Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     21-01-2005

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron, Sénèque, Xylander (Plutarque); A propos de la Vita Alexandri : Le poison de Médée : du naphte?; Lecture : Les vices sont en progrès; Publications récentes en rapport avec Alexandre le Grand : Paul DOHERTY La mort sans visage et L'homme sans Dieux; Découverte : Mosaïque murale;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Pendant la semaine écoulée Christian Ruell a pu créer les environnements hypertextes suivants :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format .txt, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :

Présentation : Cicéron, Plaidoyer pour le roi Déjotarus :

Déjotarus, tétrarque de la Galatie, avait fidèlement servi les Romains dans toutes les guerres d'Asie et particulièrement contre Mithridate. En récompense de ses services, le sénat l'avait fait roi de la petite Arménie. Lorsque la guerre éclata entre César et Pompée , Déjotarus embrassa le parti de ce dernier, et se transporta lui-même dans son camp avec un secours de cavalerie. César, après la victoire, lui ôta la petite Arménie et une partie de ses anciens États; il lui conserva cependant le titre de roi à lui et à son fils. A cette époque, Déjotarus fournit à César des secours considérables de troupes et d'argent, et le reçut dans son palais on il lui offrit des présents.

Quelque temps après, vers la fin de l'année 708, Castor, petit-fils de Déjotarus, engagea Philippe, médecin et esclave du roi, à accuser son maître d'avoir voulu faire assassiner César dans son palais lorsqu'il l'y avait reçu. Cicéron était lié depuis longtemps avec Déjotarus; aussi ce prince le pria d'être son défenseur. La cause fut plaidée à Rome, dans la maison même de César. Il ne parait pas que César ait donné suite à l'accusation intentée à Déjotarus : car ce roi survécut au dictateur, et plus tard, à la faveur des nouvelles guerres civiles, il recouvra les États dont il avait été dépouillé.

[tiré de : Collection des auteurs latins. Oeuvres de Cicéron, t. III, Paris, Dubochet, 1840]


2. A propos de la Vita Alexandri : Le poison de Médée : du naphte? :

Comme l'on sait, Médée, pour se venger de l'infidélité de son mari volage, Jason, fit périr Créuse, fille de Créon, le tyran de Corinthe, et qui était sa nouvelle épousée. Comment? Au travers d'un cadeau empoisonné remis à Créuse par les enfants de Médée. Ce présent (un collier, une tunique) s'embrasa et Créuse périt brûlée vive.

Sénèque raconte l'épisode dans la tragédie Médée aux vers 816-839 :

Tu nunc uestes tinge Creusae,
quas cum primum sumpserit, imas
urat serpens flamma medullas.

[4,820] Ignis fuluo clusus in auro
latet obscurus, quem mihi caeli
qui furta luit uiscere feto
dedit et docuit condere uires
arte, Prometheus; dedit et tenui
825 sulphure tectos Mulciber ignes,
et uiuacis fulgura flammae
de cognato Phaethonte tuli.
habeo mediae dona Chimaerae,
habeo flammas usto tauri

[4,830] gutture raptas, quas permixto
felle Medusae tacitum iussi
seruare malum.
adde uenenis stimulos, Hecate,
donisque meis semina flammae
835 condita serua: fallant uisus
tactusque ferant, meet in pectus
uenasque calor, stillent artus
ossaque fument uincatque suas
flagrante coma noua nupta faces.

Pénètre d'un venin puissant cette robe que je destine à Créuse; et qu'aussitôt qu'elle l'aura revêtue, une flamme subtile dévore jusqu'à la moelle de ses os.

[4,820] J'ai renfermé dans ce collier d'or un feu invisible que j'ai reçu de Prométhée, si cruellement puni pour le larcin qu'il fit au ciel, et qui m'a enseigné l'art de m'en servir. Vulcain aussi m'a donné un autre feu caché sous une mince enveloppe de soufre. J'ai de plus des feux actifs de la foudre tirés du corps de Phaëton, enfant du Soleil ainsi que moi. J'ai des flammes de la Chimère. J'en ai d'autres qui viennent de la poitrine embrasée du taureau de Colchide.

[4,830] Je les ai mêlées avec le fiel de Méduse pour leur conserver toute leur vertu. Augmente l'énergie de ces poisons, divine Hécate, et nourris les semences de feu que recèlent ces présents. Fais qu'elles échappent à la vue et résistent au toucher; que la chaleur pénètre dans le sein et dans les veines de ma rivale; que ses membres se décomposent, que ses os se dissipent en fumée, et que la chevelure embrasée de cette nouvelle épouse jette plus de flammes que les torches de son hymen!

Plutarque, dans la Vita Alexandri, au chapitre XXXV, donne à entendre que ce poison de Médée pourrait bien être du naphte :

... Naphtha bitumini similis est, ita igni obnoxia, ut priusquam flammam contingat, ab ipso saepe splendore qui circa lumen accensum fulget ignem concipiat mediumque aerem inflammet. (2) Eius uim et naturam barbari ut demonstrarent, angiportum quod ad regis diuersorium ducit paucis modo naphthae guttis irrorauerunt, inde in extremo stantes faces imbutis naphtha particulis admouerunt. Iam nox oborta erat. Primis itaque partibus accensis flamma subito et momento temporis ita omnia corripuit, ut totus angiportus in alteram usque partem ignis continuus esse uideretur. ...

(4) Itaque non absurde quidam fabulam ueritati asserunt, id dicentes uenenum Medeae fuisse quo coronam et peplum (de quibus in tragoediis multus sermo) inunxerit. Neque enim ex his ipsis, neque ultro emicuisse ignem, sed flammam prope appositam ab his tanta celeritate, ut omnem sensum falleret, correptam propagatamque fuisse. ...

