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Date :     07-01-2005

Sujets :
26 décembre 2004 : déferlement de vagues meurtrières sur les côtes du continent asiatique; Environnements hypertextes : Cicéron, Xylander; CORPORA : Cicéron, De l'Orateur; Ciceroniana : Felici Costanzo da Casteldurante, Ortensio Lando, Gaudenzio Merula: autour de Cicéron; Film : Alexander; Statistiques de consultation - décembre 2004;

Notice :

1. Raz de marée sur le continent asiatique

Il nous paraît indiqué d'ouvrir la présente actualité, exceptionnellement - la première fois en 4 ans -, sur une actualité autre que littéraire, à savoir sur la catastrophe qui s'est abattue sur plusieurs pays du continent asiatique.

Le 26 décembre 2004, en effet, au matin, à la suite d'un séisme sous-marin de grande amplitude (8,9 sur l'échelle de Richter), des raz de marée dévastateurs, sous forme de murs d'eau, ont semé la mort et la désolation sur les côtes et les plages de plusieurs pays (Indonésie (île de Sumatra), Thailande, Sri Lanka, Inde, îles Maldives, etc.) du continent asiatique : plus de 100.000 morts, un demi-million de sans abri, des villages complets anéantis voire engloutis.

Cette catastrophe prend ainsi rang parmi les grandes catastrophes qui ont frappé l'humanité.
Citons l'un ou l'autre exemple dont l'Antiquité a rendu témoignage :

  • 24 août 79 ap. J.-Chr. : à la suite de l'éruption du Vésuve, les villes italiennes de Pompéi et d'Herculanum sont ensevelies sous les cendres volcaniques du Vésuve.

    Sénèque rend compte de cette catastrophe au livre VI, ch. 1 des Questions naturelles :

    ... Non enim domos solum aut familias aut urbes singulas haurit, gentes totas regionesque submergit et modo ruinis operit, modo in altam uoraginem condit ac ne id quidem relinquit ex quo appareat quod non est saltem fuisse, sed supra nobilissimas urbes sine ullo uestigio prioris habitus solum extenditur.

    ... C'est peu pour [ce fléau = l'éruption volcanique] d'attaquer maisons, familles, villes; il détruit des nations, des régions entières : tantôt il les couvre de débris, tantôt il les ensevelit dans des gouffres profonds, sans même laisser de traces qui décèlent l'ancienne existence de ce qui n'est plus. Sur les cités les plus fameuses s'étend un nouveau sol, sans nul vestige de ce qu'elles furent. ...

  • 27 août 1883 : explosion du volcan Krakatoa, situé entre les îles de Java et de Sumatra; explosion suivie d'un raz de marée provoquant la mort de 36.000 personnes.

  • Une autre explosion volcanique met fin, il ya 10.000 ans (?), à l'existence de l'Atlantide dont témoigne Platon dans son traité Timée :

    Platon, Timée, 25d :

    ... Plus tard, des séismes extraordinaires et des déluges étant survenus, (d) au cours d'un seul jour et d'une seule nuit funestes, toute votre force guerrière assemblée fut engloutie sous terre, et l'île Atlantide, de même, s'enfonçant dans la mer, disparut; c'est pourquoi la mer de là-bas est devenue infranchissable et inexplorée, de la boue peu profonde faisant obstacle, boue que l'île a formée en s'enfonçant. ...

Sources :

- Les pires catastrophes naturelles de l'Histoire

- cours d'auteurs grecs du Prof. Monique Mund, qui, en 2003-2004, a consacré cet enseignement à l'Atlantide d'après Platon.

Nous formons le voeu qu'avec les moyens récoltés et alloués aux différentes organisations internationales d'aide, consécutivement à un élan de solidarité sans précédent dans l'histoire de l'humanité, des secours immédiats puissent être fournis mais qu'aussi des reconstructions complètes puissent être entreprises, dans les meilleurs délais, afin de rendre aux populations, qui sont dans le désarroi et totalement démunies, un outil de travail, une habitation, un environnement familial et social des mieux adaptés.

Surtout, surtout qu'un autre César ne puisse s'exclamer, dans quelques années, en abordant ces côtes, - comme l'avait fait Jules César à Carthage, - : Etiam periere ruinae . "Même les ruines ont péri". (Lucain, La Pharsale, IX, 966).

