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Date :     15-04-2005

Sujets :
ITINERA ELECTRONICA : Environnements hypertextes : Érasme, Lucain - Deuxièmes passages : Ovide, Fastes et Sénèque, Hercule furieux; Lecture : De l'importance de l'historien; HODOI ELEKTRONIKAI : Environnements hypertextes : Lucien, Xénophon; Lecture : Dis, Socrate, pourquoi as-tu choisi une femme acariâtre comme épouse?;

Notice :

1. Nouveaux environnements hypertextes - Deuxièmes passages :

Pendant la semaine écoulée, Christian RUELL a créé les environnements hypertextes suivants:

  • Érasme, Correspondance, Lettre n° 45 à Robert Gaguin (1495): lettre complète
  • Lucain, La guerre civile (La Pharsale), livre VIII

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format .TXT, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :

Deuxièmes passages :

Ovide, Les Fastes :

En 2004, Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet ont placé sur la BCS une traduction nouvelle des Fastes d'Ovide.

Nous avons tenu compte de cette traduction nouvelle lors de l'élaboration de la base de données globale des Fastes en novembre 2004.

Mais les environnements hypertextes, créés en 2002, reposaient sur la traduction française de l'édition datant du XIXe siècle (1857, Collection Nisard).

Il a été décidé de refaire ces environnements avec la traduction nouvelle disponible sur la BCS. Christian RUELL s'est occupé de ce travail et a établi 6 "nouveaux" environnements tout en maintenant les anciens car ils reposent sur un autre système de référenciation (références par épisodes), plus élaboré (à l'époque) que celui qui a cours aujourd'hui (ensembles de 50 vers):

  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre I
  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre II
  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre III
  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre IV
  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre V
  • Ovide, Fastes - version 2005 , livre VI

Sénèque, Hercule furieux :

Un enseignant nous a signalé une dizaine d'erreurs, résidus de la saisie et de la reconnaissance optiques, dans les 400 premiers vers de cette tragédie. Nous avons alors procédé à une relecture systématique du reste de l'oeuvre et avons ainsi découvert une autre dizaine de lectures inexactes (du type tratos au lieu d'iratos, constilit au lieu de constitit, loue au lieu de Ioue); c'est pourquoi l'environnement hypertexte a été refait mais cette fois-ci à l'identique moins les erreurs :

Sénèque, Hercule furieux, tragédie complète


2. Lecture : De l'importance de l'historien :

A l'occasion de la parution, en 1495, d'un ouvrage intitulé De originis et gestis Francorum Compendium, Érasme, dans sa lettre n° 45 adressée à l'auteur de ce Compendium, Robert Gaguin, met l'accent sur l'importance de l'historien pour la grandeur d'une nation :

[45,2] Sed tamen unum quiddam adhuc tanti imperii maiestas desiderare uidebatur. Cetera uel par uel inferior, Liuio atque Salustio uincebat adhuc Italia. Nam (ut scite cecinit Horatius) regum ducumque bene gesta, quantumuis alioquin preclara, aut intermoriantur aut obscurentur etate necessum est, nisi historici eloquentis opera litteris, unicis rerum custodibus, commendentur, perinde gloria apud posteros ualitura atque is qui scripsit ingenio ualuerit. Hanc tu supremam prouinciam, disertissime Gaguine, tanquam fatis tibi seruatam, uelut alter Scipio summo omnium applausu suscepisti, difficilimam plane atque immensi negocii, sed tamen Roberto prorsus aptissimam. Quid ita credam rogas? Cum multis de causis, tum duabus potissimum ita michi uidetur. Duo sunt enim precipua que in historico probato queri solent, nempe fides et eruditio. Nain ut scriptoris leuitas ueris quoque nonnunquam fidem abrogat, ita et grauitas historiographi priuata auctoritate rebus ipsis fiduciam quandam addere solet. Vt item narratoris imperitia (ut fidem faciat, quod ne ipsum quidem potest) tamen res plerumque per se satis illustres obscurat, imminuit, deturpat ; ita docti scriptoris ingenium obscura illustrat, humilia eleuat, splendidis lucem quandam ac decus apponit. Quoniam uero et fides et eruditio utraque tanta in te sunt quanta in alio nemine, nemo profecto fuit isti muneri aptior ; uel istud muneris nemini fuit aptius quam tibi uni, qui posses et pro singulari tua grauitate fidem facere et pro non uulgari eloquentia rem adornare.

