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Date :     23-03-2001

Sujets :
CeBIT Hanovre; Der Spiegel; HighTech-Welt 2001; Donald Norman, Sally Wyatt; David Shenk; l'ordinateur invisible; inflaticiel; featuritis;

Notice :

Concerne: CeBIT HANOVRE (Allemagne), 22-28 mars 2001.

L'exposition CeBIT Hanovre constitue la plus grande foire mondiale consacrée à l'informatique et aux technologies nouvelles. Cette année-ci 8.015 firmes de 60 pays différents exposent leur matériel sur une surface totalisant 422.109 m2.

La revue allemande Der SPIEGEL a consacré à l'événement non seulement la page titre du numéro 12 daté du 19 mars 2001 - intitulé: HighTech-Welt 2001. Odyssee im digitalen Raum. 50 Sonderseiten zur CEBIT. -, mais aussi de l'ordre de 50 pages spéciales qui s'ouvrent sur un article de Hilmar SCHMUNDT: Im digitalen Labyrinth (pp. 116 - 120).

Dans son article, le journaliste se montre critique à l'encontre de l'évolution actuelle de l'informatique et des technologies nouvelles: Bientôt, tout équipement informatique pourra tout faire. Mais l'utilisation de cet équipement devient de plus en plus difficile pour le commun des mortels. (In Zukunft soll jedes Gerät alles können. Doch für den Benutzer wird die Handhabung immer komplizierter.)

H.S. cite Donald NORMAN, auteur du livre The invisible computer (Cambridge, MA, 1998): "L'industrie a succombé à une fièvre technologique; la maladie s'appelle featuritis; maladie qui consiste en une envie, qui ne connaît pas de fin, de doter les équipements informatiques de fonctions nouvelles et supplémentaires avec le danger qu'à la fin ils ne soient plus maîtrisables." (... the industry has succumbed to a technology fever, to the disease of featuritis, to pushing new technologies at the customer faster than even the most compliant customer can absorb.)

Pourquoi ordinateur invisible? Parce qu'il ne se fait pas (plus) remarquer: il est complètement et parfaitement intégré dans l'environnement de travail de l'utilisateur. C'est le souhait de D. N.

Don NORMAN est professeur émérite au Département de Science cognitive de l'Université de Californie à San Diego. Le livre The invisible computer a reçu une large place sur son site web: la préface, la table des matières ainsi que le chapitre 4 y sont exposés; intitulé de ce chapitre: What's wrong with the PC? .

Dans la préface, D.N. fait le constat que de nos jours "la technologie mène le bal et elle est soumise à un marketing tourné vers les possibilités (potentialités) des équipements" ( Technology rules the day, guided by feature-driven marketing). Il préconise un changement radical: le "produit" informatique doit être pensé en fonction des besoins des utilisateurs ( Now the product has to be driven by customer needs). Son livre, dit-il, veut être un appel à l'industrie pour passer d'un monde centré sur la technologie vers une façon de penser centrée sur l'être humain ( Another basic goal of this book is to help companies make the transition from being technoloy-centered to being human-centered ).

Pour Hilmar SCHMUNDT l'exposition CeBIT ne manquera pas d'occulter (une nouvelle fois) les défis de base, évidents et archi-connus, auxquels les utilisateurs se trouvent confrontés jour après jour:

- les "plantages" des machines,

- l'inflaticiel ou logiciel qui enfle démésurément au point de se trouver (souvent) à la base de ces "plantages": Windows 2000 comporte 29 millions de lignes de code; s'il était imprimé, cela représenterait un immeuble de 20 étages; la dernière version du fureteur NETSCAPE occupe 29,6 Mo en téléchargement et prend 18 Mo de mémoire en exécution

- l'obsolescence rapide des données sauvegardées: disques durs, cartouches ou cassettes magnétiques,Cd-Rom's, etc. n'ont qu'une durée de vie très limitée puisque les périphériques ou lecteurs sur lesquels sont mis en oeuvre ces supports se démodent rapidement et ne sont plus fabriqués après quelques années d'utilisation

- le renouvellement trop rapide des machines et de leurs composants: après deux ans, un ordinateur se trouve "hors coup" (out of date); conséquences: des incompatibilités grandissantes des machines entre elles car les nouveaux composants ne fonctionnent par exemple plus avec les anciens connecteurs ou ports de communication, etc.

