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Date :     14-02-2003

Sujets :
Iubilatio - Environnements hypertextes (Cicéron, Ovide, Quinte-Curce, Sénèque, Térence) - Dédale et Icare - Les méduses

Notice :

1. Iubilatio:

En ce 14 février 2003, jour de la Saint Valentin, le Dictionnaire des formes, lié aux environnements hypertextes du Projet ITINERA ELECTRONICA, a franchi le seuil du (premier) million d'occurrences accumulées et traitées. Million d'occurrences réparties entre 150 oeuvres de 25 auteurs différents.

Notre ambition n'est pas de concurrencer des entreprises comme la Bibliotheca Teubneriana Latina (BTL), la CETEDOC Library of Chritian Latin Texts (CLCLT) ou la Patrologia Latina Database (PLD).

Notre objectif est de fournir, gratuitement, aux enseignants et aux apprenants de l'enseignement universitaire et secondaire un outil virtuel et interactif , à savoir les Environnements hypertextes; outil lié aux auteurs et aux oeuvres utilisés régulièrement dans les enseignements pratiqués et relatifs aux langues anciennes, spécialement le latin.

Ce sont ces enseignants qui sont, en règle générale, à la base du choix des auteurs et des oeuvres pour lesquels un environnement est monté: Catulle, César (La Guerre des Gaules), Erasme (Eloge de la folie), Ovide (Fastes et Métamorphoses), Sénèque (les tragédies), Suétone (les Vies des empereurs), etc.

D'un autre côté, nous bénéficions aussi de mises à disposition de traductions françaises affichées sur des sites comme celui intitulé Nimispauci d'Ugo BRATELLI (Cicéron, De la nature des Dieux, livre III; Sénèque, De la Providence et de la Constance du Sage) ou celui de Philippe REMACLE, intitulé Textes latins (oeuvres de Cicéron, de Salluste et de Tacite).

L'autorisation, aimablement concédée, de recourir aux traductions françaises d'auteurs latins y affichées, nous facilite et accélère le travail de constitution d'environnements hypertextes.

Les textes latins, s'ils ne sont pas saisis optiquement par nos propres soins - comme c'est, par exemple, le cas d'oeuvres d'Erasme -, sont repris, en règle générale, soit au site The LATIN LIBRARY soit à celui de la LATIN LITERATURE.
La mise en parallèle du texte latin et de sa traduction française permet quelques fois de constater des erreurs, des références incorrectes voire même des oublis de paragraphes ou de chapitres.

Le premier environnement hypertexte créé remonte au premier mars 2002 : ce fut celui relatif au chant premier de l'Énéide de VIRGILE. A la date d'aujourd'hui ces environnements sont (déjà) au nombre de 150.

Chaque environnement constitue une base de données séparée, sous MS ACCESS. Les tables de ces bases de données sont intégrées au moteur de recherche MS SQL Serveur en vue des interrogations et des consultations. Les affichages des réponses sont construits et gérés via un serveur d'application, COLD FUSION en l'occurrence.

Les 150 bases de données, mises bout à bout, représentent actuellement un espace de 825 Méga-octets (715 Mo pour les bases de données textuelles et 110 Mo pour la base de données du Dictionnaire des formes) sur le serveur de la faculté.

Afin de préserver des performances d'accès et d'interrogation adéquates, nous nous proposons - probablement pendant les vacances d'été - de réunir toutes ces bases de données directement dans un environnement SQL Serveur et, donc, dans une seule et même base de données. Le succès de ces environnements hypertextes est en effet tel - les statistiques de consultation, produites dans l'Actualité de la semaine dernière, le montrent à suffisance - que des ralentissements dans les interrogations voire même parfois des impossibilités d'accès commencent à apparaître, surtout en début de mois, lorsque différents moteurs de recherche, - GOOGLE à titre d'exemple -, viennent butiner le site des ITINERA ELECTRONICA dans leur opération de collecte d'informations mensuelle.


2. Environnements hypertextes :

Les environnements créés pendant la semaine concernent:

.

Les fichiers texte latin - traduction française sont disponibles de façon séparée dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA aux adresses suivantes:


3. Dédale et Icare :

Dans la tragédie Oedipe de Sénèque, l'épisode Dédale et Icare est présenté aussi aux vers 892 à 910:

Cnossium regem timens
alta dum demens petit
artibus fisus nouis
895 certat et ueras aues
uincere ac falsis nimis
imperat pennis puer,
nomen eripuit freto.
Callidus medium senex

[900] Daedalus librans iter
nube sub media stetit
alitem expectans suum
qualis accipitris minas
fugit et sparsos metu
905 conligit foetus auis,
donec in ponto manus
mouit implicitas puer.
comes audacis uiae.
quidquid excessit modum

[910] pendet instabili loco.

Traduction française:

Fuyant la colère du roi de Crète, un jeune imprudent s'élance dans les airs, à l'aide d'une invention nouvelle. Il veut, avec les fausses ailes qui le portent, prendre un vol plus fier que celui des oiseaux mêmes. Il tombe, et donne son nom à la mer qui le reçoit.

[900] Le vieux Dédale règle alors plus sagement son vol. Il se tient dans la moyenne région de l'air, et là, comme la poule qui, à l'aspect de l'épervier, rassemble d'effroi ses petits sous ses ailes, il rappelle son fils, jusqu'au moment où il voit son hardi compagnon agiter en vain dans l'onde ses bras chargés d'entraves.

[910] Tout ce qui sort des justes bornes touche à un abîme.


