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Date :     25-06-2004

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron, Frontin, Érasme, Pétrone; ITINERA ELECTRONICA - Corpora : Apulée, Les Métamorphoses; Une belle histoire: Andromède;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Les environnements hypertextes constitués pendant la semaine concernent :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format .txt, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :


2. ITINERA ELECTRONICA - Corpora :

Une autre oeuvre, traitée comme un tout, a été ajoutée aux bases de données globales de l'Histoire romaine de Tite-Live et de celle d'Ammien Marcellin au sein de la rubrique Corpora du projet ITINERA ELECTRONICA :

Apulée, Les Métamorphoses (11 livres).

En préparation : César, Les Commentaires sur la Guerre des Gaules (base de données globale).

L'ingéniérie en Technologies de l'Information (NTIC / TICE) est réalisée par : Boris MAROUTAEFF et Christian RUELL.


3. Une belle histoire : Andromède :

Manilius, Les Astronomiques, V, v. 536-627 :

Andromedae sequitur sidus, quae Piscibus ortis
bis sex in partes caelo uenit aurea dextro.
hanc quondam poenae dirorum culpa parentum
prodidit, infestus totis cum finibus omnis

[5,540] incubuit pontus, fluitauit naufraga tellus,
proposita est merces, uesano dedere ponto
Andromedan, teneros ut belua manderet artus.
hic hymenaeus erat, solataque publica damna
priuatis lacrimans ornatur uictima poenae;
induiturque sinus non haec ad uota paratos,
uirginis et uiuae rapitur sine funere funus.
at, simul infesti uentum est ad litora ponti,
mollia per duras panduntur bracchia cautes;
astrinxere pedes scopulis, iniectaque uincla,

[5,550] et cruce uirginea moritura puella pependit.
seruatur tamen in poena uultusque pudorque;
supplicia ipsa decent; niuea ceruice reclinis
molliter ipsa suae custos est uisa figurae.
defluxere sinus umeris fugitque lacertos
uestis et effusi scapulis haesere capilli.
te circum alcyones pinnis planxere uolantes
fleueruntque tuos miserando carmine casus
et tibi contextas umbram fecere per alas.
ad tua sustinuit fluctus spectacula pontus

[5,560] assuetasque sibi desit perfundere rupes,
extulit et liquido Nereis ab aequore uultus
et, casus miserata tuos, rorauit et undas.
ipsa leui flatu refouens pendentia membra
aura per extremas resonauit flebile rupes.
tandem Gorgonei uictorem Persea monstri
felix illa dies redeuntem ad litora duxit.
isque, ubi pendentem uidit de rupe puellam,
diriguit, facie quem non stupefecerat hostis,
uixque manu spolium tenuit, uictorque Medusae

[5,570] uictus in Andromeda est. iam cautibus inuidet ipsis
felicisque uocat, teneant quae membra, catenas;
et, postquam poenae causam cognouit ab ipsa,
destinat in thalamos per bellum uadere ponti,
altera si Gorgo ueniat, non territus illa.
concitat aerios cursus flentisque parentes
promissu uitae recreat pactusque maritam
ad litus remeat. grauidus iam surgere pontus
coeperat ac longo fugiebant agmine fluctus
impellentis onus monstri. caput eminet undas

[5,580] scindentis pelagusque uomit, circumsonat aequor
dentibus, inque ipso rapidum mare nauigat ore;
hinc uasti surgunt immensis torquibus orbes
tergaque consumunt pelagus. sonat undique Phorcys
atque ipsi metuunt montes scopulique ruentem.
infelix uirgo, quamuis sub uindice tanto
quae tua tunc fuerat facies! quam fugit in auras
spiritus! ut toto caruerunt sanguine membra,
cum tua fata cauis e rupibus ipsa uideres
adnantemque tibi poenam pelagusque ferentem

[5,590] quantula praeda maris! quassis hic subuolat alis
Perseus et semet caelo iaculatur in hostem
Gorgoneo tinctum defigens sanguine ferrum.
illa subit contra uersamque a gurgite frontem
erigit et tortis innitens orbibus alte
emicat ac toto sublimis corpore fertur.
sed, quantum illa subit, semper, iaculata profundo,
is tantum reuolat laxumque per aethera ludit
nec cedit tamen illa uiro, sed saeuit in auras
morsibus, et uani crepitant sine uulnere dentes;

