Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     01-07-2005

Sujets :
ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes: Boccace, Érasme, Lando (recréations), Valère Maxime (x3); Arrien, Diodore de Sicile, Lucien, Plutarque, Xénophon; Lecture 1 : Cicéron, est-ce un païen qui écrit pour des païens?; Lecture 2 : John Maddox ROBERTS, Échec au Sénat; Culture : Pompéi, une cité reconstituée;

Notice :

1. ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI : Environnements hypertextes :

Chrsitain RUELL, de retour, a pu constituer les environnements hypertextes suivants (une corbeille pleine!):


2. Lecture 1 : Cicéron, est-ce un paîen qui écrit pour des païens? :

C'est la question que pose Érasme dans la lettre 1013 à Jacques Voecht; lettre qui est la Préface à une nouvelle édition d'Érasme du De officiis de Cicéron :

... Sic subinde mecum inter legendum cogitabam : Heccine ethnicus scribit ethnicis, prophanus prophanis ? At in praeceptis uiuendi quanta aequitas, quanta sanctimonia, quanta synceritas, quanta ueritas, quam omnia consentanea naturae, quam nihil fucatum aut somnolentum. Quem animum exigit ab his qui gerunt rempublicam ! ut admirabilem illam et amabilem uirtutis spetiem ponit ob oculos ! quam multa, quam sancte, imo quam diuinitus tradit ! de gratis etiam iuuandis omnibus, de tuenda amicicia, de immortalitate animorum, de contemptu earum rerum quarum gratia uulgus hodie, non dicam Christianorum sed theologorum etiam ac monachorum, nihil non et facit et patitur. Pudebat interim nostrorum morum, qui sacris libris edocti, qui tantis et exemplis et praemiis prouocati, doctrinam Euangelicam profitemur, nec praestamus. Describe nostris satrapis talem principem aut magistratum qualem describit Cicero, dispeream ni cum sua imagine ut delirus ridebitur. Quis nunc rempublicam nisi spe lucri aut honoris gratia capessit? Quis non ita gerit ut questum facere uideatur, ut hostem agat eorum quibus debuerat etiam uite suae dispendio consulere. Vbi reperias inter Christianos par amicorum ad hanc imaginem quam proponit M- Tullius? ubi senes qui tam infracto animo ferant aetatis incommoda? ubi tam sancta senum cum iuuenibus colloquia?

Car durant ma lecture, je méditais de la sorte : Est-ce là un païen qui écrit pour des païens? un homme sans religion pour ses pareils? Cependant, quelle grande équité dans ses préceptes de vie, quelle honnêteté, quelle sincérité, quelle vérité; comme tout y est conforme à la nature, sans rien de faux ni de chimérique. Quelle conscience il exige de ceux qui gèrent l'État! quelle admirable et aimable image de la vertu il met sous nos yeux! que de choses il nous livre fidèlement — ou plutôt divinement — à propos des services à rendre gratuitement à tous, de l'amitié à préserver, de l'immortalité de l'âme, du mépris de pratiques qu'aujourd'hui accomplit et tolère la foule, non seulement, dis-je, la foule des chrétiens et des théologiens mais aussi des moines.

J'avais honte cependant de nos moeurs, à nous qui sommes instruits dans les livres saints et qui, exhortés par de si grands exemples et récompenses, professons la doctrine évangélique sans la pratiquer. Décris à nos gouverneurs tel prince ou tel magistrat que nous peint Cicéron, et je veux bien périr si on ne s'en moque pas comme d'un extravagant à cause de son idéal. Qui cherche maintenant à accéder au gouvernement sinon dans l'espoir du lucre et des honneurs? Qui ne se comporte pas de manière à réaliser un gain? à se montrer l'ennemi de ceux pour lesquels il aurait dû se dépenser même au prix de sa vie? Où trouverais-tu, entre chrétiens, une paire d'amis semblable à l'image qu'en propose Marcus Tullius? des vieillards qui supportent les incommodités de l'âge d'une âme aussi vaillante? Où entendrais-tu des conversations aussi sages entre vieillards et jeunes hommes? ...


