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Date :     31-10-2003

Sujets :
Environnements hypertextes : Cicéron, Érasme, Tite-Live; Érasme, Les Antibarbares; Livre : La Correspondance de Pline; Érasme, Préface à la 1ière édition des Adages;

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Les environnements hypertextes établis pendant la semaine écoulée concernent :

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :


2. Érasme, Antibarbari :

  • TEXTE :

    L'édition présente, pour la première partie de l'oeuvre (pp. 35 - 60), en haut de page, le texte de la première édition et, en bas de page, le texte - plus étendu - d'une édition ultérieure. C'est ce dernier texte que nous avons retenu pour l'ensemble hypertexte.

    Conformément aux traitements précédents d'oeuvres d'Érasme, la composants de la référenciation sont: la page de l'édition et la numérotation du texte en phrases.

    L'oeuvre se déroule sous la forme d'une conversation de jardin entre Érasme et quelquesuns de ses amis. Érasme joue le rôle de journaliste : il officie comme intermédiaire et lien entre les différents développements faits par ses amis.

  • PRESENTATION :

    ... Dès lors, Érasme prépare un de ses maîtres livres, - Les antibarbares, - qui n'est rien d'autre qu'une apologie de la littérature profane, rien moins que le manifeste de l'humanisme chrétien par l'union de la sagesse antique et du christianisme.
    Comme Pétrarque, il veut régénérer l'homme en baptisant sa culture et en purifiant sa religion. Il lui présente un idéal de sérénité et d'harmonie ; il ne le coupe pas de ses racines mais il l'élève tout entier vers Dieu.

    Les "barbares" qu'Erasme combat sont ignorants et déformés. L'éducation scolastique a remplacé les auteurs anciens par les commentaires, les gloses et les sommes. Elle enseigne une logique stérile, une culture notionnelle et superficielle, où l'argument d'autorité prend une place indue.

    L'humanisme est une méthode originale en ceci qu'il réclame le retour aux sources, le contact direct avec les textes, l'expérience personnelle du savoir. Foin des disputes verbales, des distinctions subtiles et des ab- stractions quintessenciées. C'est raisonner qu'il faut et non seulement argumenter !

    L'humanisme veut qu'on étudie le latin et le grec dans les meilleurs auteurs, - les anciens, - et dans les meilleurs textes de ces auteurs, débarrassés des commentaires en prose ou en vers. Ce sont là les humaniores litterae, centrées sur les belles-lettres.

    [Tiré de : Léon-Ernest HALKIN, Érasme et l'humanisme chrétien, Classiques du XXe siècle, Paris, 1969, pp. 59-60]

  • CONTEXTE :

    CET ÉRASME ET NOTRE RABELAIS

    Rien d'étonnant dès lors à ce que, pendant des années, toute une élite ait vécu des ressources de cet homme [Érasme], plein de talent, plein de savoir, plein de finesse et de clarté. Ces livres si lus : l'Enchiridion, l'Encomium Moriae, les Adages, les Colloques; cette fameuse édition du Nouveau Testament, avec la masse des controverses et des explications qui s'y sont rattachées ; tant de lettres prodiguées aux savants de l'Europe entière et qu'on se montrait, qu'on recopiait, qu'on faisait circuler partout : telles furent, entre 1500 et 1530, les sources profondes de vie intellectuelle et spiri- tuelle à quoi s'abreuvèrent des milliers d'hommes répandus par toute la chrétienté.

    Or, la pensée d' Érasme telle qu'elle se développe et se traduit dans des ouvrages retentissants, bien avant 1517 et l'apparition de Luther - qu'elle ait été connue et goûtée de Rabelais : on pourrait le supposer si on ne le savait point. Tout n'était-il pas fait pour créer, du débutant au maître triomphant, un courant de sympathie et d'affection préalable ? Qu'on songe au parallélisme frappant des deux vies.

