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Date :     19-05-2004

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron, Érasme, Silius Italicus; Erasmiana; Lecture : Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Les environnements hypertextes constitués pendant la semaine concernent:

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles, au format .txt, dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA.


2. Erasmiana :

L'Épicurien (63ième et dernier colloque):

" ... Le coeur d'Érasme est jeune lorsqu'il publie en 1533 L'Épicurien, le dialogue qui couronne le volume de cette année. Il est la conclusion du recueil, la synthèse de la religion de son auteur, et particulièrement de sa morale. L'inspiration venue de Valla y est sensible. En outre, les reparties des interlocuteurs expriment la même verve que celle de la Folie, vingt-deux ans auparavant.

Ce n'est pas sans avoir conscience du paradoxe qu'Érasme prétend ramener au christianisme le véritable épicurisme. Il s'élève contre les préventions du vulgaire qui confond épicurisme et relâchement des moeurs. Il rend hommage à Epicure d'avoir considéré la paix de l'âme comme le souverain bien. Tout homme recherche le bonheur; nul ne suit plus parfaitement que le bon chrétien l'intention morale d'Épicure. D'ailleurs, sa doctrine est austère, comme sa vie. Ce sont les disciples d'Épicure qui ont détourné ses maximes de leur sens premier et c'est à eux que l'épicurisme doit sa réputation équivoque. En fait, l'apologie de l'épicurisme n'est ici qu'un procédé. Érasme veut donner une image tonique du christianisme, cette réalité vivante qu'il rappelle inlassablement à l'attention des chrétiens endormis. ...

Érasme, dans ce dialogue publié trois ans avant sa mort, semble avoir voulu, une fois de plus, affirmer la thèse essentielle de l'humanisme chrétien et de la philosophie du Christ. Dès lors, il n'est pas surprenant que Hédon conclue le dialogue par ces mots : «Aussi brève qu'elle soit, la prière atteint le ciel si elle procède de la ferveur de l'âme. La pécheresse de l'Évangile a fait, dit-on, pénitence toute sa vie, mais le larron, au moment d'expirer, obtient du Christ le paradis au prix de quelques paroles seulement.»

L'humanisme chrétien croit ce que croit l'Église : il admet la tache originelle, la faiblesse de l'homme déchu, la nécessité de la grâce et de l'ascèse, mais il insiste sur la nature restaurée, il exalte la grâce offerte à tous et le joug léger du Christ. L'Épicurien reprend avec force, parfois avec malice, les idées les plus chères à son auteur : accord profond de l'Antiquité et du christianisme, philosophie du Christ, optimisme théologique.

Pourquoi Érasme a-t-il choisi comme tremplin le nom d'Épicure ? Peut-être tout simplement parce que Luther lui a lancé ce nom à la face, et comme une injure certaine. Il est bien dans la manière d'Érasme de relever le trait et de s'en parer. Luther le lui a bien rendu, lui qui, dans ses Propos de table, va jusqu'à dire : « Dans mon testament, j'interdirai à mes fils la lecture des Colloques. Sous le couvert de personnages fictifs, Érasme insinue des impiétés, il propose des principes qui ruinent ou du moins compromettent le christianisme et l'Église. [...] C'est un Démocrite et c'est un Épicure ; c'est un subtil railleur de la religion. Je préfère Lucien à Érasme qui, sous un masque de piété, bafoue la religion et se moque du christianisme. Lucien est moins dangereux que lui.» ..."

[tiré de : Léon-Ernest HALKIN, Érasme parmi nous, Paris, Fayard, 1987, pp. 299-302]


3. Lecture :

Pierre LAURENS, Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance

Gallimard, 2004, 448 pp., 8,10 EUR

"... la présente anthologie, radicalement différente, se consacre exclusivement à la poésie lyrique, dont elle propose une traduction rythmée. Elle confirme la vitalité ininterrompue de la tradition écrite latine, bien au-delà de la dislocation du monde romain. Trente-six poètes, parmi lesquels Pétrarque, «l'homme de la conscience de soi» ; Marulle, poète-soldat et exilé, évoquant, comme Ovide, ce mal du retour pour lequel un médecin humaniste, Johann Hofer, «créera plus tard en latin le beau mot de nostalgie » ; Pontano, napolitain comme Sannazar, jouant sur l'effet incantatoire des allitérations (inventant le terme même). L'Angevin Du Bellay, l'Écossais Buchanan, Jean Second, né à La Haye : c'est toute l'Europe qui donne à la Renaissance latine un nouveau souffle."

[tiré de : Le MONDE, édition du vendredi 14 mai 2004; article signé M. Pn.]

Nous avons consacré un environnement hypertexte à Jean Second, Le Livre des baisers


Jean Schumacher
LLN, le 19 mai 2004


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002