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Date :     07-02-2003

Sujets :
Environnements hypertextes: Gislain BULTEEL (1555-1611, Cycle à Louise), Cicéron (Conjuration de Catilina: suite et fin), Ovide (Métamorphoses, livre V), Pline le Jeune (Lettres, livre I), Quinte-Curce (suite); Le carnaval des dieux (Ovide, Théophile Gautier, Paul Scarron); Statistiques - janvier 2003

Notice :

1. Environnements hypertextes :

  • Gislain BULTEEL (1555-1611), Miscellanea, Cycle à Louise (choix de poèmes)
  • Cicéron, Conjuration de Catilina, livre II
  • Cicéron, Conjuration de Catilina, livre III
  • Cicéron, Conjuration de Catilina, livre IV
  • Ovide, Métamorphoses, livre V
  • Pline le Jeune, Lettres, livre I
  • Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, livre V

Comme d'habitude, ces oeuvres se trouvent aussi sous forme de fichiers indépendants dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA :

C'est avec un grand plaisir que nous avons accueilli au sein des ensembles hypertextes le travail de fin d'études d'Aline SMEESTERS, travail consacré aux poèmes d'un auteur de la Renaissance, Gislain BULTEEL (1555-1611) originaire d'Ypres en Belgique. Une première contribution porte sur un choix de poèmes appartenant au Cycle à Louise.

Ces poèmes renferment de nombreuses réminiscences de poètes de l'Antiquité (principalement: Catulle, Horace, Ovide, Properce, Tibulle et Virgile).

Ainsi, en interrogeant le Dictionnaire des formes - qui, soit dit en passant, a frôlé le premier million d'occurrences - relativement à la forme lilia, 16 occurrences sont trouvées, parmi lesquelles le vers de BULTEEL Candida cum rubeis lilia mixta rosis qui peut être mis en rapport avec celui de VIRGILE, Énéide, chant XII, v. 68: aut mixta rubent ubi lilia multa alba rosa.

Gislain BULTEEL a laissé 7 livres de poèmes; notre espoir est dès lors grand de pouvoir créer d'autres environnements hypertextes relatifs aux poèmes de cet auteur.


2. OVIDE et Le carnaval des Dieux

Vous avez dit carnaval? Pourtant, les dieux n'ont pas été à la fête lorsque les Géants, sous la conduite de Typhée, sont venus assaillir l'Olympe: les dieux ont dû prendre la fuite, quitter l'Olympe pour parvenir, enfin, en Egypte où ils ont même été obligés de se déguiser en animaux pour pouvoir échapper aux Géants qui étaient à leurs trousses. Un déguisement, non pas pour l'amusement mais bien pour sauver sa vie.

OVIDE, au livre V des Métamorphoses, vers 319 - 331 rappelle cet épisode au travers du chant d'une nymphe des Piérides:

bella canit superum falsoque in honore gigantas

[5,320] ponit et extenuat magnorum facta deorum;
emissumque ima de sede Typhoea terrae
caelitibus fecisse metum cunctosque dedisse
terga fugae, donec fessos Aegyptia tellus
ceperit et septem discretus in ostia Nilus.
325 huc quoque terrigenam uenisse Typhoea
narrat et se mentitis superos celasse figuris;
"duxque gregis" dixit "fit Iuppiter: unde recuruis
nunc quoque formatus Libys est cum cornibus Ammon;
Delius in coruo, proles Semeleia capro,

[5,330] fele soror Phoebi, niuea Saturnia uacca,
pisce Venus latuit, Cyllenius ibidis alis."

Traduction française:

Alors sans que le sort eût réglé l'ordre du chant, celle des Piérides qui proposa le défi chante la guerre des Géants,

[5,320] dégrade la majesté des dieux, et célèbre l'audace de leurs coupables ennemis. Elle raconte que Typhée, sorti des entrailles de la terre, porta la terreur aux plaines de l'éther; que les dieux prirent la fuite, et ne s'arrêtèrent qu'aux sept bouches du Nil. Elle ajoute que, toujours poursuivis par ce monstrueux enfant de la Terre, les immortels effrayés se dérobèrent à sa fureur, sous les formes de divers animaux. Jupiter, dit-elle, devint le chef de ce troupeau; et c'est depuis ce temps que la Libye, lui donnant des cornes recourbées, l'adore sous le nom d'Ammon. Le dieu de Délos prit la noire figure d'un corbeau; Bacchus se cacha sous la forme d'un bouc;

[5,330] on vit Diane se changer en chatte; et Junon en génisse. Vénus se couvrit de l'écaille d'un poisson, et Mercure emprunta les traits et l'aile de l'ibis.