    Religieux augustin au monastère de Steyn, Érasme, en avril 1492, y avait reçu la prêtrise. Religieux franciscain au couvent de Fontenay-le-Comte, Rabelais y avait reçu la prêtrise. Érasme, à Steyn, avait lu la nuit, en cachette, avec quelques amis, et surtout Servais Roger, le plus cher de tous, les classiques latins, poètes, philosophes et savants ; petit à petit était né en lui, avec le sentiment que sa vocation était d'abord littéraire - uelut occulta naturae ui rapiebar ad bonas litteras, écrira-t-il plus tard - et avec un appétit croissant de la liberté - uellem eam mihi uitae libertatem fata sinerent natura quam contulit : soupir qui en dit long - un sentiment de révolte intérieure contre la misère spirituelle et l'inélégance de ceux qui l'entourent : des Barbares comme il les nomme déjà, en aiguisant contre eux dès cette époque les traits de ses Antibarbares de 1520. - Érasme à Steyn. Mais Rabelais lui, à Fontenay, avec son compagnon Pierre Amy, avec les érudits du lieu, le juge Tiraqueau, le lieutenant de bailliage Bouchard, avait dévoré en secret, lui aussi, les oeuvres des deux Antiquités. Il avait même appris le grec, parce que les temps avaient marché depuis qu'Érasme était sorti de Steyn : à l'âge de Gargantua, l'âge de Pantagruel avait succédé.

    Bref, de Rabelais, Tiraqueau avait pu composer un éloge qui eût convenu, mot pour mot, à l'augustin de Steyn : « un homme au-dessus de son âge, au-dessus de sa profession de cordelier; au-dessus, dirait-on volontiers, de sa condition de religieux ». Inversement, Rabelais aurait pu, au couvent, retrouver ses propres sentiments en lisant cette plaidoirie qu'Érasme adressait, en 1516, à la chancellerie apostolique, et où il racontait ses premières expériences : comme le futur auteur des Colloques, l'observateur de Fontenay ne nourrissait-il pas, en même temps qu'une passion décidée pour l'étude, une vive horreur des cérémonies mangeuses de temps, et une non moins vive répulsion pour la tourbe des moines, uniquement soucieux de buvettes et ripailles ? Après de tels débuts, Érasme était sorti du couvent sans fracas ni scandale, permissu atque adeo iussu episcopi ordinarii. Cependant Rabelais, sentant l'aiguillon qui pousse les gens « libères et bien nés » à satisfaire leur nature, avait de son côté, quitté, sans fracas ni scandale, le couvent du Puy-Saint-Martin; et lui aussi, avec la permission de son évêque, il était entré à l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre de Maillezais, dont les moines servaient de chanoines à la cathédrale.

    Similitudes de vie, analogies de situation : mais il y avait, entre les deux hommes, des ressemblances plus intimes. L'un et l'autre ont senti, de bonne heure, de mystérieux passages s'ouvrir entre leur christianisme et la sagesse antique. L'un comme l'autre fondent volontiers leur théologie sur des textes sacrés et sur des textes profanes tout à la fois. L'un et l'autre sont en bataille contre l'éducation qu'on leur a d'abord donnée, contre leurs livres classiques imbéciles, « Papiam, Hugutionem, Ebrardum, Catholicon, Yoannem Garlandum, Isidorum » : l'énumération est d'Érasme (Allen, I, 26,1. 88-89) avant d'être de Rabelais (Gargantua, xiv) et après avoir été de Valla (Élégances, II). Pour l'un comme pour l'autre enfin, l'Humanisme n'est pas un jeu littéraire, ni une perfection formelle. C'est une lumière qui dissipe les ténèbres. Rien d'étonnant si une sympathie s'était éveillée chez le plus jeune des deux hommes, pour le plus âgé. En retrouve-t-on la trace dans ses écrits?