3. Lecture 2 : John Maddox ROBERTS, Échec au Sénat :

Dans l'actualité du 6 mai 2005, nous vous annonçions la publication prochaine de deux traductions françaises de romans policiers de John Maddox ROBERTS (Série S.P.Q.R.; série qui comporte déjà une dizaine de titres en version originale anglaise et en traduction allemande). Les titres annoncés étaient Échec au Sénat (The king's Gambit) et La République en péril (The Catiline Conspiracy). Ces livres sont maintenant disponibles et peuvent donc constituer une excellente lecture de vacances.

Voici un extrait d'Échec au Sénat; nous sommes chez Claudia, le gratin de la sociéte romaine a été invité et le banquet bat son plein:

"...Caius Julius [Caesar] fut nommé maître de cérémonie, et il demanda que le breuvage soit mélangé avec une mesure d'eau pour deux de vin, puissante mixture quand on considère la générosité du falerne que servait Publius. Je fus reconnaissant à César de ne pas lancer l'un de ces défis absurdes où chaque invité doit vider un certain nombre de coupes. Par exemple, il aurait pu nous demander de boire une coupe pour chaque lettre du nom de notre invité d'honneur. Tigrane aurait fait un choix acceptable, mais nous aurions tous roulé sous la table avant d'épeler la fin de Quintus Hortensius Hortalus. Au lieu de quoi, nous bûmes à notre guise, mais les serviteurs s'assuraient que nos coupes fussent toujours pleines.

— Ce soir, annonça Caius Julius, pour faire honneur à nos inestimables invités, nous discuterons du bon usage du pouvoir, qu'il soit civil ou militaire, au service de l'Etat.

Encore une coutume grecque, choisie pour flatter notre hôte oriental. Les Romains choisissent rarement les discussions philosophiques pour égayer leurs beuveries, considérant avec quelque justesse que les propos tenus seront oubliés le lendemain. D'habitude, les préférences vont aux lutteurs, aux acrobates ou aux danseuses nues sardes.

— Marcus Tullius, reprit César, aie la bonté d'ouvrir la discussion. Attention, tu n'es pas au prétoire. Énonce tes arguments avec précision et clarté pour que nos invités à demi ivres puissent suivre le fil de ton raisonnement.

César était le parangon même du joyeux fêtard, bien que je le tinsse pour parfaitement sobre.
Cicéron rassembla ses idées,
— Nous autres, Romains, commença-t-il, nous avons créé une nouveauté dans ce monde. Depuis que nous avons chassé nos rois, il y a plus de quatre cents ans, nous avons édifié notre République, le plus bel instrument de gouvernement que l'homme ait imaginé, Elle n'a rien à voir avec l'ancienne république d'Athènes, turbulente et chaotique, c'est au contraire un système d'assemblées dûment constituées, couronné par le Sénat et présidé par deux consuls. Avec toutes mes excuses pour notre hôte vénéré, ce système est de loin supérieur à une monarchie désuète, car les lois remplacent le pouvoir arbitraire, et tous les postes de pouvoir sont accordés en fonction du mérite et des états de service de chacun ; de plus, ils sont révocables en cas d'incompétence ou de corruption avérées.

Ainsi, pour le bien de l'Etat, le pouvoir est justement exercé par des hommes férus en droit et formés au gouvernement. On ne devrait accorder le commandement militaire qu'à ceux qui ont servi longtemps dans le domaine civil, de crainte que les généraux, incapables de penser en termes autres que militaires, ne recherchent la guerre pour s'enrichir plutôt que de limiter les actions militaires aux seuls intérêts de l'Etat.

C'était une flèche assez grossière décochée contre Pompée, qui avait obtenu son poste de général après un service civil minimum, puis avait, grâce à son pouvoir militaire, assumé les plus hautes fonctions.

— Sergius Catilina partage ton point de vue, déclara César.
Hagard, mais la voix coupante, Catilina se lança : — Bien qu'aucun d'entre nous, bien sûr, n'envisage de restaurer la monarchie, notre estimé Marcus Tullius néglige totalement la valeur de la naissance dans le choix de nos gouvernants. Ceux qui sortent de la lie du peuple n'ont pas le sens de l'Etat, l'enrichissement personnel est leur seule et unique convoitise. Il faut des siècles pour produire les qualités innées qui n' appartiennent qu'à la vraie noblesse, qualités qui, hélas, se font de plus en plus rares. Dire que l'on voit tous les jours des fils d'affranchis siéger au Sénat !

