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Date :     28-02-2003

Sujets :
Environnements hypertextes (Cicéron, Ovide, Quinte-Curce, Sénèque, Tite-Live); Rencontres latines et Cicéron, Philippiques, XIII; Mara GOYET (compte-rendu) ; Destin et divinités

Notice :

1. Environnements hypertextes:

Une rafale de nouveaux environnements hypertextes est arrivée sur la Toile:

Ces oeuvres sont aussi disponibles, sous la forme de fichiers bruts dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA:

Cette semaine-ci est probablement une des dernières, avant un certain temps, à connaître une pareille profusion d'environnements hypertextes nouveaux. A partir de la semaine prochaine, en effet, d'autres activités et d'autres réalisations dans le cadre de projets intéressant le français, l'espagnol, l'anglais et le vieil allemand, prendront le pas, au moins en partie, sur la création d'ensembles hypertextes.

Nous continuerons, cependant, les "séries" commencées grâce aux collaborations dont bénéficie notre entreprise. Citons: Philippe REMACLE pour Salluste et Tacite, tout d'abord, puis pour Cicéron et Tite-Live et, maintenant, pour Lucrèce: il saisit optiquement, puis, procède à la relecture et à l'édition HTML de traductions françaises qu'il nous autorise, ensuite, à reprendre sur son site TEXTES LATINS pour les insérer, au format TEXTE, dans les environnements hypertextes.
Tout comme le pratique avec nous Ugo BRATELLI sur son site NIMISPAUCI avec le traitement d'oeuvres de Sénèque.

Jacques POUCET est pour nous cet infatigable correcteur de textes et de traductions françaises qui nous échoient, ensuite, comme autant de "pains bénits". Si, à la veille du premier anniversaire de la création des environnements hypertextes, ce secteur du Projet ITINERA ELECTRONICA peut se glorifier d'avoir déjà emmagasiné 165 oeuvres de 25 auteurs différents, le Projet le doit en très grande partie à lui, à son enthousiasme, à son dynamisme, à son inlassable activité au bénéfice des langues et littératures classiques. Qui ne connaît pas (encore) la BCS ou Bibliotheca Classica Selecta, ce guide incontournable pour qui veut entreprendre des études ou des recherches en langues et littératures classiques?
Les heures, sans fin, qu'il consacre à notre entreprise sont prises sur l'otium, - pourtant bien mérité -, dont il "bénificie" depuis deux à trois ans déjà; en fait, ces heures viennent en décompte du temps qu'il s'était promis de consacrer, entre autres, à Servius Tullius: le livre, à consacrer à ce roi de Rome, est continuellement remis à une date ultérieure tant les relectures, les corrections et autres prestations dans le cadre des hypertextes sont pressantes et dévoreuses d'heures. C'est ainsi, - comme il plaît à le dire avec quelque malice -, qu'il est en retard d'au moins douze ans sur son "programme" d'émérite, programme fixé avant son accès à l'éméritat ... et avant d'entreprendre avec nous les ITINERA ELECTRONICA.

C'est un grand plaisir pour nous de dire un immense merci à toutes ces personnes qui nous accompagnent et nous soutiennent si fermement dans nos cheminements virtuels et dans nos environnements hypertextes. Grâce à eux nous pouvons poursuivre notre route d'un pas assuré et sous l'auspice de Sénèque: Fata nos ducunt.

Un point de méthode: dans les environnements hypertextes, entre autres réalisations, nous mettons en correspondance des textes latins avec des traductions françaises. Les textes latins proviennent en règle génrale des deux grands dépôts de textes digitalisés situés aux Etats-unis (The Latin Library et Latin Literature). Les éditions utilisées pour la numérisation de ces textes nous sont bien souvent inconnues. Les traductions françaises, elles, sont le résultat de saisies optiques opérées, en règle générale, sur des éditions libres de droits et datant, donc, du XIXe ou du début du XXe siècle.