    [Tiré de : Lucien FEBVRE, le problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais, Albin Michel, 2003 (1ière édition : 1942), pp. 283-285]

  • ECHANTILLONS :

    p. 67 : assertion attribuée par Érasme aux "Barbares" :
    Pestifera est, inquiunt, mortalibus eruditio, optanda imperitia
    Le savoir (l'érudition) est comme une peste pour les mortels, il faut lui préférer l'ignorance (l'inexpérience).

    p. 84 : Autre assertion des "Barbares" :
    Quid enim, inquiunt, si non simus theologi : si Christum bene scis, satis est, si caetera nescis. Non doctis sed innocentibus promissa est immortalitas.
    Qu'importe [ce qui précède] ! disent-ils, sauf si l'on est théologien : si tu connais bien le Christ [la Bible], c'est suffisant et tu peux ignorer le reste. Ce n'est pas aux hommes instruits mais aux innocents qu'est promise l'immortalité.

    p. 86 : Autre assertion:
    Scientia, inquiunt, inflat, charitas aedificat.
    La science fait gonfler le torse, la charité établit un homme.

    p. 88 : Socrate vient à la rescousse :
    Recte enim Socrates dixit, nullam inscitiam esse maiorem, quam qua quis se credit scire, quod nescit.
    C'est bien justement que dit Socrate qu'aucune ignorance n'est plus grande que celle qui fait affirmer à quelqu'un qu'il sait ce qu'il ignore en fait.

    p. 94 : La contre-attaque continue :
    Quid autem est charitas spoliata scientia? nempe nauis sine clauo.
    Qu'est la charité privée de savoir? Certes, un navire sans gouvernail.

    p. 113 : Saint Jérôme est cité à témoin à propos de la médecine :
    [1073] Taceo", inquiens, "de grammaticis, rhetoribus, philosophis, geometris, dialecticis, musicis, astrologis, medicis quorum scientia mortalibus ---".
    [1074] Quid hic expectas dicturum Hieronymum?
    [1075] Pestifera est? "uel utilissima est", inquit.
    ... à propos des médecins et de leur savoir, que crois-tu que Jérôme dira? Que ce savoir est pestifère pour les mortels? Non, mais qu'il est très utile, dit-il.

    p. 123 : Les "barbares" : que savent-ils? :
    [1213] At ita demum apostolos se imitari credunt, si usqueadeo sint literarum ignari, ut ne ipsas quidem preces, quas cotidie remurmurant, intelligere possint.
    Mais ils croient imiter les apôtres alors qu'ils sont tellement ignorants en lettres qu'ils ne peuvent même pas comprendre les prières qu'ils récitent quotidiennement.

    Et Érasme, au travers de ses amis, continue d'aligner les témoignages d'auteurs anciens, d'apôtres, de pères de l'église, d'écrivains médiévaux, etc. qui sont tous favorables à l'étude des lettres tant sacrées que profanes : Caeterum sexcentos citare testes possem, ... (p. 118) mais nous nous arrêtons ici en vous invitant à la (re)découverte de cet ouvrage qui se veut un plaidoyer pour le savoir tant "ancien" que "moderne". Nous n'avons malheureusement pas trouvé une traduction française de cet ouvrage.


3. Livre : Etienne WOLFF, Pline le jeune ou le refus du pessimisme - Essai sur sa correspondance :

Livre qui vient de paraître aux Presses universitaires de Rennes, 2003, 122 pp., 16 € (EUR).

Compte-rendu par Yann Le Bohec : Madame de Sévigné en homme et dans l'Antiquité

Extrait :

... Etienne Wolff a consacré une première partie, classique, à la vie et à l’œuvre de Pline. Et puisqu’il s’agit de correspondance, il rappelle au lecteur ce qu’était l’intérêt de la lettre dans l’Antiquité. Il consacre plusieurs pages à ce genre littéraire et à sa perception par les Romains. Il faut se rappeler que les Anciens n’avaient pas de presse ni de télévision. Par conséquent, ils prisaient particulièrement les écrits et les lectures publiques, faites dans les bibliothèques ou sur le forum ou encore dans l’intimité d’une maison privée. Ces lettres révèlent un homme qui se refuse au pessimisme, attitude qui est plus facile pour un riche que pour un pauvre. Il aime voyager, visiter ses villas. Il tient à l’amitié et à l’amour, il est attaché à sa famille et au genre d’éducation qu’il a reçue...


4. Érasme, Préface à la 1ière édition des Adages :

Comme indiqué ci-dessus, l'environnement hypertexte pour cette oeuvre vient d'être créé. Il n'y a pas de traduction française associée à ce texte, pourtant elle existe mais est trop récente pour nous permettre de la retenir :

Marie DELCOURT, La correspondance d'Érasme, t. I, Presses académiques européennes, 1967.