Comme Publius, Catilina croyait que les hautes fonctions lui revenaient de droit par sa naissance. On ne lui connaissait pas d'autres qualifications,
— Je propose que la fonction publique et le commandement militaire soient strictement réservés à la noblesse patricienne et plébéienne. Cela nous éviterait de voir des aventuriers occuper le pouvoir.

— Admirablement dit, remarqua sèchement César.
A présent, comme Quintus Curius s'est retiré des débats (l'homme, qui avait sombré dans le sommeil, faisait entendre un vibrant ronflement), écoutons notre consul élu.

— Je ne suis pas un philosophe politique, susurra Hortalus, mais un simple avocat, un néophyte dans l'art du gouvernement. Bien que je n'aimerais pas voir revenir un roi à Rome, je suis pourtant un ami des rois. (Là, il inclina la tête à l'adresse de Tigrane.) Et même si je considère que le pouvoir arbitraire d'un seul homme menace l'ordre, je dois faire remarquer l'excellence de notre dictature dans les cas d'urgence qui nécessitent les décisions rapides d'un seul pour préserver l'Etat. En ce qui concerne la question militaire, ajouta-t-il avec un geste éloquent, nous avons depuis quelque temps permis trop de latitude à nos généraux à l'étranger. Ils ont maintenant tendance à oublier qu'ils doivent leur commandement, et tout le reste, au Sénat. Ils en sont ainsi venus à se considérer comme des gouverneurs virtuellement omnipotents dans leurs zones d'opérations.
Nous nous souvenons tous de Sertorius, et plus tôt dans la soirée, Sergius Catilina a émis des remarques pertinentes sur le général Lucullus.
C'était typique d'Hortalus d'utiliser les propos d'autrui pour soutenir son point de vue,
— Sans doute serait-il temps d'introduire une procédure légale qui définirait les devoirs de nos généraux et limiterait leurs pouvoirs.

--- Voilà des propos excellemment argumentés, dit César. Ecoutons maintenant notre hôte.
Publius était passablement aviné, mais il gardait une certaine cohérence.
-- Je vais bientôt rejoindre mon beau-frère, le glorieux Lucullus, dans la guerre contre Mithridate. Le service militaire est essentiel aux futurs serviteurs de l'État. Je l'ai toujours dit. Toutefois, le pouvoir réside ici, à Rome. Si un homme veut exercer le pouvoir suprême, il ne doit pas l'obtenir par des conquêtes en Espagne ou en Égypte. Le pouvoir vient du peuple de Rome. De tout le peuple de Rome, patriciens et plébéiens réunis. Le Sénat promulgue les décrets, mais le pouvoir réside aussi dans l'assemblée populaire. Quiconque aspire au pouvoir se trompe s'il croit qu'une majorité au Sénat suffit. L'adhésion du peuple est essentielle, et pas seulement dans les assemblées, mais aussi dans la rue.

— Hautement intéressant, dit Caïus Julius quand il estima la harangue, quelque peu décousue, terminée. Maintenant, pour éclairer les débats sous une perspective différente, donnons la parole à notre prince visiteur.

— Tout d'abord, commença Tigrane, permettez-moi d'exprimer mon admiration sans bornes pour votre système d'une ingéniosité si parfaite, qui élit parmi les meilleurs de son peuple ceux qui gouverneront la moitié du monde. Toutefois, j'ai peur qu'un tel système ne convienne pas dans nos contrées. Ici, vous baignez dans la culture grecque et vous avez une longue pratique des élections. Mon peuple est composé en majorité d'Asiatiques primitifs, habitués à un gouvernement autocratique. Pour eux, leur roi est un dieu. Retirez-leur le roi, ils perdent aussi leur dieu.
Il adressa à chacun des sourires comme si nous étions ses amis de longue date.
-- Non, je crois que l'Asie sera toujours gouvernée par des rois. Et je suis sûr que vous m'accorderez que ces rois devraient être des amis de Rome. De nos jours, rares sont ceux qui partagent mon opinion en Asie.
Toujours des visées sur le trône de son père, remarquai-je.

