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Date :     03-09-2004

Sujets :
Environnements hypertextes : Apulée, À propos du Dieu de Socrate; Lecture : Denys le tiran, son cheval et un essaim d'abeilles; Lecture : Cicéron et les avertissements des dieux; Complément : René GIRARD à propos du bouc émissaire; Statistiques de consultation - août 2004;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

La constitution d'environnements hypertextes est en instance de reprise mais sur un mode mineur : les préparatifs engagés en vue de la prochaine rentrée académique font en sorte que l'équipe informatique est très sollicitée.

En création: l'environnement hypertexte pour :

Apulée, À propos du Dieu de Socrate, texte complet.

Textes bruts : texte latin - traduction française.

Nous avons présenté un dossier relatif au démon de Socrate dans l'Actualité du 13 août 2004.

Nous pouvons ajouter une nouvelle pièce à ce dossier provenant cette fois-ci de Cicéron, De la divination, lv. I, ch. 54 :

[1,54] LIV. 122 Hoc nimirum est illud, quod de Socrate accepimus, quodque ab ipso in libris Socraticorum saepe dicitur: esse diuinum quiddam, quod g-daimonion appellat, cui semper ipse paruerit numquam impellenti, saepe reuocanti. Et Socrates quidem (quo quem auctorem meliorem quaerimus?) Xenophonti consulenti sequereturne Cyrum, posteaquam exposuit quae ipsi uidebantur, "Et nostrum quidem," inquit, "humanum est consilium; sed de rebus et obscuris et incertis ad Apollinem censeo referundum, ad quem etiam Athenienses publice de maioribus rebus semper rettulerunt. 123 Scriptum est item, cum Critonis, sui familiaris, oculum adligatum uidisset, quaesiuisse quid esset; cum autem ille respondisset in agro ambulanti ramulum adductum, ut remissus esset, in oculum suum recidisse, tum Socrates: 'Non enim paruisti mihi reuocanti, cum uterer, qua soleo, praesagatione diuina". Idem etiam Socrates, cum apud Delium male pugnatum esset Lachete praetore fugeretque cum ipso Lachete, ut uentum est in triuium, eadem, qua ceteri, fugere noluit. Quibus quaerentibus cur non eadem uia pergeret, deterreri se a deo dixit; cum quidem ii, qui alia uia fugerant, in hostium equitatum inciderunt. Permulta conlecta sunt ab Antipatro, quae mirabiliter a Socrate diuinata sunt; quac praetermittam; tibi enim nota sunt, mihi ad commemorandum non necessaria. 124 Illud tamen eius philosophi magnificum ac paene diuinum, quod, cum impiis sententiis damnatus esset, aequissimo animo se dixit mori; neque enim domo egredienti neque illud suggestum, in quo causam dixerat, ascendenti signum sibi ullum, quod consuesset, a deo quasi mali alicuius impendentis datum.

[1,54] LIV. - Cela s'accorde avec la tradition relative à Socrate : souvent, d'après les écrits de ses disciples, il parlait d'un principe divin qu'il appelait son démon auquel il obéirait toujours, qui jamais ne le poussait mais souvent le retenait.

Ce même Socrate (quelle autorité plus haute pouvons-nous chercher?) consulté par Xénophon désireux de savoir s'il devait accompagner Cyrus, après avoir exposé sa propre manière de voir, ajoutait : «Mon avis est celui d'un être qui n'est qu'un homme; quand il s'agit d'une affaire obscure et incertaine je pense qu'il faut s'en remettre à Apollon», et c'est ce que les Athéniens faisaient toujours dans les cas graves.

On a écrit aussi que voyant son ami Criton l'oeil bandé il lui demanda ce qui lui était arrivé, et quand Criton eut répondu qu'au cours d'une promenade dans les champs une branche d'arbre ployée l'avait en se redressant frappé à l'oeil, Socrate lui dit : «Tu n'as pas voulu m'écouter alors que, m'appuyant selon ma coutume sur des présages envoyés par les dieux, je tâchais de te retenir.»