[45,2] Une chose toutefois semblait manquer jusqu'à présent à la grandeur d'un tel empire. Égale ou inférieure pour tout le reste, l'Italie l'emportait par Tite-Live et par Salluste. Car les hauts faits des rois et des généraux, ainsi qu'Horace l'a dit finement dans ses vers (Odes, IV,9, 25-28), si éclatants qu'ils soient d'ailleurs, sont condamnés par le temps à sombrer peu à peu dans l'oubli, s'ils ne sont pas recommandés par les livres, grâce à un historien éloquent ; de même leur gloire devant la postérité aura exactement la même force que le génie de celui qui les aura racontés. Voilà le haut office, très bien disant Gaguin, que les destins t'avaient réservé, que tu as assumé comme un autre Scipion, aux applaudissements de tous, office difficile et qui requiert d'immenses recherches, et cependant admirablement fait pour Robert. Pourquoi, me demandes-tu, pensé-je ainsi ? J'en vois plusieurs raisons, deux surtout. Il y a en effet deux choses principales que l'on demande à un bon historien, et c'est la bonne foi et l'érudition. Car d'une part la légèreté de l'écrivain enlève parfois du crédit à la vérité elle-même et d'autre part le sérieux de l'historien, du fait de son autorité personnelle, rend les réalités elles-mêmes plus capables d'être crues. De même l'inexpérience du narrateur, désireux de rendre croyable ce que lui-même est incapable de faire, obscurcit, diminue, dégrade souvent des faits qui par eux-mêmes sont assez illustres, tandis que le génie d'un écrivain savant illustre ce qui est obscur, relève ce qui est terre à terre, ajoute comme un éclat et un ornement à ce qui est splendide. Étant donné que tu possèdes comme personne et l'érudition et le don de persuader, personne n'était mieux que toi désigné pour cet office ; et cet office n'a été fait pour personne mieux que pour toi, capable comme tu l'es, grâce à ton sérieux, de rendre les faits croyables et de leur donner la parure de ton admirable éloquence.


4. HODOI ELEKTRONIKAI : Nouveaux environnements hypertextes : Lucien, Xénophon :

Boris MAROUTAEFF a pu créer deux nouveaux environnements hypertextes:

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format UNICODE, dans le dépôt HODOI ELEKTRONIKAI :

Lucien, un portrait anonyme (?) :

Dans le livre attestant les traductions françaises des oeuvres de Lucien, traductions établies par Eugène TALBOT et publiées en 1866, nous avons trouvé un feuillet, tout jauni, renfermant ces quelques lignes, écrites par une main qui nous est inconnue, et qui dressent un portrait rapide de Lucien:

"Lucien est un sceptique qui raille, qui se moque, qui persifle. Il n'a ni admiration, ni indignation : il rit de tout sans distinction : du bien comme du mal, de Socrate et d'Homère comme d'Alexandre le Grand et de Crésus et, s'il raconte quelques banales histoires où le vice trébuche dans ses propres pièges, c'est qu'il trouve cela plaisant. Il y a de quoi faire rire ou sourire. Ce n'est pas à lui qu'on peut appliquer le castigat ridendo more, il n'y a jamais pensé et je m'imagine l'entendre répondre: "je m'en f... moque! à celui qui lui prêterait une aussi sérieuse intention.
Il est le gravroche spirituel, primesautier mais impassible ou gouailleur qui arrête par ses plaisanteries, ses bons mots, son attitude ... [illisible].
Lucien est un homme de la décadence : c'est un destructeur et non un édificateur ni un éducateur."

Lucien, entre comédie et conversations philosophiques :

" ... Il n'est pas sans intérêt d'apprendre de Lucien lui-même par quels procédés de l'esprit il a su fondre de la sorte en un drame plaisant et satirique la comédie d'Eupolis et d'Aristophane et les conversations familières de Platon et de Xénophon.

«Dans le principe, dit-il, il n'y avait ni rapport ni amitié entre le Dialogue et la Comédie. L'un, relégué au logis ou borné à des promenades avec quelques intimes, n'étendait pas plus loin ses entretiens ; l'autre, tout entière à Bacchus, vivait en plein théâtre, s'ébattait, faisait rire, lançait des traits piquants, marchait au son de la flûte, et parfois, se donnant carrière dans des vers anapestiques, elle s'amusait aux dépens des amis du Dialogue, les appelant songeurs, pourchasseurs d'idées en l'air et autres choses semblables , et paraissant n'avoir d'autre but que de les tourner en ridicule et d'abuser contre eux de la liberté bachique.