--- Excellente argumentation, dit César. Mais, écoutons plutôt Décius Cécilius Métellus le Jeune, qui vient d'embrasser récemment la carrière publique. C'est le fils de notre estimé préteur urbain, et le descendant d'une illustre lignée.

J'avais peu bu, mais j'étais pourtant grisé. Sans doute Claudia y était-elle pour quelque chose. Je m'étais promis de ne pas parler inconsidérément, mais l'introduction de César me fit dévier du discours neutre que j'avais préparé. En outre, il y avait je ne sais quoi dans l'air, un trouble qui ne m'avait pas quitté de la soirée. C'était à cause de la façon dont les choses s'étaient déroulées depuis les meurtres de Sinistrus et de Paramédès ; presque tout ce qui avait été dit ou suggéré pendant le dîner avait tourné autour de deux noms : Lucullus et Mithridate, Mithridate et Lucullus. Je savais qu'en insistant je pourrais démêler cet écheveau de mensonges et de conspiration ouverte ; je pourrais dévoiler les intérêts coupables que certains portaient à ces deux hommes. Je possédais un levier pour agir : le pouvoir du Sénat et du peuple de Rome. Il me manquait pour l'instant le pivot sur lequel appuyer mon levier.

— Plus jeune membre du gouvernement, commençai je, j'ose à peine parler devant une assemblée aussi distinguée.
Tout le monde me regardait en souriant d'un air approbateur, excepté Curius qui ronflait doucement. Pieds nus, les serviteurs se déplaçaient silencieusement autour de la table et remplissaient les coupes vides des convives.

— Pourtant, cette fascinante discussion m'a inspiré certaines idées que j'aimerais partager avec vous. (Les sourires ornaient toujours les visages.) Il y a, à mon humble avis, plus important que la naissance ou l'origine, plus important même que l'expérience ou le talent. La loyauté à Rome, au Sénat et au peuple. Comme mon patron Hortalus et mon ami Sergius Catilina l'ont si bien démontré, un général victorieux qui ne combat que pour s'enrichir ou se couvrir de gloire n'est pas digne de servir Rome. Pas plus qu'un magistrat qui rend son verdict en échange de pots-de-vin ni un gouverneur qui pille sa province.

Là, Cicéron hocha vigoureusement la tête en signe d'approbation. Il avait requis contre Verrès pour cette raison précise.

— Et personne, poursuivis je, n'est loyal à Rome si, pour son seul profit, il traite avec des rois étrangers, ou si, par jalousie, il conspire contre un commandant romain en exercice.

Cicéron approuvait et je lus le mot « juste » sur ses lèvres muettes. Catilina gardait son air acide, mais il paraissait s'ennuyer. Le visage d'Hortalus respirait toujours la jovialité, mais son sourire s'était figé. Publius me jetait un regard haineux et Tigrane contemplait sa coupe comme s'il craignait qu'on ne lise ses pensées sur son visage.

— Excellent, dit César d'un air approbateur. ..."


4. Culture : Pompéi reconstituée :

Après Sciences et Avenir qui consacra son numéro de mai 2005 à Pompéi, c'est au tour de Les Cahiers de Science & Vie de le faire dans leur numéro 87 de juin 2005 sous l'intitulé Pompéi, une cité reconstituée.

Nous avons saisi et enregistré au format PDF la page de couverture et le Sommaire de ce numéro.

Les articles traitent et le tremblement de terre dont Pompéei a été victime en 62 ap. J.-Chr et, surtout, l'éruption du Vésuve en 79 ap. J.-Chr. qui ensevelit Pompéi sous la cendre volcanique. Reconstructions, reconstitutions et simulations digitales (palestre, odéon, amphithéâtre, villas, ...) agencent cette Chronique de la vie quotidienne d'autrefois à Pompéi.


Jean Schumacher
LLN, le 1er juillet 2005


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002