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Date :     10-09-2004

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron; Site ITINERA ELECTRONICA; Lecture : Que faut-il penser des avertissements des Dieux?;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Les environnements hypertextes, constitués pendant la semaine par Christian RUELL, concernent :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, en libre accès, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA:


2. Site ITINERA ELECTRONICA :

Le site ITINERA ELECTRONICA fait peau neuve.

Adresse du site nouvelle formule:

ITINERA 2004

Comme l'installation et la réinstallation sont en cours - et cela encore pendant un certain temps -, nous avons placé sur le nouveau site un item Ancien site de manière à permettre aux internautes de (re)trouver par ce biais toutes les informations qu'ils avaient l'habitude de voir et de consulter sur le premier site des ITINERA ELECTRONICA.

Nous nous proposons, cependant, de ne reprendre au sein du nouveau site que les rubriques, les données, les outils et/ou les réalisations qui sont encore d'application et qui sont regulièrement mis à jour.

La création du site remonte à 1998. De nouvelles rubriques ont vu le jour au fil des ans. Les outils d'analyse et de recherche ainsi que les applications sont devenus de plus en plus nombreux et variés. Les environnements hypertextes ont été mis en place. Les parcours didactiques ont été accompagnés de leçons d'apprentissage. Récemment s'y sont encore ajoutées des bases de données récapitulatives (Corpora).

A force d'y planter des arbres de plus en plus nombreux et de variétés multiples, la forêt ITINERA ELECTRONICA s'est mise à prendre l'aspect d'une jungle. Le temps est venu d'élaguer.

De plus, les ressources humaines à disposition n'ont pas augmenté, que du contraire! Le travail collaboratif sur lequel comptait le Projet pour alimenter - ou réalimenter - sans cesse en nouveautés et en mises à jour les ITINERA ELECTRONICA n'a pas pris l'étendue espérée. Bref, bien des voies d'investigation sont tombées en désuétude. Nous allons les clôturer.

Nous sollicitons votre compréhension à l'occasion de cette restructuration et nous mettons tout en oeuvre pour la mener à bon terme dans les meilleurs délais. Vos avis, commentaires et suggestions sont les bienvenus sur le forum de discussion AGORAQUEST où nous venons de placer la présente annonce.


3. Lecture : Que faut-il penser des avertissements des Dieux? :

Cicéron donne son avis à ce sujet dans le traité De la divination, lv. II, ch. 25 (partim) - dans l'Actualité de la semaine passée une autre prise de position de Cicéron à ce sujet a fait l'objet d'une présentation - :

Quae est enim ista a deis profecta significatio et quasi denuntiatio calamitatum? Quid autem uolunt di immortales, primum ea significantes quae sine interpretibus non possimus intellegere, deinde ea quae cauere nequeamus? At hoc ne homines quidem probi faciunt, ut amicis impendentes calamitates praedicant, quas illi effugere nullo modo possint; ut medici, quamquam intellegunt saepe, tamen numquam aegris dicunt illo morbo eos esse morituros: omnis enim praedictio mali tum probatur, cum ad praedictionem cautio adiungitur. 55 Quid igitur aut ostenta aut eorum interpretes uel Lacedaemonios olim uel nuper nostros adiuuerunt? Quae si signa deorum putanda sunt, cur tam obscura fuerunt? Si enim ut intellegeremus quid esset euenturum, aperte declarari oportebat; aut ne occulte quidem, si ea sciri nolebant.

Que signifient ces avertissements des dieux, ce qu'on pourrait appeler des messages de malheur?
Quel but les dieux immortels se proposent-ils d'abord en nous donnant des indications que nous ne pouvons comprendre sans interprètes, en second lieu en nous annonçant des calamités dont nous sommes hors d'état de nous préserver?

De simples hommes, pour peu qu'ils aient l'âme bonne, ne prédisent pas à leurs amis des malheurs dont la connaissance anticipée ne peut en aucune façon empêcher la venue et, par exemple, des médecins, bien qu'ils sachent à quoi s'en tenir, n'annoncent pas à leurs malades qu'ils mourront de leur mal.

