Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     17-12-2004

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron, Juan Luis Vivès; Corpora : Cicéron, De natura deorum et De officiis; Miscellanea;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Christian Ruell a pu constituer les environnements hypertextes suivants:

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format .txt, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :

Présentations :

  • Cicéron, Plaidoyer pour Sextius :

    Ce discours est un acte de reconnaissance. P. Sextius, pendant l'exil de Cicéron, avait signalé pour lui le plus grand zèle. A peine désigné tribun, il s'était rendu auprès de César, qui commandait alors dans les Gaules, afin de l'intéresser au sort de cet illustre exilé, ou pour obtenir du moins qu'il ne s'opposât point à son rappel. Le refus de César ne l'avait point découragé. De retour à Rome, il s'était uni avec Milon, Fabricius, Cispius, et quatre autres de ses collègues; et, sans être intimidé par les violences de Clodius, bravant les gladiateurs et les assassins que ce brigand tenait à ses gages, opposant la force à la force, d'autant plus ardent à soutenir la cause de son ami qu'elle était devenue la sienne, et qu'elle lui avait presque coûté la vie, il avait enfin réduit au silence les ennemis de la république et le sauveur de la patrie était rentré dans Rome, glorieux et triomphant, seize mois après qu'il en avait été banni.

    Cependant Clodius, s'étant fait nommer édile, poursuivait dans les tribunaux ceux qui avaient échappé à ses fureurs. Milon et Sextius furent les plus vivement attaqués. Il se chargea lui-même de la perte du premier ; l'autre fut livré à Tullius Albinovanus qui l'accusa d'avoir attenté au salut public. Pompée défendit Milon ; Cicéron se hâta d'offrir ses secours à Sextius, malgré le refroidissement de leur amitié. Mais, en voyant son bienfaiteur menacé, il avait oublié ses torts.

    Les accusateurs, qui jugeaient de l'âme de ce grand homme par la bassesse de leurs sentiments, s'étaient persuadés qu'il garderait le silence. Il leur prouva que si l'amitié peut s'altérer dans un coeur généreux, rien n'y peut détruire la reconnaissance; et, quoique Sextius eût déjà confié sa cause à Q. Hortensius, Cicéron demanda comme une grâce qu'il lui fût aussi permis de le défendre.
    Les deux orateurs ne trompèrent point l'attente publique. Hortensius démontra par les faits que Sextius n'était point coupable. Cicéron, qui ne pouvait rien ajouter à la discussion des moyens, s'attacha surtout à mettre les juges dans les intéréts de l'accusé. Il leur fit désirer que les preuves développées par Hortensius ne pussent être infirmées. Elles ne le furent pas ; l'innocence triompha; Sextius fut absous d'une voix unanime; et tout le monde regarda l'orateur comme le plus reconnaissant des hommes.

    Quand on aura lu ce discours, on dira peut-être que c'est une histoire éloquente de l'exil et du rappel de Cicéron plutôt que la justification de Sextius; et, en effet, l'auteur y parle beaucoup plus de lui-même que de son client. Mais on ne doit point oublier quit s'était proposé seulement de persuader les juges qu'Hortensius avait déjà convaincus. Comment pouvait-il y mieux réussir qu'en leur retraçant les malheurs qu'il avait éprouvés, et dont Sextius avait tant contribué à le délivrer? La cause de l'accusé était véritablement la sienne; c'était lui que l'on poursuivait dans la personne de son client. Clodius voulait éloigner de Rome tous ceux qui l'aimaient, afin de le perdre plus facilement lui-même.

    Cicéron, pour mettre les Romains en garde contre les manoeuvres de son persécuteur, n'était-il pas obligé de leur rappeler sans cesse les violences dont il aurait été la victime, si leur zèle ne l'en eût enfin garanti? Il tirait de là deux avantages importants: non seulement il leur rendait odieux son ennemi; mais il les associait, en quelque sorte, à ses dangers, et les forçait presque à défendre toujours un citoyen dont le salut avait déjà été leur ouvrage. Il nous semble que ces raisons doivent justifier les détails où est entré l'orateur en parlant de son exil et de son retour.

    Au reste, ce discours est un des plus instructifs pour ceux qui veulent bien connaître les causes et les auteurs des troubles qui agitèrent, à cette époque, la république romaine.

    [tiré de : Oeuvres complètes de Cicéron, Discours pour sa maison, pour Sextius, ... Paris, Classiques Garnier, 1919 (?)]