[5,600] efflat et in caelum pelagus mergitque uolantem
sanguineis undis pontumque exstillat in astra.
spectabat pugnam pugnandi causa puella,
iamque oblita sui metuit pro uindice tali
suspirans animoque magis quam corpore pendet.
tandem confossis subsedit belua membris
plena maris summasque iterum remeauit ad undas
et magnum uasto contexit corpore pontum,
tum quoque terribilis nec uirginis ore uidenda.
perfundit liquido Perseus in marmore corpus,

[5,610] maior et ex undis ad cautes peruolat altas
soluitque haerentem uinclis de rupe puellam
desponsam pugna, nupturam dote mariti.
hic dedit Andromedae caelum stellisque sacrauit
mercedem tanti belli, quo concidit ipsa
Gorgone non leuius monstrum pelagusque leuauit.
Quisquis in Andromedae surgentis tempora ponto
nascitur, immitis ueniet poenaeque minister
carceris et duri custos, quo stante superbe
prostratae iaceant miserorum in limine matres

[5,620] pernoctesque patres cupiant extrema suorum
oscula et in proprias animam transferre medullas.
carnificisque uenit mortem uendentis imago
accensosque rogos, cui stricta saepe securi
supplicium uectigal erit, qui denique posset
pendentem e scopulis ipsam spectare puellam,
uinctorum dominus sociusque in parte catenae
interdum, poenis ut noxia corpora seruet.

Traduction française :

Elle [la constellation] est suivie d'Andromède, qui, toute rayonhante d'or, parait à la droite du ciel, lorsque douze degrés des poissons se sont élevés sur l'horizon. La faute des coupables auteurs de ses jours l'exposa autrefois à un cruel supplice, lorsque la mer débordée inondait tous les rivages,

[5,540] et que la terre craignit un naufrage universel. On proposa pour condition du salut public d'abandonner Andromède à la fureur des flots; ses membres délicats devaient être la pâture d'un monstre hideux. Tel était l'hyménée auquel on la destinait; victime désignée pour mettre fin, par sa seule mort, au malheur de tout un peuple, elle est parée pour ce sacrifice; on la revêt d'habillements qui avaient eu une destination bien différente. Sans aucune pompe funèbre, on traine cette jeune princesse, encore vivante, au lieu de sa sépulture. Dès qu'on est arrivé sur le rivage de cette mer terrible, on étend ses tendres bras sur un dur rocher; ses pieds y sont liés; on la charge de chaînes;

[5,550] elle est comme attachée à la croix sur laquelle elle doit expirer. Dans cet appareil de torture, on a soin cependant que rien ne puisse offenser la décence, ni alarmer la pudeur. Son infortune ajoute à sa beauté : sa tête est mollement penchée sur un sein d'une blancheur éblouissante; abandonnée de tous, elle est seule gardienne d'elle-même. Ses habits ont glissé de dessus ses épaules; ses bras sont nus, ses cheveux épars flottent autour de sa tête. Les alcyons volant autour de vous, infortunée princesse, temoignèrent leur douleur par leurs tristes concerts; ils déplorèrent votre destinée, et, joignant leurs ailes, ils vous mirent à l'abri des ardeurs du soleil. La mer, à votre aspect, retint ses flots,

[5,560] et n'osa les porter jusqu'à leurs limites ordinaires. La Néréide éleva sa tête au-dessus des ondes, et, sensible à votre malheur, elle arrosa la mer de ses larmes. Le Zéphyr, rafraîchissant de sa douce haleine vos membres étendus, fit retentir d'un triste sifflement les rochers d'alentour. Mais enfin cet heureux jour ramène sur ce rivage Persée, vainqueur de l'horrible Méduse. II voit la princesse enchaînée sur le rocher; il est glacé d'horreur, lui que n'avait pas épouvanté le hideux aspect de la Gorgone : la dépouille qu'il en a remportée échappe presque de ses mains : vainqueur de Méduse, il est vaincu par la vue d'Andromède. Il est jaloux du roc où elle est attachée,

