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Date :     03-01-2003

Sujets :
Voeux 2003; Environnements hypertextes: Sénèque, Les Troyennes - Tacite, Histoires, livre II ; Ovide, Métamorphoses, livre II & La légende de l'EUROPE (Olivier Duhamel) ; Der leere Thron (Matthias Schulz)

Notice :

1. Bons Voeux :

C'est avec plaisir que nous vous présentons, au nom de toute l'équipe, les meilleurs voeux pour l'année 2003 qui vient de s'ouvrir.
Puisse-t-elle être pacifique, enrichissante et vous apporter les satisfactions et les bienfaits que vous espérez en obtenir.

Le Projet ITINERA ELECTRONICA se propose de continuer, si la possibilité lui en est offerte, ce qu'il a entrepris depuis maintenant 4 ans déjà: un moyen, un lieu, un espace virtuel pour le passge de l'informatique-outil à l'informatique-instrument.

Telle pourrait en effet être notre devise: De l'outil à l'instrument. Nous avons lu cette expression quelque part et elle nous a plu immédiatement car elle définit à merveille notre objectif: l'intégration, de plus en plus profonde, des nouvelles technologies d'information et de communication au sein des disciplines, des activités et des recherches pratiquées dans les domaines de l'enseignement et de l'apprentissage de langues, particulièrement le latin.

Au premier temps de l'informatique personnelle, l'ordinateur était un outil: outil bureautique, outil de navigation, outil de communication, outil de recherche. Il fallait apprivoiser, maîtriser, banaliser cet outil. C'est maintenant chose faite ou censée être faite. Vient le temps de l'instrument: la transformation des contenus sur lesquels s'exercent les nouvelles technologies. Une autre musique voit le jour. Et nous visons la propagation de cette nouvelle musique. Nous vous invitons à nous aider dans l'écriture des nouvelles partitions.


2. Environnements hypertextes :

Comme d'habitude, les textes latins et les traductions françaises, sur lesquels s'appuient les ensembles hypertextes, sont disponibles dans le Dépôt ITINERA ELECTRONICA:

Le dépôt The Latin Library renferme le texte latin de 6 des 9 tragédies écrites par Sénèque. Afin de pouvoir traiter l'ensemble du théâtre de Sénèque - objet de la lecture cursive 2002-2003 des étudiants des dernières années d'études en langues et littératures classiques - nous avons saisi optiquement les textes latins (et, bien sûr, aussi les traductions françaises) des 3 autres tragédies: Les Phénicennes, Les Troyennes, Hercule furieux. Ce qui nous a amené à relire attentivement ces fichiers en vue de l'élimination d'un maximum de mauvaises lectures lors de la reconnaissance optique. Relecture qui nous a offert une première prise de contact avec les contenus de ces oeuvres.

La destinée humaine semble en être le fil conducteur: qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je. A chaque création d'un environnement hypertexte pour l'une de ces tragédies, nous nous proposons de vous soumettre l'une ou l'autre de ces questions philosophiques. Pour Les Troyennes nous avons retenu l'interrogation: qu'y a-t-il après la mort?

Les Troyennes, Acte II, vers 372 - 409:

Verum est ? an timidos fabula decipit,
Umbras corporibus uiuere conditis ?
Quum coniux oculis imposuit manum,

375 Supremusque dies solibus obstitit,
Et tristis cineres urna coercuit,
Non prodest animam tradere funeri,
Sed restat miseris uiuere longius ?
An toti morimur, nullaque pars manet

[380] Nostri, quum profugo spiritus halitu
Immixtus nebulis cessit in aera,
Et nudum tetigit subdita fax latus ?
Quidquid Sol oriens, quidquid et occidens
Nouit : caeruleis Oceanus fretis

385 Quidquid uel ueniens, uel fugiens lauat,
Aetas pegaseo corripiet gradu.
Quo bis sena uolant sidera turbine,
Quo cursu properat secula uoluere
Astrorum dominus, quo properat modo

[390] Obliquis Hecate currere flexibus ;
Hoc omnes petimus fata : nec amplius,
Iuratos superis qui tetigit lacus,
Usquam est : ut calidis fumus ab ignibus
Vanescit spatium per breue sordidus ;

395 Ut nubes grauidas, quas modo uidimus,
Arctoi Boreae disiicit impetus ;
Sic hic, quo regimur, spiritus effluet.
Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil,
Velocis spatii meta nouissima.

[400] Spem ponant auidi ; solliciti metum.
Quaeris quo iaceas post obitum loco ?
Quo non nata iacent.
Tempus nos auidum deuorat, et chaos.
Mors indiuidua est noxia corpori,

405 Nec parcens animae. Taenara, et aspero
Regnum sub domino, limen et obsidens
Custos non facili Cerberus ostio,
Rumores uacui, uerbaque inania,
Et par sollicito fabula somnio.

