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Date :     21-02-2003

Sujets :
Actu ITINERA; Environnements hypertextes (César, Cicéron, Ovide, Pline le Jeune, Quinte-Curce, Sénèque, Tite-Live); Les ravages de la peste; L'ordre naturel (enquête); Le vol d'Icare

Notice :

1. Actu' ITINERA :

Actu'ITINERA a fait peau neuve. La présentation actuelle a été calquée sur celle des environnements hypertextes. Notre site, il est vrai, peut apparaître comme dépouillé voir sévère d'aspect ... et peu ludique. Nos préférences, en effet, vont plutôt aux contenus qu'aux contenants. L'audience de plus en plus grande que recueillent les Actualités et les Environnements hypertextes, pour ne citer qu'eux, nous ont cependant amené à soigner aussi (un peu) l'aspect visuel des affichages. Rappelons qu'il existe aussi un feuillet publicitaire des Actualités.


2. Environnements hypertextes :

Pendant la semaine, de nouveaux environnements ont été réalisés:

Les fichiers "bruts" de ces textes sont disponbles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA:


3. Les ravages de la peste:

Dans la pièce Oedipe de Sénèque une présentation de ces ravages est faite aux vers 52 à 70:

Nec ulla pars immunis exitio uacat,
sed omnis aetas pariter et sexus ruit,
iuuenesque senibus iungit et natis patres
55 funesta pestis, una fax thalamos cremat,
planctuque acerbo funera et questu carent.
quin ipsa tanti peruicax clades mali
siccauit oculos, quodque in extremis solet,
periere lacrimae. portat hunc aeger parens

[60] supremum ad ignem, mater hunc amens gerit
properatque ut alium repetat in eundem rogum.
quin luctu in ipso luctus exoritur nouus,
suaeque circa funus exequiae cadunt.
tum propria flammis corpora alienis cremant;
65 diripitur ignis: nullus est miseris pudor.
non ossa tumuli sancta discreti tegunt:
arsisse satis est: pars quota in cineres abit?
deest terra tumulis, iam rogos siluae negant.
non uota, non ars ulla correptos leuant:

[70] cadunt medentes, morbus auxilium trahit.

Traduction française:

Personne n'échappe à ce fléau désastreux. Il frappe sans distinction d'âge ni de sexe, moissonne les jeunes gens et les vieillards, les pères et les enfants, joint l'époux et l'épouse sur le même bûcher. Le deuil et les pleurs n'accompagnent point les funérailles. Que dis-je? la rigueur obstinée de ce mal terrible a tari la source des larmes, et (ce qui est le dernier terme de la douleur) les yeux demeurent secs. Ici c'est un père mourant,

[60] là une mère éperdue, qui portent leur enfant sur le bûcher, et se hâtent d'en aller prendre un autre pour lui rendre le même devoir. La mort même naît de la mort : ceux qui conduisent les convois tombent sans vie à côté de leur fardeau. On voit aussi des infortunés jeter leurs morts sur des bûchers allumés pour d'autres. On se dispute la flamme funéraire : le malheur étouffe tout sentiment. Les restes sacrés des morts ne sont point ensevelis dans des tombes séparées on se contente de les brûler, et encore ne les brûle-t-on pas tout entiers. L'espace manque pour les sépultures et le bois pour les bûchers. Ni prières, ni soins ne peuvent adoucir la violence du mal.

[70] L'art succombe, et le malade entraîne avec lui le médecin.

En préparant l'environnement hypertexte du livre VII des Métamorphoses d'Ovide, nous avons rencontré une présentation similaire aux vers 606 à 613:

corpora missa neci nullis de more feruntur
funeribus (neque enim capiebant funera portae):
aut inhumata premunt terras aut dantur in altos
indotata rogos; et iam reuerentia nulla est,

[7,610] deque rogis pugnant alienisque ignibus ardent.
qui lacriment, desunt, indefletaeque uagantur
natorumque patrumque animae iuuenumque senumque,
nec locus in tumulos, nec sufficit arbor in ignes.

Traduction française: :

On cesse de rendre les honneurs du tombeau. Les portes de la ville n'ouvrent pas un passage assez grand à tant de funérailles. Les cadavres sont abandonnés sur les places publiques, ou entassés, sans pompe, sur d'immenses bûchers. Plus de respect pour les morts.

[7,610] On se dispute les feux allumés pour les recevoir. Les uns sont jetés sur ces lits funèbres que pour d'autres on a préparés. Personne ne pleure sur leurs cendres. Les âmes des pères et des enfants, des jeunes gens et des vieillards, errent oubliées sur les rives du Styx. La terre ne suffit point aux tombeaux, le bois aux bûchers.