Socrate encore, après la défaite subie à Délium par l'armée que commandait Lachès, s'enfuyait avec le chef, quand arrivé à un croisement de routes, il refusa de suivre le même chemin que les autres. Quand on lui demanda pourquoi, il répondit que son dieu l'en détournait; or ceux qui avaient pris ce chemin donnèrent en plein dans la cavalerie ennemie.

Antipater a rassemblé de nombreux exemples de prédictions étonnantes faites par Socrate. Je les passerai sous silence : tu les connais et il est inutile que je les rappelle.
Je mentionne toutefois ce trait magnifique et quasi divin : après son injuste condamnation ce philosophe déclara qu'il mourrait parfaitement tranquille, car ni au sortir de chez lui, ni quand il était monté sur l'estrade d'où il avait plaidé sa cause, la divinité ne l'avait averti par aucun des signes coutumiers qu'un malheur le menaçait.


2. Lecture: Denys le tiran, son cheval et un essaim d'abeilles :

Dans l'Actualité de la semaine passée, il a déjà été question du tyran Denys de Siracuse avec une citation provenant de Macrobe, Commentaire du Songe de Scipion, cette semaine-ci c'est Cicéron, De la Divination, lv. I, ch. 33 qui fournit une autre histoire à propos de ce personnage:

Facta coniectura etiam in Dionysio est, paulo ante quam regnare coepit; qui cum per agrum Leontinum iter faciens equum ipse demisisset in flumen, submersus equus uoraginibus non exstitit; quem cum maxima contentione non potuisset extrahere, discessit, ut ait Philistus, aegre ferens. Cum autem aliquantum progressus esset, subito exaudiuit hinnitum respexitque et equum alacrem laetus adspexit, cuius in iuba examen apium consederat. Quod ostentum habuit hanc uim, ut Dionysius paucis post diebus regnare coeperit.

On rapporte aussi l'interprétation par un devin d'un fait qui s'est passé avant que Denys eût commencé de régner : il traversait le territoire de Léontium et avait lancé son cheval dans un fleuve, le cheval englouti disparut dans un tourbillon et en dépit de tous les efforts on ne put le retirer de l'eau de sorte que Denys, comme le dit Philiste, s'en allait très mécontent. Il avait fait quelques pas et soudain entendit un hennissement, regarda derrière et eut le plaisir de voir son cheval très fringant, avec un essaim d'abeilles dans sa crinière. La signification de ce présage apparut peu de jours après quand commença le règne de Denys.

Élien, auteur grec du IIIe siècle ap. J.-Chr., reprend cette histoire au livre XII de ses Histoires variées en 14 livres.

"46. D'un prodige qui annonçait que Denys serait roi.

UN jour que Denys, fils d'Hermocrate, traversait un fleuve, le cheval qu'il montait s'abattit dans la boue. Denys fit un saut, gagna le rivage, et il s'en allait, laissant là son cheval sur lequel il ne comptait plus; mais comme l'animal le suivait en hennissant, Denys retourna sur ses pas. Pendant qu'il saisissait les crins et qu'il se préparait à remonter, un essaim d'abeilles vint se jeter sur sa main. Les Galéotes (105), consultés sur ce prodige, répondirent qu'il présageait que Denys serait roi."

Nous avons trouvé cette traduction sur le site de Philippe REMACLE où les traductions des 14 livres sont en vitrine d'après M. DACIER, Élien, Histoires diverses, Paris, Delalain, 1827.


3. Lecture: Cicéron et les avertissements des dieux : Dans le traité De la divination, Cicéron présente une foule de présages; il fait suivre celui relatif à Cécilia d'un jugement personnel :

Lv. I, ch. XLVI (par. 104):

L- Flaccum, flaminem Martialem, ego audiui, cum diceret Caeciliam Metelli, cum uellet sororis suae filiam in matrimonium conlocare, exisse in quoddam sacellum ominis capiendi causa, quod fieri more ueterum solebat. Cum uirgo staret et Caecilia in sella sederet, neque diu ulla uox exstitisset, puellam defatigatam petisse a matertera, ut sibi concederet paulisper ut in eius sella requiesceret; illam autem dixisse: "Vero, mea puella, tibi concedo meas sedes". Quod omen res consecuta est; ipsa enim breui mortua est, uirgo autem nupsit, cui Caecilia nupta fuerat. Haec posse contemni uel etiam rideri praeclare intellego, sed id ipsum est deos non putare, quae ab iis significantur contemnere.