Participons plutôt à la solidarité internationale qui s'est levée et qui agit avec force et application.

INTERNET, la toile d'araignée virtuelle à l'échelle du monde, a joué un certain rôle - un rôle certain - dans l'après-catastrophe : de nombreux sites se sont ouverts où des informations ont été collectées et échangées, où de nombreux appels pour des personnes disparues ont été placés, où des messges et des récits de témoins du drame ont été affichés, etc.

Citons, à titre d'exemple :

Source : Yves EUDES, INTERNET s'impose comme un vecteur de choix pour l'information instantanée et l'entraide (Le MONDE, édition du lundi 3 janvier 2005)


2. Environnements hypertextes :

Au cours de cette première semaine - écourtée - de l'année 2005, Christian Ruell a pu constituer les environnements hypertextes suivants :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :

  • Cicéron, De l'Orateur, livre II : texte latin - traduction française
  • Xylander, traduction latine de PLUTARQUE, Oeuvres morales : Consolation à Apollonius: texte latin - traduction française - juxtaposition texte grec - traduction latine (format PDF)

    • Présentation : PLUTARQUE, Consolation à Apollonius :

      Plutarque, ayant à consoler un père qui venait de perdre son fils, ne se presse pas de remplir ce devoir; il laisse au temps à calmer la douleur d'une plaie aussi vive, et il vient ensuite y appliquer les remèdes qu'il croit propres à la guérir. Il partage ses justes regrets sur la perte d'un fils si estimable, et s'insinue ainsi dans sa confiance en approuvant une sensibilité dont l'objet est si légitime. Alors il fait un pas de plus : il lui rappelle la destinée des hommes, dont le sort est d'être continuellement exposés aux vicissitudes des événements et à l'inconstance de la fortune. Il est de notre sagesse de les prévoir, afin de les supporter avec courage et de ne pas nous abandonner à des larmes qui ne nous sont d'aucun secours.

      De cette vue générale il passe à la perte des personnes qui nous sont chères. Il établit que la mort, en soi, n'est pas un mal, et que la vie est un dépôt que nous avons reçu, à la charge de le rendre aussitôt qu'il nous sera redemandé. D'après Socrate, il présente la mort sous l'image d'un sommeil, d'un voyage ou d'un anéantissement total de l'âme et du corps. Sous aucun de ces trois rapports, elle n'a rien de terrible ni de fâcheux; elle est même un bien pour nous, en ce qu'elle nous affranchit de la servitude aussi pénible qu'humiliante des besoins du corps , et que, dissipant les ténèbres qui nous environnent dans cette vie mortelle, elle nous fait jouir des connaissances les plus sublimes et nous admet à la contemplation de la vérité.

      Il suit de ces principes qu'une mort prématurée est un grand bien, puisqu'elle nous délivre des peines et des misères dont une longue carrière eût été nécessairement suivie. Il ne faut donc pleurer les morts ni pour eux-mêmes ni pour soi : le souvenir de leurs vertus étant le véritable hommage que nous leur devons, il faut renfermer dans de justes bornes les témoignages de notre tristesse.

      Plutarque passe ensuite au tableau de la félicité dont les âmes justes jouissent dans l'autre vie; il y joint celui des vertus du fils d'Apollonius, et, de ce portrait si touchant pour le coeur d'un père, il conclut qu'il doit mettre fin à un deuil qui est en quelque sorte injurieux à cet état de bonheur dont les dieux ont récompensé sa justice.

    • Sujet de réflexion : L'homme est le songe d'une ombre :

      Dans la Consolation à Apollonius, Plutarque tient à faire voir au père, qui déplore la mort de son fils, le peu de consistance, l'inconsistance de la vie humaine : l'homme naît à un monet donné, vit un cerain temps, puis, il meurt et disparaît. Il cite, en appui et entre autres, Pindare, les Pythiques, VIII (A Aristomène d'Égine) :

      "... O homme d'un jour (77): qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que le néant ? Tu n'es que le rêve d'une ombre et ta vie n'a de jouissance et de gloire qu'autant que Jupiter répand sur elle un rayon de sa bienfaisante lumière. ..."