La Préface, publiée en 1500, a reçu le numéo 126 dans ce volume de Correspondance; elle est adressée à Lord Mountjoy.

Il nous plaît de vous livrer ci-dessous quelques extraits de cette traduction qui vous permettront de vous familiariser avec les Adages - que cette Préface annonce -, de connaître la méthodologie adoptée par Érasme dans le choix des proverbes et de recevoir, en prime, une liste de proverbes dont plusieurs sont encore fréquemment utilisés de nos jours - le boeuf, par exemple, est cité à deux reprises -:

Extrait n° 1:

... je [Érasme] me suis promené, pour une recherche d'un genre plus plaisant, parmi les jardins bigarrés des auteurs et j'ai cueilli au passage, comme des fleurettes de toute espèce, pour en faire une sorte de guirlande, les adages les plus anciens et les plus remarquables.

Extrait n° 2:

Pour ajouter à un écrit la grâce d'un charme délicat, ou pour l'égayer par des jeux érudits, ou pour le relever du sel de l'urbanité, ou pour l'orner par quelques bijoux empruntés, ou pour l'éclairer de pensées lumineuses, ou pour lui apporter de la variété grâce aux fleurs des allégories et des allusions, ou pour répandre sur lui les enchantements de l'antiquité, qu'y a-t-il de mieux que d'avoir une riche et nombreuse provision de proverbes, et une sorte de réserve entassée, serrée chez soi ?

Extrait n° 3:

Ils [Les proverbes] n'apportent pas seulement une parure au style ; ils lui donnent aussi de la vigueur, c'est pourquoi Quintilien les range d'une part parmi les figures et estime d'autre part que, parmi des arguments, un proverbe peut avoir une grande force, soit que tu veuilles persuader, soit que tu réfutes l'adversaire par un dicton sarcastique, soit que tu défendes tes positions.

Extrait n° 4:

Chez les Latins, personne avant moi, que je sache, n'a entrepris un ouvrage de ce genre, non qu'on eût estimé qu'il n'en valût pas la peine: pourquoi serait-il méprisé par des gens qui estiment ne pas perdre leur temps en écrivant minutieusement sur les lettres l'une après l'autre, sur l'étymologie des mots, et sur des choses encore plus insignifiantes ?

Extrait n° 5:

à propos de Saint Jérôme:
Tu peux trouver dans ses ouvrages plus de proverbes que dans les comédies de Ménandre, et même des plus plaisants, comme par exemple: « Envoyer un boeuf à l'école », « Un chameau qui danse », « Il faut un méchant coin pour faire sauter un méchant noeud du bois », « Chasser un clou par un autre», « Un boeuf fatigué marque plus fort l'empreinte de son pied», « A chaque pot son couvercle ». Les désignations métaphoriques « l'Épicure chrétien », « l'Aristarque de notre temps » se rapprochent fort de la nature des adages.

Extrait n° 6:

Ces formules [des philosophes grecs] étaient saisies au passage, comme si elles avaient été révélées par l'oracle de Delphes : elles volaient dans toutes les bouches, elles étaient mises en valeur dans des chansons populaires; on les voyait inscrites au fronton des temples ; par toute la Grèce, elles étaient conservées sur le marbre, gravées sur le bronze dans les monuments publics. De ce genre relève : « Ne tisonne pas le feu avec une épée », « Connais-toi », « Ce qui nous dépasse ne nous concerne pas ». N'as-tu pas remarqué du moins que dans les augustes écrits des prophètes hébreux figurent et en toutes lettres, beaucoup d'adages et que tout leur style abonde en comparaisons proverbiales ? Voici des exemples : « S'appuyer sur un roseau » ; «Ne pas éteindre la mèche qui fume encore » ; « Il est tombé dans la fosse qu'il avait creusée » ; « Il est tombé dans le lacet qu'il avait tendu » ; et deux mille du même genre.

