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Date :     17-06-2005

Sujets :
ITINERA ELECTRONICE et HODOI ELEKTRONIKAI : nouveaux environnements hypertextes : Érasme, Phèdre, Valère Maxime; Apollonios de Rhodes, Homère, Lucien, Platon, Plutarque, Xénophon; Lecture 1 : A propos de l'absurdité de la guerre; Lecture 2 : La compagnie des morts est un grand bien; Culture : Les bouddhas de Bamayian - Série historique consacrée à César : Empire;

Notice :

1. ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI : environnements hypertextes :

Pendant la semaine écoulée, Christian RUELL a pu établir les nouveaux environnements hypertextes suivants:

Les textes bruts et les traductions françaises de ces oeuvres sont disponibles, aux formats .TXT (latin) et UNICODE (grec), dans les Dépôts ITINERA ELECTRONICA et HODOI ELEKTRONIKAI:


2. Lecture 1 : A propos de l'absurdité de la guerre :

Érasme, dans sa lettre n° 288, dresse un réquisitoire sévère contre la guerre et les malheurs qu'elle apporte (cf. aussi Adage 3001 et Querela pacis) :

Adde nunc quot facinora belli praetextu committantur, dum inter arma silent leges bonae ; quot rapinae, quot sacrilegia, quot raptus, quot alia dedecora, quae pudet etiam nominare. Haec pestis morum in multos annos duret necesse est, etiam extincto bello. Expende mihi nunc sumptus, ut etiam si uincas, multo tamen plus sit damni quam lucri. Quanquam quo tandem regno possis tot milium uitam ac sanguinem aestimare ? Atqui maxima malorum pars ad eos redit ad quos nihil pertinet bellum, pacis commoda ad omnes perueniunt : in bello plerunque flet etiam qui uicit. Tantum malorum agmen secum trahit ut non sine causa poetae finxerint bellum ab inferis per Furias immitti ; ne iam commemorem expilationem populi, ducum collusionem, rerum commutationes, quae nunquam sine summo incommodo nouari solent. Quod si gloriae cupiditas nos trahit ad bellum, non est gloria quae affectatur, praesertim ex malefactis. Et multo gloriosius est ciuitates condere quam euertere, siquid libet gloriosum designare. Nunc plebs extruit et excolit urbes, stultitia principum euertit. Sin lucro ducimur, nullum bellum tam feliciter cessit quin plus attulerit mali quam boni. Et nemo bello nocet hosti quin prius multis malis afficiat suos. Postremo, cum uideamus res humanas in morem Euripi sursum ac deorsum mutari miscerique, quorsum attinet tanto rerum molimine parare imperium mox qualibet occasione ad alios deuoluendum ? Quanto sanguine paratum est Rhomanum imperium, et quam mox coepit concidere !

Ajoute à présent tous les crimes qui se commettent sous prétexte de guerre, tandis que les bonnes lois restent silencieuses dans le fracas des armes : combien de pillages, combien de sacrilèges, combien d'enlèvements, combien d'autres hontes, que l'on rougit même de nommer. Cette corruption des moeurs se prolonge nécessairement pendant de nombreuses années, même quand la guerre est finie.

Calcule-moi à présent les dépenses, telles que, même si tu es vainqueur, il y aura beaucoup plus de dommage que de profit. Et quel royaume, à ton estimation, vaudrait la vie et le sang de tant de milliers d'hommes ?

De plus, la plus grande partie des souffrances incombe à ceux que la guerre ne concerne en rien, alors que les avantages de la paix s'étendent sur tous : bien souvent, dans la guerre, le vainqueur même doit pleurer. Elle entraîne avec elle une telle troupe de maux que les poètes ont eu raison de la représenter amenée des enfers par les Furies ; sans que je doive rappeler les populations dépouillées, les collusions entre les chefs, les situations bouleversées, qui ne se rétablissent jamais sans d'immenses préjudices.

Si c'est l'appétit de la gloire qui nous entraîne à la guerre, ce n'est pas elle que nous saisirons, surtout à force de crimes. Et, s'il s'agit de dire où réside la gloire, il est bien plus glorieux de fonder des cités que d'en anéantir. Tandis que le petit peuple édifie et entretient les villes, la folie des princes les renverse.

Si c'est l'espoir du gain qui nous mène, aucune guerre ne se termine si heureusement qu'elle n'amène plus de mal que de bien. Et nul ne nuit à son ennemi sans avoir d'abord beaucoup nui aux siens.