  • Juan Luis Vivès, De l'Assistance aux pauvres :

    Le traité de Subventione pauperum sive de humanis necessitatibus, divisé en deux livres, fut écrit en 1525. A Oxford, Vivès, vers 1523, rencontra Louis de Flandres, seigneur de Praet, qui l'incita à écrire un volume destiné à rechercher les moyens de secourir la pauvreté, c'est-à-dire à tracer un plan de bienfaisance publique.
    D'un autre côté, Vivès avait pensé à écrire ce traité, à cause de la famine dont on souffrit à Séville en 1522 et en Aragon et à Valence en 1523, suivant les renseignements de Diego Ortiz de Zuniga, Francisco Diego de Zayas et Miguel Garcia, cités par Mayans, et Vivès lui-même s'émut grandement de la mortalité que le manque de soin avait occasionnée en Andalousie. ...

    Les mesures pratiques suggérées par Vivès dans son livre sont condensées dans les huit points suivants :

    • L'administration de tous les secours aux pauvres dans un esprit équitable, avec tout le souci dû au bien véritable de l'âme ;
    • La juste organisation des quêtes et la centralisation des fonds ; l'unification de la direction et la répartition du travail administratif. Vivès demande que les mendiants professionnels soient renvoyés à leur ville d'origine, munis de l'assistance nécessaire au voyage ;
    • L'extension des secours à toute catégorie de pauvres dans la communauté ;
    • L'assistance aux pauvres honteux à domicile ;
    • La fourniture de matières premières et de matériel pour l'encouragement au travail ;
    • L'organisation de la prévoyance mutuelle entre ouvriers ;
    • Les mesures préventives contre l'abus des aumônes aux mendiants ;
    • La coopération entre les différentes associations pour l'assistance aux pauvres.

    Pour toutes ces réformes, Vivès ne considéra pas comme suffisantes les énergies de l'Eglise.
    Son attitude à l'égard des enfants des pauvres et des insuffisants physiques est d'une signification spéciale pour l'histoire de l'éducation. Sa vision humanitaire est absolument divergente de celle que la Renaissance avait adoptée. L'attention des autorités scolaires se concentrait sur les enfants exceptionnellement doués. Au contraire, Vivès veut que les déshérités, tant intellectuels que physiques, soient employés dans la mesure de leurs moyens et que leur éducation soit en fonction de leurs aptitudes. ...

    [tiré de l'édition de la traduction française de cet ouvrage : cf. module Lecture]


2. CORPORA :

Christian Ruell a pu établir également deux nouvelles bases de données globales pour les oeuvres suivantes :

Cicéron, De la nature des Dieux (De natura deorum et

Cicéron, Des devoirs (De officiis)

Détails : De natura deorum : 3 livres, 35.737 occurrences pour 9.778 formes différentes; De officiis : 3 livres, 34.263 occurrences pour 8.813 formes différentes.

Exemple d'une consultation :

De la nature des Dieux (De natura deorum): critère de sélection : l'humain (formes commençant par human...) :

