Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     24-02-2006

Sujets :
Fiches de lecture : 4 ajouts; Libres propos : Régis DEBRAY à propos de Julien l'Apostat; HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes : Aristophane, Homère, Diodore de Sicile, Dion Cassius, Pausanias;

Notice :

1. Fiches de lecture :

Adresse générique : Lectures

Les ajouts de la semaine :


2. Libres propos :

Dans le journal belge Le SOIR, édition du lundi 20 février 2006, William BURTON a recueilli des propos de Régis DEBRAY relativement à son dernier livre Julien le fidèle ou le Banquet des démons, Paris, Gallimard, 2006, 160pp. :

Dans votre dernière pièce, l'empereur. Julien (dit « l'Apostat»), qui a vécu au IVe siècle après J-C, arrive à la conclusion qu'il ne peut restaurer la puissance politique de Rome sans restaurer la religion romaine. Car la religion chrétienne, qui est en train de monter, se moque de Rome, de la cité, de la citoyenneté, du politique, soucieuse qu'elle est d'instaurer une théocratie. La transposition à notre époque est tentante...

Julien essaye en effet de lutter contre cette sorte de marée qui submerge peu à peu la haute société romaine, mais il arrive trop tard et il sera emporté par les flots : en l'occurrence tué par un chrétien, mais tué dans un combat contre les Perses. Alors c'est vrai que, un combat contre les Perses... on pense à l'Irak d'aujourd'hui. Quant aux chrétiens de l'époque, ils ressemblent étrangement aux islamistes d'aujourd'hui. Et le désespoir de ce jeune dirigeant devant l'écroulement de l'autorité rappelle étrangement le désarroi de nos vieux dirigeants à nous devant l'écroulement de toutes les institutions d'autorité que sont l'Armée, l'Eglise, la Justice... Disons que c'est un clin d'oeil. Je crois que l'Histoire, sans se répéter, sans bégayer, est tout de même en spirale. Notre siècle peut s'éclairer utilement à une certaine transition entre le polythéisme et le monothéisme, voilà.

Cette pièce vous a valu quelques recensions négatives. On vous a traité de passéiste, de nostalgique, voire de réactionnaire. Or, vous revendiquez cet état d'esprit : vous considérez même que la nostalgie est un sentiment dynamique, sans lequel on ne peut aller de l'avant... Comment défendez-vous ce point de vue ?

D'abord, l'âge d'or, par définition, c'est derrière nous, même si certains, au XIXe siècle, l'ont mis devant nous. Quoi qu'il en soit, l'homme est un animal qui ne peut pas se satisfaire de son présent et qui a toujours besoin d'un ailleurs. Cet ailleurs est d'ordre historique ou mythique et généralement se réfère à un « Eden » perdu. Cela ne vaut pas seulement pour les religions révélées, qui veulent qu'à la fin, on retourne à l'origine, c'est-à-dire à la pureté d'avant la faute. Cela vaut également pour les postures politiques les plus séculières. Ceux que l'on appelle les « révolutionnaires» devraient en fait être appelés les « réactionnaires de progrès ».

Le propre de la figure de celui qu'on appelle le révolutionnaire, depuis le XVIIIe siècle, c'est quelqu'un qui dénonce son époque comme perversion d'une pureté perdue, d'un message trahi, d'un bonheur manqué - c'est le thème de Jean-Jacques Rousseau - qui a fait que le grand bond en avant de 1789 et de 1793 a d'abord été un bond en arrière - retrouver Sparte même, pour Saint-Just... La modernité d'un Saint-Just c'était le rococo et l'Ancien régime. II n'a pas été contemporain de son temps puisqu'il a voulu retrouver les formes romaines oubliées.

Le style révolutionnaire, c'est le néoclassique, c'est David, ce n'est pas Greuze ou Boucher. Les révolutionnaires de 1848 sont des gens qui veulent revenir à 1789, les révolutionnaires de 1871 veulent refaire 1848 et Lénine danse dans la neige au Kremlin lorsqu'il a dépassé les cent jours de la Commune. Le commandant Marcos se nomme « zapatiste » ; je vous signale que Zapata est mort vers 1917... Ne trouvez-vous pas cela étrange ?

Et Che Guevara, que vous avez connu dans une autre vie ?...

Che Guevara se revendiquait de José de San Martin, bien entendu, comme Castro de José Marti... Bref, la modernité n'est pas intrinsèquement progressiste à mes yeux.

A propos de ce désarroi des dirigeants, que vous évoquiez : dans la crise des banlieues, on a dénoncé le modèle français - « républicain » - d'intégration, qui tend à lisser les particularismes. Mais le modèle multiculturel, porté à son plus haut degré de développement aux Pays-Bas, est également sens dessus dessous, depuis le meurtre de Theo van Gogh... Que faire ?

Si j'avais une recette dans ma poche, cela se saurait... Ce qui m'a frappé dans ces émeutes en banlieue, ce n'est pas l'emprunte religieuse, c'est l'absence de religion, au sens freudien du mot. C'est-à-dire l'incapacité à symboliser, l'incapacité à revendiquer, l'incapacité à formuler un programme, à se dépasser dans une vision de l'avenir. Là, on est vraiment dans une situation de dé-sublimation. C'est-à-dire de fin des censures et de remontée des pulsions, que Freud référait au principe de plaisir: « Je casse tout et ne me parlez pas de demain matin ! » Donc, ce n'est pas du tout, comme on l'a dit, une transplantation de l'islamisme dans les banlieues. On l'a bien vu avec l'impuissance des imams, qui n'ont absolument pas pu contrôler ce mouvement, qui provenait d'un modèle consumériste, parfaitement dépourvu de projet politique.

En termes de symbolique, les émeutiers ont cassé des écoles, des gymnases, des équipements collectifs...

On casse tout ce qui est de l'ordre de la culture, c'est-à-dire de la sublimation, c'est-à-dire de la sublimation et de la contrainte. Freud a fort bien expliqué tout cela dans les années 20, mais lui était partisan de la discipline, de la censure et de la contrainte.

II fut tout de même le maître à penser d'un Herbert Marcuse, qui l'était nettement moins...

Oui mais enfin, était-ce bien sérieux, vraiment ?...


3. HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes :

Pendant le semaine écoulée, Christian RUELL a pu établir les environnements hypertextes suivants :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format UNICODE, dans le dépôt HODOI :


Jean Schumacher
24 février 2006


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002