Prédire un malheur ce n'est une bonne action que si l'on indique en même temps le moyen de se mettre à l'abri. De quel secours les prodiges ou leurs interprètes ont-ils été jadis pour les Lacédémoniens, plus récemment pour nous?
Et s'il faut attribuer ces signes aux dieux, pourquoi étaient-ils tellement obscurs? S'ils voulaient nous instruire de ce qui arriverait, ils auraient dû parler clairement, s'ils voulaient que nous fussions dans l'ignorance, même enveloppés de mystère, les signes étaient de trop.

Et Cicéron de proclamer, deux chapitres plus loin :

Il n'y a pas de prodiges :

: [2,28] XXVIII. 60 An uero illa nos terrent, si quando aliqua portentosa aut ex pecude aut ex homine nata dicuntur? Quorum omnium, ne sim longior, una ratio est. Quicquid enim oritur, qualecumque est, causam habeat a natura necesse est, ut, etiamsi praeter consuetudinem exstiterit, praeter naturam tamen non possit exsistere. Causam igitur inuestigato in re noua atque admirabili, si poteris; si nullam reperies, illud tamen exploratum habeto, nihil fieri potuisse sine causa, eumque terrorem, quem tibi rei nouitas adtulerit, naturae ratione depellito. Ita te nec terrae fremitus nec caeli discessus nec lapideus aut sanguineus imber nec traiectio stellae nec faces uisae terrebunt. 61 Quarum omnium causas si a Chrysippo quaeram, ipse ille diuinationis auctor numquam illa dicet facta fortuito naturalemque rationem omnium reddet; nihil enim fieri sine causa potest; nec quicquam fit, quod fieri non potest; nec, si id factum est quod potuit fieri, portentum debet uideri; nulla igitur portenta sunt. Nam si, quod raro fit, id portentum putandum est, sapientem esse portentum est; saepius enim mulam peperisse arbitror quam sapientem fuisse. Illa igitur ratio concluditur: nec id quod non potuerit fieri factum umquam esse, nec, quod potuerit, id portentum esse; ita omnino nullum esse portentum. 62 Quod etiam coniector quidam et interpres portentorum non inscite respondisse dicitur ei qui {cum} ad eum rettulisset quasi ostentum quod anguis domi uectem circumiectus fuisset: "Tum esset" inquit "ostentum, si anguem uectis circumplicauisset". Hoc ille responso satis aperte declarauit nihil habendum esse, quod fieri posset, ostentum.

[2,28] XXVIII. - Allons-nous être épouvantés parce qu'on nous annonce la naissance d'un être monstrueux, homme ou bête? A l'égard d'un fait de ce genre, une seule attitude, je le dis en un mot, est raisonnable. Quoi qu'il arrive dans cet ordre d'idées et de quelque façon que soit constitué le nouveau-né, sa venue au monde, si anormal qu'il puisse être, a une cause naturelle, car rien ne peut se produire qui soit contraire à la nature.

En présence d'un cas nouveau et surprenant, cherchons la cause, si nous pouvons; si nous ne la trouvons pas, tenons néanmoins pour certain que rien n'arrive sans cause et chassons la frayeur qu'a inspirée l'événement insolite en faisant appel à la lumière naturelle. Si nous prenons ce parti, nous verrons sans épouvante la terre trembler, le ciel s'entr'ouvrir, une pluie de pierres ou de sang, une étoile filante, des apparitions de torches allumées.

Si je demande à Chrysippe, lui-même défenseur de la divination, la cause de tous ces phénomènes, il n'invoquera jamais le hasard, il en cherchera la raison d'être dans la nature. Rien en effet n'arrive sans cause, rien ne se produit qu'il est impossible qui se produise et, s'il arrive n'importe quoi, ce qui est arrivé étant possible ne doit pas nous paraître un prodige. Il n'y a pas de prodiges.