J'ai entendu L. Flaccus flamine de Mars raconter cette histoire : Cécilia la fille de Métellus voulait marier la fille de sa soeur et suivant l'ancienne coutume s'était rendue dans un sanctuaire pour y recueillir un présage. La jeune fille était debout, Cécilia assise et, après une longue attente, nulle voix ne se faisait entendre, la petite, fatiguée, pria sa tante de lui céder son siège pour qu'elle pût se reposer un peu. Cécilia répondit : «Oui, mon enfant, je te cède ma place.» Cette réponse était un présage comme le montra l'événement : Cécilia mourut peu après et la jeune fille se maria à l'homme que cette mort laissait veuf. Ces histoires, je sais bien qu'on peut n'en faire aucun cas et même qu'elles prêtent à rire, mais dédaigner les avertissements que nous donnent les dieux, n'est-ce pas se refuser à croire à leur existence?.

ITINERA ELECTRONICA : L'environnement hypertexte pour le livre I du traité De la divination est préparé: texte latin - traduction française.


4. Complément : René GIRARD à propos du bouc émissaire :

Dans l'Actualité de la semaine passée et à propos du livre de S. SAYLOR, Le rocher du sacrifice, il a été question de la tradition du Bouc émissaire chez les habitants de Marseille à l'époque romaine.

René GIRARD, dans son ouvrage Des choses cachées depuis la fondation du monde (Grasset, 1978), consacre de longues pages au mécanisme victimaire; nous avons retenu l'explication donnée aux pages 199-200 :

" ... L'expression bouc émissaire remonte au caper emissarius de la Vulgate, interprétation libre du grec apopompaios : «qui écarte les fléaux».

Ce dernier terme constitue lui-même, dans la traduction grecque de la Bible, dite des Septante, une interprétation libre du texte hébreu dont la traduction exacte serait : «destiné à Azazel». On pense généralement qu'Azazel est le nom d'un démon ancien censé habiter dans le désert. Dans le chapitre XVI du Lévitique, l'action rituelle dont le bouc fait l'objet est ainsi décrite : Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des enfants d'Israël, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l'enverra au désert sous la conduite d'un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes les fautes dans un lieu aride (Lv 16, 5-10).

Dès le XVIIIe siècle, chercheurs et curieux effectuent des rapprochements entre le rite juif du bouc émissaire et d'autres rites qui, visiblement, lui ressemblent. Dans son Histoire philosophique, par exemple, l'abbé Raynal écrit, à propos des Hindous : «Ils ont un cheval émissaire, le pendant du bouc émissaire des Juifs.» ..."


5. Statistiques de consultation - août 2004 :

  • Site ITINERA ELECTRONICA:
    • sessions de travail ouvertes: 14.772
    • pages visitées: 32.064
    • pages les plus fréquemment demandées: Cours GLOR 2330 (Auteurs latins - P.-A. Deproost; 4.828 pages), Actualités : 2.486 pages ;

  • Site AGORACLASS - Environnements hypertextes:
    • sessions de travail ouvertes: 29.101
    • pages visitées : 622.267
    • pages les plus fréquemment demandées: Virgile, L'Énéide; Horace, Les Odes; Martial, Les Épigrammes; Ovide, Les Héroïdes; Pline le Jeune, Lettres; Sénèque, les Consolations; Tacite, Les Annales.

  • Site BCS (Bibliotheca Classica Selecta):
    • sessions de travail ouvertes: 54.799
    • pages visitées: 131.939
    • pages les plus fréquemment demandées: Folia Electronica Classica (15.378 pages); Suétone (16.801 pages); Virgile (9.682 pages)

  • Site LCE (Lupa Capitolina Electronica):
    • sessions de travail ouvertes: 6.334
    • pages visitées: 8.638

    État de la banque de textes latins :

  • Etat du dictionnaire au 3 septembre 2004 :

    197.044 formes différentes.
  • Etat du corpus de textes traités au 3 septembre 2004 :

    41 auteurs, 427 oeuvres, 3.153.816 occurrences.


Jean Schumacher
3 septembre 2004


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002