Le Projet ITINERA ELECTRONICA ne dispose pas de ressources humaines permettant de faire une relecture du texte latin vis-à-vis de la traduction française retenue. Dès lors, nous ne pouvons pas garantir une correspondance parfaite des contenus ainsi assemblés dans les environnements hypertextes et mis en parallèle sur la base de blocs d'informations constitués, en règle générale, pour les oeuvres en vers, d'ensembles de dix vers, et, pour les oeuvres en prose, de la division en chapitres.

Seule alternative ("scientifique"): ne pas inclure les traductions dans les ensembles constitués. Or, ce sont justement les traductions françaises et la mise en parallèle de morceaux latins avec leur traduction en français qui constituent deux pôles d'attraction parmi les plus recherchés dans les environnements hypertextes.
Autre possibilité: nous faire connaître des mécènes, intéressés par nos "productions", et, en conséquence, disposés à nous allouer des fonds rapporteurs seulement de savoirs et de culture.


2. Rencontres latines:

Le 19 février 2003 s'est déroulé, dans les locaux des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à NAMUR (Belgique), la dix-huitème édition des Rencontres latines.

Il s'agit, en l'occurrence, du concours de version latine organisé par un secteur de l'enseignement secondaire (12-18 ans) francophone et germanophone de Belgique.

La version a porté, cette année-ci, sur un extrait de la treizième Philippique de Cicéron. L'événement est à la base de la création d'un environnement hypertexte consacré à cette Philippique (cf. supra).

L'extrait donné à traduire figure ci-dessous en couleur rouge.

[13,1] (I) (1) A principio huius belli, patres conscripti, quod cum impiis ciuibus consceleratisque suscepimus, timui, ne condicio insidiosa pacis libertatis reciperandae studia restingueret. Dulce enim etiam nomen est pacis, res uero ipsa cum iucunda, tum salutaris. Nam nec priuatos focos nec publicas leges uidetur nec libertatis iura cara habere, quem discordiae, quem caedes ciuium, quem bellum ciuile delectat, eumque ex numero hominum eiciendum, ex finibus humanae naturae exterminandum puto. Itaque, siue Sulla siue Marius siue uterque siue Octauius siue Cinna siue iterum Sulla siue alter Marius et Carbo siue qui alius ciuile bellum optauit, eum detestabilem ciuem rei publicae natum iudico.

(2) Nam quid ego de proximo dicam, cuius acta defendimus, auctorem ipsum iure caesum fatemur? Nihil igitur hoc ciue, nihil hoc homine taetrius, si aut ciuis aut homo habendus est, qui ciuile bellum concupiscit. Sed hoc primum uidendum est, patres conscripti, cum omnibusne pax esse possit, an sit aliquod bellum inexpiabile, in quo pactio pacis lex sit seruitutis. Pacem cum Scipione Sulla siue faciebat siue simulabat, non erat desperandum, si conuenisset, fore aliquem tolerabilem statum ciuitatis. Cinna si concordiam cum Octauio confirmare uoluisset, hominum in re publica sanitas remanere potuisset. Proximo bello si aliquid de summa grauitate Pompeius, multum de cupiditate Caesar remisisset, et pacem stabilem et aliquam rem publicam nobis habere licuisset.

Traduction française :

[13,1] l. Dés le commencement de cette guerre, par nous entreprise contre des citoyens impies et contre leurs dignes complices, j'ai craint, Pères conscrits, que d'insidieuses propositions de paix ne vinssent ralentir notre ardeur à recouvrer la liberté. Il est si doux, ce nom de paix, et la chose est si agréable et si salutaire ! Ni le foyer domestique, ni les lois de la patrie, ni les droits de la liberté ne peuvent être chers à celui qui, dans la discorde, dans le massacre des citoyens, dans la guerre civile trouve ses jouissauces : un tel être, selon moi, est en dehors de l'humanité; il doit être banni du commerce des mortels, comme étranger à leur nature.

Si donc Sylla, si Marius, [si tous deux à la fois, si Octavius, si son collègue Cinna, si une seconde fois Sylla, si le jeune Marius, Carbon,] ou si tout autre a désiré la guerre civile, je le proclame un détestable citoyen, né pour le malheur de la république.