4. L'ordre naturel :

Le respect de l'ordre naturel occupe une place importante dans l'éthique stoïcienne. Ce respect est battu en brèche dans les tragédies de Sénèque où de nombreuses transgressions de l'ordre humain et des institutions sont à la base des drames qui s'y déroulent: Oedipe, pour ne prendre que cet exemple, tue son père, sans savoir qu'il s'agit de son père; épouse sa mère dans une même ignorance et engendre, avec elle, plusieurs enfants, etc.

Dans le cadre d'un enseignement consacré aux tragédies de Sénèque, les étudiants sont invités à mener l'enquête dans ces tragédies relativement à ce principe stoïcien de l'ordre naturel et aux réponses que les personnages apportent à ce principe ainsi qu'à ses transgressions.

A titre d'exemple, dans la tragédie Les Phéniciennes, Oedipe implore sa fille Antigone de le laisser "aller son chemin" seul, sans l'accompagner et sans le guider sur la route parce qu'il est aveugle. Dans une famille comme la sienne, où des transgressions de toutes sortes ont eu lieu, un pareil comportement d'amour paternel et d'abnégation doit, en effet, apparaître "contre nature":

[80] (Oedipus) Unde in nefanda specimen egregium domo?
Unde ista generi uirgo dissimilis suo?
Fortuna, credis? aliquis est ex me pius?
Non esset umquam (fata bene noui mea),
Nisi ut noceret.
Ipsa se in leges nouas
85 Natura uertet,
regeret in fontem citas
Reuolutus undas amnis, et noctem afferet
Phoebea lampas, Hesperus faciet diem.
Ut ad miserias aliquid accedat meas,
Pii quoque erimus. Unica Oedipodae est salus,

[90] Non esse saluum.

Traduction française:

[80] (Oedipe) Pourquoi ce modèle de vertu se trouve-t-il dans une maison si coupable? pourquoi cette jeune fille dément-elle le sang dont elle sort? Moi, donner le jour à un enfant vertueux! Fortune, peux-tu le croire? Ma destinée (je la connais trop bien) ne l'a fait naître telle que pour me nuire. Oui, la nature changerait ses lois, les fleuves rapides remonteraient vers leur source, l'astre du jour répandrait les ténèbres, Vesper ramènerait la lumière; pour ajouter quelque chose à mon malheur, la piété même deviendrait chez nous une vertu de famille. L'unique salut d'Oedipe est de n'en plus espérer.

Vous pouvez aider ces étudiants en leur signalant, via eif@fltr.ucl.ac.be, des éléments de réponse provenant d'autres tragédies ou d'autres oeuvres de Sénèque.


5. Le vol d'ICARE:

Il s'agit d'une BD d'Etienne SCHREDER, 56 pages, intitulée Le vol d'Icare, que Robert ROUYET présente dans le journal Le SOIR, édition du mercredi 19 février 2003:

C'est une bande dessinée labyrinthique. Et comment pourrait-il en être autrement puisqu'elle s'intitule «Le vol d'Icare». Dans ce récit, la légende et l'histoire se croisent, se répondent et se mêlent, la légende d'Icare bien sûr et la réalité historique et imaginaire d'un pays que l'on appelle la Carnathie, un Etat balkanique, pays de montagnes et de brumes, le pays des aigles peut-être. Jadis, la Carnathie était une dictature. Son maître, Hoxa, convoqua un jour Dragan Daedalus, un architecte célèbre, pour embellir son palais. Daedalus devint rapidement un familier du tyran et de sa fille Arijana. Il put ainsi multiplier les constructions où l'on retrouvait généralement le motif de la spirale. Sur la demande de Hoxa, il construisit au-dessous même du palais une immense prison en forme de labyrinthe.
...
Un amalgame dë mythologie et d'histoire. Ce récit étrange qui s'appuie sur la mythologie et l'histoire récente paraît chez Glénat dans sa belle collection carrée, un format qui se prête à merveille au propos et à la construction en spirale de l'image. Chacun connaît le mythe d'Icare, de Dédale, d'Ariane, du Minotaure et du labyrinthe. Quant à la Carnathie, elle tient à la fois de l'Albanie - dans le récit, son dictateur se nomme Minosz Hoxa et Enver Hoxha régna pratiquement en maître absolu à Tirana de 1946 à 1985 - et de la Roumanie de Ceausescu, avec son impérialisme architectural délirant.
...


Jean Schumacher
LLN, le 21 février 2003


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002