait en sorte que nous puissions découvrir le moyen de faire de la terre notre champ à cultiver.

On sent combien ce naturalisme est aux antipodes de l'idée moderne de progrès humain ; loin d'être des avantages, les techniques qui s'ajoutent à la nature servent nos vices.

On a parfois présenté les stoïciens comme des humanistes et des chantres de la maîtrise de l'homme sur la nature : on s'est bien trompé. En revanche, certains raffinements personnels sont d'authentiques avantages pour l'éminente dignité de l'homme sur l'échelle des êtres ; le sage est un être courtois, plein d'urbanisme; il ne dit jamais du mal de son prochain, il observe les plus minutieuses prescriptions de la civilité puérile et honnête ; et même, selon Sénèque, il s'habille convenablement, « car l'homme est par nature un animal propre et élégant». Enfin, l'homme étant aussi un animal social, il préfère que ses enfants, ses concitoyens et tous les autres hommes aient les mêmes avantages qu'il se souhaite pour lui-même. ..."

Témoignage :

SÉNÈQUE, Lettres à Lucilius, XIV, 90 :

... Non fuit tam iniqua natura ut, cum omnibus aliis animalibus facilem actum uitae daret, homo solus non posset sine tot artibus uiuere; nihil durum ab illa nobis imperatum est, nihil aegre quaerendum, ut possit uita produci. Ad parata nati sumus: nos omnia nobis difficilia facilium fastidio fecimus. Tecta tegimentaque et fomenta corporum et cibi et quae nunc ingens negotium facta sunt obuia erant et gratuita et opera leui parabilia; modus enim omnium prout necessitas erat: nos ista pretiosa, nos mira, nos magnis multisque conquirenda artibus fecimus. (19) Sufficit ad id natura quod poscit. A natura luxuria desciuit, quae cotidie se ipsa incitat et tot saeculis crescit et ingenio adiuuat uitia. Primo superuacua coepit concupiscere, inde contraria, nouissime animum corpori addixit et illius deseruire libidini iussit. ...

La nature n'a pas été assez injuste pour rendre la vie facile à tous les animaux, et condamner l'homme seul à ne pouvoir exister sans le secours de tant d'arts réunis. Rien de semblable ne nous a été imposé par elle; nous n'avons pas besoin de recherches pénibles pour prolonger notre vie. En naissant, nous trouvons tout sous notre main; c'est notre dédain des choses faciles qui nous rend tout difficile. Les abris, les vêtements, les remèdes, les aliments et tout ce qui cause aujourd'hui des embarras, se présentait jadis de soi-même, était gratuit et n'exigeait presque aucun travail: on ne prenait conseil que de ses besoins : tandis que chez nous tout cela est devenu précieux et magnifique, et ne s'acquiert plus qu'à force d'art et de travail. La nature nous fournit elle-même tout ce qu'elle demande. Le luxe n'a fait que s'écarter de la nature; après avoir grandi de siècle en siècle, il s'excite encore lui-même chaque jour, et, par son industrie, se fait l'auxiliaire du vice. Il a commencé à désirer des choses superflues, puis des choses nuisibles ; enfin il a mis l'âme dans la dépendance du corps et de ses appétits. ...


2. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)

  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> GREC :
  • HÉRODIEN, Histoire romaine, II, III, IV, V et VII
  • APPIEN, Les guerres civilies - La guerre de Mithridate

Nouvelles étincelles glanées :

  • A propos du mur de Byzance
  • A propos des habitudes guerrières des barbares établis au-delà du Tigre
  • L'empereur Septime Sévère a rendu le soldat romain cupide et efféminé
  • Septime Sévère et les Barbares de Bretagne
  • Rome et le passage de l'armée nationale aux soldats mercenaires et étrangers
  • Rome et le rituel de l'apothéose (divinisation) d'un empereur défunt
  • L'empereur Antonin (Caracalla) rend hommage, à sa façon, à Alexandre le Grand
  • A propos de l'esprit caustique des habitants d'Alexandrie
  • L'empereur Héliogabale conduit lui-même le char du dieu qu'il vénère
  • Les habitations des Germains sont des cabanes en bois
  • L'empereur Gordien et la pompe impériale
  • A propos des Sept Sages de Grèce (vers 620-550 av. J.-Chr.)
  • A propos d'une autre destruction de Troie au Ier s. av. J.-Chr.
  • A propos des Achéens échoués en Scythie au retour de la guerre de Troie
  • Pompée en Colchide sur les traces des Argonautes et de la Toison d'or
  • Les drogues de Mithridate (VI), roi du Pont


3. HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes :

Cette semaine-ci Christian Ruell s'est attaché à un seul auteur, HÉRODIEN, dont les 8 livres sont traités maintenant :

  • Hérodien, Histoire romaine, livre II [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Hérodien, Histoire romaine, livre III [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Hérodien, Histoire romaine, livre IV [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Hérodien, Histoire romaine, livre V [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Hérodien, Histoire romaine, livre VII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Hérodien, Histoire romaine, livre VIII [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


4. Culture : Dossier Trajan :

Le Hors Série n° 13 du magazine Histoire antique (avril-mai-juin 2007) est entièrement consacré à l'empereur TRAJAN (53 - 117 ap. J.-Chr.).

Nous en proposons la page de couverture, le sommaire et le début de la présentation de la "Colonne Trajane" : Trajan

Dans l'article consacré à cette colonne, est donné, en traduction française, le témoignage de DION CASSIUS, Histoire romaine, LXVIII, 16, 3 dont voici la version originale :

... καὶ ἔστησεν ἐν τῇ ἀγορᾷ καὶ κίονα μέγιστον, ἅμα μὲν ἐς ταφὴν ἑαυτῷ, ἅμα δὲ ἐς ἐπίδειξιν τοῦ κατὰ τὴν ἀγορὰν ἔργου· παντὸς γὰρ τοῦ χωρίου ἐκείνου ὀρεινοῦ ὄντος κατέσκαψε τοσοῦτον ὅσον ὁ κίων ἀνίσχει, καὶ τὴν ἀγορὰν ἐκ τούτου πεδινὴν κατεσκεύασε.

Enfin, à titre d'illustration, nous pouvons faire état du jugement de Trajan par JULIEN l'APOSTAT dans Le Banquet ; banquet durant lequel plusieurs empereurs ayant précédé Julien s'expliquent sur leurs actes devant les dieux réunis :

Le Banquet, 22 :

[22] Δίδοται μετὰ τοῦτον τῷ Τραϊανῷ τοῦ λέγειν ἐξουσία. Ὁ δέ, καίπερ δυνάμενος λέγειν, ὑπὸ ῥᾳθυμίας (ἐπιτρέπειν γὰρ εἰώθει τὰ πολλὰ τῷ Σούρᾳ γράφειν ὑπὲρ αὑτοῦ) φθεγγόμενος μᾶλλον ἢ λέγων, ἐπεδείκνυεν τό τε Γετικὸν καὶ τὸ Παρθικὸν τρόπαιον. Ἠιτιᾶτο δὲ τὸ γῆρας ὡς οὐκ ἐπιτρέψαν αὐτῷ τοῖς Παρθικοῖς πράγμασιν ἐπεξελθεῖν. Καὶ ὁ Σειληνός· «Ἀλλ´, ὦ μάταιε,» ἔφη, «εἴκοσι βεβασίλευκας ἔτη, Ἀλέξανδρος δὲ οὑτοσὶ δώδεκα. Τί οὖν ἀφεὶς αἰτιᾶσθαι τὴν σαυτοῦ τρυφὴν τὴν τοῦ χρόνου μέμφῃ στενότητα;» παροξυνθεὶς οὖν ὑπὸ τοῦ σκώμματος, οὐδὲ γὰρ ἦν ἔξω τοῦ δύνασθαι ῥητορεύειν, ὑπὸ δὲ τῆς φιλοποσίας ἀμβλύτερος ἑαυτοῦ πολλάκις ἦν· «Ἐγὼ δέ,» εἶπεν, «ὦ Ζεῦ καὶ θεοί, τὴν ἀρχὴν παραλαβὼν ναρκῶσαν ὥσπερ καὶ διαλελυμένην ὑπό τε τῆς οἴκοι πολὺν χρόνον ἐπικρατησάσης τυραννίδος καὶ τῆς τῶν Γετῶν ὕβρεως, μόνος ὑπὲρ τὸν Ἴστρον ἐτόλμησα προσλαβεῖν ἔθνη, καὶ τὸ Γετῶν ἔθνος ἐξεῖλον, οἳ τῶν πώποτε μαχιμώτατοι γεγόνασιν, οὐχ ὑπὸ ἀνδρείας μόνον τοῦ σώματος, ἀλλὰ καὶ ὧν ἔπεισεν αὐτοὺς ὁ τιμώμενος παρ´ αὐτοῖς Ζάμολξις. Οὐ γὰρ ἀποθνήσκειν, ἀλλὰ μετοικίζεσθαι νομίζοντες ἑτοιμότερον αὐτὸ ποιοῦσιν ἢ τὰς ἀποδημίας ὑπομένουσιν. Ἐπράχθη δέ μοι τὸ ἔργον τοῦτο ἐν ἐνιαυτοῖς ἴσως που πέντε. Πάντων δὲ ὅτι τῶν πρὸ ἐμοῦ γεγονότων αὐτοκρατόρων ὤφθην τοῖς ὑπηκόοις πρᾳότατος καὶ οὔτε Καῖσαρ οὑτοσὶ περὶ τούτων ἀμφισβητήσειεν ἄν μοι οὔτ´ ἄλλος οὐδὲ εἷς, εὔδηλόν ἐστί που. Πρὸς Παρθυαίους δέ, πρὶν μὲν ἀδικεῖσθαι παρ´ αὐτῶν, οὐκ ᾤμην δεῖν χρῆσθαι τοῖς ὅπλοις· ἀδικοῦσι δὲ ἐπεξῆλθον οὐδὲν ὑπὸ τῆς ἡλικίας κωλυθείς, καίτοι διδόντων μοι τῶν νόμων τὸ μὴ στρατεύεσθαι. Τούτων δὴ τοιούτων ὄντων, ἆρ´ οὐχὶ καὶ τιμᾶσθαι πρὸ τῶν ἄλλων εἰμὶ δίκαιος, πρᾷος μὲν πρὸς τοὺς ὑπηκόους, φοβερὸς δὲ πρὸς τοὺς πολεμίους διαφερόντως γενόμενος, αἰδεσθεὶς δὲ καὶ τὴν ὑμετέραν ἔγγονον φιλοσοφίαν;» Τοιαῦτα ὁ Τραϊανὸς εἰπὼν ἐδόκει τῇ πρᾳότητι πάντων κρατεῖν, καὶ δῆλοί πως ἦσαν οἱ θεοὶ μάλιστα ἡσθέντες ἐπὶ τούτῳ.