Si l'on devait juger prodigieux un fait rare, un sage serait quelque chose de prodigieux : une mule qui met bas, c'est chose qu'on a vue, je crois, plus souvent qu'un sage.

Telle est donc ma conclusion : ce qui ne pouvait être n'est jamais arrivé et ce qui a pu arriver n'est pas un prodige, il n'y a donc jamais eu de prodige.

On cite cette réponse assez spirituelle d'un homme qui faisait lui-même profession de trouver un sens aux prodiges, de les interpréter : quelqu'un était venu lui rapporter comme une chose prodigieuse que dans sa maison un serpent s'était enroulé autour d'un verrou. «Le prodige, répondit-il, serait que le verrou se fût enroulé autour du serpent.» Il montrait assez clairement par cette réponse qu'il ne faut regarder comme un prodige rien de ce qui est possible.

Nous pouvons citer ici, à propos mais en opposition à l'avis de Cicéron, ce qu'écrivait Raymond BLOCH au sujet des Prodiges en Étrurie (dans: Les prodiges dans l'Antiquité classique, P.U.F., "Mythes et Religions" n° 46, Paris, 1963, pp. 73-75 :

" ... Tous les êtres atteints de difformités rares, tous les monstres des domaines animal et humain représentaient pour la conscience étrusque des êtres dangereux, des souillures vivantes pour la cité qui risquait d'en être infectée. Car, si la nature oubliait ainsi ses propres lois, c'est que les puissances divines avaient pris soin de marquer eux-mêmes ces êtres anormaux.

Aussi fallait-il les expulser au plus tôt de la société des hommes, les en retrancher de la manière la plus rapide et la plus radicale. En Étrurie, et plus tard à Rome, les hermaphrodites étaient emprisonnés vivants dans un cercueil et jetés en haute mer : ainsi tout contact des êtres impurs avec les hommes et même avec la terre était-il évité.

Toute espèce de monstre pouvait être aussi jeté dans un fleuve et être lancé vivant dans les profondeurs du Tibre, quand il était originaire de Rome. Mais le recours aux flammes était aussi possible et les seules traces qui demeuraient alors de l'être infortuné, ses cendres, étaient ensuite dispersées dans le Tibre ou la mer.

Même attitude à l'égard des animaux monstrueux ou bien auteurs de prodiges : mais on ne les immergeait pas, on les brûlait avec le bois d' "arbores infelices", Macrobe nous en a gardé le fidèle souvenir (Saturnales III, 20,3).

Ainsi procéda-t-on avec des guêpes venues s'abattre sur un temple. Deux boeufs, parvenus, à l'émerveillement de tous, jusque sur le toit d'une maison, furent brûlés vifs sur ordre des haruspices et leurs cendres jetées dans le Tibre. Un passage déjà cité de la Pharsale s'accorde de façon très exacte avec cette tradition haruspicinale. Alors que les légions de César ont franchi le Rubicon et que les prodiges les plus menaçants terrifient Rome, le devin de Lucques Arruns ordonne de brûler "infaustis flammis", c'est-à-dire avec le bois d' "arbores infelices", les monstres que la nature avait produits sans aucune semence (Pharsale, I, 589 sqq.).

Par contre, il faut le noter, les haruspices prescrivaient de conserver précieusement et de nourrir aux frais de l'État les animaux qui avaient parlé et dont parfois, par chance extrême, on avait pu saisir les propos, ainsi en 192 avant J.-C., quand un boeuf prononça ces paroles : Rome, prends garde à toi (Cf. Tite-Live, XXXV,21,5).

De tels animaux miraculeux étaient ainsi considérés différemment des autres monstres ; ils avaient quelque chose de divin en eux et les Étrusques, loin de les tenir pour des souillures vivantes, les entouraient d'un respect religieux. Il faut penser, sans que les textes ne nous l'indiquent, qu'ils étaient tenus en des enclos spéciaux, représentants du sacré et isolés du monde profane. ..."


Jean Schumacher
10 septembre 2004


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002