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Date :     13-10-2006

Sujets :
ITINERA ELECTRONICA & recherches : une amélioration ergonomique; FICHES de lecture : 16 ajouts; HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes : Aristophane, Aristote, Diodore de Sicile, Thucydide; Lecture : Varus, rends-moi mes légions (Anatole FRANCE);

Notice :

1. ITINERA ELECTRONICA : une amélioration ergonomique :

Dans l'Actualité spéciale du mercredi 11 octobre 2006, nous vous avons présenté le 3e volet du traitement électronique de littératures en rapport avec l'Antiquité : les Cheminements français.

Dans ces Cheminements Boris Maroutaeff a implanté une procédure permettant de mettre en relief la ou les formes pour laquelle/lesquelles une recherche est effectuée dans la base textuelle (environnements hypertextes).

Mise en relief : couleur rouge pour la forme (ou la partie du mot) + cadre de couleur jaune.

Et si le texte affiché présente plus d'une fois la forme recherchée, cette mise en relief est effectuée pour chacune des attestations.

Il se fait que cette mise en évidence est souhaitée aussi - depuis un certain temps - pour l'interrogation des bases de données latines et grecques. B. Maroutaeff vient de faire en sorte qu'elle soit possible pour les bases de données latines : la procédure est installée dans les près de 600 environnements hypertextes latins déjà créés. Pour la base grecque, il faudra encore patienter : le système d'écriture est différent (UNICODE) et la procédure devra, dès lors, être adaptée à cette situation particulière.


2. Fiches de lecture :

  • Adresse du site : Lectures (site arrêté à la date du 18 mai 2006)
  • Base de données : Fiches (depuis le 19 mai 2006)
  • Ajouts : consultation des ==> Nouveautés <==

Les Nouveautés concernent :

  • ==> LATIN :
  • AUGUSTIN, La Cité de Dieu, livre XI - XII
  • ==> GREC :
  • DIODORE de SICILE, La bibliothèque historique,, XII
  • PLATON, Les Lois, livre II
  • THUCYDIDE, La guerre du Péloponnèse, livre IV

Nouvelles étincelles glanées :

  • Les propriétés des nombres
  • L'humanité après le déluge
  • Les titres qui donnent droit au commandement
  • Les types de chants
  • La punition infligée aux sycophantes (délateurs)
  • Tous les enfants doivent apprendre à lire et à écrire
  • C'est de la folie que de s'exposer à un deuxième mariage !
  • Une procédure (particulière) de révision des lois
  • Le détroit de Messine : la fameuse Charybde d'Ulysse ?
  • Machines de guerre : la machine à cracher le feu


3. HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes :

Cette semaine-ci, Christian Ruell a pu constituer quatre nouveaux environnements hypertextes:

  • Aristophane, Lysistrata, comédie complète [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]
  • Aristote, De l'âme, livre I [texte grec et traduction française repris au site de Philippe Remacle]
  • Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique, livre XII
  • Thucydide, La guerre du Péloponnèse, livre IV [traduction française reprise au site de Philippe Remacle]

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format UNICODE, dans le Dépôt HODOI ELEKTRONIKAI.


4. Lecture : Varus, rends-moi mes légions ! :

ANATOLE FRANCE : LES LEGIONS DE VARUS

[Extrait de : Gazette Rimée, 20 juin 1867.
Cité dans : Marie-Claire BANCQUART, Anatole France polémiste,
Nizet, Paris, 1962, pp. 625-627]

Auguste regardait pensif couler le Tibre ;
Il songeait aux Germains : ce peuple pur et libre
L'étonnait ; ces gens-là lui causaient quelque effroi :
Ils avaient de grands coeurs et n'avaient point de roi.
César trouvait mauvais qu'ils pussent se permettre
D'être fiers, et de vivre insolemment sans maître.
Puis le bon César prit pitié de leur erreur
Au point de leur vouloir donner un empereur.
Il crut d'un bon effet qu'aussi l'aigle romaine
Se promenât un peu par la forêt germaine :
Il n'est tel que son vol pour éblouir les sots
Puis, l'or des chefs germains lui viendrait par boisseaux.
On s'ennuyait ; la guerre était utile en somme
On n'avait pas d'un an illuminé dans Rome.

Auguste se souvint d'un homme de talent ;
Varus s'était montré proconsul excellent ;
Maigre il était entré dans une place grasse,
Et s'en était allé gras d'une maigre place.
Donc Varus, que César aimait pour ses travaux,
Ayant trois légions, trois ailes de chevaux,
Et pour arrière-garde ayant quatre cohortes,
De l'Empire romain les troupes les plus fortes,
Mena ces braves gens à travers les forêts,
Le front dans les taillis, les pieds dans les marais.
Alors la forêt mère, inviolée et sainte,
Etreignit les Romains dans son horrible enceinte,
Les fit choir dans des trous, leur déroba les cieux ;
Chaque arbre avait des doigts et leur crevait les yeux.
Les soldats abattaient ces arbres pleins de haines
Et les chevaux, oyant gémir l'âme des chênes,
Se jetaient effarés dans la nuit des halliers,
Et, contre les troncs durs, brisaient leurs cavaliers.
Des flèches cependant venaient, inattendues,
Aux arbres ébranlés, clouer les chairs tordues
Et les soldats mouraient la javeline aux mains.