      [traduction reprise au site de Philippe Remacle]

      Plutarque, Consolation à Apollonius, ch. VI :

      ... Et Pindarus alibi: "Quid est esse aliquem? quid nullum? Somnium umbrae est homo" : aptissima ad perspicuitatem et admodum artificiosa usus hyperbola uitam hominum depinxit. Quid enim est imbecillius umbra? aut quibus uerbis somnium eius effari possis? ...

      Pindare dit aussi :
      Qu'est-ce qu'être quelqu'un, qu'est-ce que n'être rien?
      L'homme est le songe d'une ombre.
      {Σκιᾶς ὄναρ ἄνθρωπος}
      Expression hyperbolique, sans doute, mais qui peint avec une énergie admirable l'instabilité de la vie humaine. Quoi de plus faible qu'une ombre? mais comment faire entendre ce que c'est que le songe d'une ombre? ...

      Réflexion qui se retrouve chez bien d'autres auteurs:

      - Sophocle, Ajax, 125 :
      Video enim nos nihil aliud esse quam
      Simulacra, quicumque uiuimus, aut leuem umbram.

      - Aristophane, Les Oiseaux :
      "Les hommes ne sont que la fabge pétrie et façonnée, ce sont des êtres d'un jour : ils sont semblables à de songes."

      - Michael PEXENFELDER (1613-1685), Apparatus eruditionis tam rerum quam uerborum per omnes artes et scientias :
      "... Mercurialis. Quid illud? Desiderius. Homo est fortunae lusus, inconstantiae imago, corruptionis speculum, temporis spolium, mortis mancipium, fragile simulacrum, tenuis umbra, umbrae somnium, spirans cada ver, viva mors, pila, qua ludit Deus. Mercurialis. Docte. Pergamus. ..."

      - Shakespeare, Macbeth, Acte V, Scène V :
      She should have died hereafter;
      There would have been a time for such a word.
      To-morrow, and to-morrow, and to-morrow,
      Creeps in this petty pace from day to day
      To the last syllable of recorded time,
      And all our yesterdays have lighted fools
      The way to dusty death. Out, out, brief candle!
      Life's but a walking shadow, a poor player
      That struts and frets his hour upon the stage
      And then is heard no more: it is a tale
      Told by an idiot, full of sound and fury,
      Signifying nothing.

    • Lecture : L'art de la mémoire ou la mémoire artificielle :

      Cicéron, au chap. LXXXVI du livre II du traité De l'Orateur cite Simonide de Céos comme inventeur de l' ars memoriae :

      Sed, ut ad rem redeam, non sum tanto ego" inquit "ingenio, quanto Themistocles fuit, ut obliuionis artem quam memoriae malim; gratiamque habeo Simonidi illi Cio, quem primum ferunt artem memoriae protulisse. (352) Dicunt enim, cum cenaret Crannone in Thessalia Simonides apud Scopam fortunatum hominem et nobilem cecinissetque id carmen, quod in eum scripsisset, in quo multa ornandi causa poetarum more in Castorem scripta et Pollucem fuissent, nimis illum sordide Simonidi dixisse se dimidium eius ei, quod pactus esset, pro illo carmine daturum; reliquum a suis Tyndaridis, quos aeque laudasset, peteret, si ei uideretur. (353) Paulo post esse ferunt nuntiatum Simonidi, ut prodiret; iuuenis stare ad ianuam duo quosdam, qui eum magno opere euocarent; surrexisse illum, prodisse, uidisse neminem: hoc interim spatio conclaue illud, ubi epularetur Scopas, concidisse; ea ruina ipsum cum cognatis oppressum suis interisse: quos cum humare uellent sui neque possent obtritos internoscere ullo modo, Simonides dicitur ex eo, quod meminisset quo eorum loco quisque cubuisset, demonstrator unius cuiusque sepeliendi fuisse; hac tum re admonitus inuenisse fertur ordinem esse maxime, qui memoriae lumen adferret. (354) Itaque eis, qui hanc partem ingeni exercerent, locos esse capiendos et ea, quae memoria tenere uellent effingenda animo atque in eis locis conlocanda; sic fore, ut ordinem rerum locorum ordo conseruaret, res autem ipsas rerum effigies notaret atque ut locis pro cera, simulacris pro litteris uteremur.