Enfin, puisque nous voyons les choses humaines changer et se confondre à la manière d'un Euripe dont le courant ne cesse de se renverser, à quoi bon mettre tant de choses en branle pour se préparer un empire qui bientôt, au premier accident, écherra à d'autres ? De combien de sang s'est construit l'empire romain, et qu'il fallut peu de temps pour qu'il commençât à déchoir !


3. Lecture 2 : La compagnie des morts est un grand bien :

Assertion que Platon met dans la bouche de Socrate qui vient d'être condamné à mort (Apologie de Socrate, pages 40-41 :

εἰ δ᾽ αὖ οἷον ἀποδημῆσαί ἐστιν ὁ θάνατος ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον, καὶ ἀληθῆ ἐστιν τὰ λεγόμενα, ὡς ἄρα ἐκεῖ εἰσι πάντες οἱ τεθνεῶτες, τί μεῖζον ἀγαθὸν τούτου εἴη ἄν, ὦ ἄνδρες δικασταί; [41] εἰ γάρ τις (41a) ἀφικόμενος εἰς Ἅιδου, ἀπαλλαγεὶς τουτωνὶ τῶν φασκόντων δικαστῶν εἶναι, εὑρήσει τοὺς ὡς ἀληθῶς δικαστάς, οἵπερ καὶ λέγονται ἐκεῖ δικάζειν, Μίνως τε καὶ ῾Ραδάμανθυς καὶ Αἰακὸς καὶ Τριπτόλεμος καὶ ἄλλοι ὅσοι τῶν ἡμιθέων δίκαιοι ἐγένοντο ἐν τῷ ἑαυτῶν βίῳ, ἆρα φαύλη ἂν εἴη ἡ ἀποδημία; ἢ αὖ Ὀρφεῖ συγγενέσθαι καὶ Μουσαίῳ καὶ Ἡσιόδῳ καὶ Ὁμήρῳ ἐπὶ πόσῳ ἄν τις δέξαιτ᾽ ἂν ὑμῶν; ἐγὼ μὲν γὰρ πολλάκις ἐθέλω τεθνάναι εἰ ταῦτ᾽ ἔστιν ἀληθῆ. ἐπεὶ (41b) ἔμοιγε καὶ αὐτῷ θαυμαστὴ ἂν εἴη ἡ διατριβὴ αὐτόθι, ὁπότε ἐντύχοιμι Παλαμήδει καὶ Αἴαντι τῷ Τελαμῶνος καὶ εἴ τις ἄλλος τῶν παλαιῶν διὰ κρίσιν ἄδικον τέθνηκεν, ἀντιπαραβάλλοντι τὰ ἐμαυτοῦ πάθη πρὸς τὰ ἐκείνων -- ὡς ἐγὼ οἶμαι, οὐκ ἂν ἀηδὲς εἴη -- καὶ δὴ τὸ μέγιστον, τοὺς ἐκεῖ ἐξετάζοντα καὶ ἐρευνῶντα ὥσπερ τοὺς ἐνταῦθα διάγειν, τίς αὐτῶν σοφός ἐστιν καὶ τίς οἴεται μέν, ἔστιν δ᾽ οὔ. ἐπὶ πόσῳ δ᾽ ἄν τις, ὦ ἄνδρες δικασταί, δέξαιτο ἐξετάσαι τὸν ἐπὶ Τροίαν ἀγαγόντα (41c) τὴν πολλὴν στρατιὰν ἢ Ὀδυσσέα ἢ Σίσυφον ἢ ἄλλους μυρίους ἄν τις εἴποι καὶ ἄνδρας καὶ γυναῖκας, οἷς ἐκεῖ διαλέγεσθαι καὶ συνεῖναι καὶ ἐξετάζειν ἀμήχανον ἂν εἴη εὐδαιμονίας; πάντως οὐ δήπου τούτου γε ἕνεκα οἱ ἐκεῖ ἀποκτείνουσι· τά τε γὰρ ἄλλα εὐδαιμονέστεροί εἰσιν οἱ ἐκεῖ τῶν ἐνθάδε, καὶ ἤδη τὸν λοιπὸν χρόνον ἀθάνατοί εἰσιν, εἴπερ γε τὰ λεγόμενα ἀληθῆ.