Hermann était debout au milieu des Germains
Le chef dormant s'était relevé pour leur cause,
Hermann, gloire sans nom ! Hermann, l'homme, la chose
De l'antique patrie et de la liberté,
Toujours beau, toujours jeune et toujours indompté !
Le chef blond était là, dans sa force éternelle
Pieuse, le gardait la forêt maternelle.
Le chef au pavois rouge, autour du bois hurlant,
Serrait un long cordon de Germains au corps blanc ;
Et, trois jours et trois nuits, la sainte Walkyrie,
Sur ces bois pleins de sang, fit planer sa furie
Son oeil bleu souriait — et ses neigeuses mains
Tranchèrent le jarret aux enfants des Romains.
Lorsque le courrier vint, poudreux, dire l'armée
De l'empire romain dormant sous la ramée,
L'Empereur en conçut de si fortes douleurs
Qu'il ôta de son front sa couronne de fleurs,
Et renvoya la foule au milieu d'une fête ;
Aux tapis de son lit il se cogna la tête,
En s'écriant : "Varus, rends-moi mes légions !".
Bien quitte alors envers les expiations,
Il allait s'endormir, quand, pleurante et meurtrie,
Devant ses yeux mal clos, se dressa la Patrie.
« César, rends-moi mes fils, lui dit-elle ; assassin,
Rends-moi, rends-moi ma chair et le lait de mon sein !
César, trois fois sacré, toi qui m'as violée,
Et qui m'as enchaînée et qui m'a mutilée,
Oui, la chair et le sang de mes plus beaux guerriers,
N'est vraiment qu'un fumier à verdir tes lauriers :
A leur cime, une sève épouvantable monte,
Hélas ! et fait fleurir ma misère et ma honte.
Et je n'ai plus mes fils, ceux qui dans mes beaux jours
Me couronnaient d'épis, me couronnaient de tours.
Rends-moi mes légions, ma force et ma couronne,
Et dors sous tes lauriers, car leur ombre empoisonne !
Autrefois, quand, aux jours de ma fécondité,
J'enfantais dans la gloire et dans la liberté,
Je riais à mes fils morts pour la cause sainte,
Tombés en appelant ceux dont j'étais enceinte
Leurs frères étaient prêts, et mon oeil radieux
Les suivait citoyens, les perdait demi-dieux.
Je sentais des guerriers frémir dans mes entrailles,
Et mon lait refaisait du sang pour les batailles...
Mais comme la lionne, en sa captivité,
Je fais tout mon orgueil de ma stérilité.
César ! vois mes beautés maternelles flétries ;
Vois pendre tristement mes mamelles taries.
Sur les fruits de ton viol mes flancs se sont fermés ;
Je ne veux pas des fils que ton sang a formés.
Rends-moi mes légions, ces dernières reliques
De la force romaine et des vertus publiques !
César ! rends-moi leur sang précieux et sacré ;
Rends-moi mes légions !... mais non, non ; je croirai
Le ciel assez clément et toi-même assez juste,
Si seulement tu veux, divin César-Auguste,
De tout ce sang glacé que les lunes du nord
Boivent, de tant de chairs que la dent des loups mord,
Me rendre ce qu'il faut de nerfs, de chair et d'âme,
Pour tirer de ton cou tordu ton souffle infâme !»
Ainsi, sur l'empereur roulant ses yeux ardents,
Hurla la Louve, avec des grincements de dents.
Puis Auguste entendit des murmures funèbres
Tout remplis de son nom monter dans les ténèbres
Formidables, et vit, par le ciel entr'ouvert,
Des soldats défiler, blancs sous leur bronze vert ;
Et Varus, qui menait la troupe pâle et lente,
Leur montrait le César de sa droite sanglante.
César ferma les yeux et sentit, tout tremblant,
Ses lauriers d'or glacer son front humide et blanc.
Tendant ses maigres bras au ciel de Germanie,
Il cria, blême, avec un râle d'agonie :
«Varus ! garde la troupe intrépide qui dort !
Garde mes légions, ô ma complice ! ô Mort!»

Nous avons éprouvé la base de données De la forme ou de l'expression française aux littératures latine et grecque pour retrouver, si possible, la ou les sources qui ont inspiré Anatole France.

Critères de sélection soumis : "Varus" ET "rends" ET "légions".

En réponse à notre interrogation, nous avons obtenu une seule attestation:

SUETONE, Vie d'Auguste, ch. XXIII

Ce qui tend à souligner l'intérêt d'une mise en correspondance des littératures latine, grecque et française relativement à l'Antiquité. L'outil TICE existe déjà et fait ses preuves mais les Cheminements français sont encore à venir.


Jean Schumacher
13 octobre 2006


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002