      Pour en revenir à notre objet, je n'ai pas le vaste génie de Thémistocle; je n'en suis pas comme lui à préférer l'art d'oublier à celui de se souvenir, et je rends grâce à Simonide de Céos, qui fut, dit-on, l'inventeur de la mémoire artificielle. On raconte que soupant un jour à Cranon, en Thessalie, chez Scopas, homme riche et noble, il récita une ode composée en l'honneur de son hôte, et dans laquelle, pour embellir son sujet, à la manière des poètes, il s'était longuement étendu sur Castor et Pollux. Scopas, n'écoutant que sa basse avarice, dit à Simonide qu'il ne lui donnerait que la moitié du prix convenu pour ses vers, ajoutant qu'il pouvait, si bon lui semblait, aller demander le reste aux deux fils de Tyndare, qui avaient eu une égale part à l'éloge. Quelques instants après, on vint prier Simonide de sortir : deux jeunes gens l'attendaient à la porte, et demandaient avec instance à lui parler. Il se leva, sortit, et ne trouva personne; mais pendant ce moment la salle où Scopas était à table s'écroula, et l'écrasa sous les ruines avec tous les convives. Les parents de ces infortunés voulurent les ensevelir; mais ils ne pouvaient reconnaître leurs cadavres au milieu des décombres, tant ils étaient défigurés. Simonide, en se rappelant la place que chacun avait occupée, parvint à faire retrouver à chaque famille les restes qu'elle cherchait. Ce fut, dit-on, cette circonstance qui lui fit juger que l'ordre est ce qui peut le plus sûrement guider la mémoire. Pour exercer cette faculté, il faut donc, selon Simonide, imaginer dans sa tête des emplacements distincts, et y attacher l'image des objets dont on veut garder le souvenir. L'ordre des emplacements conserve l'ordre des idées; les images rappellent les idées elles-mêmes : les emplacements sont la tablette de cire, et les images, les lettres qu'on y trace.


    3. CORPORA :

    Christian Ruell a pu mettre sur pied également une nouvelle base de données globale :

    Cicéron, De l'Orateur

    Détails : 3 livres, 62.347 occurrences pour 12.814 formes différentes.


    4. Ciceroniana : autour de Cicéron

    Dans les Actualités, entre autres, du 29 octobre 2004 et du 5 novembre 2004, nous avons pu évoquer trois auteurs de l'époque de la Renaissance qui, à peine âgés de 20 ans, avaient chacun publié une oeuvre relative à Cicéron :

    - Ortensio Lando (vers 1512-après 1555) : Cicero relegatus - Cicero reuocatus

    - Felici Costanzo da Casteldurante (Durantinus), De exilio et de reditu M. T. Ciceronis; oeuvre publiée en 1518 et dont Lando s'est inspiré

    - Gaudenzio Merula (1500-1550), Terentianus dialogus ultra omnem festiuitatem urbanissimus; oeuvre calquée sur celle de Lando.

    Pour ces deux dernières oeuvres, la Bibliotheca Apostolica Vaticana possède un exemplaire de l'édition originale. Nous avons demandé - et venons de recevoir - les fichiers d'images numérisées au format PDF pour ces textes :

    Nous avons versé ces textes dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA. La typographie (écriture fine, petite, aux caractères serrés et aux nombreuses abréviations) de ces éditions rend la reconnaissance optique illusoire : les erreurs de lecture vont être très, très nombreux et la relecture et le redressement du texte, qui s'en suivront, prendront des heures et des heures. Nous nous proposons, dès lors, de pratiquer une saisie manuelle ... lorsque nous en aurons le temps.


    5. Film : Alexander :

    L'exploitation commerciale du film Alexander d'Oliver STONE a débuté le 5 janvier 2005 dans plusieurs pays européens : France, Grane-Bretagne, Belgique, etc.

    Dans l'actualité du 3 décembre 2004, nous avons déjà évoqué ce film à l'occasion de sa sortie (un peu controversée) en Grèce.

    Aujourd'hui nous pouvons y ajouter un dossier et une publication récents à propos d'Alexandre le Grand :

    • Dossier Alexandre le Grand dans : HISTORIA, n° 697, janvier 2005, pp. 46 à 72 dont voici le sommaire :

      • Jusqu'au bout du monde connu. Le parcours fléché de toute l'expédition.