4. Les méduses:

Dans un article paru dans le journal Le MONDE, édition du mardi 11 février 2003, Catherine VINCENT montre que la nomenclature scientifique des différentes variétés de méduses est empruntée à la mythologie gréco-romaine. Nous ne résistons pas au plaisir de vous offir ici la quintessence de cet article:

Il faut toujours se méfier des méduses. Leur piqûre urticante peut être mortelle et leur pullulation épisodique le long des côtes n'est guère sympathique. Mais, si l'on accepte de ne pas les approcher de trop près, leur fréquentation devient intéressante. Voire franchement passionnante quand la rencontre a lieu au côté de Jacqueline Goy, « la » spécialiste des méduses du Muséum national d'histoire naturelle, également commissaire de l'exposition « Le miroir de Méduse: biologie et mythologie », qui se tient jusqu'en juillet à l'Institut océanographique de Paris.

Entre Méduse et méduses, en effet, pourquoi choisir ? Les secondes doivent leur nom à la première, et il n'est rien ou presque des éléments composant le mythe qui ne se retrouve dans l'histoire scientifique de ces êtres marins aux multiples tentacules. Un jeu de miroirs, vraiment. D'autant plus fascinant que les yeux y jouent un rôle de premier plan.

Au commencement de la mythologie grecque était Gaia, la Terre, principe de toute chose. De son union avec Pontos, la Mer, naquirent plusieurs enfants, puis petits-enfants. Parmi ces derniers figuraient les trois Gorgones « à la chevelure de serpents », dont les yeux avaient le pouvoir de pétrifier sur place quiconque les regardait en face : Sthéno, Euryale et Méduse.

Des trois, seule Méduse était mortelle. Ainsi Persée, se servant de son bouclier poli comme d'un miroir pour la voir sans la regarder, parvint-il à la décapiter. Mais la tête coupée de la Gorgone conserva son pouvoir pétrifiant - tout comme les tentacules, même détachées du corps de l'animal, continuent quelque temps de piquer. C'est par ailleurs du sang coulant de la tête coupée de Méduse que serait né, selon la légende grecque, le corail rouge méditerranéen - corail qui, dans la nomenclature moderne, est précisément classé avec les méduses dans l'embranchement des cnidaires.

FONCTIONS SOPHISTIQUÉES DU VIVANT. Dotés de deux feuillets cellulaires, ces êtres présentent à première vue une organisation sommaire. A lui seul, un unique organe assure ainsi la digestion, la circulation, l'excrétion... et même la reproduction, tandis que les déplacements ne s'effectuent que par les contractions de l'ombrelle.

Pourtant, chez ces animaux situés en bas de l'échelle de la classification zoologique apparaissent déjà des fonctions sophistiquées du vivant. Entre leurs tentacules se trouvent notamment disséminées de petites taches oculaires équipées d'une cornée, d'un cristallin et de quelques cellules rétiniennes... En termes d'évolution, les méduses sont en quelque sorte le premier oeil de l'humanité.

Et voilà que resurgit le mythe ! Au regard de l'ancienneté de Méduse, le choix de ce terme pour désigner cette famille marine est toutefois récent - comme l'est d'ailleurs son étude.

Aristote et Pline l'Ancien n'en disent presque rien, et, «pendant dés siècles, la connaissance des méduses ne dépasse pas les quelques notes des deux naturalistes de l'Antiquité », souligne Jacqueline Goy dans le bel ouvrage qu'elle a publié à l'occasion de l'exposition (Les Miroirs de Méduse, éd. Apogée, 130 p., 29,50 €).

Jusqu'à ce que Carl von Linné, le grand classificateur du XVIIIe siècle, ne les distingue des autres animaux. En cette époque des Lumières, la Grèce antique est à la mode: Linné, qui n'ignore pas le pouvoir toxique des tentacules, choisit de créer le genre Medusa en référence à la venimeuse Gorgone. Dénomination qui sera ultérieurement qualifiée d'« heureuse et poétique » par le savant français François Péron (1775-1810): l'homme qui, véritablement, « inventa » les méduses.

Pur produit; de la Révolution, Péron a tout juste 25 ans quand il embarque comme anatomiste à bord du Géographe, en direction des Terres australes. Quatre ans plus tard, au terme de ce périple, il aura décrit 122 espèces de méduses (on en connaît aujourd'hui plus de 4.000, réparties dans toutes les mers).

Frappé par leur diversité, il entreprend de les classer. « En parfait helléniste, il organise sa nomenclature autour du mythe de Méduse, en respectant les attributs des personnages de la mythologie qui y participent », précise Jacqueline Goy.

Ainsi Chrysaora, aux rayons dorés rappelant l'épée d'or du géant Chrysaor, Pegasia, en hommage à Pégase, Phorcynia et Cetiosia, dédiées aux parents de Méduse. A celle qui possède six tentacules préhensiles, tel le monstre Geryon à trois têtes et six mains, Péron donne le nom de Geryona... Et réserve celui de Cassiopea à la seule méduse qui dispose toujours son ombrelle à l'envers : Cassiopée ayant refusé sa fille Andromède à Persée, Poséidon ne l'avait-il pas envoyé parmi les étoiles dans un panier qui se retournait à certaines périodes ?

« Sigmund Freud aurait sans doute eu un réel bonheur à psychanalyser ce savant borgne dans sa quête du personnage dont le regard tue et dont le nom est donné au premier animal qui voit », note encore Jacqueline Goy.

Péron, en effet, n'avait qu'un oeil valide. Ce n'est peut-être pas la moindre des raisons qui l'ont poussé à rapprocher le mythe grec et ces animaux faussement simples, que ces beaux noms unissent désormais pour la suite des temps.

Exposition « Le miroir de Méduse : biologie et mythologie », jusqu'au 27juillet 2003. Centre de la mer/Institut océanographique, 195, rue Saint-Jacques, 75005 Paris. Possibilité de visites commentées. Tél. : 01-44-32-10-95.


Jean Schumacher
LLN, le 14 février 2003


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002