Ainsi, elle les représentait tantôt marchant dans les airs et habitant avec les Nuées, tantôt mesurant avec soin le saut d'une puce, pour dire qu'ils divaguaient dans la région des vapeurs. Mais le Dialogue ne tenait que de graves entretiens, des discours philosophiques sur la nature et sur la vertu; si bien qu'il y avait entre la Comédie et lui la différence qui existe en musique entre le son le plus grave de la première octave et le plus aigu de la seconde.

Nous, cependant, nous avons osé rapprocher deux genres tout à fait éloignés et accorder des choses tellement discordantes , qu'elles ne semblaient susceptibles d'aucun lien commun.» ..."

[tiré de : Eugène TALBOT, Oeuvres complètes de Lucien de Samosate, t.I, Paris, Hachette, 1866]

Le Banquet : quelle réalité recouvre ce terme? :

"... Un "symposion" athénien paraît avoir été en effet quelque chose d'assez original, ne se confondant pas avec les syssities, qui sont des repas en commun d'institution légale, et ne ressemblant que partiellement, d'autre part, à ce qu'est pour nous un dîner, un repas de gala ou de fête.

Mais, malgré tout ce qu'on a pu dire, il se rapproche davantage de ce que nous appelons un banquet. Par ce mot nous entendons en effet proprement un repas en commun, que préside et règle quelque personnage, et où ce qui importe, ce n'est pas précisément le repas, lequel est souvent détestable, mais les discours qui en sont la suite et qui se prononcent au moment où sur la table il n'y a plus que les vins.

Or un symposion se composait aussi de deux parties, dont la première est secondaire : le deipnon ou syndeipnon, et la seconde, essentielle : le polos ou sympotos, c'est-à-dire la beuverie commune, mais organisée en vue d'un autre objet que de boire : les convives deviennent alors des "sympotoï", des co-buveurs. ..."

[tiré de : Léon ROBIN, Platon, Oeuvres complètes. Paris, Les Belles Lettres, t. IV, 1929, pp. XII-XIII]

Xénophon, le Banquet : appréciation :

[tiré de : Pierre CHAMBRY, Xénophon, Anabase, Banquet, ... Paris, Classiques Garnier, 1954, pp. 285-287]

"... Quelle est la valeur du Banquet de Xénophon? Pour l'apprécier sainement, il faut oublier celui de Platon, dont l'éclatante originalité ferait trop pâlir le bon sens et l'esprit de Xénophon. On en verra mieux le prix, en le comparant aux imitations postérieures de Plutarque, d'Athénée, de Lucien, de Macrobe, où le banquet n'est généralement qu'un prétexte à une sèche discussion philosophique ou à l'étalage d'une érudition pédantesque.

Le Banquet de Xénophon ressemble à un banquet réel; il est plein de vie et d'imprévu; la conversation y saute à tous les vents; mais comme les convives sont gens d'esprit, chaque incident provoque de leur part des remarques intéressantes. On s'y amuse beaucoup des paradoxes, mode qui n'est point passée encore aujourd'hui.

La série des neuf discours où chacun prône le genre de mérite qu'il croit avoir est piquante et amusante. Montesquieu n'a pas dédaigné de traduire dans l'Esprit des Lois une partie du discours de Charmide, qui est une vive satire de la démocratie athénienne. Celui d'Antisthène sur la richesse, d'Hermogène sur ses amis les dieux, de Socrate sur son art de rapprocher les hommes sont pleins de verve et d'une morale utile.

Le discours final de Socrate sur l'amour est la partie sérieuse de l'ouvrage. C'est la réfutation des théories que l'on trouve dans le Phèdre et le Banquet de Platon. Bien que Socrate garde encore quelque illusion sur la vertu de ces étranges amitiés grecques, il justifie pleinement le mot que Lycon lui jette en sortant : «Par Héra, Socrate, tu m'as l'air d'un honnête homme.»

Xénophon a-t-il réussi à nous donner ici la vraie figure de Socrate qu'il voulait tracer, celle d'un Socrate en gaieté, dans la joie d'une réunion mondaine? Il s'est efforcé de montrer son entrain, son enjouement, son esprit alerte que tout incident éveille, son humour qui descend jusqu'au calembour par à peu près dont il s'excuse, son art d'exciter l'attention par quelque expression énigmatique et inattendue dont il donne ensuite l'explication, son urbanité, sa crainte de désobliger même un batelier tel que le Syracusain, son art de plaire et d'être utile tout à la fois. Dirai-je que cependant nous ne sommes pas tout à fait satisfaits? C'est un peu la faute à Platon qui a élevé son maître si haut dans notre esprit que Socrate perd ici à la comparaison.