      • L'enfance d'un chef
        Conscient de son destin, le jeune prince de Macédoine montre très tôt ses qualités de meneur d'hommes.
        par Jean Malye, écrivain

      • Raid en orient
        Une conquête en forme de guerre éclair. par Alexandre Grandazzi, professeur à Paris IV-Sorbonne

      • Alexandrie, le répit du guerrier
        Où le vainqueur se fait bâtisseur.
        par Richard Lebeau, historien

      • A la poursuite de Darius
        Continuant sa folle épopée dans l'empire perse, Alexandre s'empare de toutes les capitales.
        par Pierre Briant, professeur au Collège de France

      • Le conquérant vaincu par ses troupes
        Parvenus en Inde, les soldats refusent d'aller plus loin.
        par Pascal Charvet, professeur de Chaire supérieure de lettres classiques

      • Mort du héros
        Epuisé par des années d'excès, Alexandre s'éteint en pleine gloire, dans sa trente- troisième année.
        par Paul Faure, professeur émérite de l'université de Clermont-Ferrand

    • Alexandre le Grand. Histoire et Dictionnaire. Sous la direction d'Olivier BATTISTINI et de Pascal CHARVET, éd. Robert Laffont, "Bouquins", 2004, 1110 pp., 31,10 € (EUR)

    Maurice SARTRE en donne une critique, sous le titre Grandeurs d'Alexandre, dans l'édition du vendredi 24 décembre 2004 du journal Le MONDE . Voici un extrait :

    "... Les initiateurs du projet « Bouquins » ont choisi de présenter d'abord une sorte de biographie d'Alexandre par le collage des textes anciens. Mais ces textes sont multiples, et il fallait choisir. Avec habilité, ils l'ont fait en divisant la première moitié du volume, la partie « Histoire », en deux ensembles complémentaires : d'un côté, le texte intégral de Quinte-Curce, précédé pour le début du règne (car les deux premiers livres de l'auteur latin ont disparu) d'extraits de Plutarque et de Diodore ; de l'autre, des contrepoints, c'est-à-dire les mêmes événements ou des faits négligés par Quinte-Curce vus par d'autres.

    ...

    On devrait en fait les [les différentes sources, ndlr] retrouver dans la seconde partie de l'ouvrage de Battistini et Charvet, dictionnaire destiné à commenter les renseignements fournis plus haut. En fait, trop de rubriques se contentent de paraphraser les textes. Ainsi la rubrique « Abdalonymos » ne donne jamais la clé qui permet de comprendre pourquoi seul le roi de Sidon, Straton, a été démis par Alexandre : la révolte de Sidon contre les Perses, en 346, qui s'était soldée par des déportations et le remplacement du souverain légitime par Straton, un client des Perses. Abdalonymos ne fait donc que récupérer le trône ancestral. Bien d'autres rubriques sont passablement erronées (« Baal », « Cappadoce », « Parthes »), squelettiques (« Darius III », « Phéniciens », « Syrie »), hors sujet (« Béhistun », « Delphes », « logos ») ou ambiguës, comme « Décadence des cités grecques », où l'auteur paraît faire sienne l'idée d'« une lente agonie du modèle poliade face à la monarchie des Macédoniens », récusée par la recherche historique depuis un demi-siècle. Mais il y a aussi beaucoup de bonnes rubriques, « Bacchanales », « Macédoine », « Siwah », « Leuctres », « Gymnosophistes », « Persépolis », « Taxilès », voire d'excellentes, comme celle consacrée aux images d'Alexandre au Moyen Age et au XVIIe siècle, bien informée et éclairante et qui aurait mérité de déboucher sur une amorce bibliographique soucieuse de s'adresser aux non-spécialistes. ..."