Que dirai-je du dernier dictateur dont nous défendons les actes, tout en reconnaissant que sa mort fut légitime? 0r, il n'est point de citoyen, ni d'homme plus exécrable, s'il mérite toutefois les noms de citoyen et d'homme, que celui qui de ses voeux appelle la guerre civile. Mais d'abord, Pères conscrits, il faut. examiner si, avec tout le monde, la paix est possible, et s'il n'est pas de guerres implacables dans lesquelles tout traité serait un pacte de servitude.

La version était placée sous l'intitulé Dulce est nomen pacis.
721 étudiants ont participé au concours. Les 5 premiers lauréats participeront les 9,10 et 11 mai 2003 prochains, accompagnés par 11 condisciples francophones et néerlandophones, au 23ième concours Certamen Ciceronianum Arpinas qui se déroulera à ARPINO en Italie, ville qui vit naître Cicéron en 106 av. J. -Chr.

Nous leur souhaitons à tous un voyage agréable , un séjour réussi ainsi qu'un concours à hauteur de leurs compétences et/ou espérances.


3. Mara GOYET:

Dans une autre Actualité, datée du 24 janvier 2003, nous vous avons déjà présenté le livre Collèges de France que vient de publier Mara GOYET.

Marie Sandrine SGHERRI en a fait un compte-rendu publié dans le n° 1588 de la revue Le POINT sous l'intitulé: Mara Goyet. Un cas d'école. Nous avons glissé ce compte-rendu dans le dépôt des Actualités.


4. Destin et divinités:

La question est: Les dieux sont-ils aussi soumis au Destin?

OVIDE apporte une réponse dans le livre IX des Métamorphoses aux vers 426 à 438. Les dieux, réunis dans l'Olympe, sont émerveillés d'apprendre qu'il est possible de rajeunir quelqu'un d'un certain âge. Chacun d'entre eux se met à citer, l'un un être cher, l'autre une connaissance qui pourraient fort opportunément profiter de cette possibilité de rajeunissement. Un tumulte naît, des discordes surgissent à propos des personnes prioritaires pour un tel rajeunissement. Jupiter doit intervenir et signaler que ce sont les destins qui ont le pouvoir de rajeunir ou de vieillir quelqu'un et que les dieux sont soumis aussi à ces destins sur lesquels ils n'ont pas d'emprise.

Cui studeat, deus omnis habet; crescitque fauore
turbida seditio, donec sua Iuppiter ora
soluit, et 'o! nostri siqua est reuerentia,' dixit
'quo ruitis? tantumne aliquis sibi posse uidetur,

[9,430] fata quoque ut superet? fatis Iolaus in annos,
quos egit, rediit. fatis iuuenescere debent
Callirhoe geniti, non ambitione nec armis.
Vos etiam, quoque hoc animo meliore feratis,
me quoque fata regunt. Quae si mutare ualerem,
435 nec nostrum seri curuarent Aeacon anni,
perpetuumque aeui florem Rhadamanthus haberet
cum Minoe meo, qui propter amara senectae
pondera despicitur, nec quo prius ordine regnat.'

Traduction française:

Le trouble augmente, et la sédition allait croissant dans le murmure, quand Jupiter fait entendre sa voix : "Si vous respectez encore ma puissance, à quels excès vous laissez-vous emporter !

[9,430] Qui de vous, à son gré, prétendrait asservir le Destin ? C'est par lui seul que d'Iolaüs les ans se renouvellent. C'est à lui seul que les fils de Callirhoé devront de passer soudain de l'enfance à la force de l'âge. Cette double faveur ne peut être obtenue ni par l'ambition, ni par la force des armes. Immortels, le Destin suprême vous soumet à son empire, et ce qui doit étouffer vos murmures, il m'a soumis moi-même à ses décrets absolus. Si je pouvais les changer, la vieillesse pesante cesserait de courber mon fils Éaque. Rhadamante retrouverait son jeune âge; et Minos, dont la vieillesse affaiblit le pouvoir, verrait refleurir son règne avec sa vie."


Jean Schumacher
LLN, 28 février 2003


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002