Extrait n° 7:

... dans les Évangiles eux-mêmes apparaissent fréquemment des adages, par exemple: «Le chien retourne à son vomissement », « Le cochon à son bourbier », « Battre le bronze », « Une cymbale retentissante», « Nous avons chanté et vous avez dansé » ; « Tu as retiré un fétu de l'œil de ton frère, alors que toi-même tu as une poutre dans le tien » ; «Vous serez mesurés à l'aune dont vous aurez mesuré » ; « Lui donnera-t-il une pierre au lieu d'un pain, un scorpion au lieu d'un boeuf ? » et «Ceux qui vendent de l'huile... ».

Extrait n° 8:

Il me reste, je pense, à rendre compte de la méthode que j'ai suivie dans un ouvrage d'un genre tout nouveau. A lire le titre, on s'imaginera peut-être que j'ai groupé, par un travail machinal, le plus grand nombre possible d'opinions prises dans les auteurs comme pour en faire un lexique. De cette espèce sont: « L'amour peut tout vaincre », « Tout homme n'est pas apte à tout », « Autant d'hommes, autant d'avis », « À trop discuter on laisse échapper la vérité ». Ce n'est pas sur ce point qu'a porté mon attention; ce qui est sentence ne me paraît pas pour autant être un proverbe ; en revanche ce qui est proverbe ne me paraît pas nécessairement devoir être une sentence. Par exemple : « L'envie, comme le feu, atteint ce qui est au-dessus d'elle » est une sentence, mais non un proverbe. Au contraire : « Je navigue dans le port » est un proverbe sans être une sentence ; mais « La vérité est dans le vin » est à la fois sentence et proverbe. C'est pourquoi deux conditions me semblent requises pour qu'il y ait proverbe. La première est que la chute soit marquée par quelque chose de remarquable, soit par une métaphore comme «Ruer contre l'aiguillon », et c'est là le cas le plus fréquent, soit par une allusion comme « Denys à Corinthe » et « Troyens, nous avons vécu », ou par une énigme, comme « La moitié vaut plus que le tout » ; ou par quelque autre figure, ou par une ellipse plaisante et significative, si la figure est simple, comme « Chacun trouve beau ce qu'il a ». La seconde condition est que le dicton soit déjà tombé dans le langage courant, soit qu'il ait été emprunté au théâtre, soit qu'il soit sorti des apophthegmes de quelque sage; de cette espèce sont « Anacharsis pour les Athéniens fait des solécismes et les Athéniens pour les Scythes » ; ou qu'il ait été répété d'après un poète (les apophthegmes d'Homère, dit Macrobe, ont été un à un cités depuis l'antiquité jusqu'à devenir des proverbes) ; ou qu'il soit emprunté à une fable, comme « Les monts accouchent, naît une souris ridicule » ; ou qu'il provienne d'une déclaration faite par quelqu'un, comme «Mon cheval me porte; le roi me nourrit » ; ou qu'il soit tiré d'un événement récent et célèbre, comme « Il y a loin entre la coupe et et le bout des lèvres » ; ou qu'il rappelle les coutumes d'un homme ou d'un pays comme « L'empire de Phalaris » et « Les Sybarites sur la place » Je ne me suis pas emparé sans discernement de tout ce qui est de cette espèce ; tout au contraire, j'ai suivi l'adage grec: « Ni tout, ni partout, ni de toute provenance ».

Extrait n° 9:

J'ai publié le présent ouvrage pour éprouver sans grands frais, en ne risquant qu'une faible mise, quel génie présiderait à la naissance de ce genre nouveau. Celui qui m'indiquera des erreurs, pourvu qu'il le fasse par intérêt pour moi, recevra toute ma gratitude; s'il le fait avec malveillance, on l'écoutera tout de même. Celui qui sottement critiquera ce qu'il ne comprend pas s'entendra répéter l'adage d'Apelle « Cordonnier, ne juge que la chaussure ». Il y en aura à qui rien ne plaira: ce n'est pas pour eux que j'ai écrit.

Rappelons que le texte latin de cette Préface peut être lu à l'intérieur de l'environnement hypertexte.


Jean Schumacher
LLN, le 31 octobre 2003


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002