    De notre côté, nous avons commencé la préparation de la Vita Alexandri de Plutarque dans sa traduction latine faite par XYLANDER. En voici les deux premiers chapitres :

    [1] I. Alexandri regis et Caesaris (eius qui Pompeium euertit) uitas hoc libro perscripturos ipsa rerum propositarum magnitudo iubet nihil aliud praefari, quam uti a lectore petamus, si non omnia hominum sermonibus celebrata facta, neque singula accurate, sed pleraque compendio exponemus, ut ne id uitio nobis det. (2) Non enim historias, sed uitas scribimus; neque semper clarissimis factis uirtutis aut uitii insunt indicia, quia imo saepe exigua quaedam res dictumue aut iocus plus de ingenio alicuius documenti praebet, quam immensa hostium strages edita, maximae pugnae, urbiumue oppugnationes. (3) Itaque sicuti pictores uultu et habitu externo faciei ex quibus potissimum natura hominis apparet similitudines exprimunt, minima reliquarum partium habita ratione; ita nobis quoque concedendum est, ut signa animi colligentes, iis uitam uniuscuiusque depingamus, aliis magnitudinem factorum et certamina relinquentes.

    [2] II. Extra omnem positum est controuersiam, paternum genus Alexandri per Caranum ab Hercule, maternum ab Aeaco per Neoptolemum tractum fuisse. Philippum in Samothracia adolescentem adhuc sacris initiatum perhibent una cum Olympiade parentibus orba et amore correptum, a fratre eius Arymba coniugium impetrasse. (2) Sponsa ante eam noctem, qua thalamo coniuncti sunt, imaginata est edito tonitru fulmen in uentrem suum incidisse, eoque ex ictu copiosum ignem accensum in flammes passim dissipatas abiisse. Et Philippus aliquanto post nuptias tempore in somnis sibi uisus est uterum uxoris obsignasse annulo, cui leonis esset insculpta imago. (3) Quod insomnium quum in malam partem reliqui harioli acciperent, accuratiusque custodiendam Philippo coniugem dicerent, Aristander Telmesius concepisse eam affirmauit (nihil enim inane obsignari) et parituram filium animosum leonisque ingenio praeditum. (4) Visus quoque ei aliquanto est draco iuxta corpus dormientis Olympiadis porrectus, eoque maxime amorem Philippi et familiaritatem cum uxore diminutam aiunt, minusquc eum posthac crebro cum ea concubuisse, siue ab ea fascinationes quasdam et ueneficium metuerit, siue eius, cum qua praestantioris quispiam naturae rem haberet, consuetudinem abominatus sit. (5) Fertur et alius hac de re sermo. Mulieres eius regionis Orphicis omnes Bacchicisque orgiis antiquitus obnoxim Clodonesque et Mimallones cognominatae, multa Edonidum et Thressarum (quae in Thracia apud Haemum montem agunt, unde uidetur ductum ut sacrificiis immodicis et superstitiosis uacare g-threhskeuein dicatur factis germana perpetrant. Huiusmodi furorem prae ceteris affectans Olympias, solennibus bacchationibus barbaricum superaddens horrorem magnos angues cicuratos thiasis addebat, qui saepenumero ex hedera et mystica uanno prorepentes hastasque mulierum et serta circumplicantes, uirus perterrebant.

    [1] I. La vie d'Alexandre, roi de Macédoine, et celle de César, le vainqueur de Pompée, que je me propose d'écrire dans ce volume , m'offrent un si grand nombre de faits importants, que, pour toute préface à cet ouvrage, je prierai mes lecteurs de ne pas me faire un crime si, au lieu de raconter en détail toutes ces actions célèbres, je me contente d'en rapporter en abrégé la plus grande partie. Je n'écris pas des histoires, mais des vies ; d'ailleurs ce n'est pas toujours dans les actions les plus éclatantes que se montrent davantage les vertus ou les vices des hommes. Une action ordinaire, une parole, un badinage font souvent mieux connaître le caractère d'un homme que des batailles sanglantes, des siéges et des actions mémorables. Les peintres prennent la ressemblance de leurs portraits dans les yeux et les traits du visage, où le naturel et les moeurs éclatent plus sensiblement; ils soignent beaucoup moins les autres parties du corps. Qu'il me soit de même permis de pénétrer dans les plus secrets replis de l'âme, afin d'y saisir les traits les plus marqués du caractère, et de peindre, d'après ces signes, la vie de ces deux grands hommes, en laissant à d'autres le détail des combats et des actions les plus éclatantes.