Traduction française:

Est-il vrai que l'âme survive au corps enfermé dans le tombeau? ou n'est-ce qu'une fable, vain sujet de terreur pour des esprits timides? Quand la main d'une épouse a fermé les yeux de son époux, quand celui-ci a cessé de voir le jour, et que l'urne fatale a reçu ses cendres inanimées, est-ce en vain qu'on rend à son âme les honneurs funèbres? Est-il vrai que sa triste existence s'étende par delà? ou mourons-nous tout entiers,

[380] et ne reste-il plus rien de nous dès que l'âme, s'échappant avec le dernier soupir, se confond avec les nuages et se dissipe dans les airs, dès que la flamme du bûcher a consumé notre froide dépouille? Tout ce que le soleil éclaire, depuis les climats de l'Aurore jusqu'aux lieux où il termine sa course; tout ce que baignent les flots de l'Océan azuré, qui tantôt couvre nos plages et tantôt les abandonne; le temps, aussi rapide que Pégase, l'emportera dans sa fuite. Et ce mouvement est pareil à celui des douze signes qui se succèdent l'un à l'autre; à celui du roi des astres, qui précipite dans le ciel la marche de l'année; à celui de la reine des nuits, qui se hâte de parcourir son oblique carrière.

[390] Nous courons tous au trépas. Il ne reste plus rien de quiconque a vu ce fleuve que les dieux attestent dans leurs serments. Comme la fumée sombre qui s'élève d'un foyer s'évanouit en peu de temps, comme ces nuages épais que dissipe dans l'air l'aquilon impétueux, ainsi s'évapore le souffle qui nous anime. Il n'y a rien après la mort; la mort elle-même n'est rien : c'est le dernier terme d'une course rapide.

[400] N'espérez rien, ne craignez rien d'une autre vie. Vous voulez savoir où vous serez après la mort? Où est ce qui n'existe pas encore. Nous disparaissons dans les abîmes du temps et du chaos. La mort, qui détruit inévitablement le corps, n'épargne point non plus notre âme. Le Ténare, l'inexorable enfer, et son roi Cerbère , qui défend la porte redoutable de l'empire des morts, ne sont que de vains mots, des fables vides de sens, semblables à ces rêves qui troublent notre sommeil.

Commentaire : Sénèque semble ne pas faire grand cas des croyances de son temps: Rumores uacui et uerbaque inania fait-il dire à leur propos par le Choeur des Troyennes.


3. La légende de l'Europe :

Ovide, au chant II des Métamorphoses, présente la légende d'Europe aux vers 833 à 875. Cf. l'environnement hypertexte Europe (II, 833-875).

Olivier DUHAMEL, dans le Journal du Dimanche, édition du 29 décembre 2002, donne "sa" version de cette légende en l'appliquant à la construction européenne que nous vivons au jour le jour et en faisant intervenir à chaque fois un interlocuteur et/ou un commentaire europhile à côté d'un autre, europhobe.

NOËL incite à relire les contes. La fête de la Nativité invite à revenir sur les origines d' « Europe » et à les interpréter à notre guise. Le pro-européen choisit une lecture positive de la mythologie, l'anti-européen retournera aisément la légende afin de la noircir....

Le texte complet de cet article est disponible sur la Toile à l'adresse suivante: La légende de l'Europe.


4. Der leere Thron (Le trône vide) :

Le temps de Noël se prête donc à merveille aux considérations et aux interrogations métaphysiques; Matthias SCHULZ livre sa contribution à cette thématique dans la revue Der SPIEGEL, n° 52 du 21 décembre 2002, sous la forme d'un état de la question relativement à l'authenticité du/des auteurs(s) et relativement à la véracité des contenus de certains des livres de l'Ancien Testament à la lumière des dernières découvertes archéologiques.

Pour ceux qui maîtrisent la langue de Goethe, l'article est disponible sur la Toile en langue originale à l'adresse suivante: Der leere Thron.

Le texte de l'article a été préparé pour une utilisation dans le cadre d'un cours au programme du DEA Sciences du Langage 2002-2003.

L'article se base en partie sur le livre d'Isreal FINKELSTEIN et de Neil Asher SILBERMAN intitulé, dans sa version allemande, Keine Posaunen vor Jericho. Die archäologische Wahrheit über die Bibel.; traduction de Miriam Magall parue en août 2002 auprès de l'éditeur C.H. BECK (380 pp., 26,90 € (EUR); traduction française publiée en avril 2002 sous l'intitulé La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, éditions BAYARD, 431 pp., 35,69 € (EUR).


Jean Schumacher
3 janvier 2003


 
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Analyse, design et réalisation informatiques : B. Maroutaeff - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 17/02/2002