[22] On donne, aussitôt après, à Trajan la liberté de parler. Il avait du talent pour la parole, mais sa paresse l'avait habitué à confier à Sura le soin d'écrire pour lui. Aussi, criant plutôt que parlant, il se met à étaler devant les dieux ses trophées des Gètes et des Parthes, et se plaint que la vieillesse ne lui ait pas laissé le temps d'achever la conquête de la Parthiène. Alors Silène : «Mais dis donc, mauvais plaisant, s'écrie-t-il, tu as régné vingt ans, et Alexandre, que voici, n'en a régné que douze. Pourquoi donc, au lieu d'accuser ta mollesse, t'en prendre à la brièveté du temps?" Piqué au vif par ce brocard, Trajan, qui n'était pas étranger à la rhétorique, mais à qui l'habitude de boire avait émoussé l'esprit, se met à parler de la sorte : « Jupiter et vous dieux, après avoir reçu l'empire, languissant et presque dissous par la tyrannie qui l'avait longtemps enchaîné et par les incursions des Gètes, seul j'ai attaqué les nations situées au delà du Danube. J'ai détruit les Gètes, la plus belliqueuse des nations non seulement par la force du corps, mais par le courage que lui inspire son vénéré Zamolxis. Convaincus qu'ils ne meurent point, mais qu'ils changent de demeure, ils affrontent la mort plus volontiers qu'ils n'entreprennent un voyage. Cependant je n'ai mis que cinq ans à cette expédition. De tous les empereurs qui m'ont précédé, j'ai été estimé le plus clément par mes sujets, et c'est un fait dont César ici présent, ni aucun autre ne peut me contester l'évidence. Quant aux Parthes, je n'ai pas cru devoir prendre les armes contre eux, avant qu'ils m'eussent attaqué; mais, leur attaque faite, ni la vieillesse ne m'a plus arrêté, ni les lois qui m'exemptaient de la guerre. S'il en est ainsi, ne dois-je pas, en bonne justice, être honoré par-dessus les autres? Clément envers mes sujets, redoutable entre tous à mes ennemis, on m'a toujours vu respecter votre fille, la philosophie. » Ainsi parle Trajan, et les dieux sont d'avis qu'il mérite le prix de la clémence, montrant par là l'estime toute particulière qu'ils font de cette vertu.

Environnement hypertexte : Julien l'Apostat, Le Banquet


Jean Schumacher
27 avril 2007


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002