[40] ... Mais si la mort est un passage de ce lieu dans un autre, et que ce qu'on dit soit véritable, que là-bas est le rendez-vous de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut-on imaginer, mes juges?

[41] car si en quittant ceux qui contrefont ici les juges, on trouve dans les enfers les véritables juges, qui y rendent, dit-on, la justice, Minos, Rhadamanthe, Éaque, Triptolème et tous les autres demi-dieux qui ont été justes pendant leur vie, ce changement n'est-il pas heureux? A quel prix n'achèteriez-vous pas le bonheur de vous entretenir avec Orphée, Musée, Hésiode, Homère? Pour moi, si cela est véritable, je mourrais volontiers mille fois. Dans quels transports de joie ne serais-je point quand je me trouverais avec Palamède, avec Ajax, fils de Télamon, et avec tous les autres héros de l'antiquité qui ont été les victimes de l'injustice? Quel agrément de comparer mes aventures avec les leurs ! mais un agrément infiniment plus grand pour moi serait de passer les jours là aussi à interroger et à examiner tous ces personnages, pour distinguer ceux qui sont véritablement sages d'avec ceux qui croient l'être et ne le sont point. Est-il quelqu'un, mes juges, qui ne donnât tout ce qu'il a au monde pour examiner celui qui mena une si nombreuse armée contre Troie ou Ulysse, ou Sisyphe et tant d'autres, hommes et femmes, dont la conversation et l'examen seraient une félicité inexprimable? Ceux-là ne feraient mourir personne pour cet examen, car, outre qu'ils sont plus heureux que nous en toutes choses, ils jouissent de l'immortalité, s'il faut croire ce qu'on a dit.


4. Culture : Les bouddhas de Bamayian - Série historique consacrée à César: Empire :

L'Actualité du 12 mars 3001 était consacrée à ces bouddhas situés à Bamayian en Afghanistan et dont la destruction au mortier par les talibans a provoqué une indignation partagée universellement.

Sarah HALIFA-LEGRAND a présenté, dans Le Nouvel Observateur du jeudi 9 juin 2005, le film que David ADAMS a pu tourner à Bamayian en novembre 2000, peu avant la destruction des bouddhas géants; film que la châine de télévision Voyage a donné à voir le lundi 13 juin 2005 à 22H35 :

"Documentaire. "Au bout de la terre: tes bouddhas perdus d'Afghanistan". Les dernières images.
Un photographe de guerre a pu immortaliser les bouddhas de Bamiyan. Aujourd'hui, il ne reste d'eux qu'un amas de pierres écroulées. En novembre 2000, le photographe de guerre David Adams immortalise, les bouddhas géants de Bamiyan. Cinq mois plus tard, les tallbans font sauter à l'explosif ces colosses sculptés dans l'écrin de la falaise, incroyables vestiges du passé bouddhiste de l'Afghanistan.

C'est au prix d'un véritable parcours du combattant qu'il ramène ces photos. Car dans ce pays alors soumis au joug des talibans, où toute image est interdite, filmer relève du défi. De Kaboul à Bamiyan, en passant par Herat et Mazar-e-Sharif, il faut se démener à chaque étape pour obtenir un permis, ruser, se méfier des espions du régime, filmer secrètement les gens.
Mais une fois n'est pas coutume, c'est en échange d'une photo du chef taliban de Bamiyan que le reporter d'images est autorisé à s'approcher et à filmer les bouddhas ! A Mazar-e-Sharif, il lui faudra en revanche attendre que la grande mosquée bleue soit évacuée pour pouvoir enfin tourner. Mais au centre de l'Afghanistan, parmi les champs de mines et les obus, les Azaras - que l'on dit être des descendants de Gengis Khan - semblent ignorer les interdits : ils jouent au volley-ball et se soumettent volontiers à la caméra.

Alors que l'Afghanistan est aujourd'hui en route vers la démocratie, le film de David Adams fait partie de ces précieux documents qui témoignent d'une période noire du pays, où la moindre image exigeait patience et prise de risque.


César : la châine de télévision américaine ABC va dérouler, à partir du 28 juin 2005, une série historique consacrée à César : Empire.

Six épisodes ont été tournés en Italie et ont bénéficié d'un budget de 32 millions de dollars. Sujets traités : le complot, avec Brutus, et l'assassinat de César; l'avènement d'Octave (Auguste).
Cf. ABC revient au temps de l'Empire


Jean Schumacher
LLN, le 17 juin 2005


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002