Projets ITINERA ELECTRONICA - HODOI ELEKTRONIKAI - HELIOS

Actu' ITINERA+ (Actualités - Nouvelles)


  Accueil     Liste des actualités     Recherche     Actualité     Administration  

Date :     23-05-2003

Sujets :
Environnements hypertextes : Ammien-Marcellin, Sénèque, Stace, Valerius Flaccus; Analyse de contenus (ANACONT) : suite; L'âge d'or (Ovide, Sénèque); Les 4 âges de Rome; Jason et Médée de retour (Robert HOLDSTOCK, Celtika); Phrases assassines

Notice :

1. Environnements hypertextes :

Les environnements hypertextes créés pendant la semaine concernent:

Les textes bruts de ces oeuvres sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA:

A propos de l'environnement hypertexte, signalé le 9 mai dernier, concernant les Lettres de Pline le Jeune, livre VI, nous avons oublié de signaler que les lettres XVI et XX, adressées par Pline à Tacite, concernent l'éruption du Vésuve en l'an 79 de notre ère et les conséquences qui s'en sont suivies dont, particulièrement, la mort de Pline l'Ancien.


2. Application hors ligne Analyse de contenus (ANACONT) :

Nous vous avons présenté, la semaine dernière, l'application hors ligne permettant de réaliser, à une échelle modeste, ce qu'il est convenu d'appeler des analyses de contenus ainsi qu'une première réalisation: L'imaginaire du dieu, de la déesse, des divinités dans les tragédies de Sénèque.

A la suite d'avis reçus, la structure de la base de données, issue de l'application, a été revue ainsi que les contenus de deux des 5 variables: IMAGINAIRE (bis).

Les tragédies Les Phéniciennes et Les Troyennes sont traitées suivant le "nouveau" format; les tragédies traitées précédemment (Agamemnon, Médée, Thyeste) seront adaptées à la nouvelle formule.


3. L'âge d'or :

Ovide, dans le premier livre des Métamorphoses ainsi que Sénèque, dans la tragédie Phèdre, présentent à leur manière l'âge d'or qui aurait prévalu à l'aube de l'humanité. Les deux récits comportent bien des similitudes.

Rappel des adresses utiles sur la Toile pour ces deux textes:

L'âge d'or - Ovide, Métamorphoses, I, v. 89 - 110 :

89 Aurea prima sata est aetas, quae uindice nullo,

[1,90] sponte sua, sine lege fidem rectumque colebat.
91 poena metusque aberant, nec uerba minantia fixo
92 aere legebantur, nec supplex turba timebat
93 iudicis ora sui, sed erant sine uindice tuti.
94 nondum caesa suis, peregrinum ut uiseret orbem,

95 montibus in liquidas pinus descenderat undas,
96 nullaque mortales praeter sua litora norant;
97 nondum praecipites cingebant oppida fossae;
98 non tuba derecti, non aeris cornua flexi,
99 non galeae, non ensis erat: sine militis usu

[1,100] mollia securae peragebant otia gentes.
101 ipsa quoque inmunis rastroque intacta nec ullis
102 saucia uomeribus per se dabat omnia tellus,
103 contentique cibis nullo cogente creatis
104 arbuteos fetus montanaque fraga legebant

105 cornaque et in duris haerentia mora rubetis
106 et quae deciderant patula Iouis arbore glandes.
107 uer erat aeternum, placidique tepentibus auris
108 mulcebant zephyri natos sine semine flores;
109 mox etiam fruges tellus inarata ferebat,

[1,110] nec renouatus ager grauidis canebat aristis;

Traduction française:

L'âge d'or commença.

[1,90] Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée;

[1,100] et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons.

L'âge d'or - Sénèque,Phèdre v. 525 - 539 :

[525] ... Hoc equidem reor uixisse ritu prima quos mixtos deis profudit aetas. nullus his auri fuit caecus cupido, nullus in campo sacer diuisit agros arbiter populis lapis;

[530] nondum secabant credulae pontum rates: sua quisque norat maria; non uasto aggere crebraque turre cinxerant urbes latus; non arma saeua miles aptabat manu nec torta clausas fregerat saxo graui

[535] ballista portas, iussa nec dominum pati iuncto ferebat terra seruitium boue: sed arua per se feta poscentes nihil pauere gentes, silua natiuas opes et opaca dederant antra natiuas domos.

Traduction française :

Telle était sans doute la vie de ces héros des premiers âges, formés du sang des dieux. Alors l'aveugle cupidité était inconnue; nulle pierre sacrée ne divisait les champs et ne servait de limite entre les peuples.

[530] Les vaisseaux hardis n'avaient pas encore affronté les mers lointaines; on ne côtoyait que les rivages voisins. L'enceinte des villes n'était pas défendue par de vastes remparts et des tours nombreuses. Le soldat n'armait pas sa main d'un fer meurtrier, et des rochers énormes lancés par la baliste ne brisaient pas encore les portes des cités. Des boeufs attelés au joug ne forçaient pas une terre esclave à répondre aux voeux d'un maître exigeant; féconde par elle-même, elle nourrissait les hommes, qui ne lui demandaient rien. Les bois leur offraient des aliments tout préparés, et des antres obscurs, des demeures toutes faites.


4. Les 4 âges de Rome:

Ammien Marcellin, dans son Histoire de Rome, au livre XIV, chapitre VI, relatant les émeutes, les scènes d'ivrognerie et les autres turpitudes que connaît l'époque qu'il traite, se croit obligé, pour ne pas laisser à quia un éventuel étranger qui lirait son livre et ne retiendrait que cet état de décadence, de présenter les différents âges qu'a connus Rome et qui en ont fait la "ville éternelle":

4. Eius populus ab incunabulis primis ad usque pueritiae tempus extremum, quod annis circumcluditur fere trecentis, circummurana pertulit bella, deinde aetatem ingressus adultam post multiplices bellorum aerumnas Alpes transcendit et fretum, in iuuenem erectus et uirum ex omni plaga quam orbis ambit inmensus, reportauit laureas et triumphos, iamque uergens in senium et nomine solo aliquotiens uincens ad tranquilliora uitae discessit.