Le naphte ressemble au bitume; il a aussi une telle analogie avec le feu, qu'avant même de toucher à la flamme, il s'allume à l'éclat seul qu'elle jette, et embrase l'air qui se trouve entre deux. Les Barbares, pour faire connaître au roi la nature et la force de cette matière, en arrosèrent la rue qui menait au palais; et, se plaçant à un des bouts à l'entrée de la nuit, ils approchèrent leurs flambeaux des gouttes de ce fluide qu'ils y avaient répandues. A peine les premières gouttes eurent pris feu, que la flamme se communiqua à l'autre bout avec une rapidité que la pensée pouvait à peine suivre, et la rue parut embrasée dans toute sa longueur. ...

Ce n'est donc pas sans vraisemblance que quelques auteurs, voulant ramener la fable à la vérité, prétendent que le naphte est la drogue dont Médée se servit pour frotter la couronne et le voile dont il est si fort question dans les tragédies; car le feu n'en sortit pas naturellement et de lui-même; mais dès qu'on en eut approché la flamme, par une sorte d'attraction elle s'y communiqua avec tant de rapidité, que l'oeil pouvait à peine l'apercevoir. ...


3. Lecture : Les vices sont en progrès:

C'est ce que Sénèque affirme, dans les Questions naturelles, livre VII, chap. 31 :

... adhuc in processu uitia sunt; inuenit luxuria aliquid noui, in quod insaniat, inuertit impudicitia nouam contumeliam sibi, inuertit deliciarum dissolutio et tabes aliquid adhuc tenerius molliusque, quo pereat.

(7,31,2) Nondum satis robur omne proiecimus: adhuc quicquid est boni moris extinguimus. Leuitate et politura corporum muliebres munditias antecessimus, colores meretricios matronis quidem non induendos uiri sumimus, tenero et molli ingressu suspendimus gradum (non ambulamus sed incedimus, exornamus anulis digitos, in omni articulo gemma disponitur; ...

Nos vices sont encore en progrès. Le luxe trouve encore de nouvelles folies, la débauche invente contre elle-même de nouveaux outrages; la mollesse et la dissolution découvrent tous les jours des moyens de destruction plus délicats et plus raffinés. Nous n'avons pas encore assez fait abdication de virilité. Tout ce qui nous reste d'habitudes mâles disparaît sous le luisant et le poli de nos corps. Nous avons vaincu les femmes en toilette; hommes, nous nous parons de ce fard que les dames romaines abandonnent aux courtisanes. Une allure molle et vacillante suspend en quelque sorte notre pied : nous ne marchons plus, nous nous laissons aller. Des anneaux parent nos doigts; sur chaque phalange brille une pierre précieuse. ...


4. Publications récentes en rapport avec Alexandre le Grand :

Alain MEURANT nous a signalé deux parutions dans la Collection 10/18 , Série "Grands détectives" :

  • Paul DOHERTY, La mort sans visage :

    Titre original : The house of death, 2001
    Traduit de l'anglais par Bernard CUCCHI
    Date de publication : décembre 2004

    Quatrième de couverture :

    En 334 avant Jésus-Christ, le médecin Télamon est un sujet de curiosité pour l'entourage d'Alexandre le Grand. En effet, cet ascète aux yeux rêveurs n'est pas toujours bien compris par les farouches combattants, braillards et buveurs, qui forment la garde ! Pourtant, rien n'empêche le souverain de faire appel à lui alors qu'il s'apprête à attaquer l'Empire perse. Devenu son homme de confiance, Télamon met son infaillible sens de l'observation, son honnêteté et son intelligence pragmatique au service de son compagnon de toujours. Lorsqu'il le rejoint non loin de Troie, pour enquêter sur la présence d'un traître au sein de la garnison, deux personnes viennent d'être assassinées ... Tandis qu'à Persépolis, siège du pouvoir de Darius, roi des Perses, la rumeur est sur toutes les lèvres : Alexandre approche ! Dans les deux camps, la tension monte et l'heure de la bataille est proche.

  • Paul DOHERTY, L'homme sans Dieux :

    Titre original : The Godless Man
    , 2002
    Traduit de l'anglais par Bernard CUCCHI
    Date de publication : décembre 2004

    Quatrième de couverture :

    Après avoir écrasé l'armée de Darius au Granique, Alexandre le Grand s'enfonce dans l'Empire perse et entre en vainqueur dans la ville grecque d'Ephèse, ensanglantée par les règlements de comptes depuis la fuite de la garnison. Quelques jours après son arrivée, alors que le calme vient d'être rétabli, huit personnes sont sauvagement massacrées dans le temple d'Héraclès. Cet événement tragique pourrait mettre en danger l'autorité souveraine d'Alexandre dans la cité, et il charge le devin Aristandre et Télamon, son homme de confiance, de mener l'enquête. Leurs soupçons se portent bientôt sur un mystérieux personnage nommé le Centaure...


5. Découverte d'une mosaïque géante à Rome :

Une mosaïque murale de 2 sur 3 mètres vient d'être découverte à Rome. Elle montre 5 personnes occupées à la vinification.
Elle date probablement de l'époque de l'empereur Néron (1er siècle ap. J.-Chr.).
Elle était enfouie à 13 m sous terre, près du Colysée.

Mosaïque

[Source : métro, journal gratuit distribué dans les lieux publics à Bruxelles, édition du 19 janvier 2005]


Jean Schumacher
21 janvier 2005


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002