C'est aussi parce qu'il est presque impossible de faire revivre sur le papier le charme d'une réunion vivante où le jeu des physionomies anime la conversation et où l'excitation des invités crée une atmosphère de joie et de sympathie qui fait défaut dans un écrit. Les notes même prises sur le vif sont comme les fleurs d'un herbier qui ont perdu leurs couleurs. C'est surtout dans le discours final sur l'amour que le Socrate de Xénophon diffère de celui de Platon. Celui de Platon est un philosophe profond et sublime; celui de Xénophon n'est plus qu'un moraliste, ingénieux et sage, plein de fines observations. En revanche il est ici certainement plus près de ce que fut le vrai Socrate. ..."


4. Lecture : Dis, Socrate, pourquoi as-tu choisi une femme acariâtre comme épouse? :

Au chapitre II de son Banquet, Xénophon met la réponse suivante dans la bouche de Socrate :

Καὶ ὁ Σωκράτης εἶπεν· ᾿Εν πολλοῖς μέν, ὦ ἄνδρες, καὶ ἄλλοις δῆλον καὶ ἐν οἷς δ᾿ ἡ παῖς ποιεῖ ὅτι ἡ γυναικεία φύσις οὐδὲν χείρων τῆς τοῦ ἀνδρὸς οὖσα τυγχάνει, γνώμης δὲ καὶ ἰσχύος δεῖται. ὥστε εἴ τις ὑμῶν γυναῖκα ἔχει, θαρρῶν διδασκέτω ὅ τι βούλοιτ᾿ ἂν αὐτῇ ἐπισταμένῃ χρῆσθαι. Καὶ ὁ ᾿Αντισθένης, Πῶς οὖν, ἔφη, ὦ Σώκρατες, οὕτω γιγνώσκων οὐ καὶ σὺ παιδεύεις Ξανθίππην, ἀλλὰ χρῇ γυναικὶ τῶν οὐσῶν, οἶμαι δὲ καὶ τῶν γεγενημένων καὶ τῶν ἐσομένων χαλεπωτάτῃ; ὅτι, ἔφη, ὁρῶ καὶ τοὺς ἱππικοὺς βουλομένους γενέσθαι οὐ τοὺς εὐπειθεστάτους ἀλλὰ τοὺς θυμοειδεῖς ἵππους κτωμένους. Νομίζουσι γάρ, ἂν τοὺς τοιούτους δύνωνται κατέχειν, ῥᾳδίως τοῖς γε ἄλλοις ἵπποις χρήσεσθαι. Κἀγὼ δὴ βουλόμενος ἀνθρώποις χρῆσθαι καὶ ὁμιλεῖν ταύτην κέκτημαι, εὖ εἰδὼς ὅτι εἰ ταύτην ὑποίσω, ῥᾳδίως τοῖς γε ἄλλοις ἅπασιν ἀνθρώποις συνέσομαι. Καὶ οὗτος μὲν δὴ ὁ λόγος οὐκ ἄπο τοῦ σκοποῦ ἔδοξεν εἰρῆσθαι.

9. Sur quoi Socrate reprit la parole : «Entre beaucoup d'autres preuves, amis, ce qu'exécute la danseuse démontre que la nature de la femme n'est pas inférieure à celle de l'homme, sauf pour l'intelligence et la force physique. Que ceux d'entre vous qui ont une femme lui enseignent donc ce qu'ils veulent qu'elle sache. 10. — Comment se fait-il donc, Socrate, demanda Antisthène, si tu as cette opinion, que tu n'instruises pas Xanthippe et que tu t'accommodes de la plus acariâtre des créatures qui existent, je dirai même qui ont été ou qui seront jamais? — C'est que, répondit Socrate, je vois que ceux qui veulent devenir de bons écuyers se procurent non pas les chevaux les plus dociles, mais des chevaux fougueux, persuadés que s'ils parviennent à dompter de tels chevaux, ils pourront manier facilement les autres. J'ai fait comme eux : voulant vivre dans la société des hommes, j'ai pris cette femme, sûr que, si je la supportais, je m'accommoderais facilement de tous les caractères. » On trouva que ce propos ne manquait pas de pertinence.


Rappel : Hier, jeudi 14 avril 2005, a été effectuée la présentation du Projet HELIOS, basé sur une coopération transfrontalière (FR-BE) autour de contenus pédagogiques et d'un enseignement (en présentiel et tutoré à distance) appuyé par les nouvelles technologies (TICE / NTIC).

Jean Schumacher
LLN, le 15 avril 2005


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002