    [2] II. Il passe pour constant que du côté paternel Alexandre descendait d'Hercule par Caranus ; et que du côté de sa mère il remontait, par Néoptolème, jusqu'à Achille. On dit que Philippe étant à Samothrace, dans sa première jeunesse, y fut initié aux mystères avec Olympias, alors enfant, et orpheline de père et de mère. Il en devint amoureux ; et après avoir obtenu le consentement d'Arymbas, frère de cette princesse, il l'épousa. La nuit qui précéda celle de leur entrée dans la chambre nuptiale, Olympias songea qu'à la suite d'un grand coup de tonnerre, la foudre était tombée sur elle et avait allumé un grand feu, qui, après s'être divisé en plusieurs traits de flamme, se dissipa promptement. Philippe, de son côté, quelque temps après son mariage, songea qu'il scellait le sein de sa femme, et que le cachet portait l'empreinte d'un lion. Les devins, regardant ce songe comme suspect, conseillèrent à Philippe de veiller avec soin sur sa femme; mais Aristandre de Telmisse dit que ce songe marquait la grossesse de la reine; « car, ajouta-t-il, on ne scelle point des vaisseaux vides; et Olympias porte dans son sein un fils qui aura le courage d'un lion.»

    On vit aussi, pendant qu'Olympias dormait, un dragon étendu auprès d'elle; et l'on prétend que ce fut surtout cette vision qui refroidit l'amour et les témoignages de tendresse de Philippe, qui depuis n'alla plus si souvent passer la nuit avec elle; soit qu'il craignît de sa part quelques maléfices ou quelques charmes magiques, soit que par respect il s'éloignât de sa couche, qu'il croyait occupée par un être divin.

    On rapporte à ce sujet une autre tradition : les femmes de cette contrée sont, dit-on, sujettes, de toute ancienneté, à être possédées de l'esprit d'Orphée et de la fureur divine qu'inspire le dieu Bacchus, d'où leur vient le nom de Clodones et de Mimallones ; elles ont à peu près les mêmes pratiques que les femmes édoniennes et thraciennes, qui habitent les environs du mont Hémus. Il semble même que c'est des cérémonies qu'observent ces dernières femmes qu'est dérivé le mot grec g-threhskeuein, qui signifie exercer un culte superstitieux. Olympias, plus livrée que les autres femmes à ces superstitions fanatiques, y mêlait des usages encore plus barbares; et traînait souvent après elle, dans les choeurs de danses, des serpents privés, qui, se glissant hors des corbeilles et des vans mystiques où on les portait, et s'entortillant autour des thyrses de ces bacchantes, jetaient l'effroi parmi les assistants.


    6. Statistiques de consultation - décembre 2004 :

    • Site ITINERA ELECTRONICA:
      • sessions de travail ouvertes: 14.596
      • moyenne de l'année 2004 : 19.325 sessions/mois
      • pages visitées: 46.696
      • pages les plus fréquemment demandées: Cours GLOR 2330 (Auteurs latins - P.-A. Deproost; 2.753 pages), Cours FLTR 1760 (Initiation au latin - A. Meurant; 3.364 pages); Cours GLOR 2330 (Auteurs latins II - P.-A. Deproost) : 9.199 Actualités : 2.510 pages ;

    • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes (hors Corpora) :
      • sessions de travail ouvertes: 40.736
      • moyenne de l'année 2004 : 30.235 sessions/mois
      • pages visitées : 254.614 [record battu!]
      • pages les plus visitées : Érasme (Eloge de la Folie, Enchiridion, Institutio) : 7.646, 7.923 et 7.319 pages; Pline le Jeune, Lettres, lv. VII : 4.476 pages; Tite-Live, Hist. Rom., lv. X : 6.009 pages;

    • Site AGORACLASS (CORPORA):
      • sessions de travail ouvertes: 3.174
      • pages visitées: 114.238

    • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
      • sessions de travail ouvertes: 58.969
      • moyenne de l'année 2004 : 68.272 sessions/mois
      • pages visitées: 140.258
      • pages les plus fréquemment demandées: Folia Electronica Classica (12.203 pages); Suétone (24.096 pages); Virgile (11.864 pages)

    • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
      • sessions de travail ouvertes: 7.849
      • moyenne de l'année 2004 : 10.477 sessions/mois
      • pages visitées: 8.829

    • Site COLLATINVS-UCL (lemmatisation - dictionnaire latin-français) :
      • sessions de travail ouvertes:

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    Dernière mise à jour : 17/02/2002