[5,570] il envie le bonheur des chaînes qui la retiennent. Instruit par elle des causes de son malheur, il veut, pour acquérir le titre de son époux, combattre la mer même, prêt à tout entreprendre, dût-il avoir à lutter contre une seconde Gorgone. Il fend l'air avec rapidité, il rassure Céphée et Cassiopée, en s'engageant à sauver la princesse; Andromède lui est promise, il retourne au rivage. Déjà la mer avait commencé à s'enfler; les flots, cédant à l'impétuosité du monstre qui les pousse, fuient en mugissant devant lui : sa tête s'élève au-dessus d'eux;

[5,580] il revomit l'onde amère, les flots battent avec bruit contre ses dents, une mer orageuse paraît rouler dans son énorme gueule; sa croupe se recourbe en une infinité de replis immenses, et couvre presque toute la plaine liquide. Les Syrtes retentissent du bruit qu'il fait en s'avançant; les rochers, les montagnes frémissent à son approche. Princesse infortunée, quel était alors votre destin, malgré le puissant défenseur armé pour vous secourir? Quelle pâleur était la vôtre! quelle défaillance! quel froid pénétrait tous vos membres, lorsque, du rocher où vous étiez retenue, vous vîtes la mort s'avancer vers vous, et votre supplice apporté sur l'aile des flots!

[5,590] faible proie, hélas, pour un si énorme monstre! Persée abaisse son vol ; planant dans l'air, il s'élance tout à coup contre le monstre, et plonge dans son sang cette épée terrible, teinte encore de celui de Méduse. Le monstre se défend contre le jeune héros, dresse sa tête au-dessus des flots, et, s'appuyant sur les replis immenses de sa queue, il bondit et s'élève de toute sa hauteur. Inutiles efforts! chaque fois qu'il s'élance, Persée prend son vol plus haut, et semble se jouer dans les airs. Le monstre ne cède cependant point, il déploie sa race contre l'air; ses dents craquent sans faire de blessures;

[5,600] l'eau sort à gros bouillons de ses naseaux, il inonde Persée d'un fleuve de sang, et fait rejaillir la mer jusqu'au ciel. A la vue de ce combat dont elle est l'objet, Andromède oublie son propre péril, et n'envisage en soupirant que celui de son généreux défenseur; son esprit agité est moins libre que son corps. Enfin percé de coups, le monstre se plonge dans les flots; il ne peut plus rejeter l'eau qu'il respire, il revient à la surface, et couvre de son énorme cadavre une vaste étendue de mer, trop redoutable encore pour être vu sans effroi par une jeune princesse. Persée se lave dans le cristal liquide d'une eau pure,

[5,610] et, plus grand qu'avant le combat, il vole à la cime du rocher, et dégage la princesse de ses liens : il s'était assuré sa main par la défaite du monstre; l'hymenée suivit; le succès du combat tint lieu de dot. Persée obtint pour Andromède les honneurs du ciel, elle fut mise au nombre des constellations : digne issue d'un combat glorieux, où un monstre, non moins redoutable que Méduse, périt, et soulagea la mer de son poids odieux.

Quiconque naît au moment où Andromède sort du sein des eaux sera sans pitié; il fera servir la justice à la punition des criminels; la garde de la prison publique lui sera confiée; il verra avec dédain les mères des malheureux prisonniers prosternées contre terre à ses pieds,

[5,620] les pères passant les nuits entières à sa porte, demandant la grâce d'embrasser leurs enfants pour la dernière fois, et de recevoir leur dernier soupir en les tenant serrés entre leurs bras. On voit encore ici ce bourreau qui fait trafic de la mort qu'il donne, des bûchers qu'il allume, des haches qu'il teint de sang; les supplices sont revenus : il serait capable d'envisager sans frémir la vertueuse Andromède garrottée sur la cime de son rocher. Quelquefois chargé de la garde des captifs, et partageant le poids de leurs chaînes, il veille sur les innocentes victimes de l'iniquité, pour qu'elles ne puissent échapper au supplice.

Illustration : fresque de la Villa des Dioscures à Pompéi


Jean Schumacher
LLN, le 25 juin 2004


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002