5. Ideo urbs uenerabilis post superbas efferatarum gentium ceruices oppressas latasque leges fundamenta libertatis et retinacula sempiterna uelut frugi parens et prudens et diues Caesaribus tamquam liberis suis regenda patrimonii iura permisit.

6. Et olim licet otiosae sint tribus pacataeque centuriae et nulla suffragiorum certamina set Pompiliani redierit securitas temporis, per omnes tamen quotquot sunt partes terrarum, ut domina suscipitur et regina et ubique patrum reuerenda cum auctoritate canities populique Romani nomen circumspectum et uerecundum.

Traduction française:

Le peuple romain, à dater de son berceau jusqu'au temps où pour lui finit l'enfance, période de trois siècles environ, combat autour de ses murailles. De rudes guerres occupent encore son adolescence; c'est alors qu'il franchit les Alpes et la mer. L'âge viril pour lui n'est plus qu'une suite de triomphes. Il parcourt le monde, et de chaque pays que visitent ses armes il rapporte une moisson de lauriers. Enfin la vieillesse le gagne, et, bien que son seul nom remporte encore des victoires, il aspire au repos. Alors la cité vénérable, satisfaite d'avoir courbé sous son joug les nations les plus fières, et fondé une constitution sauvegarde éternelle de la liberté de ses enfants, choisit au milieu d'eux les Césars, pour leur confier, en prudent chef de famille, la tutelle du patrimoine commun.

Aujourd'hui plus d'inquiètes tribus, plus de centuries turbulentes, plus de tourmentes électorales; partout la sérénité du temps de Numa. Et cependant il n'est pas un point du globe où Rome ne soit saluée de reine et de maîtresse, où l'on ne s'incline devant l'antique majesté du sénat, où le nom romain ne soit craint et respecté.


5. Jason et Médée de retour :

Jason et Médée sont de retour grâce à l'imagination de Robert HOLDSTOCK, qui les fait revivre dans son livre Celtika, premier volume de la série "Codex Merlin".

Jacques BAUDOU présente Celtika - traduit de l'anglais par Thierry Arson et publié aux éditions "Le Pré aux clercs", 2003, 430 pp., 19,90 euros - dans Le MONDE, édition du 16 mai 2003.

Nous lisons: C'est l'histoire de Jason, qui est mort depuis sept cents ans, et qui est ressuscité, avec son fameux bateau Argo, par Merlin, qui était autrefois l'un des Argonautes ...
Cette résurrection, Merlin la provoque parce qu'il a découvert que les deux fils de Jason, qui, selon la légende, ont été tués par Médée, sont en fait vivants: leur mère a fait semblant de les égorger et les a cachés dans un endroit où elle sait que Jason ne les trouvera jamais: à sept cents ans du futur.
Mais, alors qu'ils sont devenus des adultes et des guerriers, Jason reconstruit Argo, recrute de nouveaux Argonautes originaires de toutes les régions d'Europe et part à leur recherche.
Médée, devenue immortelle, essaie d'empêcher Jason de les retrouver ...

Un "bon" livre pour les vacances qui approchent?


6. Phrases assassines :

Sous cet intitulé nous comptons vous présenter dans les Actualités, au fur et à mesure de leur découverte, des phrases, trouvées en l'occurrence dans les tragédies de Sénèque, qui rendent compte pour le moins d'états d'esprit relativement à la sociéte en général et relativement à des corporations voire des membres précis en particulier.

Numéro d'ordreOeuvre & référenceOpinion - considérationTraduction
1Sénèque, Phèdre, v. 559Sed dux malorum femina: haec scelerum artifex [560] obsedit animos, ...Les femmes sont la source de tous les maux; ce sont elles qui trament les forfaits, ...
2Sénèque, Phèdre, v. 136Nec me fugit quam durus et ueri insolens [137] ad recta flecti regius nolit tumor ...Je n'ignore pas combien la vérité déplaît aux oreilles superbes des rois; ils ne veulent pas qu'on les rappelle à la vertu ...
3Sénèque, Phèdre, v. 428 sqq....uerum iusta qui reges timet deponat, omne pellat ex animo decus: [430] malus est minister regii imperii pudor...... quand on s'est mis dans la dépendance des rois, on doit renoncer à toute justice, bannir de son coeur tout sentiment honnête : qui craint de rougir les sert mal ...
4Sénèque, Les Phéniciennes , v. 655 sqq....655 Simul ista mundi conditor posuit deus, Odium atque regnum. Regis hoc magni reor, Odia ipsa premere. Multa dominantem uetat Amor suorum ; plus in iratos licet. Qui uult amari, languida regnat manu ....... Le dieu qui a créé le monde a placé la haine à côté de la royauté : comprimer la haine par la force, c'est ce que j'appelle être vraiment roi. L'amour des sujets met le pouvoir à la gêne. Il est à l'aise avec des mécontents; la royauté s'énerve en cherchant à plaire. Qui aspire à se faire aimer exerce mollement le pouvoir....
5Sénèque, Les Troyennes, v. 398-399Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil, Velocis spatii meta nouissima.Il n'y a rien après la mort; la mort elle-même n'est rien : c'est le dernier terme d'une course rapide.


Jean Schumacher
LLN, le 23 mai 2003


 
UCL | FLTR | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002