human  =  11 formes différentes pour 43 occurrences

2, 13 sit deterior mundi potius quam humana condicio. homo enim sapiens fieri
1, 27 de deo cogitet, forma occurrat humana; deinde cum, quoniam rebus omnibus
2, 6 ratio, quod uis, quod potestas humana efficere non possit, est certe
2, 24 multitudo deorum, qui induti specie humana fabulas poetis suppeditauerunt, hominum autem
1, 31 participem in ulla alia nisi humana figura. Quid solis numquidnam aut
1, 32 at homines nati; ante igitur humana forma quam homines, eaque erant
1, 32 dii inmortales: non ergo illorum humana forma, sed nostra diuina dicenda
3, 89 amicus: Tu, qui deos putas humana neglegere, nonne animaduertis ex tot
1, 44 potest esse sanctitas, si dii humana non curant, quae autem animans
1, 18 liniamentorum, quae figura, quae species humana potest esse pulchrior? Vos quidem,
1, 34 similitudinem enim deorum propius accedebat humana uirtus quam figura. ~XXXV. An
1, 27 esse pulcherrima debeat, nec esse humana ullam pulchriorem; tertiam rationem adfertis,
2, 28 omniaque traducta ad similitudinem inbecillitatis humanae. nam et perturbatis animis inducuntur:
2, 54 tota hominis fabricatio perspecta omnisque humanae naturae figura atque perfectio. Nam
1, 18 gentium speciem nullam aliam nisi humanam deorum; quae enim forma alia
1, 32 uenisse gradibus; a ratione ad humanam figuram quo modo accedis? Praecipitare
1, 2 omnino nullam habere censerent rerum humanarum procurationem deos. Quorum si uera
3, 92 quid possit, aut neglegit res humanas aut, quid sit optimum, non
3, 82 deorum iudicio, si uident res humanas, discrimen esse sublatum? ~Diogenes quidem
1, 27 copia rationum, quibus docere uelitis humanas esse formas deorum; primum quod
2, 65 Licet enim contrahere uniuersitatem generis humani eamque gradatim ad pauciores, postremo
2, 31 magno usu et commoditate generis humani, efficitur omnia regi diuina mente
1, 2 fides etiam et societas generis humani et una excellentissuma uirtus iustitia
3, 93 cessare patitur, cur non rebus humanis aliquos otiosos deos praeficit, qui
1, 33 homine membrorum, ut iudicetis membris humanis deos non egere? Quid enim
3, 3 agere, nihil curare confirmat membrisque humanis esse praeditos, sed eorum membrorum
2, 65 confirmare deorum prudentia consuli rebus humanis. Est enim profecto diuinatio, quae
3, 65 regatur; deinde, consulantne di rebus humanis. Haec enim mihi ex tua
3, 6 regi, postremo consulere eos rebus humanis. Haec, si recte memini, partitio
3, 47 tales dei sunt, ut rebus humanis intersint, Natio quoque dea putanda
2, 1 administrari, postremo consulere eos rebus humanis. Nos autem hoc sermone, quae
1, 33 nam Phaedro nihil elegantius, nihil humanius, sed stomachabatur senex, si quid
1, 30 uestra sunt. Si igitur nec humano (corpore sunt di) quod docui,
1, 28 pingitur, natantibus inuehens beluis adiunctis humano corpori, nolis esse. Difficili in
2, 6 pleniorem naturam, hoc idem generi humano euenerit, quod in terra hoc
1, 16 intemperantia libidines, adulteria, uincula, cum humano genere concubitus mortalisque ex inmortali
3, 78 non dari illam quam dari humano generi melius fuit. Ut si
3, 69 haud scio, an melius fuerit humano generi motum istum celerem cogitationis,
2, 23 enim magnam utilitatem generi adferret humano, id non sine diuina bonitate
2, 31 eadem sit in is quae humano in genere ratio, eadem ueritas
1, 2 a dis inmortalibus tribui generi humano putant, multaque, quae dicentur, in
1, 11 animi carperentur, non uidit distractione humanorum animorum discerpi et lacerari deum,
3, 93 est omne ab ea genus humanum esse contemptum? Sed quomodo idem

Les réponses à l'interrogation sont présentées sous forme de contextes dans lesquels le critère de sélection est centré et entouré, de part et d'autres, de 5 formes; toutes ces formes - absolument toutes - sont pourvues d'un lien hypertexte permettant soit de faire de nouvelles interrogations, soit d'afficher, pour le critère de sélection, l'environnement textuel ainsi que la traduction française; le logiciel élaboré par nos soins autorise ainsi une navigation dynamique au travers de l'oeuvre considérée.

Nous pouvons constater que, dans le De natura deorum, le concept humain est associé à : condicio, corpus, figura, forma, genus, natura, res, species, uirtus : nous glanons aussi, au livre III, des otiosos deos ainsi qu'une réponse de Normand faite par Diagoras à un quidam :

At Diagoras cum Samothracam uenisset, Atheus ille qui dicitur, atque ei quidam amicus: 'Tu, qui deos putas humana neglegere, nonne animaduertis ex tot tabulis pictis, quam multi uotis uim tempestatis effugerint in portumque salui peruenerint?', 'Ita fit', inquit, 'illi enim nusquam picti sunt, qui naufragia fecerunt in marique perierunt.'

Diagoras, dit l’athée, arriva un jour à Samothrace et fut interpellé par un ami : «Toi qui penses que les dieux se désintéressent des choses humaines, ne vois-tu pas toutes ces tablettes votives qui témoignent du nombre de ceux qui ont échappé à la violence de la tempête, et qui, grâce à leurs prières, sont arrivés au port sains et saufs?», «Certes», répondit-il, «parce qu’il n’y a aucun ex voto de ceux qui firent naufrage et périrent en mer.»