H. S. cite ensuite Alan COOPER, père du langage de programmation VISUAL BASIC, et son livre The inmates are running the asylum. Why high-tech products drive us crazy and how to restore the sanity (avril 1999, 261 pp.). H.S traduit ce titre par: "Die Verrückten leiten die Anstalt" (Les fous dirigent l'institution). Pour lui, en effet, si les outils informatiques sont tellement compliqués, c'est parce que ce sont des ingénieurs qui dirigent maintenant l'industrie high-tech. La soif inextinguible d'appréhender et d'exploiter toutes les possibilités qu'offre le silicium a, en effet, fait perdre leurs responsabilités aux chefs d'entreprise.

A. C. compare le logiciel "enveloppé" à un ours qui danse (dancing bear). Le miracle est qu'un ours sache danser. Cependant, si vous avez besoin à un moment donné d'un danseur, vous n'allez pas louer un ours. A.C., pour qualifier un "mauvais logiciel" dans son livre, utilise le terme dancing bear ware dont il cite des exemples au chapitre 4. Au chapitre 7 apparaît l'homo logicus, en qui A.C. voit l'utilisateur fanatique d'un système et adepte des outils techniques difficiles qui ne sont pas à la portée de Monsieur tout le monde (qu'il appelle persona).

Cf. compte-rendu par Ellen ISAACS qui se dit gênée par l'attitude de A.C. vis-à-vis du monde des ingénieurs. Elle qualifie cette attitude d'arrogant and accusatory.

Mais les utilisateurs ne se laissent plus faire. Un site comme epinions.com livre des appréciations basées sur l'utilisation et la pratique des différents produits informatiques.

H.S. fait même état d'une étude réalisée par Sally WYATT d'après laquelle des millions d'utilisateurs aux USA et en Grande-Bretagne auraient déjà quitté la Toile: They came, they surfed, they went back to the beach ("ils sont venus, ils ont surfé, ils sont retournés sur la plage") Cf. Projet From the net to the web and beyond: actors and interests in the construction of the internet.

Sally WYATT travaille actuellement à l'Université d'Amsterdam et est coordinatrice du projet Society, Science and Technology in Europe qui réunit une quinzaine d'universités européennes dans plus de 10 pays différents.

Un mouvement vers la "simplicité" (informatique) semble se dessiner mondialement dont le slogan pourrait être: Dites seulement non (Just say no) à la featuritis, à l'inflaticiel et aux nouveautés (technologiques) renversantes.

H. S. cite ici David SHENK, qui, dans son livre DATA SMOG: Surviving the information glut, juin 1998, 256 pp., parle de ce mouvement qui ne se caractérise cependant pas par une opposition aux machines et aux technologies.

Dans un livre intitulé The end of patience: cautionary notes on the information revolution, (1999), cet auteur rassemble toutes ses contributions à des conférences, interviews, etc. relativement au même sujet: la (sur)charge informationnelle (information overload, information spam) et son rejet.
D. S. ne demande pas de renoncer à la technique mais de mettre en oeuvre les moyens les plus simples qui sont disponibles et dont n'importe qui peut comprendre l'utilisation.
C'est là aussi la conclusion de Hilmar SCHMUNDT.

Sur le site du libraire AMAZON.COM figurent des références-liens vers les compte-rendus du livre DATA SMOG de D. SHENK. Compte-rendus qui soulignent dans leur grande majorité la part de common sense qui caractérise ce livre même si certains remèdes avancés paraissent fort simplistes. Il en est qui recommandent aux éditeurs de fureteurs web de l'incorporer dorénavant dans les versions à venir de leur produit.


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002