Cet épisode nous a rappellé la description faite dans une autre Actualité datée du 7 janvier 2002.

Le contenu de l'actualité portait sur l'oeuvre Les Grotesques de Théophile GAUTIER (1811-1872) qui avait fait l'objet d'un traitement informatique.

Or, dans l'oeuvre en question, Th. Gautier s'adonne à la critique littéraire d'auteurs qualifiés de grotesques, comme, par exemple, Paul SCARRON (1610-1660). Auteur connu pour des parodies d'oeuvres de l'Antiquité qu'il a intitulées "Le Virgile travesti" et "Typhon".

Nous vous livrons ci-dessous deux extraits des Grotesques de Th. Gautier, extraits consacrés au Typhon de P. Scarron et qui sont en rapport avec le passage présenté ci-dessus des Métamorphoses d'Ovide.

p. 242: "Au début du poëme [Le Typhon], les dieux font bombance dans un Olympe macaronique arrangé en pays de Cocagne. Ils ont bu du nectar un peu plus qu'assez , et se sont donné des indigestions d'ambroisie. Jupiter dort le nez sur la table; Junon est étendue sur son lit très peu chastement drapée; Mars, qui vient de Flandre, boit de la bière et fume du petun en vrai soudart qu'il est. Quant à Vénus, elle fait l'oeil à quelque jeune dieu encore imberbe qu'elle veut déniaiser."

p. 254 : " ... les dieux sont déjà vaincus, lorsque revient Typhon avec des géants frais cuirassés de pierres de taille. La déroute est complète, et Jupiter gagne au pied en criant : Sauve qui peut! Les dieux et les déesses en font

autant, et détalent comme des Basques ou des coureurs dératés. Pour échapper aux énormes drôles qui les poursuivent en faisant des enjambées plus grandes que le Petit-Poucet avec ses bottes de sept lieues, ils sont obligés de se cacher sous des formes d'animaux.

Jupiter se change en bélier, Junon en vache, comme son épithète de g-boohpis lui en donne bien le droit; Neptune en lévrier, Môme en singe, Apollon en corbeau, Bacchus en bouc, Pan en rat, Diane en chatte, Vénus en chèvre, Mercure en cigogne.

Les géants, qui ne sont pas très fins de leur nature, ne savent ce que leurs ennemis sont devenus, et, pendant qu'ils les cherchent, ceux-ci, à la faveur de leur mascarade, gagnent les bords du Nil, où ils vont attendre que la chance tourne, et que le jour paraisse de punir cette engeance impie et grossière."

Paul SCARRON avait décrit la scène de la façon suivante dans son Typhon, aux pages 59 et 60:

Jupiter se faisant bélier
Lui fit un tour de son mestier
Sa femme Junon devint vache,
Neptune un leurier d'atache,
Mome singe, Apollon Corbeau,
Bacchus un bouc, Vulcain un veau,
Pan un rat, Venus une cheure
Le Dieu Mars un grand vilain liévre,
Diane femme d'un marcou Mercure cigogne au long cou.
Enfin sans changer de nature
Les Dieux changèrent de figure.
Et dans la forest se cachans
Firent la nicque à ces meschans.

Les présentations de Théophile Gautier et de Paul Scarron font plus ambiance carnaval que celle d'Ovide.


3. Statistiques de consultation des environnements hypertextes.

Durant le mois de janvier 2003, 41.806 sessions de travail en ligne ont concerné les hypertextes du Projet ITINERA ELECTRONICA

Durant ces sessions en ligne, 239.608 pages sur la Toile ont été visitées. Environnements qui ont connu le plus de succès: CICERON, De la nature des dieux, livre III (10.868 pages parcourues), TITE-LIVE, Histoire romaine, livre XXX (7.475 pages) et SENEQUE, De la colère, livre I (6.592 pages).


Jean Schumacher
LLN, le 7 février 2003


 
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Dernière mise à jour : 17/02/2002