3. Miscellanea :

  • Deux nouveaux Puzzles, construits avec l'application hors ligne EXERCICES 4.1 : l'un élaboré lors de la préparation de l'environnement hypertexte pour le livre I du traité De l'Orateur de Cicéron et qui est basé sur la définition du véritable orateur que Cicéron y donne : L'Orateur.

    L'autre Puzzle a été créé après la découverte récente sur un Forum de nouvelles d'un exercice d'analyse basé sur le récit de la louve allaitant Romulus et Remus dont les données textuelles proviennent de Tite-Live, Histoire romaine, I, 4 : La louve romaine.

  • PISA 2003 : La revue allemande Der SPIEGEL, n° 51, est revenue cette semaine-ci sur les résultats des étudiants allemands à cette enquête internationale, enquête dont nous avons parlé dans les Actualités de la semaine dernière.

    L'article de Per HINRICHS et de Julia KOCH est intitulé Ceux-là veulent étudier (Die wollen ja lernen) et propose une comparaison entre les résultats canadiens et allemands : "Une nouvelle fois, le Canada a obtenu une place en tête dans l'enquête PISA. Mais surtout on réussit dans ce pays à éduquer avec succès les immigrés et les enfants d'immigrés ainsi que les enfants à problèmes : un exemple pour l'Allemagne?"

    La métaphore des ciseaux revient. Les deux branches des ciseaux représentent, d'un côté, les élèves qui réussissent et, de l'autre, ceux dits à risque (et qui proviennent, en large part, de la population immigrée). Lorsque les ciseaux sont largement ouverts, cela veut dire que l'écart entre les deux types d'élèves est très accentué - ce qui est le cas en Allemagne, entre autres - si, par contre, les deux branches sont rapprochées, cela indique une différence de faible amplitude entre les "bons"élèves et ceux à risques - comme c'est le cas pour le Canada -.

    Remèdes : pour éviter une population scolaire hétérogène, le Canada offre des cours d'anglais - langue étrangère et des services éducatifs spécifiques. Non seulement les enfants d'immigrés - le Canada est un pays d'immigration massive : la province de l'Ontario en reçoit chaque mois plus de 10.000 ! - suivent ces cours mais aussi leurs parents et cela principalement en enseignements à horaire décalé. Les parents, cependant, peuvent aussi assister aux cours prodigués à leurs enfants; dans les écoles se trouvent des centres de conseils où des traducteurs sont à la disposition des uns et des autres.

    Les écoles sont jugées sur résultats : un test à l'échelle du pays est effectué régulièrement (années d'enseignement 3, 6, 9 et 10) pour vérifier si les écoles ont rempli les missions et les tâches (savoirs et compétences acquis) qui leur ont été confiées. Les résultats de ces tests sont disponibles sur la Toile, des listes affichant les classements des différentes écoles sont publiées.

    Conséquence: 57% des étudiants canadiens de l'enqête PISA 2003 ont atteint les niveaux (supérieurs) 3 ou 4 et le Canada veut faire en sorte que dans 3 ans, lors de l'enquête 2006, ce soient 75% de la population scolaire interrogée qui obtiennent ces niveaux d'excellence.

    Un exemple à suivre par l'Allemagne, se demandent les journalistes en conclusion.

  • GOOGLE : le célèbre moteur de recherche se lance dans une nouvelle aventure: la numérisation de plusieurs millions de livres et de documents suivie de leur mise à disposition gratuite sur la Toile (pour autant que ces livres soient libres de droits). Bibliothèques concernées: aux Etas-Unis: New York (livres libres de droits), Stanford et Michigan (la totalité de leurs catalogues) et Harvard (40.000 titres) ; en Angleterre : Oxford (Bodleian Library; livres datant d'avant 1901). Cela prendra déjà 7 années pour les fonds de livres provenant de Michigan (7 millions de volumes).

    Bientôt, au lieu d'aller dans les bibliothèques pour consulter les livres sur place, cette documentation sera à disposition sur la Toile au domicile d'un chacun, sur son poste de travail connecté aux réseaux. This is the day the world changes pourrons-nous dire alors avec J. Wilkin de l'Université de Michigan.

    Source : Google to scan famous libraries.


Jean Schumacher
17 décembre 2004


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002